‹ Traité élémentaire de matière médicale (volume 2)Chapitre 18 sur 35 · VIVANT · texte numérisé non relu

VIVANT

Des parties du corps sur lesquelles on peut appliquer

les médicaments.

Les médicaments ne prodaisent les effets qui ont coutume-de suivre leur administration , ils n'ont de pouvoir sur le corps vivant^ que quand ils sont mis en contact immédiat avec une de ses parties. On sait aujourd'hui quelle confiance méritent les amulettes » qu'il suffisait de porter dans ses vêtements pour en éprouver l'efficacité. Tout produit physiologique où thérapeutique qui émane de la vertu d'un médicament, suppose toujours une adhérence matérielle des principes de ce dernier avec un point du système animal sur lequel il agit d'abord, et d'où il étend au loin sa puissance.

Au moment d'étudier l'action qu'exercent sur l'économie animale les agents pharmaceutiques , il est nécessaire de se représenter les divers endroits du corps sur lesquels il est d'usage de les appliquer. D'abord les surfaces propres à recevoir des médicaments sont toujours recouvertes ou par la peau y ou par une membrane muqueuse. Mais lorsque l'on parcourt successivement tous les points de l'étendue que présentent ces deux enve-

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loppes 9 dont rune fecoarre la machine animale en dehors , et dont Tautre tapisae tontes les cavités qni commnniquent avec Tester ieur» on trouve aurdessoos d'elles des conditions d'organbation singulièrement dirersifiées. Là exbte une sensibilité exquise; elle se montre obtuse on peu plus loin* L'absorption ne se fait pas avec une activité égale partout Les communications sympathiques ne sont ni aussi nombreuses ni aussi importantes dans phisieurs places que dans d'autres. Le voisinage de viscères essentiels à la vie donne à quelques compartiments des avantages incontestables. D'autres se recommandent par la présence de conduits excréteurs qui y viennent aboutir, parce qu'en agissant sur l'extrémité de ces conduits» les médicaments font sentir leur puissance aux organes auxquels ces conduits appartiennent.

Le pharmacologiste qui recherche sur le corps humain les voies propres à l'application des médicaments , distingue dix endroits ou surfaces» qui sont : i^ l'estomac et les intestins ; s* les gros intestins seulement; 3* la peau; 4* la snr&ce des yeux; 5* la membrane pituitaire; 6"* l'intérieur de la bouche; 7* la vaste étendue des voies aériennes; 8* l'btérieur du conduit auditif; 9"* l'intérieur de l'urèthre et de la vessie; 10* dans la femme, le vagin» et, dans quelques cas , la cavité de l'utérus.

De Pestomac et des intestins. Ces dix parties ne fournissent pas des ressources également avantageuses pour médicamenter le corps. Il est des lieux, cooune la surface gastro-intestinale, où les agents médicinaux trouvent des facilités singulières pour le développement de leur propriété agissante. D'abord on peut porter dans les voies ali-

'5s DB l'action D£S médigauents

menlaires^ sans craindre d'altérer la texture de ces parties une assez forte dose de matière médicinale pom" que son action ait toute Ténei^e désirable , pour que tous les appai^ils organic[ues sentent sa puissance. Puis la surface gastro-jntestinale est couverte de nombreux pores inhalants» qui absorberont promptement les molécules médicamenteuses. De plus sa sensibilité est très*- rive » et la grande quantité de nerfs que les organes digestifr reçoivent du nerf pneumo-gastrique et du trispknchnique » favorisent la transmission > par sympathie» sur tous les ponits du c<Hrps» de l'opération médicinale qui se fait seulement sur eux» Intimement lié avec le cerveau» avec le ptolongemoit rachidien » avec le cœur » avec les poumons » l'estomac semble rendre communes à ces oi^anes les itnpressions que font sur lui les agents pharmaceutiques. Le plexus nerveux dont ce viscère est enveloppé communique avec tous les autres » et concourt par sa position à :fe>rmer le centre principal du système des nerfs ganglionnaires ! ce centre occupe l'épigastre» et c'est k lui que doivent se rapporter les sensations que l'on éprouve dans cette région. Les avantages qu'oiàfre^la surface gastro-jntestinale» pour rapplicati<m des médicaments, sont si biçn connus» que la plupart des préparations pharmaceutiques sont destinées pour elle ; leur dose est mesurée à sa eo^nvenance ; et c'est toujours elle que l'on a en vtie quand on parle en général de l'emplcH d'une substjsoice médicinale.

