‹ Traité élémentaire de législation industrielle [microform]. Les lois ouvrièresChapitre 86 sur 466 · CHATITRE IV. — DU DROIT D'ASSOCIATION · texte numérisé non relu

CHATITRE IV. — DU DROIT D'ASSOCIATION

l. ,— Depuis 1881. le compagnonnage a cherché à affirmer sa vitalité ; ; il a même tenu plusieurs congres, notamment à Bordeaux (1884\ à Nantes (1894) et i\ Paris, ù l'occasion des Expositions internaliunales. Cependa:it, il est aisé de re:omiaî[re, à une foule dindices, qiw celte antique inslilulion du compagiionnage est ea voie de décadence. Les causes de (e déclin sont multiples: tout d'abord le loiir de Franc^^ tend à se perdre, mène dans les professions où il était le plus en honneur, comme chez les chai'pe itiers : d'autre iKart, les cérémonies symboliques ou mystiques de l'affiliation n'ont plus le même attrait que jadis, elles paraissent à beaucoup surannées ou ridicules.

Enfin, et c'est là peut-être une des principales causes de 'a décadence de l'institution, le compngronnage est en un certain sens une instiluîion conserva Irije. Les compagnons re «e proposent nulenert

(1) Sur le compagnonnage, cens, notamment: Martin Saint-Léon, Le Compagnonnarjc, 1902; Agricol Perdiguier, Le livre du compagnonnaoe; Museiix, Agncol Perdiguier {Rev. socialiste, 1901, 270); Hauser Les compagnonnages à Dijon aux XVI/e et XVIlh siècles (Revue bourguignonne, 1907, no 4); J. Godart, Le compagnonnage à Lyon, 1903. — V. aussi, pour le côté romantique du com[)agnonnagc: George Sand, Le compagnon du Tour de France. Sur les origines de l'inslitution, v. supra, n» 101).

(2) D'après la statistique di-csséo par M. Martin Saint-Léon en 1901, il existait environ '2.500 membres actifs de l'Union compagnonnique. Daulic part, en dehors de l'Union, l'on comptait près de U.OO!) compagnons actifs des divers devoirs, soit de S à lO.ODO compagnons actifs pour la France entière, aspirants non compris.

Il convient toute.'ois de remai-quer que, dans une inlerwicw plus récente, ML. Blanc, président de l'Union, a évalué à plus du double (exactement 5.9/.Î le nonii)rc de ses membres adhérents. — Vialatoux, Le compagnonnage {Démocr. du Sud-Est, 11 août 1907).

de faire disparaître le salariat ; leur but est simplement d'améliorer le sort du salarié, en l'associant au bénéfice des instilutio is de prévoyance créées par l'association compagnonnique. Or, la plupart des ouvriers ont aujourd'hui, sur le salariat, des idées beaucoup plus radicales ; aussi se tournent-ils de préférence du côté des syndicats ouvriers, plus on moins acquis à la poliliquo révolutionnaire (1). Le compagnonnage, il est vrai, n'a pas seulement pour but de procurer du travail et des secours éventuels aux affiliés, mais aussi d'organiser l'enseignement professionnel et technique, et dencourager les progrès artistiques des adhérents (l'usage antique du chef-d'œuvre s'y est perpétué). Mais ici encore le dé\e'oppcment de lenseigT.emenl technique officiel d'une part (v. infra), et d'autre j)art les pro.gi'ès du macliinlsme, qui diminuent 1 importance de l haleté individuelle et du tour de main, sont venus entraver les efforts des fidèles du compagnonnage.

339. — Mouvement syndical de 1848. — PoUtiçiua impériale. — La firuo/ation de 18iS donna naissance à un giand nombre d'associations ouvrières, affectant pour la plupart la forme de sociétés coopératives de production. Mais ces associa" ions n'eurent qu'une 'durée éi)hémère. Elles -ïlnrent se dissoudre à la suite du coup d'Etat de 1S51, ou se reconstituer en sociétés de secours mutuels, seuls groupements reconnus par la loi.

