DES EFFETS
des causos bien plus puissantes encore » bien plus nombreuses se présentent dans l'état de maladie , dans les désordres qui se rapportent à Tordre pathologique. Alors les tissus organiques prennent des qualités nouyelles ; leur coloration , leur température , leur consistance sont changées; leur susceptibilité a pris un autre caractère» leurs mouvements ne suivent plus le même rhythme» ils se livrent à des efforts insolites » à des écarts anormaux, etc. •On conçoit que les tissus organiques», modifiés par ces conditions morbides» ne peuvent plus répondre de la même manière aux agressions extérieures. Chaque mode de lésion imprime à ces tissus une disposition spéciale» passagère mais puissante, qui fait que l'impression d'un médicament sans changer de nature» donne cependant h ses effets habituels tantôt plus et tantôl moins d'expression» suscite même des phénomènes insolites» accidentels» inattendus. Remarquons aussi que tous les tissus oi^aniques ne sont pas également sensibles à l'impression des mêmes principes médicamenteux. La puissance de ces derniers sur un organe se mesure» en général» sur le volume de ses vaisseaux sanguins» sur la quantité de sang qu'il reçoit» et de plus sur le degré de sensibilité dont il est doué» sur le développement de sa vitalité. Il est des tissus sur lesquels ces principes ont beaucoup de prise : tels sont les tissus des organes digestifs et respiratoires» celui du cœur» ceux des vaisseaux capillaires» celui du cerveau» du cervelet» delà moelle épinière» des filaments nerveux» le tissu des membranes muqueuses» des organes sécrétoîres » celui de la peau » etc. L'aiguillon des substances médicinales parait émoussé » lorsque Fou considère ensuite sa puissance sur le tissu cellulaire » sur
les gansons lymphatiques, sur les aponévroses» les cartilages , etc. Cest ppur cela qu'un médicament qui répand égakment ses molécules actives dans toutes les parties du corps , semble ne pas produire une impression de la même force sur tous les points du système animal.
Ce principe est plus fécond en thérapeutique» parce que l'état de maladie modifie la susceptibilité de tous nos tissus» rend les oi^anes diyersement sensibles à toutes les impressions extérieure^. Il est facile de reconnaître que quand Tencéphale» la moelle épinière» l'appareil circulatoire, les poumons» l'estomac, les intestins» etc. » sont actudlement pris d'un travail de phlogose, ils sentent plus TÎT^nent que dans Tordre normal l'action des agents pharmacologiqnes. Dans les maladies fébriles où ces divers appareils sont dans mxe condition morbide » les particules médicamenteuses» que le sang répand partout» attaquent pins fortement leur substance. 11 est des tissus organiques sm* lesquels les médicaments n'ont aucune prise tant que le corps conserve sa disposition naturelle» et qui deviennent très^sensibles àracUon de ces agents aussitôt qu'ils sont dans un état de phlogose : nous citerons l'arachnoïde, le péritoine, la plèvre» etc. Telle est même là différence qu'une disposition pathologique établit dans Topération des remèdes» que lorsqu'un organe est atteint d'inflammation» c'est sur Inique semble se porter toute la puissance du médicament que l'on vient d'administrer au malade. Ainsi un médicament excitant, donné à petites doses dans une affection inflammatoire » va irriter l'endroit qui est phlogose ; il y cause plus de chaleur » de tension » de douleur » pendant que l'aiguillon de cet agent est à peine perçu par tous
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les antres organes. Lorsqne la sensibilité momentanément exaltée de cet endroit sera revenae an. degré de développement qni lui est naturel, ce même excitant n'agira phis sur lui , h la dose que nous avons supposée ; il ne produira plus le même effet. Celui qui a un ulcère, un cautère on m» vésicatoire, y éprouve des élancements douloureux, aussi-^ tôt qu'il prend une certaine quantité de vin ou de liqueurs alcooliques, parce que les molécules de vin et d'alcool» que le sang introduit dans tous les tissus , mordent davantage sur les points où il y a un gonflement fluxionnaire. Ces boissons donnent un produit analogue sur les régions de la peau qui sont recouvertes de dartres , d^érysîpèle , d'une éruption phlegmasique, pendant que le reste de la surface cutanée semble ne point ressentir la présence de leurs molécules. Dans le début d'une bronchite, d'une péripneumonie, qui exalte ht susceptibilité des tissus pulmonaires , les agents stimulants exaspèrent la toux , la rendent plus fréquente.
Ainsi , les médicaments se mcmtrent d'autant plus paissants, que Ton s'arrête pour suivre les progrès de leur opération à des parties animées d'one plus grande somme de vitalité. Ainsi, les mêmes organes peuvent être tantôt plus et tantôt moins affectés par l'impression des mêmes agents médicinaux : c'est la susceptibiKté plus grande dea tissus vivants qui a fait dire que Ténergie des propriétés médicinales augmentait avec l'intensité des maladies. Par suite d'un déreloppement insolite de la sensibilité, une substance qui paraissait inerte suscitera des changements profonds et très-marqués dans l'état actuel du corps. La maladie met les forces sensitives dans une condition non»
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velle ; et c'est en opérant sur celte condition acquise que lettédicament rend son action éyidento. Après des essais tentés avec le castoréum sur des personnes en santé» on s'est cm autorisé à conclure que cette substance n'ayait aucune vertu; cependant, administrée k des individus tourmentés d'accidents spasmodiques , des praticiens re • commandables l'ont trouvée efficace et utile. (Barthex , Nom^ Elèm* de la Sàenee de l'homme^ tom. ii, pag. s 2 3.) La di^âtion morbide du système nerveux donne-t-elle au castoréum une aptitude médicinale qu'il perd dès que les nerfs reprennent leur disposition naturelle?
D'un autre cdté , dans les maladies où l'appareil cérébro-spinal se montre moins vivant , où l'innervation est de?enne languissante» dans celles où les tissus organiques paraissent dans un état de ramollissement» où leur vitalité est amoindrie, les médicaments produisent des eflets physiologiques moins marqués: les parties vivantes qui offrit ces conditions morbides sont moins sensibles à leur impression; celle-ci parait se faite avec peu de force et de vivacité , et les organes qui l'éprouvent font moins d'efforts pour la repousser. Aussi , pour obtenir la médication d'un agent pharmaceutique avec son intensité ordinaire» il faut alors en donner une dose beaucoup plus forte.
Le peu d'empire que nos médicaments nous donnent sur les dégénérescences organiques» sur les tissus qui sont devenus blancs» durs» solides» squicrheux » tient à ce que ees dégénérescences ne reçoivent plus de sang» qu'elles se nourrissent par leur surface» et que le peu de molécules médicamenteuses qui les pénètrent sont h pou près san;». action sur elles.
I90 DES EFFBTS
De l'influence que les médicaments exercent sur les fonctions
de la vie.
