CHAPITRE II
hp médicament 9 medicamentum , medieantien^ phar-^ macum, est trne préparation qui réunit trois conditions : i"" elle est formée de substances minérales » végétales ou animales ; s"" mise en contact ayec une surface Tivants » elle a la faculté de produke un changen^ent dans son état actuel, souvent dans tout le corps ^ 5* elle est ^nployée pdur le traitement des maladies. Nous mettons une ^Sb-rencie entre un médicament et un remède. Tout ce qui devient utile en thérapeutique peut porter le titre de remède. Ce mot y du verbe XdXmretnediare , remédieir» gts^ vit, emporte seulement avec lui Tidée d'utilité ; mats il ne suffit pas qu'une chose rende quelque service % fart de guérir pour qu'elle devienne un médicament : ce ébtnier doit être un composé de productions naturelles; il doit de plus receler la faculté d'agir sur l'économie anî-^ maie ; les avantages qu'il procure ne sont qu'une condition éventuelle ou secondaire de son administration.
Ainsi nous ne pouvons inscrire sur la liste des médicaments une foule de moyens tirés de l'hygiène , de la physique > etc. , comme les diverses sortes de nourriture, les exercices musculaires , les gestations , les changements de pays, de climat, l'électricité, etc.; ces moyens sont
bien des remèdes et des renèdes efBceces , mais en me peat pas knr AoBner le titee denédicaments, parce qo*fls B*eiit pas forigiae de oes derniers. La maliènB médieaie ne s'ecciqie tpe des médicattieiils; elle laisse h la diAlé» tique, h la théf apeulique , les aulres secours dont Tait de guérir sait aussi Iver un grand perti«
La farce ectire qui caractérise le nédicament , et d'ok il tare sa capacité et so» vtSité , existait dans les snb* stances natnralles qui Mit serri h le fiimser. Cette force s été f eb)et » si fose ainsi parler^ des attentiens les plus dëficates : dans le laberatoire du pharmacien , elle a été soigneusem^it conserf ée ; on a âoîgné avec soin les causes qui auraient pu Tadlérer ou raffaiUir ; les préparations que Ton a fût subir aux matières dans lesquelles elle r^ sidait n'ont eu pour but que de fcvortser son développe«meuft. La diq>ositi<m physique cpie ces matières ont prise, la ferme nourelle qu'on leur a donnée dans les phamia^des y ne serrent qu'à rendbre plus libre , plus fiicSe sur les organes» f^ierciçe de cette fiiculté, et plus marqués , plus prononcés les eflbts physiologiques qu'elle doit déterminer.
Cette Sotte donne aux médicaments un caractère qui
les distingue des autres matières dont Tbomme se sert;
c'est à sa possession ou aux eArts qu*elle proroque que
l'on reconnaît le médicament. Ainsi l'aUmenl o6e srrec
ee dernier de grands rapports : il a la même origine;
eiMBme kd » il produit des changements importants dans
réceocoHe animale; enfin il se montre en thérapeutique
an puissant moyen de guéiîsoh. Comment donc dpstin^
gaflrans-*Bous l'aliment dn médicament? Il est un point
da corps où cette distnictioii devient facile» c'est la ca-
d8 DU utmcèMmr*
a** dam celle ém produits qa'U lui MrailfiuieÉte de meitre eu codUcI avec s^ organes ; 5* parmi h$ matière» qui peuvenl aerrir pour cooabaltro oea maladies; 4* ou enfin entrer dam la mawe dea choses ciiés» qai lui sont imukilea» qui oui une desttnatioji étrangère à son esîatence» tfaîa eatle dîsirilmtion rarîerait pour chaque espèce 2 celkquo^ Vwà aurait faite pour, un animât ne eonTiendratt plua à un aiUire« JLes alimenta d^ ceiui'^'ei sont pour celui-^^b des médicsonenta, ib se comportent comme dos cboass con^ traires , comme des matières Ténéneuaes , si un troîûème les prend, La nature» la proportion des matières qui com-* posent le corps des divers animaux, le mode d'organisa* tion de chacune de leurs parties, un caractère partioiUer h leur vitalité, le nombre et la prédominance relatÎTe de leurs appareils , changent pour chaque espèce T^atilité des productions qui se tnewent sur la terres Lea animaux ont leurs snbatances médiripale» d^nnînéee, comme^ ils ont leur figure , lepir port i leum penchants ^ leurs ha-* bitndes^ leurs passions.