L'importance de l'organe gastrique, est connue depuis long-temps en physiologie : son importance est plus grande encore en pathologie i cependant eQe avait été négËgée« L'estomac est afiecté dans la plupart des maladies : il est

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pea d'orgamt qui paaMDt plus louf^ot qoe lui k une cùttditioD morbide. Dans radminutratioo des médicaments» il est nécessaire queje praticien considère avec soin quel est Fétat actuel de k surface gastrique » qneUe sera la suite de Fimpression qu'il Ta receroir.

Lorsque la snr&ce gastro-intestinale est actueUemenl dans un état morbide » elle réclame fiirtement Tattention du médecin qui se prépare à fiirmnler une prescription. D'abord il a dû juger la condition présente des tittus gastriques, qui peurent être dirersemeni aflEdctés. La lésion peut n'occuper que la membrane muqueuse de Testomac ; die peut être étendue aux autres tuniques. Cette lésion peut être une iiritation ou une phlogose \ des ulcérations, des dégénérescences, etc. On conçoit tout ce qu'une application indiscrète, maladroite, de substances médicti*' nafes sur m estomac malade , doit occasioner d'accidents, soit en exagérant les lésions dont cet «nrgane est affecté, soit en opérant des provocations sympathiques sur d'autres points du corps. Il est des cas où l'estomac et les intestins

' Lonqae daof une fièvre ataxitfue riotérieur de U vessie est phloge«é t et qu'iiiM réMutioft d'arSoe oblige de vecoarir k la sondo , si on Uiée o«t m^lfmmtnt daqt |« curHé Téûcftle , b contact de aon extrémité 7 produit es boibb de viQgt'<|u«tre bepret aoe escene, et peirt même la perforer, La sonde ne cause pas cette lésion quand les tissus de la Tetiie sont sains. Noos avons fait arec étonoemeot cette observation k l'Hôtel- Dieu. d'Amiens; M. Uapnytren avait vn la même chose à l'Hètel-DIen de Paiii. C'est encore parce qu'on état morbide donpe aux tissny vivant one disposition singulière à s'altérer, qne nous voyons daaa let fièvres ataxiques , adynamiqnes , une pression continue sur la peau et aur les Bitiscles du sacrum , des trocbanters , causer des escarres, des tdcérafioB5, les plaies des vésicatoires oÉHr les mêmes dégéaéreseenoes, etc.

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deviennent comme des centres de perceptions : tout ce qui les agace, les offense, semble en même temps agacer, offenser tout le système animaL Les impressions qu'ils reçoivent sont ressenties par toutes les autres parties ; et ce qui agite l'appareil digestif agite également l'appareil cérébral, l'appareil circulatoire , etc. Ces remarques sont d'un ^and prix : elles ont produit les plus heureuses modifications dans le traitement des affections fébriles. Nous devons beaucoup de reconnaissance à M. le professeur Broussab, qui a appelé l'attention des praticiens sur ce sujet.

Si Tes.tomac , dès qu'il est malade , impose au praticien la plus grande réserve dans l'usage des substances ficres , amères , etc. , il n'en est plus de même quand son tissu est sain. Alors ce viscère brave les impressions les plus fortes, sans perdre sa disposition physiologique, ou s'il la perd momentanément, il y rentre bientôt après. On voit tous les jours des personnes prendre des composés alcooliques, des substances très -irritantes, même caustiques, à des doses très -élevées, sans que la cavité gastrique paraisse souffrir, sans que l'estomac perde son état normal. Ainsi on a pu prescrire trente grains et plus de sulfate de quinine à la fois , la surface gastrique a pu en soutenir l'action , ou si cette surface a été violentée, la lésion a peu duré, elle n'a eu aucun résultat. C'est un fait remarquable que la facilité, l'insistance, avec laquelle les tissus organiques, quand ils sont actuellement exempts de toute altération morbide, retournent à leur condition physiologique. Il est étonnant à quelles agressions ils peuvent alors être impunément soumis.