Les médieaments agissent sur les tissus organiques du corps; ces tissus servent à former des appareils; ces derniers exécutent des fonctions dont on connaît le mode ha* bituel d'exercice. Un agent médicinal produit-il un changement dans Tétat actuel d'un tissu , aussitôt il survient un changement dans les mouvements de l'organe auquel ce tissu appartient : la fonction que cet organe remplit se fait d'une manière différente et avec des modifications particulières. Or, c'est à ces variations sensibles et apparentes qu'il faut s'attacher pour juger la propriété des agents pharmacologiques : par la nature de ces varia tiens 9 on appréciera le caractère de l'impression ressentie par les tissus vivants , on connaîtra la modification qu'éprouvent ces derniers ; par leur durée et par leur étendue» on estimera l'énergie , la valeur de l'a puissance que ces agents mettent en jeu.
La méthode que nous suivrons pour connaître les effets d'un médicament, consistera dans l'examen et dans l'estimation des changements qu'offrent l'action des organes et les fonctions qu'ils exécutent, après l'administration de ce médicament; parla nous pourrons dévoiler le genre d'impression qu'il' exerce sur les tissus organiques, la condition nouvelle dans laquelle il les met. Ces deux parties de l'opération d'un médicament, la modification occulte des organes et les phénomènes apparents qui en sont le produit ou l'expression, donnent le's effets physio-
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logiques, oo ce qne noos appelons la médication de chaque moyen pharmaceutiqae. On remarque ces effets , on les recueille, en portant son attention sur chacun des appareils oi^aniques du corps, en examinant successivement: I* l'encéphale; ce qui survient de notahie du côté de la tête, l'état actuel des facultés inteUectuelles , la vivacité, la sûreté, le trouble, le manque des perceptions; s* la condition actuelle des organes des sens , leur aptitude ft recuefllir les sensations; S"* la moelle épinière , ce que Fon ressent le long de la colonne vertébrale , l'état des muscles, le développement ou le décroissement de leur faculté contractile, les mouvements spontanés qu'ils exécutent, la situation des membres , du diaphragme, etc. ; 4* le sys^ tème des nerfs ganglionaires dont le centre existe dans la région épigastrique : les perturbations de ces nerfs et des plexus qu'ils constituent , se révèlent par la sensibilité qu'acquiert cette région , parles sentiments divers de chaleQTyde pesanteur, de tiraillements, d'anxiété, ou de bienêtre, de cafane, que Ton y ressent, par un changement notable des traits de la figure, par des mouvements de spasmes qui se montrent sur le cœur, sur les artères, sur le diaphragme, sur Festomac, etc. , par des fourmillements dans toutes les parties du corps, par des refroidissements partiels ou généraux , par des alternatives de pâleur et de décoloration, etc. ; 5"^ tout ce que peut oflfrir de nouveau; de remarquable l'exercice de la digestion ; 6* de la circulation ; 7* de la respiration ; 8* le degré d'activité que suit la nutrition ; g"* la situation présente des organes sécréteurs et exhalants, les produits qu'ils fournissent, la quan^ tité et les qualités de ces produits, etc. En rapprochant
1S4 DES EPPBTS
ment sur l'œil , sur la membrane pHniiaire , sur la surface bronchique y sur celles des voies intestinales» le même médicament fait naître des mouvements » des efforls diffé^ rents. Chacun de ces appareils répond d'une manière qui lui est propre \ Tagression qu'il ressent. C*est l'endroit médicamenté qui exécute les effets des ageûts pharmacologiques ; voilà pourquoi ces effets ne sont plus les mêmes sur les lieux qui n'ont pas une forme anatomique semblable» qui se composent de pièces différentes, qui ne jouissent pas de la même somme de vitalité^ qui remplissent des fonctions opposées.
Des médications générales.
Tous ceux qui ont écrit sur la matière médicale avaient observé les changements physiologiques qui forment les attributs de la médication générale. Tous parlent des variations survenues dans la circulation du sang, dans la resph'ation, dans la chaleur vitale, dans les phénomènes cérébraux, dans l'aptitude des muscles à se contracter, dans l'exercice' des digestions, etc. , après l'administration des médicaments; mais ils n'ont point accordé à ces efibts immédiats de la puissance de ces agents toute l'Importance qu'ils méritent ; ils ne se sont pas demandé dans quelle condition nouvelle ces médicaments mettaient les tissu» organiques, pour leur faire produire les effets dont ils étaient les témoins. Occupés des causes morbiflques que les médicaments devaient détruire ou expulser hors du corps , la plupart d'entre eux regardèrent comme des produits insignifiants, quelquefois même comme des accidents, les.
DM MiDlCAMBlITS. ItS
eOeU» les phénomèDes dont nous parions. Noos qui ne croyons pas k des YtftUn curatÎTes absolues et occultes dans les agents médicinaux» mais qui pensons que ces derniers ne se rendent utiles en thérapeutique que par les mutations qu'îb provoquent dans les tissas ou dans les monyements des organes malades, nous attacberoos un grand prix à Tétude des ces effets. Une médication générale sera pour nous cet état particulier du système animal que Taction d'un médicament fait nattre» et que caractérisent des variations dans Texercice des fonctions delà vie, des mouvements insolites sur tous les points du corps j qui sont lexpression de modifications cachées qu'éprouvent alors les organes qui exécutent ces mouvements. Mais il ne faut pas mettre sur la même ligne , voir du même œil' tons les effets que suscile un agent pharmacologique. U est des produits majeurs que nous appellerons des effets Trdsy légitimes, significatifs, ordinaires, demi on doit considérer avec un girand intérêt le développement et l'intensité, parce qu'ils recèlent pour le médecin un enseignement précieux. Il en est d'autres que nous nommons dos effets faux, effËctus sptirU , des effets insignifiants, accidentels, inconstants, auxquels on doit peu s'arrêter. Nous établirons donc une sorte de subordination parmi toua les ciiaDgements organiques qui suivent l'administration des médicaments.
Les variations que ces agents font éprouver aux mouvements naturels des appareik qui président aux fonctions essentielles; les modifications que subissent la vie céré«brale , celles de la moelle épinière et des plexus nerveux ; les variations qu'en éprouve l'exercice de Tinnervation ;
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9"* Les effets qui ne sont qu'une augmentatipn ou un affaiblissement^ une e^uigération pu upe diminution des phénomènes naturels , comme le pouls plus fréquent ou plus rare, plus vif ou plus lent, plus fort ou plus faible.
féan distillée simple à l'eaa de coquelicot, sans que les malades et même les élèvâ en sussent rien. Les observations continuèrent d'être les mêmes. Le matin y plusieurs des malades soumis à robservation disaient avoir en du calme une demi>henre » une heure après avoir pris la potion ) avcûr moins toussé, avoir mieux reposé» Ils assuraient avoir bien senti quece. remède les faisait dormir, les empêchait de tousser, qu'ils lui devaient }a bonne nuit qu'ils avaient ene« Ib redemandaient, le soir, kl potion avec empressement ; mais il y avait la même variabilité, la «tième infidélité dans les résultats. D'autres malades étaient moins contents { ils n^vaient pas dormi. En général , ceux qui la veille étaient les plus satisfaits , se trouvaient ceux qui le lendemain se plaignaient de n'avoir retiré de la potion aucun profit.