Il est très-impovtant de eomidérer la forme aous la^< quelle se ptésentent les médicaments. Les productiow minérales ,. yégétsdes et aoiimales ne peuvioat être employées dims Tétat ob ettw se trouvant dans la naturel elles subissent toujours une préparation aiTant d'étpe^d* ministrées. Tous les procédés usités dans les pharmacies pour composer les médicaments 4»fficinaux ou paagiatrattx doivent être connus du médecin : il doit égal^nent eenrnaltre les modifications que chacun de ces procédés a fait éprouver aux substances médicinalesé U voit ces àetoifires pénétrer dans le laboratoire du pharmacien; il faut <qu*il
DV M&DlCàMBlIT. «9
lei fedemuide à Irar tortie , qu'il «xamine m qu'elle onl perda , ou ce qu'elles onl gagné. U faot qu'il sache quelle «t la œttiposition chimique du médicament qu'ellea onl «. kméf qoda «ont ceux des principes de ces substances que ee médicaiifeent a eonseirés, quels sont ceun qu'il ne eon^ tient ^his , qui ne sont pas restés dans sa eensiitntion. Il bol qu'il sache quelle Influence peurenl avoir sur le ca-* rKtère» ou a« moins sur le développement et sur l'énergie de la propriété de ces principes , las nouveaux attributs que le médieamenl tient de revêtir. Comme les prépara^ tioBs magistrales ne ditërent pas essentiellement des pré» parations oficmales » l'examen que nous réclamons iei est api^icaUe aux unes et aux autres.
La dessiccation des substances végétales et animales est mie première opération qu'on leur fait subir» et qirf n'est pas sans ittipottance. En privant ces matières de fhMMdilé qui se trouva dans leur tissu , on détermme le rapprochement de molécules qui se Ireuvaient écartéea les unes des autres ; on peut par 1k donner lieu k des réac^^ lions duBHques» qui modifieront la composition intime de ces productions. H est essentiel que ht dessiccation soil eondutle de manièns que les substances qui y sont soumises n'éprouv«nt aucune altération dans leur nature» et fae les principes auxqu^ esi attachée la vertu médicinale soient eoDservés. Il est des plantes , les labiées , dont la desttccaUon semble accroître l'énergie médicinale ; 3 en est, les cruciftres» qu'elle dépouille de la plus grande partie de Isur actirHé.
La pulvérisation est uU moyen mécanique qui a pour objet èe détruire la force d'agrégation qui réunit les parti-
digitale pourprée^ k morpkine» la qnhiiiie , ïiméàBB, etc.
Les points de doctrine phanmiGobgiqiie que nous m«diqaoïi» ici auraieiil besoin d'être développés «ree soin ; mais entreprendre de les approfondir, ce serait nom ap* proparier fe domaine de la pharmacie* Sans donte la partie sdentifiqne de celleH^i iq;>parttent à la matière médicale : néanmoins , pour ne pas donner trop d'étendne k notre travail, nons rmvenrons, poor tout ce qui concerne la ptéparation des médicaments, aux savants ouvrages qoe nons possédons an|oopd^hai snr cette intéressante branche Aes sciences médicaleSé
It est souvent question de médicaments sia^bs et de médicaments composés ; on discute la préfi&rence qoe Ton doit donner atix uns sor les acrtres* Des pratici«is reeommandables ont laissé dans leors ocvrages des^renves do cas ^'ik faisaient des pr^uirations très-comjdiqaées; d'autres voudraient proscrire ces longues formules : ib s'en tieanenu dans leur pratique à des prescriptions dans lesqneBes il n'enire qu'un ou deux ii^rédients. Mais a4-oa bien déterminé quoBes étaient les confiions qmrendaîenl un agent pharmaceutique composé, et celles qui devaient le foire réputer simple?
Quand en parle de la conqposition on de la simplicité des médicaments , on a en vue ou leiu* condition pbarma-* ceutique , ou leurs propriétés médicinales. Sous le premier rapport, nous remarquerons qu^une poudre, un ëiectuaire, une infusion , etc. , formée avec une seule production végétale, peut contenir un grand nombre de principes chimiques , du mucilage , de l'extractif , de la résine, de rhuile volatile , du baume , etc. Aux yeux du botaniste
DU HioiCiLMEIlT. 33
GO médicaBieiit «era simple, parce qa'il provient d*im seul corps ; à ceux du chimbte, il sera composé, parce qae ce dernier y trouTwa un certain nombre de matériaux différaits. D*un autre côté, une formule qui réunira six , huit iogréfients, et même plus, sera regardée par le premier comme fonmiflsant Texemple d'une complication pharmacologique; mais si ces ingrédients se ressemblent intérieurement , s*ils portent dans le médicament les mêmes éléiùents, leur mélange ne donnera toujours que du mucilage , ou du tannin , ou de la résine , etc. : ces matières proviendront de plusieurs sources, à la vérité ; mais le chi-miste» qui reconnaîtra Tidentité de leur nature, déclarera qfie la préparation qu'elles forment présente de l'unité, de la simplicité dans sa composition intime.
