‹ Traité élémentaire de matière médicale (volume 2)Chapitre 23 sur 35 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DBS BFFBTS DBS MÈDIC AMBIITS.

L'opération d'un agent phannacentique sur le corps ?i?a&t donne naissance à une série de mutations» de phénomènes et de résultats que Ton a confondus sous le titre corn* man d'effets du médicament. Cette locution , dans le sens éteaduqu'onluilaisse en matière médicale, embrasse divers produits qui n'apparaissent que d'une manière successive, qoin'ont pas la même origine, qui souvent se déduisent les uns des autres. i*Le changement d'état, les modificatioDsque décide dans les tissus organiques l'impression du médicament que l'on vient d'administrer; s* le rhythmo nouveau qu'il donne aux mouvements de ces tissus et à t'eiercice des fonctions confiées aux organes qu'ils constituent; 5* les résultats avantageux que procure aux malades l'uss^ de cet agent; ces trou choses bien distmctes sont exprimées parmi même mot; ce so;it toujours les effets du médicament. Cetteeonfusion d'idées qui devraient toujours être séparées et isolées se retrouve aussi dans l'emploi des eipressions vertus, propriétés, facultés, etc. , des médicamorts. Quand on se sert de ces titres, on oitend parler, taatte de mutations secrètes qu'ils font éprouver aux solides et aux liquides du corps , tantôt des évacuations qa'ils ofCMioiieiH , des ^lénomèDes sensibles qu'ils sus- T. I. 7

g8 BM EFFETS

citent 9 tantôt des amendements qu'ils peuvent procurer dans le traitement des aflTections pathologiques. Ce vice » dans la langue pharmacologique , a dû nuire aux progrès de la science des médicaments. Si Ton a si souTcnt négligé de noter les changements , les modifications que les médicaments produisent dans l'état actuel des tissus virants, dans le mouvement normal des appareils organiques » et dans Texercice de leurs fonctions, c'est que Ton ne regardait comme efiets à signaler, que les avantages , les améliorations qui survenaient dans la maladie contre laquelle on les employait. Dans les observations, dans les expériences qui ont pour objet les facultés médicinales des productions de la nature , on voit souvent des divergences dans les opinions, des contradictions dans les conclusions, qui n'existent qu'en apparence, et qui ne sont entretenues que par un malentendu; les uns s'occupent des ^bts primitifs quand les autres n'ont en vue que les effets curatifs.

L'action d'un médicament, pris à une dose convenable, peut se distinguer en deux temps, ou se séparer en deux parties: i^ Son contact avec nos organes provoque le développement de sa force virtuelle ; celle^ïi se met aussitôt en exercice , et des changements dans l'état actuel de la surface sur laquelle se trouve cet agent annoncent sa puissance. Bientôt, soit que les. molécules de la substance médicinale pénètrent dans les canaux de la circulation , et que le sang les répande partout; soit que des communications sympathiques propagent aux autres parties l'impressionque cette surface éprouve, on voit survenir des effets généraux; les tissus organiques ne sont pas restés

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tiam la même condition, les actes de la vie suivent un rhy • Ihoie différait; tous les appareils cliniques prennent un antre ordre de mourements» Ces mutations » suite directe de l'impressioa du médicament sur les parties vivantes , forment le premier temps de son action , et ce que nous appellerons ses effets immédiats ou physiologiques» s*. Ces changements dans l'état actuel des organes , ces modifications dans leurs mouvements, ce nouveau mode d'fnercice imprimé aux fimctions de la vie , peuvent , dans un €orps actueUement malade , occasioner quelque résultat important; ils pourront contrarier, affaiblir, combattre les lésions pathegénèses, arrêter leur progrès; ils susciteront des efforts organiques qui deviendront salutaires; la maladie perdra de sa violence, de son intensité, on obtiendra une amélioration marquée dans la situation du malade. Ce résultat donne la seconde partie des effets du médicament ; ce sont ceux que nous nommons secondaires ou thérapeutiques. Au lieu de faire dépendre ceux-ci des premiers , on les a ordinairement attribués à Texercice d'une propriété ou d'une vertu spéciale. Considérons en particulier ces deux parties de l'action d*un médicament, on cette succession ll'effets que provoque une seule et même administration des agents pbarmacologiques«

Sbctiok rasMikafi. Des effets immédiats des médicaments ^ ou du produit de leur force active^