On fait la remarque que les malades qui disent avoir été calmés, avoir bien dormi, sont ceux à qui j'avais ofibrt cette potion comme un remède qui procurerait sûrement cet effet , ft qui j'avais annoncé une nuit heureuse. L'imagination a une si grande part dans les produits , qu'an des malades qui m'avait entendu prononcer le mot coquelicot', et qui s'attendait à être assoupi par ce remède, est tombé dans un état qui paraissait très-plaisant aux spectateurs , C'était en apparence un certain degré de narcotisme. « Vous me faites trop dormir, me disait4l avec un ton languissant , une lenteur remarquable ; en voilà assez , je . n'eu puis plus. Jf'ai dormi hier toute la journée ; je né puis lever un bras , ni remuer une jambe. Je suis anéanti ; 'je ne veux plui prendre cette potion. » En disant cela, il avait la figure pftle, les paupières pesantes, un air lourd, accablé , hébété. C'était une sorte de magnétisme que j'avaia opéré.
Notre troisième série d'expériences fut celle-ci : nous reprîmes l'usage .de l'eau de coquelicot; mais au lieu de l'administrer le 9oir, à l'heure habituelle du sommeil, du silence, du repo^, noua fîmes donner la potion.aux malades à huit heures du matin. Pènd^pt trois jours , chacun d'eux prit L'eau de coquelicot ; pendant trois jours les effets furent nuls. Jl ne fut pins question de calme, d'assoupissement, de sommeiL Les
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des di^Bstioiis plus faciles oa plus pénibles, phu promptes ou plus UrdÎTOs , des variations dans la saecession des inspiralîons et des expirations, des changements dans retendue de la mémoire, dans la sûreté da jugement.
makdes mang^eat, buTaient, le leiraîent, n'èprouTÛent «bioliimeiit rien.
Il non icftait une quatrième aérie d'ezpériencct à ajouter à eellet qui précèdent. Si l'ean distiUée de coquelicot fait dormir, a ta &0Qlté de calmer, c'est par l'inflaence qu'elle exerce sur le oerrean ; s'il y a an moyen de taitir cette infiaence, de la rendre évidente, c'est de la grostir, de l'exagéicr : ime dose très-éleTèe du médicament deTrait opérer cet effet. Noos airons essayé d'obtenir cette démonstration de la Tertv calmante des fleurs de coquelicot, en introdoisant dans la quantité de tisane que les malades. buTsient dans la journée , huit onces , jusqu'à nne livre d'eau distillée de coquelicot ; auonn d'eux n'éprouva la m oindre perturbation dans l'exeroice des sens, dans les facultés morales; TeDcéphale n'en reçot aucune impression; ils n'eurent pas la moiodn enTîe de sommeiller, la moindre pesanteur du corps, etc. Cette absence d'effets sédatifs était surtout remarquable sur l'bomme que le mot coquelicot avait si fortement engourdi ; il n'éprouvait plus ni sommeil ni uaonpiiaeaMnt, et il prenait de six à hnit fois autant d'eau dîstiMèe éé coqnelicot qu'il 7 en avait dans les premières potions.
Les conclusions que nous tirons de ces expériences sont, qull n'existe point de propriété calmante dans l'eau distillée de coquelicot. Nous BODs attendions à ce résultat, parce que nous avions étudié l'action de tiès-fortes infusions de ces fleurs sur le corps vivant , et parce qoe leur analyse cbimique n'a point fourni un principe anquel on pourrait rapporter la propriété dout nous parlons. Faisons de pkis cette remarque que , par analogie avec le pavot qui fournit l'opium , ce sont les capsules da coqnaiicot et non ppint les pétales qui recéleratent de la morphine.
Les expériences avec l'eau distillée de laitue ont été réglées sur le même plan : elles nous ont conduit aux mêmes conséquences. Nous eûmes le même q»ectacle que pour l'eau distillée de coquelicot. Une Ubuo» , pendant qu'elle prenait de l'eau simple au lieu d'ean de laitue , tomba dans un état d'assoupissement profond , sa figure avait perdu son
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dans la richessederimagination» dans la vivacité des perceptions» dans le développement de la seDsibilité, dans l'aptitude habituelle des oi^anes des sens » une disposition insolite des muscles à se mouvoir, ou une langueur de leur faculté contractile, une perspiration cutanée plus forte, s'élevant jusqu'à un état de sueur, ou une condition plus sèche delà peau, des urines naturelles* mais plus ou moins abondantes, des matières fécales bien liées , avec leurs caractères ordinaires, mais en quantité plus grande, ou au contraire diminuées notablement, les règles chez les femmes plus ou moins abondantes , ayant une durée plus ou moins longue, etc. , etc.
3^ Les effets qui sont des phénomènes tout^-fait hors de l'ordre normal, qui annoncent toujours une perversion dans la condition physiologique , dans les mouvements naturels des organes ob ils se manifestent, ou auxquels ik se rapportent, comme la douleur, tme chaleur extraordinaire du corps, des hallucinations de la vue et de l'ouïe, des bourdonnements d*oreilles, des éblouissements , des vertiges, de Finsomnie, de l'agitation, de l'oppression.
expression , elle paraissait être accablée , engourdie ; elle disait qu'elle dormait trop ; elle me conjuraiit de ne plus lui donner le remède calmant. On se doute bien qu'en la trompant je lui avais annoncé qne l'eau J distillée de laitue était un remède souverain pour procurer du sommeil,
pour faire bien dormir.
Pendant tontes ces expériences, quand nous rencontrions un malade qui faisait usage du syrop diacode , on d'une préparation opiacée , je me plaisais à signaler le pouvoir de ce dernier remède : on trouvait toujours, dans ce que le malade avait éprouvé , daus l'état de ses yeux et de sa physionomie , quelque preuve de TimpresBion que l'opium avait portée sur l'encéphale.
DBS M&DICAIIENTS. l5l
Ass serremento dans la ligne du diaphragme» de la gène » de la douleur dans la région épigastrique centre des plexus du grand sympathique» de la toux, des palpitations de cœur, des rapports, des nausées» des vomituritions , des roraissements» des coliques» des gonflements abdominaux» des déjections alvines dont la consistance , la couleur, l'odeur sont éloignées de l'état naturel» des douleurs» des ardeurs pour les rendre» des urines épaisses» rouges» odorantes» des difficultés pour leur expulsion » des menstrues qui paraissent hors de leur temps, qui s*accompagnent de coliques» de malaise, du désordre dans les mouvements mosculaires » des tensions» des secousses des membres» une susceptibilité exagérée de la peau et des autres tissus organiques» etCn » etc.