Dans les recherches qui doivent conduire à juger si des médicamenta sont simples ou composés, consulte-t-on les propriétés médicinales dont ils sont dépositaires, on trouve des exemples semblables. Un composé, dans lequel entrent plusieurs productions naturelles , peut n'avoir qu'une seule propriété , ne faire sur les tissus vivants qu'une impression miique , ne susciter qu'un même ordre de phénomènes organiques. Mêlez ensemble la poudre de racine de guimauve, celle de gomme arabique et celle de salep, ou bien, réunissez dans une même formule la petite centaurée, le chardon bénit, l'aunécyle houblon, la gentiane, etc. , vous aurez des composés dont l'opération sera simple et d'une seule nature. Au contraire, il est des substances naturelles dans lesquelles l'observation découvre l'existence de plusieurs facultés: en contact avec nos organes elles font naître deseflfets de plusieurs sortes ; ainsi la rhubarbe exerce sur les voies digestives
une action tonique et one action pargative. N'oublions pas de déclarer qne nous entendons parler ici des propriétés -que la pharmacologie regarde comme élémentaires ou primkivest de celles qui tiennent à la composition matéridle 4es médicaments » comme la |»*opriété tonique , eoLcilante, émoUiente» purgative > etc. ; il ne peut être question des vertus curatives, qui ont une origine plus âoignée» qui n'émanent plus directement des principes qui constituent les agents pharmaceutiques , qui n^ont qu'une existence secondaire et conditionnelle.
Lorsque l'on mêle plusieurs ingrédients pour obtenir vn médicament composé , il faut avoir soin de ne pas pro* voquer des décompositions qui pourraient dénaturer les matériaux utiles » et qui feraient perdre à cet agent les vertus qu'il devait avoir et que la thérapeutique attendait de hii. Les molécules dénature diverse que Ton rapproche peuvent donner lieu à des combinaisons inattendues $ il serait possible que Ton créât alors de3 produits nouveaux , pleins d'activité , d'où le composé tirerait une propriété différente de la sienne, en même temps qu'il se trouverait privé de celle dont il jouissait.
Un point important dans l'examen de la composition d'un médicament 9 c'est la proportion de chacun des ingrédients qui le constituent. Si l'un est très^bondant, un autre pour un tiers seulement , un troisième pour une très-faible quantité , le médecin estimera avec- assez de justesse y à la première vue de la formule , les effets que devra provoquer ce remède. Mais , pour port^ un ji^ement solide dans cette occasion , il faut tenir compte du degré de puissance de chacun des composants , estimer
DU MàDIGâHElfT. 55
kor force rdatife , avoir assigné entre em des rangs de Mqiérionté. Qne» dans nne pondre composée, m parties de gomme arabique soient associées k nne partie sentement de qninqnina on de canneUe » ce sera tonjonrs la poissance de cette dernière substance qui se manifiMtera lors de TempU» de cette poudre. On doit en même temps M rejffésenter la dose que Ton donne k la fois du médicament » et calculer pour quelle somme chaque ingrédient se tronre dans la quantité que Ton fait agir sur les organes du malade*
LMvqne Ton mtie ensemble plusieurs ingrédients » c*est ordinairement pour obtenir des préparations pharmaoentiqnes dans lesquelles résideront deux ou trois propriétés èistincles , et qui seront capables , par l'exwcice simultané de ces propriétés sur un corps malade, de remplir en même temps plusieurs indications théri^peutiques : mais ce sujet de lasriencepharmacolc^que est trop souyent abandonné à la routine. Nous tâcherons de soumettre ces mélanges k des principes raisonnes. Nous examinerons ce que devient la force agissante propre aux substances médicinales de chaque classe , lorsqu'elle se met en jeu en même temps que ceHe des substances qui ont nne autre manière d*agir, qm suscitent un autre mode de médication.