Leseffets immédiats des médicaments comprennent l'ensemble des changements que le dévelo^>ement de leur puissance peut produire dans l'économie animale. Toutes

lOO I>£» EFFBTS

le0 partie» qui compose»! t le corps ressenleotrîimuencede Tageat pbannacc^ogique que Ton vient d'admîaislrer ; mais les produite dfi son action ne sont pas paiement faciles h saisir» ne sont pas perceptibles partout. Les modiiications qu'éprouvent le sang et les éiéoients organiqises resteront toujours soustraites à la perquisitioa de nos seoa : c'est seulement dans le mode d'exercice que prennent les fonctions» que no^s pouvons juger de la nature des imlussions que les substances médicinales font sur les tissus de nos appareils. Quoi qu'il en soit, dans le corps actuel-r lem^it soumis kU puissance d'un médicament» on peut chercher b coniviittre son action ou son pouvoir, i"" sur les fluides, a'^sur les solides. S"" sur les tissus organiques, 4* aur les moiivements des oi^anes. Portons successivement notre attention sur chacun de ces sujets.

De l'action que les médicaments exercent sur les fluides

du coiys.

On distingue plusieurs sortes de fluides dans le corps : nous nous attacherons au sang, à la lymphe et aux humeurs excrétées , et nous essaierons d'offrir quelques considérations générales sur la réalité et sur Timportance des chan> gemeiits que les médicamenls peuvent déterminer dans l'état actuel de ces parties liquides.

Action des médicaments far la lymphe.

Noos nommoiui lymphe le liquide que contiennent les vaialeaux lymphatiques. Ce liquide n'offre pas toujours la même couleur e on le trouve ordiniMv^ausnt ii

DE5 HÀDICâflEllTS. lOl

cependuit il est soinrem tête, ^fuelqmfeii il a ttne leniie jaimâtfe. Là lymphe piissàilpoiir être le produit complexe io fiahâlâtioa que les vaisseaax lymphatiques exécatflient sur loiAes ks smfaces et dans toutes les cavités du corps. Mais ou a élmé des doutes sur eette origine de la lymphe, es déawmtraiit, par un nombre asses considérable d'expérisneeSf que ces vaisseaux u^étaîent pas les agents de FabsMptiou sur les surfaces séreuses , muqueuses » etc. M. MageD^(iKttr. cité) adopte Topinion des anciens physiolo* gtos , qiH faisaient provenir la lymphe directement du Mog , qui la regardaient comme la sérosité de ce fluide ({HO lés radicules lymphatiques recevaient des extrémités artérielles. Notons que si les vaisseaux lymphatiques ne jouissent point de la faculté d^attirer directement, dans leur intérieur, les particules des matières médicinales <[ae Ton applique sur les membranes muqueuses, il ne peut exister dans le fluide qu'ils contiennent que les molécules médicamenteuses qu'il reçoit du sang.

La lym]^ parait dans Téconomie animale une humeur moins vivante, moins animée que le sang. Oa ne voit pas les propriétés vitaks s*exalter , les mouvements organiques s accâérer dans le point du corps où la lymphe s'accumule, comme cela a Ueu pour le fluide sanguin. Cependant la vie de ce liquide n'est pas tellement impmssante, que les matières médidnales puissent exercer sur lui une aetiM chimique, et modtter sa eompositioo intinie par la com-» binaison de leurs principes avec les siens; ce serait donc les modifications que ces composés pharmacentiqnes susciteraient dans la vitafité des parties delà lymphe que nous aoriotts k reeueillir , k constater.

I04 i>£S £FF£TS

ratoire peut disspodre , en MHrtont de ia peaa » des partie cules colorantes qai étaient tonjour» retlées étrangères an fluide que contiennent les artères et les veines. De Blême» toutes les std»stances qui sont de nature à manifiester kor présence dans un liquide comn^uniquentdes qusdiitéa noiK y &Ues aux excrétioi]is. 1^ les os prennent si facilement ooe teinte rougp lorsque l'on fut usage de la garance», c'est que la partie cakaire de ces soutiens delà machine vivante offre ime inertie , une |d>sence de vitalité qui permet, à la matière colorante de cette racine de la pénétrer et de^se con4>iner avec elle^ Il n'est pas saas intérêt de répètaor qu'on expulsant les molécules médicinales que le sang avait reçues, la nature les rassemble vers les issues excrétoires par où elle repousse tout ce qui lui est inutile. Toutes les molécules de la masse sanguine viennent ainsi se réunir, s'accumuler dans la matière excrétée : c'est ce qui fait qu'on les y aperçoit bien , pendant que leur présence dans le sang et dans le ti^su des oi^anes était difficile è constater.