4'. Les effets érentueb qui consistent dans la suspension d'un accident morbide » d'un mouvement anormal ; ainsi » après l'administration d'un médicament » on peut observer la cessation de coliques » de vomissements » de palpitations de cœur» de quintes de toux » de convulsions» d'anxiétés» etc. » on peut voir succéder un calme à un état de douleur et d'agitation» une excitation vasculaire s'apaisera» un développement excessif de la chaleur animale tombera» des évacuations surabondantes y arrêteront » etc. *
^ 11 est des dUBcaltéi de plu d'un genre à Taincre » lonqn'on s'oecvpe de recaeillir let effets physiologiques des médlcaineBts. Nous noterons ici une des plus fortes , c'est qne les malades ne croient pas deyotr s'arrêter à tons les sentiments qu'ils épronrent après l'ingestion d'an agent médicinaK II len^ semble qne dans ce qni a rapport à la médecine » on doit seulement noter ce qui est Tiolent; ils regardent avec indifférence les phénomènes qne le pharmacologiste désire connaître. Les
.j5^2 ^^ ^FKTS
Une étude méthodique de» eflfets sensibles des médicaments , pour arriYér à coqûaître ce qu'éprouvent alors les tissus organiques , nous paraît assurer à la médecine pratique un brillant avenir. Si le traitement des fièvres a éprouvé tout récemment une améUoration si heureuse , ce n'est pas seulement parce qu'on a mieux connu les lésions qui entretiennent ces maladies , mais aussi parce qu'on a mieux étudié l'action physiologique des remèdes qu'on leur opposait. En considérant les lésions du corps malade, on a pu juger si l'opération de ces remèdes devait être
salutaire.
C'est parce que les médecins italiens observent sans méthode les effets physiologiques des médicaments; c'est parce qu'ils dédaignent de s'occuper des impressions diverses que ces agents portent sur les organes, qu'ils confondent sous le titre commun de contre -stimulants des agents qui n'ont entre eux aucune analogie, l'ipécacuanha, le tartre stibié, le nitrate de potasse, l'aconit, la digitale pourprée, la noix vomîque, les acides, la gomme-gutte, les émollients, etc. Comîne ils ne suivent pomt d'ordre dans l'investigation des phénomènes que ces agents provoquent, qu'ils ne rattachent pas ces phénomènes aux appareils organiques d'oU ils sortent, qu'ils n'établissent
hommes forts turtont ne i^artent des effets immédiats des médicaments que quand on les sollicite t>*r,dos questions. Il artive même aouvent qu'un malade qui prend un médicament ne peut rendre compte de ses effels'après la première prise ; il ne les a pas remarqués ; mais s'il en prend une deurième dose , éTciUé par les questions du médecin , H^ex- ^ose avec fidélité, avec exactitude, les phénomènes que l'agent médicinal lui a fait éprouver.
point entre eux de priorité » de ruig , de valeur» ils arrivent à regarder ces agents comme identiques , parce qu'ils aperçoivent » après leur administration, un même eflet ou un même signe* Aussitôt après l'emploi des acides , du nitre, de Tipécacuanha, on observe souvent une pâleur delà peau, des frissons, un refroidissement instanta^né de tout le corps, un ralentissement du pouls; voilà le motif sur lequel les médecins italiens se fondent pour admettre aae propriété semblable dans ces productions, si distinctes sous le rapport de leur nature chimique et de leur puissance sur les tissus vivants. Une observation plus longue
et plus méthodique leur aurait appris que ces phénomènes sont passagers, sans importance réeUe pour la thérapeutique; qu'ils sont les produits sympathiques de l'impression que ressent alors la surface gastrique. Elle leur aurait offert bientôt des effets organiques plus constants» plus durables, plus précieux, puisque ce sont eux que l'on oppose aux lésions morbides , et ik auraient vu que ces effets sont bien distincts pour chacun de ces agents. Les médecins italiens regardent un sentiment de langueur, Qoe angoisse fiigace, la petitesse du pouls» des frissons légers» comme des signes d'une médication contre-stimulante. Mais ces symptômes qui annoncent bien certainement un changement d'état dans les plexus des nerfs ganglionnaires , une modification brusque et instantanée de l'influence de ces plexus sur les principaux viscères , ne constituent pas toute l'opération du médicament. N'apparait-il pas plus tard ou en même temps dans les divers appareils organiques du corps bien d'autres phénomènes et des phénomènes plus importants? Ce sont les change-
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ments que le médicament provoque dans ces appareils , c*est la modification qu'il fait éprouver à leur tissu que le médecin doit surtout constater^ parce que ce sont là les effets vrais, les effets légitimes des médicaments, et que c'-est avec ces effets qu'il combattra les lésions morbides, qu'il fera cesser les maladies.
Les effets vrais des médicaments ont une telle valeur, qu ils deviennent parfois aussi sftrs que l'analjse chimique. Qu'il me soit donné de faire quelques expériences, et de les varier convenablement, et je dirai si une production naturelle contient de la morphine, de la quinine ou de la strichnine. Il est facile de distinguer les malades qui prennent de la codéine, de ceux qui prennent de la morphine. L'action d'une substance médicinale sur les organes du corps est un moyen de connaître, de dévoiler sa composition intime, qu'il convient de mettre en faveur; souvent il sera possible même de prévoir si un principe donné est rare ou abondant dans la plante que l'on soumettra à l'expérience.
En appelant l'attention sur les effets vrais, légitimes et significatifs des médicaments, en recommandant de ne pas les confondre avec les effets exceptionnels ou étrangers à leur opération ou purement accidentels , nous faisons la critique de la manière dont Hahnemann procède dans cette étude. Après l'administration d'un agent pharmaceu-^ tique, la première condition, pour .s'occuper d'un phénomène , pour l'inscrire comme un produit de l'impression de cet agent sur les organes, c'est qu'il soit un effet propre à ce dernier, qu'il procède cle son action. Il faut que ce phénomène se représente habituellement sur les personnes
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^ font usage de cet agenl, qu'il s'observe à peu près coostamment après son emploi » qu'il soit perceptible sur la plupart des individus actoeUement soumis à son influence. 11 faut de plus que cet effet ait de la portée» qu'il soit un enseignement de ce qui se passe dans le corps» qu'il con* doise lethérapeuliste à quelque application utile.
Mais que font les partisans de la médecine homœopathique? ils rassemblent» sans enquête » sans examen , sans scmpnle» toutes les sensations que croit éprouver la per.sonnequi a {M-is une substance médicinale : ils y ajoutent toittesles choses extraordinaires» bigarres» qu'eux-mêmes aperçoivent sur elle; puis ils donnent ce rassemblement confias de mouvements ,. de perceptions ». de symptômes » comme les effets do médicament*. Aussi voient-ils les substances qui ont le plus d'éloignement par leur nature chi> mique » par toutes leurs qualités » susciter des phénomènes semblables. Ik se trouvent conduits ainsi à mettre sur la même ligne la pensée sauvage», la menyanthe» l'opium , Tacide hydrocyânique» etc.
Il a pu arriver qu'un indivivu qui venait de-prendre du quinquina ait éprouvé un trouble fébrile. Ce produit était bien accidentel, tout-à-falt exceptionnel. Cent fob et plus on prendra du quinqm'na , sans observer un mouvement de fièvre pendant que le corps est sous l'influence de cette écorce» surtout si» par le mot fièvre» on entend un accès composé dans un ordre successif de frisson» de chaleur et de sueur. Cependant Hahnemann prend une rencontre fortuite comme un fait. On sait les conséquences qu'il en tire. ,
De même dn milieu d'un ensemble d'effets que produit
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un médicament, on s'arrête à un phénomène, on ne pèse pas sa râleur, on ne cherche pas s*Q est lié à une condition organique de quelque importance; on le détache» on le rapproche d'un autre phénomène que Ton enlère à une maladie, on les déclare semblables; et roilà. un rapport établi ^itre ce médicament et la maladie. Ainrf, de ce que la belladone a parfois fait naître des rougeurs à la peau , et qu'une rubéfaction de cç tégument existe dans la scarlatine, on a raisonné comme si Térythrème cutanée était un produit constant de Topération de la belladone » ou la partie essentielle de ses propriétés , et comme si la scarlatine ne consistait que dans une rougear de la peau , et que la nature de cette rougeur soit semblable à celle que la belladone a quelquefois produite.