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Sai» doute on rencontre fréquemment des estomacs <jui ne peuvent supporter rimpression répétée des mêmes médicaments sans s*offenser ; ainsi Fusage journalier du calomel, d'un ozide de fer» des amers» etc., cause, après quelques jours, du malaise, un sentimoQt pénible de pesanteur dans Tépigastre, du dégoût, des nausées, etc. Mais il suffit ordinairement de su^ndre Fadministration du médicament pour voir disparaître la mauvaise dispoâtion de Testomac» On peut revenir k son emploi après on assex court intervalle, sans rencontrer les mêmes obstacles^

Nous dirons à ceux qui sont d^une excessive timidité, qui montrent de l'inquiétude toutes les fois qu'il s'agit d'admimstrer un médicament de la classe des tisniques , des excitants, des diffhsibles, des pùrgatife, des émétiques, que l'estomac est un viscère très-vivace, que, destiné à recevoir du dehors des corps doués des qualités les plus variées , les plus opposées • il a obtenu de la nature une grande force de résistance vitale» qu'il faut que cet organe soit actuellement malade pour que l'action passagère d'un médicament lui soit nuisible.

Nous leur rappefierons qu'il est des moyens de diminuer l'action trop vive que les substances qui recèlent des principes ficres , mordicants , etc. , ont coutume de porter sur la surface gastro-intestinale. Il suffit pour cela de partager en plusieurs prises la dose des médicaments que Ton veut faire prendre aux malades, de metU'e quelque intervalle entre l'ingestion de chacune d'elles , de mêler à la substance médicinale un coi^s mncilaglneak , farkieux , ou une poudre inerte qui lui serve de correctif. £a empêchant par ces divers moyens le médicament d'of-

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feofier la cavité gastrique, onrempécbe aussi de déteniHner aak)ia dea provocations sympathiques , d-i^tralner dans le désotdre pathologique le cerveau , le cœur» etc. N*accordous pas non plus uœ confiance absolue à la rougeur de la langue, pour en déduire la situation actuelle des Voies digestives : la langue peut être irritée seule, et Testomac çpOSj^ry^r si^i âtat naturel. On rencontre des malades qui sijq^ôrteat san^ accidents l'usage, à hautes doses, de choses Stfiveé , irritantes, stimulantes , et qui. présentaient cependant un6 langilerouge. Nous venons d'en donner la raison. Gardbns-nous de rapporter à l'estomac la sensibilité de l'épigaafrç. La doaleur que tait naître une pression sur cette région décèle une susceptibilité morbide, un chan* gement d'état d^s plexus nerveux do grand sympathique; mais cette douleur ne peut être produite par les tuniqaes de l'estomac, surtout par la membrane muqueuse qui o-arnit soa.intérieiur.

Dfs gros inteitins. La stur&Ge des gros intestins offre, pour l'application des médicaments , des conditions moins favorables que celle des organes dont nous venons de nous ocçjuper. Cependant il exisle sur l'étendue des voies digestives que forment le ececum , le cokm et le rectum , b^ucoup de fiiets neryeux qui se rapportent au grand sympathique « qui font partie des^ plexus ganglionnaires. Gîs nerfs mettent cette surface en relation avec l'encéphale , avecla moelle épinière ; les impressions qu'elle restent se propagent promptement au cœur, aux poumons, h U)iM le» organes. La sur&ce interne des gros intestins j'H aum le »iV-gc d'une absorption très-active , et les nto^ ^'*tiU*M de* préparations phannaccutiques que l'on Mif^cte

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dan» cette carrité pénètrent proaiptement dans le terrent circulatoire. Comme les gros intestins n*ont point Tex^ise sensibilité dont jouit Testooiac , on peut administrer en lavements des doses donhles on même triples des snbstances <pii sont acres , irritantes 2 il est des composés trts-énergiqœs ijotb Ton n'ose mettre en contact arec b caTÎIé gastrique » et que Pon emploie sans danger en la* TemetttSé

Le tkévapeottsle établit fréqnemment snr les gros intestins des points d^ritati^i réTulsife» qui se montrent très* efficaces duis.Ies affections de la iête» delà poitrine, même de Torgane gastrique : les tavements purgatils ont une réputation qu'tts justiient par les airantages qu'ils preenrent jommellemeDt. On- doit , avant d'introduire des substances médicinales dans- les gros intestins » exammer avec soin l'état dans lequel ils se trouvent : s'il y existe une phlogose, l'application de médicaments acres , stimulants , etc. , serèat nuisible , parce qu'elle animerait daran-» tage le travaS ^morbide dont ils sont le siège ; de plus , leurs sympathies deriennent alors plus actives » et le praticieii doit en même temps prévoir les suites des provocatimis qu'en recevraient les antres appareUs organiques. Teujoitfs est-il vrai de dire qu'en choisissant la surface des gros intestins pour l'application des médicaments , le médeein ménage la cavité gastrique; et dans les cas trèsfréqnents où dette- cavité est dans un état morbide, il est avantageox de pouvoir trouver un autre point oà Ton puisse porter les agents phannacologiques.