Mais à quoinoussert-ilde connaître que les agents phar-p macologiques peuvent modifier la eoo^positioB intime et les qualités sensibles des humeurs excrétées? Nous savons que ces humeurs vont sortir du copps ; nous savons aussi que les modifîcatioi^s qu'elles éprouvent de la part des médicaments n'ont lieu que quand elles sont b^^s des organes vivants» La thérapeutique ne peot donc rien s^enpromettre dans le traitement des maladies. La pharmacologie ne peut non plus en tirer aucune lumière pour découvrir les effets secrets , les mutations occultes que les fp.é^icam^its protoquent dans le sang ou dans la lymphe.

DES HfolCANBlITS. loS

U n'y a guère qs'uiie oecagion où f éK de guérir se sert des ckangemeiits que les agents pbamaeeiiliqnes caosent dans Jes eiGrétions , c*est lersfie Toii modifie, par exemple» la oenpositioD ckiHiiqiie éerorfee, et ^pe, par Tu-- S9fp telwcaribeiiatie de sonde ov de Vcfm de Vichy» on hii enlève sa qnalhé adide , on la charge de principea dcalina» a6a de setœ^r TacUs oriqne et de préTenir la fonnation desgraiFien;» deacalcnk, qnecet adde forme dans les reine» les ttvetèses , k reasie, ea cessant de rester en dissolntiea dans le fluide urinaire » en se solidifianÉ. ( Yoyez les Bêchercke9 dfi Mp Magmdii sur tes auues, ete., dêlagraveUe; Paris» 9^ édit » iSaS. ) On sait que la sueur et toutes ka anfreacKCrélions deviennent aussi prompteosent alcaline»» qaani on heit de l'eau de Vieby on de Teaa chargé ^ bicarbonate de soude. On pourrait peut-être chercher k disieadbre, à B^péfier les caknls de la vésieiik du fiel » en donnant à k bik une nature et des qualités propres k ùférev cet 4B0etr>

Action d^ médiemmmU êu» le sang.

Noua arrivons au flnide le plus important de réconemie animale. Comme la pathologie lui avait assigné un grand roie dans nos maladies, ks auteurs de matière médicale attachèsent un grand intérêt aux changenaenta que les agents pluirmaeeutiques deraient opérer dans Fétat in« time, dans la disposition actuelle de ce liquide Tivant.

Pow éclairer Tétode des mutations que les mécBcamenls peuvent occasioner dans k sang» nous devons dislingaer ce fluide en deux parties : i *" ceik qui constitne sa

danty gcnifleious le» TmaseaUx, prodoil led aecideals de U )plitbore / fuk perd ^bf &t cet excès , . mnplft à peine kM''?aiMea« «anguiiiji ; .ce liqaide dans lèfoel on déconvre de» cdncfétioi»^ des'pradtntsd^uik Urarail morbide, elc? Ne Yoit^Dti pas que» quand le laog aborde avec plus de £M:ce on eb plus gnûode qnaotité dans on Umu vitant, les phénomènes de la vie y augmentent aussitôt? Gomment ccejre que le saa^ dont la soustractioa hors dbs TaisleauMqui le répandent dans to«t le corps cause la mort, ne soit pas pénétré dn ip^incipe qui nbus &it rÎTre ?

S'ft était permia de oanseiirer des dotttea sur la vitalité dnilttide san^n qtiand il eat en grosse» cxdoiuies dans les troncs principaux dès artères et des veines , et qu'il obéît passitvment % llmjmbion que ces canaux loi cornamniqwBt^ ces doutes ponrraient^ils encore exister cpand ce fluide a pénétré dans les vaisseaux capillaires^ qu'il fait partie intégrante dn tissu matériel des organes, qu'il prend part à leurs mouvements» à bnrs opérations» etc. ?

Je ne répugnerais même pas à penser qne ce liquide si abondant en fibrine prend» dan^ les canaux vivants qui servent à sa circnlatîon^ une sorte d'organisation; qu'il forme comme un réseau susc^tBlle de se dilater et de se resserrer; qn'ea&a ses parties ne renleot pas les unes sur ka autres sans ordre et en cenfiision. N'est-ce pas sur cette organisation inteâtme du sang qu'il faudrait chercher les effets des médicaments ? Ces agents n'auraient-ils pas la faculté de modifier cette texture, cette conformation de fluide sanguin ? Les stkiulants , qui touf-à-coup rendent le pouls plus grand , l'artère plus dilatée , d'im calibre pkis gros, ne font*ils pas prendre aux parties du sMg