Dans Tétude des effets des médicaments , il est essentiel de ne pas séparer les signes extérieurs que Ton recueille, des modifications organiques dont ils sont l'expression. Ces signes n'ont de l'importance que parce qu'ils font connaître la condition nouvelle où le médicament met les parties Tirantes qui les fournissent : sans cela, ce sont des détails inutiles, minutieux, insignifiants, dont le médecin ne tire aucune lumière ni aucun parti.
11 est entendu que la médication générale comprend l'ensemble de tous les mouvements, de toutes les mutations que le médicament fait naître dans les diverses parties du corps. Dans l'étude de ces mouvements ou de ces mu* tations, le pharmacologiste ne s'arrête pas à l'examen d'un produit particulier, pour négliger tous les autres. Sans doute il est un grand nombre de médicaments qui ont des propriétés spéciales ou électives qu'il faut signaler
DES IliBICAlfXRTS. l5j
ayec soin : si leur action a une direction particolière sor tel oo tel organe , il est nécessaire qne le médecin en soit instruit, parce qne dans bien des cas il en tirera parti, et qne toujours il faut qu'il sache , quand il met en usage ces agents , quel est Torgane qui en sentira le plus fortement la puissance. Ainsi le nitrate de potasse excite les mouyements sécréteurs des reins, la térébenthine porte une vive irritation sur tous les organes urinaires ; le mercure cause une tuméfaction fluxionnaire des glandes salivalres , les feuilles du séné attaquent les tissus intestinaux ; la yalériane sauyage, en excitant tout le système animal, excite plus particulièrement Tencéphale ; la noix yomique met dans un état d*irritation bien remarquable la moelle épinière , etc. Mais toutes ces substances ne suscitent-elles que ces seuls phénomènes? Restent-elles impuissantes, inactives sur tous les autres tissus, sur tous les autres organes? Ces substances n*ont-elles pas ayec les propriétés qu^on yeut regarder comme spéciales , des propriétés auxquelles on a donné lé nom de générales? N'est-ce pas Taction quo ces substances fbnt sentir à toutes les parties de Féconomie animale que ces dernières représentent? Et le praticien ne doit-il, pas en ayoir une notion exacte , complète^ pour juger si , dans le corps malade qu^il ya soumettre à leur influence , il n'existe pas quelque point où Texercice de ces propriétés générales serait nuisible, alors même que la propriété spéciale promettrait un ayantage réel ? Ici se présente la science des contre-indications, qui est si essentielle dans la thérapeutique. C'est elle qui réclame l'étude de tous les effets que les médicaments sont susceptibles de produire. Il ne suf&t pas que ces derniers puissent seryir
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sur un oi^ane du corps malade , il fiiut encore qu'ils ne nuisent nulle part. Le médecin ne doit pas seulement saisir les indications , il faut aussi qu^il sache toujours respecter les contre-indications; il ne pourra accomplir ces deux obligations de son ministère, s*il ignore tout ce que peut faire le médicament qu*il conseille.
Offrons encore quelques exemples. Un composé excitant est administré; il stimule tous les tissus vivants, il accélère l'exercice de toutes les fonctions, le pouls devient plus fréquent, la température animale s'élève , etc. ; mais par suite de la disposition actuelle de l'individu médicaînenté, ou aidé par l'action d'une chaleur extérieure, l'action de ce médicament développe surtout la vitalité de la surface cutanée, et une sueur abondante a lieu : ou bien si c'est une femme, l'influence du médicament excitant s'est portée sur l'utérus, elle a déterminé l'écoulement des règles , etc. , etc. Le pharmacologiste se gardera bien de noter seulement ces évacuations , de ne considérer le pouvoir du médicament que sur les appareils organiques par où eUes ont lieu. Cet efiet, tout important qu'il est , n'offre toujours qu'un symptôme isolé, détaché du tout physiologique auquel il appartient, qu'un produit qui doit être réuni aux changements que l'on remarque en mêone temps dans les autres parties du système animal. £n phar* macologie, nous aurons bien une médication excitante, mais nous ne pourrons admettre de même une médication sudorifique , une médication emménagogue , une médication diurétique, etc., parce que ces dernières ne représenteraient qu'une fraction de phénomènes qui étaient liés entre eux , qui étaient inséparables dans leur développe^
DU ateiCÂiaifTs. iSg
ment Une diaphoièse, réraptioB des rè^fes» rëcouleaieDt des oriDes , après l'emploi d'an agent phannaoologiqne » sont bien des effets immédiate de cet agent; mais ils tiennent à d'antres mutations qui surviennent en même temps dans le corps, etilfiintaTecsoin les rattachera ces dernières : c'est là l'objet qœ remplit l'étode de la médicatioa générale. Les excitante » les émdliente » les narcotiqaes » sont paiement employés pour proToqner la sueur » p6ur faire couler les urines, on pour décider l'énq^tion des règles; et dans la pratique de la médecine, souvent ces agente , si différente par leur nature et par leur propriété active, servent à établir les mêmes évacuations. Celui qui M bornerait à examiner leur effet sur la peau, sur les leins ou sur l'utérus, les croirait dépositaires d'une vertu semblable , tandis que s'il étudie la médication générale qa'ils produisent, s'il observe l'influence que ces ag^ite exercent sur les divers appareils organiques, il reconnaîtra qa'ik n'ont pas le même genre d'activité , qu'ils ne font pas sur les tissus vivante la même espèce d'impression , et ^'ils ne peuvent être administrés dans les mêmes cas. Si leurs effete se ressemblent sur un point du corps , il verra qa'ib différent sur tous les autres.
Nous ferons ici une remarque au sujet des substances (pi ont une activité violente, et qui deviennent des poi* sons lorsqu'on en donne à la fois une quantité trop forte; c'est que, dans ce dernier cas , elles produisent des phénomènes nouveaux, elles font nattre un autre ordre de symptômes, et que l'on ne retrouve pins, dans le trouble mcffbide qu'eUes suscitent , les effete qui caractérisaient leur médication, lorsqu'on les administrait à une dose plus
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faible. Ce n'est pas une simple différence d'intensité que Ton trouve dans leur opération ; on voit presque un changement de caractère. Ainsi» quelques gouttes d'acide sulfurique étendues dans de l'eau » et donnant à ce liquide une saveur aigrelette, fournissent une boisson douée d'une propriété tempérante » et propre à réprimer l'ardeur fé^ brile, à éteindre une soif ardente, etc. ; seulement» ai l'acidité de la liqueur était trop prononcée, elle offenserait l'organe gastrique et occasionerait une cardialgie passagère. Mais lorsque l'acide est concentré , il a une action causti^ que qur donne lieu à des phénomènes bien différents; son abord sur la surface de l'estomac désorganise les tissus qui composent ce viscère ; il cause une série d'accidents qui n'ont plus de rapport avec les effets qu'il provoquait lorsqu'il était médicament.