D'ê tu peàîi^ On applique souvent des médicaments sur la peau-. Il faut examiber quel est le point du corps sur

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fcnêw la cavité gastrique» on Tempèche aussi de déterminer an loin des provocations sympathiques , d'entraîner dans le désordre pathologique le cerveau» le cœur» etc. N'accordons pas non plus une confiance ahsolue à la rougeur de la langue» pour en déduire la situation actuelle des voies digestives : la langue peut être irritée seule » et l'estomac çonsorver son état naturdL On rencontre des malades qui sii^[»pOrtent sans accidents l'usage» à hautes doses» de choses ancres» irritantes» stimulantes» el qui. présentaient cependant une langue rouge* Noos venons ^en donner la raiscm. Gardons-nous de rapporter à l'estomac la sensibilité de l'épigaatre. La douleur que fait naître une pression sur cette région décèle une susceptibilité morbide» un chan^ gement d'état dos plexus nerveux du grand sympathique ; mais cette douleur ne pont être produite par les tuniques de l'estomac , surtout par ]a membrane muqueuse qui garnit son. intérieur.

Des gros inteitins. La surÛMie des. gros intestins offre, pour l'application des médicaments » des conditions moins favorables que celle des organes dont nous venons de nous oc^pper. Cependant il existe sun l'étendue des voies digestives qne forment le ececum » le colon et le rectum » beaucoup de fijets neryeux qui se rapportait au grand sympathique» qui font partie des plexus ganglionnaires. Ces nerfs mettent celte surface en relation avec l'encéphale » aveclamodyk épinière ; les impressions qu'elle ressent, se propagent promptement au coeur» aux poumons» h tous les organes. La surCaice interne des gros intestins e$i aussi le siège d'une absorption très-active » et les^BO^ léûules des préparations pharmaceutiques que l'on ^ifecte

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dans Gotlo caifité péoMreiit proaptameiit dam le torrenl circulatoire. Goêuoèù les gros iiitealiiifl n'oot point Tex^iae sensibilité dont jouit restomac , on peut administier en layements des doses doubles on même triples des substances «pu sont acres, irritantes ; il est des composés tiès-énergûpies <pie Ton n'ose mettre en eontact arec b carilé gastriqoe , et que Pon emploie s«is danger en la- TenenÉB*

Le Ikéffapeattsie établit fréqfmmment snr les gros btestint des points d'irrkati^ rérulsifr » qui se montrent très* efficaces duisles affeetions de la tête, delà poitrine, même de rtvgane gastrite : les larements purgatifs ont une réputation qu'As justifient par les airantages qu*iti procoreot joumeUffluent. On doit , avant d'introduire des substances médidnales dans les gros intestins , exammer avec soin l'état dans lequel ils se trouvent : s'il y existe une phlogose» l'application de médicaments acres , stimnlants, etc. , serait nuisible , parce qu'elle animerait davantago le travaS morbide dont ils sont le siège ; de plus , leurs sympathies deviennent alors plus actives , et le praticieD doft en même tettq>s prévoir les snites des provocatioBS qu'rai recevraient les autres appareils organiques. Toujours estnll vrai de dire qu'en choisissant la surface des gros intestins pour l'application des médicaments, le médecin ménage la cavité gastrique; et dans les cas trèsfréipsttta où cetleeavité est dans un état morbide, il est svMitageax de pouvoir trouver un autre pohit oè Ton poisM porter les agents pharmaeologiqnes.