Mais à partir de 1860, le Gouvernement impérial se départit de ses rigueurs à l'égard des associations ouvrières, et inaugura une politique semi-socialiste destinée, dans sa pensée, à dériver à so!i profit le mouvement libéral et républicain, qu'une po'iliqu? répressive n'avait fait que fortifier et rendre plus redouiab'e (V. Mahaini, p. 110). Ce revirement de la politique inipéria'e se traduisit par deux actes (pii eurent alors un grand retcntisseme it : la^ grâce accordée par l'empereur aux ouvr.ers typographes condamnés pour faits de grève, et l'envoi à l'Exposition universelle de Londres, aux frais de l'Etat, d'une délégation d'ouvriers français.

Ce dernier acte eut une influence décisive sur la formatio t des groupements ouvriers ; les délégués entrèrent en rapport avec

(1) Peu à peu disparaissent aussi les quelques corporations qm, dans les principaux ports de France, avaient réussi à se maintenir, comme groupes fermés et investis d'un véritable monopole, pendant la première moitié du xix^- siècle. La création des docks, soit à Marseille, soit au Havre, a porte un coup décisif, soit à l'antique institution des portefaix de Marseille, qui remonte au xive siècle, soit à la corporation des brouelliera du igrand corps, au ïlni're; la première uest plus guère qu'une société de secours mutuels, la seconde est une société coopérative de production, dépourvue ide tout monopole. Leièvre, Evolution historique des associations professionnelles, p. 27G et s.; de Seilhac, La grève des docks de Marseille, Musée social, juillet 1901. — Sur les prud'hommes pêcheurs de la Méditerranée, v. tit. 111, infra.

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TITRK I. — RÉGLKMENTATION ADMINI VfRATI VK DE l/iNDUSTRIE

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les cîiefs des Tradcs-lJ nions, et reviiireit e . France, convaincus de la nccessilc d'organiser chez eux des associalioas ouvrières puissantes. Sjus la pression de l'opinion publique, le Gouverneme it im pénal fit voter la loi de 1864, abolissant le délit de coalilion • c'était un premier pas dans la voie de la reconnaissance lé-ralè des syndicats ouvriers. . °

340 Association internationale des travailleurs. — Miis

à cette épo(,ue, 18(34, survint u;i événement grave, dont le^ suites devaient arrêter le Gouvernement im])érial dans la voie libéraleou II s'était engagé: à savoir la conslilulion, à Londres, de la célèbre Associnlion intrrnaionale des tramiUrnrs, sous l'influ Mic'e du chef du socialisme allemand, Karl Mar.x (1). Le premier manifeste de l'Association fut relalivement modéré. Le Gouvernemeiil impérial accueillit même favorablement le mémoire de> déé^ués ouvriers de Paris à l'Exposition universelle de 1807. concluant ', rorganisahon de eliambres syndica'es ouvrières, sur le même tvj e que les chambres syndicales patronales, (Happort présenté à ILmpereui i)ar M. Forcade de la i{o:]uelte, ministre de linlériru • le 31 niar.v 18()8, et inséré au Moniteur). Forts de 1 appui gouvVirnementah les délégués ouvriers nommèrent immédiah'inent une commission (rinitialive, chargée de provoquer la constitution sur tout le territoire, de syndicats ouvriers.

Mais, vers la même époque, saecentuèrent les tendaue. révo'ii tioiinaires de l'Asso-iation intcrnalionale des travailleurs Cown^i. de Bruxelles). Au début, ainsi que l'a très nettement établi M^de Laveleye, « eette Associanu.i ne devait être (prune vaste so ûété de résistance pour maintenir ou élever le taux des sa'aire^ une sorte de Tradc-Union miiversellc ^. Quatre ans ]):ns tard, elle rêvait de lransiormer,complèlement la société, et de supprimer le salariat, cetlc forme nonuelle de lesclajaje Le Gouvernement impérial s émut, et ordonna des poursuites contre un cerlaiii jiombre dadhé renls Irancais, coupables de sêire affiliés à une sociélé non autorisée Ces poursuites eurent pour résultat • immédiat d'enravei' le mouvement d'association professionnelle.

341. - La troisième République. - Les événements de la l.ommime ^dai.s laquelle rinlernationale joua un rô'e important^ ccterminèrent tout d'abord dans rAssemL)lée nationa'e xm cou -a ni défavorable aux groupements ouvriers: la loi du 1-4 mars 1872 sur \\\ssociation internaUonnle des travailleurs, et les i istructions données aux parquets, par les gouvernements de combat du 24 mai

<186lÎ8T)'/7m " --^/e/Tipora/n, p. 173; Guil]atnne, H ntcr nationale

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