Il en est de même pour un grand nombre de matières médicinales : à petites doses , elles déterminent des chan* gements physiologiques dont la thérapeutique sait se servir avec avantage; à fortes doses, ce sont des moyens violents ; le désordre qu'ils font naître prend un caractère patholo^ gique et n'a plus rien de commun avec la médicaf ion de ces mêmes matières. On cite des accidents oocasionés par le safran , la nîuscade , le nitrate de potasse, etc., dont on avait pris des quantités trop élevées : on ne peut plus comparer ces produits à ceux qiie donnent ces substances à la dose où l'on s'en aei^t ordinairement dans la pratique de la médecine.
Pour un certain nombre de substances naturelles que l'on a introduites dans la matière médicale , il faudrait en quelque sorte convenir de deux doses : i ^ d^une dose mé-
nus «éDIGAIIEHTS. li^l
dicinale; t* d'une dose pathologHiiie* La pramîèie aéra ceiie qw ron adopte dans remploi thérapeutique des médicaments : administrés dans les proportions déterminées par cette mesure, ces agents causent des opérationsorganiqoesmomentanéeset modérées àraidedesqnelles on peut combattre des accidents morbides. Cette mesure a même une certaine latitude; dUe permet de proToqner des eflbts bornés à une seule partie » ou de faire naître un mouvement qui embrasse tout le sptème animal ; mais » dans tous les cas , ces variations sont toujours restreintes dans des limites assea étroites pour que l'action du médicament ne soit pas pernicieuse. La dose pathologique est toujours très-élevée. Donnée à la quantité que nous avons ici en Toe, les ag^its pharmaceutiques, loin de pouvoir rendre quelque service à l'art de guérir, déterminent un véritable état de maladie. On les voit alors produire des lésions graves dans les oi^anes, attaquer profondément leur tissu, anéantir la vie qui les anime.
N'oublions pas au reste que la dose médicinale comme la dose pathologique doivent se mesurer sur l'état actuel <ia corps. Or eet étal est modifié par l'influence des saisons, des climats, dbs constitutions atmosphériques, du genre de nourriture dont on use habituellement, de la (Mofession 4{ne l'on exerce» etc. L'âge établit des différences majeures dans la quantité de médicament que l'on peut administrer ; et le même poids d'un agent qui , dans un adulte, ne produit que des effets médicinaux, occasione une affection pathologique si on le donne à une époque avancée de la vie ou dans l'enfance* Le sexe , le tempéra* ment, présentait aussi des dispositions oi^niques que le
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praticien doit consulter avant de déterminer la dose qu'il fera prendre d'un composé pharmaceutique» Mais aucune cause n'est plus digne de l'attention du médecin que Té^ tat de maladie. La condition morbide des tissus » des or^ ^nes , des appareils oi^aniques» modifie d'une manière yéritablement étonnante l'action habituelle ou physiologique des substances jnédicinales. Dans certaines lésions dont nos parties sont snsc^tibles, on voit le même mé^ dicament causer l'apparition de phénomènes nouyeaux ou insolites qui souvent couvrent» masquent ou déforment les effets organiques que cet agent a coutume de susciter.
De l'importance des changements que les médicaments déterminent dans C exercice des fonctions de la vie»
Guidés par une théorie humorale ou mécanique» les anciens attribuaient l'existence des maladies à une altération secrète des humeurs ou des solides. Soumise à l'esprit qui régnait en pathologie» la matière médicale s'occupait seulement des changements occultes que les médicaments devaient opérer dans la constitution intime de tout le corps. En administrant ces agents » le thérapeit^ tiste avait là prétention de corriger directement les détériorations que le sang et les fibres des o^anes avaient pa éprouver » et c'est en rétablissant ces parties dans leur condition primitive qu'il voulait rétablir la santé. L'observation clinique nous a rendus moins confiants dans la toute-puissance des agents pharmacologiques ; et quand Aous nous en servons > c'est toujours pour porter sur les
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tissus organiques une impression qui opérera des changements dont rexpérience et le raisonnement montrent ropportnnité et futilité. Si , dans le traitement des aflfections pathologiques, nous ne pouvons que modifier la disposition actuelle des tissus vivants, donner une antre mesure d'action aux divers appareils organiques, diriger à notre gré Texercice des fcmctions , an moins le pouvoir du médecin , dans ce sens , est très-étendu« L'empire que lui procurent sur l'économie animale les moyens médicinaux mérite d'être signalé.
Il n'est pas d'organe important dont il ne puisse changer le mode de vitalité et les mouvements, en employant les agents que lui livre la pharmacie. Avec eux , on le voit maîtriser dans toutes ses parties la machine vivante ; il peut pousser les appareils organiques jusqu'au dernier degré d'activité, ou les ramener à une lenteur voisine d'une inaction complète. L'exercice de tons les actes de la vie semble subordonné à sa volonté, lorsqu'il est armé des instruments de la matière médicale.
Supposons chacun des appareils organiques du corps, libre d'altération matérielle, sans déformation notable, et voyons tout ce que peut sur ces appareils le pharmacologiste. Veut -il augmenter l'appétit, faire manger davantage , ou seulement hâter Télaboi'ation des aliments et la formaticn du chyle , il administre un excitant avec la nourriture. Il suspendrait ces opérations vitales, s'il avait intérêt de le faire, en employant une substance narcotique. Avec les toniques, il corrobore l'organe gastrique, et rend phis par&îte la digestion des matières, nutritives , plus abondante la proportion des principes réparateurs qui
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en soient Avec les éoioDîeiito» arec les laiatiâ , Texercice de la fonctioa di^tÎTe sera ralenti » et les matières fécales y plus liquides^ plus abondantes, emporteront hors du corps des éléipents qui devaient plue tard être assimilés au sang et aux tissus yivants.
Le pouvoir du pliAnnacologiste n'est pas moins étenda sur l'exercice de la circulation du sang» qu'il peut accélérer ou retarder» en soumettant les organes préposés à cette fonction , à la puissance d'agents çonv^iabEles. Avec les stimulants , il augmente la fréquence, la vivacité da poub ; rimpcdsion plus forte que le sang communique alors dans sa marche à tous les appareils organiques éveille leur vitalité, détermine un développement des forces delà vie; de cet effet est sorti le titre de cordiaux, que ces agents prennent, quand on ne veut indiquer, de leur action générale , que ce produit isolé. Avec d'autres substances, le nitre, le tartre stibié, la sciUe, le médecin ralentit le pouls; avec la digitale pourprée, il peut pousser ce ralentissement à un point vraiment étonnant. Quand par ime cause morbide le pouls est inégal, irrégulier, tumultueux, cette substance le ramène à une mesure presque normale. Avec les toniques > il lui fait acquérir de la force, de l'énergie, etc. Il est très-commun de voh* des hémorrhagies déterminées par l'opération des ^timubnts ou des toniques sur l'appareil circulatoire. La chaleur animale éprouve aussi des variations remarquables après l'emploi des agents médicinaux : quand les vaSaseanx car piUaires sont excités , et que le sang les traverse avec une rapidité phis ^ande que de coutume , k température du corps parait plus élevée; on observe ce prodmît é<Httes les
DES MàDICAMBHTS. l/^S
fou que lo corps est sous rinfluence des stimulants. C'est loi seulement que Ton a en vue quand on donne à un médicament le titie d'échauffant on de thermantique. Si alors 00 fait prendre un médicament acidulé ou tempérant, cet excès de chaleur vitale tomhe d'une manière soudaine» et cet agent a produit un effet rafraîchissant ou antiphlogistique.