DES iduHCUlUfTS. 109

une sitoalioii nonv^e» d'où résulte un gpaflemeot de toule sa massa , ce qui kii fsît occiqier plus de pUce» ,ei dislend les canaux qui la cantiennant? I/f acidulés prodoifaîwi-Us uu eShi opp«>sé? coadenseraiaot-Us les paiiies do saog? ast-oe pour cela qu'ils rendeut le pouls moîas lai^, aie* ? Dans Télat de maladie al mânae de saule, ou ▼ml ua pouls petit , peu seosiUe • acquérir lout-k-coiip de la pléoilnde al du développamelii : cas turgescences artérielles se dé|iendanl*elles pas d'un autre arrangemenl que prennent subitement les parties constituantes du sang? Est-ce Mmlaneot raclion yilale des canaux artériels qui &ttl que , dans les angoisses causées par l'issue prochaine d*iHie affaire très-impmrtanle» la personne intéressée ofire, alternatif émeut al à très-peu de distance » un pouls plein et un pouls très-eerré? Le sang semUe éprouYer une expansion et dilater l'artère dans la joie ; ce liquide est comme ciNaracté dans la crainte.

Concluons que les médicaments , pendant qu'ils soumettent le corps tout entier à leur puissance , ne restent pas sans action sur i» fluide sanguin ; mais ne cherchons pas à déteriuiner d'une manière précise quels sont les changements que chaque suhatance médioinkle décide en loi. Sans doute ces changements ne dépendent pas d'un simple mélange ou d'une combinaison chimique entre les principes du médicament et les principes du sang ; aussi nous ne répéterons pas que teDe substance diminue la TÎscosité , Tépaississement de ce fluide; que telle autre lui rend la consistance qu'il a perdue ; qu'il existe des agents propres à inciser les parties du sang , à les atténuer , à les fondre, en un mot» capables de changer» d'une manière

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repousse de semblables agrégations , les rend impossibles ; eUes détriiirMntla, texture mtureUe des drganesoh elles s'opéreraient. Le second résultat est le seul que la physiologie puisse admettre. Il suppose seulement une disposition nouvelle de la fibre , que déterminent, par leur impression 'dîfecte » losmoiteoles médicamenleusei. Les changements dont nous parlons ici n'intéressent que la situation physique des sdiîdes vivants; maie ces changements ont toujours lieu dans la profondeur même de nos organes , et nous ne pouvons directement les constater ni décrire en quoi ils ^consistent'.

De Vactian que les médicaments exercent sur les tissus

organiques.

Ces solides élémentaires ou primitifs, parleur rapprochement, leur entre*cr<N8ement, leur pénétration, leur union, dans des proportions variées, composent tous les tissus que nous présente le corps vivant. Ces tissus eux-mêmes, en se réunissant , forment les organes , les viscères , les apparmls doat l'ensemble constttue l'édifice antmaL Chacune de ces f^rties a une denfiUé» une résistance , une coloration , une température connues, un degré de sensibilité estimé; chacune de ces parties a un mouvement déterminé , remplit une.fecctioB dont le mode d'exercice est soumis à une mesure fixe. Ne peutK>n pas , en observant les varia-

* Les termes humectants, relâchants, condensants , styptiques, stqpposent des changements opérés dans la situation , dens la disposition des fiiireB organiques.

DES MiDICAMBKTS. Il3

tioDS qpi se manifestent dans la condition anatomique ou Boimale des tbsus organiques, dans leurs mouTemenIs habituels, dans Texercice de leurs fonctions» apprécier Fespèce d'impression qu'ils ressentent, juger les modifications qu'ik en éprouvent? Il est reconnu que toutes les attemtes que le matériel de nos organes reçoit de la part d'un agentmédicamenteux sont aussitôt représentées fidèlement an-dehors par les changements que subit l'action actaelle de ces oi^açes. L'opération intérieure d'un médicament s'exprime ainsi sur tous les points du corps, d'une manière sensible et apparente, dans les différences que Ton remarque entre le mode d'activité que chaque partie suirait au moment où l'on a administré ce médicament « et celui qu'elles offrent à l'examen de l'observateur pendant iju'il tient l'économie animale sous son influence.

La nature des changements qui se manifestait alors nous conduit k reconnaître le caractère de la vertu dont est doué chaque agent pharmacologique. Celui qui remarque qu'un excitant cause un sentiment agréable de chaleur dans la région épigastrique, éveUle l'appétit, rend la digestion plus prompte, le retour de la faim plus rapproché, ne voit-41 pas que cet agent a stimulé le tissu de l'estomac, a développé sa coloration, sa température, sa vitalité, a aug«menté ses facultés naturelles? Qu'un opiatique, au contraire, annuUe un besoin déjà prononcé de prendre des aliments, ou qu'il suspende l'opération digestive qui était commencée , n'est-il pas évident qu'il a frappé de stupeur les fibres de l'appareil gastrique , ou au moins qu'il a perverti ses mouvements? Le pouls plus vif ou plus fréquent après l'emploi d'un médicament alcoolique ne proitve-tHl

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