Ik ta peùu^ On applique souvent des médicaments sur la peau. Il faut examiner quel est le p«mit du corps snr

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lequel on les place » et se représenter les organes qui se trouTent au-4essous , pour juger de l'étraidue et de Timportance des e£Eets qu'ils peuvent déterminer. Nous devons ici rappeler l'état anatomique et physiologique de la peau de l'homme. Cette partie n'est pas chez lui recouverte d'un épidenne rugueux , durci, ni garni de fourrure, d'écaiUea, comme dans les animaux. La peau de l'homme reçoit un grand nombre de filets nerveux, elle est douée d'une vive sensibilité, qu'entretiennent, que développent encore l'usage des vêtements et le séjour dans le lit pendant sept à huit heures tous les jours. Au dessou» de l'épiderme trèsdélicat qui tapisse la surface de la peau, se remarque un réseau très-épais de vaisseaux capillaires, qui s'épanouit , qui se remplit 'de sang sous l'influence excitante d'unefoule de causes , ce qui décuple alors la vitalité du système dermoïde. Une absorption dont l'exercice est continuel s'opère à sa surface : des liens sympathiques l'unissent à toutes les parties. On conçoit facilement que, par cette voie, les médicaments peuvent susciter des changements organiques importants.

Toutefois l'absorption cutanée présente de grandes anomalies dans son exercice. Il est des cas où les molécules des médicaments pénètrent rapidement par cette voie; dans d'autres temps , elles semblent ne s'insinuer*qu'avec lenteur dans les pores inhalants qui appartiennent h la peau. Languissante , souvent nulle , quand l'épiderme est sain, entier, solide» épais , l'absorption prend une activité marquée aussitôt que cet épiderme est. altéré, aminci, oi^vert, soulevé dans quelques points de l'endroit qui reçoit le médicament. Cette fonction se montre prompte ,

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avide , aon exercice se fait avec nne rapidité étoimantev qoafid Tépidenne e»t enlevé toot-à-fait » qa*il n'existe plus.' Alors toat le médicament paraît s'être insinué dans le corps» ses effets attestent qu'il soumet à sa puissance Téco- Domîe tonte entière. Hais tant que l'enveloppe cutanée conserve son état normal, sa condition anatomi^ie» il y a béatitude pour le praticien sur l'introduction du médicament dans le sang , et surtout sur la quantité de ses molécules que reçoit ce fluide , et cette incertitude nuit à la laveur que prendrait cette manière d'employer les remèdes. On doit mettre de la différence entire les frictions avec un composé médicinal, qui déchirent, ouvrent l'épiderme, et la simple apposition de ce composé sur la surface cutanée.

Il faut aussi, dans les applications de médicaments à i extérieur, tenir cmnpte des qualités physiques de la substance de ces médicaments. La finesse de leurs molécules, leur degré de solubilité dans les liquides qui exsudent de kpeau , leur aptitude plus ou moins grande à s'unir avec son tissu, à pénétrer par imbibition dans la première couche de ce t^nment , la nature de l'excipient que le médicament a reçu, etc. , etc. , sont des conditions qui favorisent on relardent l'àbsorJitioD , et qui , dans le sujet qui nous eccape, ont une certaine importance.

Au fond , les applications de médicaments sur la peau ont produit d'heuveujc résultats. Les frictions avec les liqueurs alcooliques, avec Téther, avec les vins médicinaux, avec le camphre , la scille ,' la digitale , le mercure, etc. , ont reçu depuis long-temps de l'expérience clinique la sailction de leur effidacité. Cest surtout quand l'estomac

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se trouire dans mie conâitioii pathologique» et qii*il repousse les agents médicioaiix dont on veut se servir» que le praticien porte ses vues vers la peau» et qu^il se trouve heureux de pouvoir £ftiie pénétrer par cette Toie les modules médicamenteuses. Si nous devions nous arrêter pins longtemps sur ce sojet , nous examinericms toute l'étendue do Tenfveloppe dermoSde, nous estnanerions la valeur de chaque région du corps pour Tapplication des médicaments; au moins, nous noterons ici T^tgastre» centre du systëme^ des nerfs ganglionnaires, comme un lieu où les topiques agissent avec une grande force, où ils trouvent des conditions très-favorables pour Texercice de leur puissance. Nous appellerons aussi l'intérêt des praticiens stxt la colonne vertébrale où «se trouve contenue la moelle épinière, ce^ centre si remarquable de Tappareil de Tinnervation, sur lequel! on exerce une influence qui n'est pas à dédaignerau moyen des frictions avec desteintures alcooliques chargées de principes réitinenx, balsamiques, amers, etc.