La respiration est également comprise dans les fonctions dont le pharmacologiste peut faire varier l'exercice. Il est des médicaments qui accélèrent les mouvements d'inspiration et d'expiration; il en est qui les ralentissent. On peut, par leur moyen , diminuer ou élever la quantité de fois que , dans un temps donné » an air nouveau se précipitera dans les vésicules bronchiques : par suite on exerce sur les phénomènes chimiques de la respiration , sur la coD?^«ion dn sang veineux en sang artériel, une influence très- importante, parce qu'elle est féconde en conséquences.
Le pouvoir des médicaments sur les organes sécréteurs et exhalants est bien connu ; c'est surtout sur le produit de ces organes que les partisans de la médecine humorale se sont plu à considérer l'action des substances médicinales. Non-seulement on peut augmenter ou diminuer le ?ehime des humeurs sécrétées et exhalées » mais on peut aiisai changer leur nature habituelle, leur faire acquérir des qualités nouvelles et insolites. Tantôt en se servant des pnrgatifii et des émétiques, le médecin stimule le foie, et provoque une sécrétion exubérante de bile; tantôt il dirige vers le système cutané une excitation puissante, et établit sur. cette surface une abondante diapho-
T. I. lO
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rèse ; ou bien il fayorbe la fonction sécrétoiredes reiofi» et fait rendre une grande quantité d'urine , etc. , etc.
Quand on désigne des médicaments par les titres de sùdorifiqties» de diurétiques , d'emménagogues , d'expectorants y de galactopéesy de spennatopées, c'est seulonent leur opération sur un organe éécréteurousur une surface exhalante que l'on indique ; alors on néglige» j'ai presque dit on supprime tous les autres effets que produisent en même temps les agents médicinaux.
La nutrition n'échappe pas à l'empire que le pharmacologiste exerce sur le système virant. On ne peut pas constater à la vérité les modifications qu'un médicament fait actuellement éprouver à l'exercice occulte de cette fonction. On ne peut pas saisir les variations que subit l'assimilation des principes nourriciers aux fluides et aux solides, pendant qu'un médicament agit sur le corps. Mais après un certain temps de l'usage de cet agent, on apercevra dans l'économie animale , dans l'état extérieur des parties , dans leur embonpoint ou leur amaigrissement , dans la fermeté des tissus ou dans leur mollesse , dans le volume des veines, dans la coloration de la peau, etc. , des signes qui révéleront bien que la substance médicinale a fait prendre un autre mode à l'exercice de l'assimilation. On est frappé de la promptitude avec laquelle les oxides de fer donnent de la couleur au teint dans la chlorose. L'usage de la noix vomique rend très-vite les malades plus rouges et les veines plus grosses. Le pouvoir que les médicaments mettent entre les mains du médecin, lorsqu'ils impriment un autre rhythme aux fonctions nutritives, est tel qu'il petit modifier en peu de temps la constitution intime dn
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sangetdeslîssiis Tirants» donner ao corps une antre constitotion organique» Ini fiûre subir une sorte de rénoyation. Cette grande transmutation «{u'opère un usage prolongé des mêmes médicaments est un moyen bien puissant de th^peutiqne dans les maladies chroniques.
Les agents pharmaceutiques n'ont point sur rexercice de Tabsorption une influence aussi étendue que ]e thérapeutiste le désirerait. Cependant les médicaments scillitiquesy la digitale poivrprée, etc. , font souvent reprendre am suçoirs absorbants la sérosité déposée dans les mailles da tissu cellulaire. Par un usage méthodique de Tiode, on est parvenu à détruire des tissus morbides : on voudrait alors établir autour d'eux une absorption qui les dévorât en quelque sorte.
C'est principalement sur l'appareil de l'innervation qu'il importe au pharmacologiste de suivre et d'étudier le pouroir des médicaments , parce que cet appareil possède des centres qui ont l'étonnante faculté de produire des principes de vie, et de les répandre dans toute l'organisation des centres qui jouissent du singulier privilège de créer une influence à laquelle toutes les autres parties du corps sont soumises. Combien d'intérêt doivent exciter les molécules médicamenteuses , lM*sque , par leur impression sur l'encéphale» sur la moeUe épinière, sur les plexus des ner& ganglionnaires» elles augmentent ou diminuent la formation des principes vivifiants que les cordons nerveux conduisent dans tous les tissus » elles font varier le carac* tère et le cours de leur influence souveraine ! Les agrès-* sions que ressentent les expansions nerveuses» lorsque les médicaments attaquent la surface sur laquelle on les ap-
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plique, portent aussi à ces centres générateurs de la vita* lité des ébranlements sympathiques qui modifient leur puissance.
11 est bien connu que les médicaments qui stimulent Forgane encéphalique rendent Tinnervation plus forte, développent la vitalité des autres appareils. La vie cérébrale ne peut recevoir d'extension sans qu'aussitôt les organes des sens ne deviennent plus subtils et les perceptions plus vives » sans que les masses musculaires ne se sentent incitées, sans que le pouls ne s'accélère, ainsi que la respiration, etc. Parleur action sur l'encéphale seulement les stimulants ranimeraient d'une manière soudaine les forces de la vie lorsqu'elles paraissent épuisées, anéanties. Qui n'a pas observé l'influence des liqueurs alcooliques sur nos facultés morales? L'intelligence s'agrandit, la mémoire est plus riche, l'imagination ofire une fécondité merveilleuse , pendant que ces liqueurs soumettent l'organisme animal à leur puissance. Si, à la fin d'un repas, il y a tant d'accord, tant de sympathie, tant de gatté parmi les convives, c'est que tous sont sous une influence commune, c'est qu'ils ont une disposition organique semblable. L'homme moral lui-même n'échappe donc pas h l'empire du pharmacologiste , et, en agissant sur l'encéphale, les médicaments modifient, augmentent ou diminuent les facultés de l'âme.