Rappelons ici que, dans un médicament composé , on distingue ordinairement : i* nne base; a* un auxiliaire; 3* un correctif; 4* et souvent un excipient. On appelle base» basU, la substanee médicinale qui domine dans la formule d'un médicament, celle dont l'action se fait principalemoit remarquer, ceUe enfin dont on distingue le mieux les effets après l'usage de ce médicament. Pour
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déterminer ringrédient qui forme la base d'une pnipara tion pharmaceutique , ne rous attachez pas seulement au volume ou à la dose des corps médicamenteux qui la composent ; mais comparez l'activité propre à chacun d'eux. Souvent la matière dont on ne met dans un mélange que quelques grains, en est .cependant la base, parce que» douée d'une puissante énei^ie , elle signale toujours son influence sur le corps des personnes qui se servent de ce composé* Toujours son pouvoir domine dans les effets qu'il produit.
L'auxiliaire, adjuvans, est une substance que l'on met dans un» formule pour augmenter l'activité de la base , pour donner plus ^'intensité aux effets physiologiques que celle-ci doit susciter. L'auxiliaire doit donc toujours avoir une conformité de propriété avec l'ingrédient principal du composé dans lequel il entre ; il faut que l'impression de ces deux parties de la formule sur les tissus vivants soit de la même nature, ait le même caractère : alors, joignant son action à celle de la base , l'auxiliaire donne ^ la médication plus d'étendue et d'importance.
Le correctif^ corrigent, est un ingrédient qui, dans une composition pharmaceutique, a pour fonction de modérer la trop grande activité des matières niédicinales au milieu desquelles on le place. Dans l'administration thérapeutique de certains composés médicinaux, on observe souvent des accidents qui tiennent à une impres* sion trop vive et trop profonde que font sur Testom^ic les substances qui forment la base de ces composés ; or , un correctif convient alors pour réprimer l'excessive activité de ces susbtances. C'est ordinairement un corps mucila-
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giaeiix^ farineux j sacré, albumineux, oa gélatineux» qui ranpKt cet oflBce. Ses moléciiles s'interposent entre les molécoles acres y irritantes, mordicantes, parfois même caustiques, des ingrédients trop actifs; les premières retiennent Tardeur, Temportement des dernières ; écartées les unes des autres» celles^! n'ont plus une opération continue; elle» ne font jIub d'agression ftcheuse sur For^ gane qui soutient leur contact, qui reçoit leurs efforts. Lorsque Ton étend un corps médicamenteux très -actif dans Teau, ce liquide en devient le correctif.
Pour les poudres composées, les électuaires, les pilules, il est important de distinguer les correctifs solubles dans les sucs gastriques , de ceux qui ne le sont pas. Si les substances qui font la base de ces composés ne sont pas susceptibfes de se dissoudre dans Testomac , et qu'on leur donne pour corveetife la gomme, le sucre, ou une autre matière qui disparaisse en arrirant dans la cavité de ce Tttcèie , les molécules actives des premières , n'étant plus séparées par le corps qui devait maîtriser leur puissance, se rapprocheront et agiront alors avec trop de violence sur le tissu de l'estomac. Si, au contraire» le correctif est une matière insoluble dans les liquides aqueux , comme la poudre de réglisse» de guimauve» etc. , il restera sur la surface gastrique, il maintiendra séparés les principes des autres ingrédients du composé» il préviendra l'impression trop vive de ces derniers. Ces précautions sont importantes à observer lorsqu'on veut administrer la gomme gutte, lesubtimé corrosif, le nitrate d'argent» etc. , dont l'usage donne souvent lieu à des douleurs d'estomac, à des anxiétés épigastriques , à des coliques» etc.
4o DU MiDICAMBNT.
liquides, cochl. signifie eochlearium, on cuillerée : gutt», gutta, ou goutte. Quand on laisse au pharmacien le soin de proportionner la quantité d'excipient à la consistance que le médicament doit avoir , on met les lettres initiales Q. S* pour quantité sufiBsante, ou quantàm saffieit. La lettre M » placée au bas des ingrédients d'une formule» yeut dire misce, ou mêlez. On termine souvent par F. S. A« , fiât secandùm artem, ou faites selon l'art, en ajoutant le nom pharmaceutique que cette préparation doit porter, conune f. s. a. pulvis , ou f. s. a. potio.