On a voulu , dans ces derniers temps, donner plus d'importance aux médications cutanées , en mettant les sub^ stances pharmacologiques sur la peau dépouillée de son épiderme* On applique d'abord un vésicatoire , et c'est sur la plaie qui en résulte que l'on place le médicament. Ce procédé ingénieux ne tient pas tout ce qu'il sembl» promettre. D'abord, le contact de la matière médicinale cause toujours sur la surface dénudée, ti^sensible, qui la reçoit, des picotements, une ardenv pénible, de la ron^ geur inilammatotre, un travail souvent très-dioulourenx; pais l'absorption y est douteuse, incomplète, languissante» dès que la plaie perd sa vivacité, qu'elle cesse d'être rosée»

SUE LB GOEP8 riYllIT. 6l

Immide, qu'elle se couvre d'une exsudation albumineuse» épjôsse, dore, etc. Noos arons fait des essais a?ec TacMale de morphine, avec Textrait d'opium, avec l'extrait alcoolique de noix Tomique, avec la belladone, avec la jus- (piiame, etc. Nous avons constaté que J'absorption de ces substances n'a pas toujours lieu : ft était bien des applications après lesqudles on n'obserrait aucun des phé^ nomèpes immédiats que ces substances ont coutume de produire, et lorsque quelquesHms de ces phénomènes se manifestaient, ils n'offraient pas toujours la même durée m la même intenûté , bien que les doses aient été aussi fiortes* EêèSoï , nous arons vu que l'augmentation de ces doses ne grossissait pas toujours les produits.

Trois grains de sulfate de quinine mis sur une plaie de ▼ésicaloire que nous avions cependant tenue pendant vin^qnatre heures , ti dessein , recouverte d'un emplâtre de beurre frais , ont produit une escarre superficielle. La ^talepourprée, appliquée sur la plaie àé)k ancienne d'un vésicatoire, a causé aussitôt après des douleurs, des ardeurs , des étancements , un sentiment de sécheresse ; il a 6Bu faire un autre pansement au malade.

C'est une voie bien incertaine, bien infidèle que celle-ci pour Tadminlstration des moyens pharmacologiques. Pour prononcer sur sa valeur , il ne fkut pas s'arrêter , comme on le fait , aux résultats curatifs. Nous ne cesserons pas de f^éiet que cette manière de juger les remèdes est trompeuse , que l'on ne rencontre , en procédant ainsi , que des illasions. Que s^urai-je de Taction d'un médicament essayé par la méthode endermique ou sous-épidermique, lorsqu'on se bornera à me dire qu'après son emploi il y a

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eu du calme, in sommeil, cessation d'aoe douleur, (pi'one diarrhée s*est arrêtée, etc. , si l'on ne me prouve en même temps par des effets positi&, par les changements qui se sont manifestés sur divers points du corps , que ce médicament a pénétré dans l'économie animale , qu'il n'est pas resté inactif? Ces résultats curatifs ne sont^ils pas souvent iikdépendants de l'usage du médicament que l'on a employé? Il est une application de la méthode endermique qui me paraît très-heureuse. C'est quand on veut\ par l'application topique de l'acétate de morphine, modifier l'état actuel des cordons nerveux d'une partie , leur donner une autre disposition, et dissiper par là des douleurs névralgiques. J'ai souvent obtenu du succès de cette pratique. Des autres surfaces. Les autres surfaces qui nous restent à examiner sont loin d'offrir le même intérêt que les trois qui précèdent. D'abord elles ne peuvent recevoir que de petites quantités de substances médicinales : la délicatesse de leur texture delpande des ménagements ; toute application indiscrète de matière active pourrait blesser ces surfaces , altérer même l'organisation des parties qu'elles recouvrent. Ainsi, lorsque l'on veut qu'un médicament étende à tout le système animal la puissance qu'il recèle , lorsque l'on veut qu'il agisse sur tous les appareils organiques , qu'il provoque une secousse qui embrasse tout le corps , ce n'est point sur la surface des yeux , sur celle des narines, dans l'intérieur de l'oreille externe, etc. , que l'on place les agents pharmaceutiques; on choisit alors la cavité gastro-intestinale , celle des gros intestins» ou la peau. Quand on applique des médicaments sur les yeux, qu'on les injecte daps le canal de l'urèthre, etc. ,

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