Le médecin indique ensuite comment doit être administré le remède qu'il prescrit, la quantité qu'il faut en prendre à la fois, la distance à mettre entre chaque dose* Lé pharmacien transcrit ces conseils sur l'étiquette du médicament , et les personnes qui entourent le malade ont sans cesse sous les yeux la règle qu'elles doivent suivre; On fait précéder cet avis de la lettre T. , transcrivez. Le médecin met enfin la date du jour, et signe. Donnons ici deux exemfdes :
^ . Eau distillée de roses.
de fleurs d'oranger. Sa ^ j.
Sirop de safran , ^ j.
Éther sulfurique , 3 j.
Mêlez pour une potion.
T. A prendre une cuillerée d'heure en heure.
Amiens , le N. '
^. Bois de quassia amara concassé, 3 iv. Magnésie blanche , 3 ^• Versez dessus
^ DU MiDIGâlIBlIT. 4l
Eau bouillanle, ]bj.
Après 94 heures d'infiuion , filtrez.
T. Infimon stomachique, dont on prendra deux cuillerées immédiatement avant chaque repas.
Amiens , le N.
44 I>E l'A FOEGE ACTITB
prodactioDs médicinales ( nous prenons pour exemple les régétales ) , n'exercent par eux-mêmes aucune influence : ces matériaux servent seulement de retraite ou d*asite aux éléments occultes dont nous venons déparier. On voit avec étonnement que les anciens regardaient comme nuisibles> ou an moins comme inutiles, les impressions exercées par les principes chimiquefi^^^des médicaments sur les tissus vivants et leseffets organiques qui en sont la suite. Ib cherchaient & les prévenir comme des produits qui n'étaient que des accidents dans leur opération. C'est dans ce dessem qu'ils ont mis dans un grand nombre de formules plusieurs ingrédients , dont les uns devaient être les correctifs des autres. Ainsi, dans l'acte de la purgation, on cherchait à empêcher le séné d'irriter la surface interne des intestins; on voulait seulement obtenir de son action l'évacuation d'tme bile âcre^ altérée^ qui s'était répandue dans tout le corps» de matières glaireuses» pituiteuses» qui obstruaient les viscères, de toutes les humeurs qui entretenaient l'état de maladie; on désiraitne laisser agir librement que les principes qui devaient expulser au dehors ces humeurs. C'est encore cette opinion que les vertus curatives avaient , dans chaque production médicinale» une existence indépendante des matières dont se composait sa substance» qui a pu porter les pharmâcologistes à altérer ces productions» avant de les administrer aux malades» par une longue exposition à la chaleur ou par d'autres procédés. Des praticiens conseillent de n'employer la belladone» la ciguë'» etc. » que lorsque ces plantes ont perdu parla vétusté leur viscosité» qu'elles sont dépouillées de leur odeur vireuse. On a torturé la scammonée» la rhubarbe» etc. » pour les dépouiller de leur action irritante.
DBS MiDIGAMBNTS. 4^
Diroiiâ-iioa» que Ton a youlo aussi eqpUqiier , jiar une csue mécaniipie » les effets ipie les médicaments prodnisent dans récooMnîeanimale? Lesparttsans decetle opinion portent leur attention sur les molécaks qui constituent la matière des agents phatmacologiqoes. Ils supposent que dans chacun de ces agents ces molécules ont une figue déterminée ; qpe dans les uns elles sont en pointes » et dans les autres en coins; que ceux-ci se composent de sphères, ceux-là de lances , etc. : après Tadmimstration de cesmédicaments » ik voient ces molécules se porter dans leshumeors et dans les organes , s^insinuer entre leurs parties , leur faire aussitôt acquérir d'autres qualités physiques , donner aux humeurs plus de densité ou plus de fluidité , bvmser ou ralentir leur cours k travers les canaux qui ks contiennent » élai^ou diminuer le calibre de ces derniers, etc.
Il est digne de remarque que toujours Tattention des médecins , lorsqu*ik s'occupèrent de la force active des médicaments et des effets qui suivent leur administration, resta fixée sur ces agents. Us négligèrent tout*à-£ût le sujet snr lequel cette force s'exerçait; ils raisonnaient comme si le corps vivant pouvait se prêter d'une manière passive à toutes les modifications que les substances diverses qui pénètrent dans sonintérieurvcMidraient lui faire éprouver. Ils ooUiaient que nous tenons du principe ^ nous anime une force de résistance qui isole la substance liquide el solide de notre être, et empêche tout mélange chimique ou mécanique de la matière médicinale et de la matière orginiqne. Pourquoi chercha dans les principes matériels d'un médicament la cause , la raison des changements phy-
aie