Les médicaments excitants agissent aussi sur la moelle épinière; ils augmentent l'influence vivifiante qui découle de ce centre si puissant; ils rendent plus vivants les muscles de la figure, du tronc, des bras et des extrémités inférieures. Après leur administration , le teint est tou-
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jours pins animé; les jeunes gens éprouvent un besoin de remuer, de changer de place ^ de sauter» de danser; chacun a le sentiment d'une vigueur inaccoutumée; les TÎscères de la poitrine et du bas-ventre montrent plus d'énergie, etc. Qu'ils sont étonnants les effets de la noix vomique, qui, par son action sur la moelle épinière, cause des contractions musculaires que la volonté ne peut em* pécher, fait remuer les membres paralysés , donne lieu à des raideurs» à des mouvements convulsifs, à des tensions fibLes du diaphragme et des muscles intercostaux qui rendent la respiration laborieuse, etc. I
Je n'hésite pas à faire ici intervenir le système des nerfs ganglionnaires. Le pouvoir des agents pharmaceutiques sur ces nerfs ne me parait ni assez incertain, ni assez restreint pour qu'il ne faille pas s'en occuper. Quant après Temploi de la teinture de canelle, de Talcoolat de menthe » de l'éther sulfiirique , je vois la figure s'épanouir, les yeux reprendre de la vivacité, qu'un sentiment d'énergie, de bienêtre se fait percevoir dans l'épigastre ; quand également le cinquième jour de l'usage du tartre stibié à hautes doses, je remarque ijne altération notable des traits de la face , de la pâleur, de l'abattement dans le regard, qu'il y a une anxiété épigastrique très -prononcée; quand enfin la codéine enlève des douleurs diffuses » pénibles » accablantes qui se ibnt sentir au bas du stemiun et qui répon*' dent à des douleurs dans la partie correspondante du dos, que cette substance anime les yeux, donne une physionomie ouverte, gaie, cause' du sommeil sans jamais produire d'embarras dans l'encéphale, il m'est impossible d'ou*blier les nerfs ganglionnaires qui ont leur centre d* action
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dans Tépigastre. Il m*est impossible de me soustraire à cette conriction que c'est en agissant sur les plexus neryeux du grand sympathique, en changeant leur état présent pour leur donner une condition nouvelle et spéciale» que les médicaments alcooliques , que le tartre stibié» que la codéine produisent les phénomènes divers que nous venons d'indiquer.
Les agents pharmaceutiques qui excitent Teticéphale appellent le sang vers la tête; ils peuvent» lorsqu'ils sont donnés à hautes doses , décider une congestion sanguine qui» opérant une intumescence de la substance cérébrale, la comprime contre ses enveloppes» trouble son action» et suspend l'influence accoutumée que les ner& portent dans toutes les parties. Alors il y a de l'accablement» les sensations sont obtuses» les facultés de l'âme abattues ou troublées » les membres n'ont pas de force » ils obéissent mal à la volonté » il survient un sommeil lourd » profond » fatigant » etc.
Tous les jours on se sert de substances auxquelles on donne le titre de sédatives ou de calmantes» à petites doses» pour diminuer la vitalité de l'appareil cérébro-spinal» pour ralentir les mouvements de la vie lorsqu'ils sont trop précipités » les oscillations des fibres organiques lorsqu'elles sont trop rapides» pour concilier un sommeil cakne et bienfaisant.
En considérant ainsi dans ses détails le pouvoir que la pharmacologie exerce sur le corps humain à l'aide de ses agents» on a lieu de s'étonner tout à la fois et de son étendue et de son importance. Tous les appareils organiques semblent obéir à la voix du médecin ; on croirait que tentes
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ks taoctàoo» èe la vie ae rangent sons m domination, dès qa'3 met en }ea les moyma de la matière médicale. Ln tel pouToir loi offre des resaonrces aussi multipliées «pi'eflieaces, dont il dispose dans le traitement des maladies. Nous savons qœ le médecin ne peut détruire directement h cause dn mal que dans quelques cas seulement; mais par les effets immédiats des médicaments, par les changauents que ces derniers suscitent dans les tissus oi^oii|iies et dans Fexercice des fonctions » il peut toujours attaquer efficacement les lésions morbides , combattre ks symptômes prédominants qui menacent de devenir pernicieux» opposer utilement un trouble médicinal à un trouble pathologique. Avec les agents pharmacologiqnes, le médecin soutient les efforts critiques» il les dirige, attore leur réussite, et se montre alors le minbtre attentif delà nature. D'autres fois, il décide lui-même une crise antificielle , suscite des évacuations abondantes par les selles, par les sueurs, par les urines, etc. Toujours c'est la puissance des médicaments qu'il met en exercice sur le catfê malade, et c'est des effets organiques qu'elle profoqoe que dérivent les succès et les avantages qu'il obtient.
SsGTiOff DBUXlàME. Dei effets secondaires des
médicaments»
De la nature de ces effets.
Les effets que nous nommons secondaires suivent les effets immédiats : Os en sont une dépendance ; il y a entre eux une filiati<m nécessaire comme de la cause à son produit. Les effets secondaires forment le second temps de
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raction des médicaments, ^ons avons vu ces agents» par le développement de leur propriété , soumettre Téconomie animale à une opération plus ou moins marquée , plus ou mojns étendue : les tissus organiques ont éprouvé une impression» il en est résulté un changement dans la condition, dans l'aptitude, dans les faculté» des organes; lés fonctions que ces organes exécutent suivent une mesure nouvelle , ont pris un autre mode d'exercice : or, ce mouvement général doit avoir un résultat. Dans Tétat de santé» cette agitation» ce trouble» se soutient sans peine ; le calme de la santé renaît ordinairement aussitôt que le médicament cesse d'agir. On ne remarque guère» après que la médication a eu lieu» et qu'elle a parcouru toutes ses périodes» qu'un peu de &tigue ou de malaise» surtout si cette médication a été forte et longue» si elle a donné lieu a quelque évacuation abondante. Ce produit» tout insignifiant qu'il parait» constitue cependant les effets secondaires.
Mais» dans un corps actuellement malade» ces effets prennent une tout autre importance. Des tissus organiques ont éprouvé un changement d'état » une altération qui fait des progrès : des organes se livrent à des mouvements désordonnés » à des efforts violents et dangereux : des fonctions se dépravent» un travail morbide redoutable s'établit sur divers points du corps; il menace les parties d'engorgement» d'épanchements» d'ulcérations» de dénaturations » etc. C'est dans cet état que l'agent médicinal attaque le corps malade ; c'est au milieu de ce trouble pathologique que le médicament vient établir celui que détermine la force dont il est pourvu. Les symptômes de
DB8 MÉDICAMBIITS. l55
la médication se mêlent » se confondent avec ceux de h maladie. Il est impossible que Faction de ce médicament n'inflne pas sur le déyeloppement» snr la marche, sur les attributs des lésions pathogénèses; cet agent diminuera quelques accidents » il ajoutera à l'intensité de plusieurs antres , il produira surtout un changement dans la dispoâUon actuelle des tissus malades. La médication occasionera une amélioration dans la maladie, comme elle pourra eiaspérer sa yiolence. Or ce changement , quelle qu'en soit la nature, donne toujours les effets secondaires des médicaments.
Ces effets ne peuvent pas être nommés carat ifs, puis-* qu'ils ne sont pas toujours favorables au malade. Le mot coratif , emportant avec lui l'idée d'un amendement dans une affection pathologique , ne peut être appliqué à un eflet secondaire que quand quelque chose d'utile le constitue. Mais si l'opération d'un médicament reste sans avantage marqué pour l'individu qui l'a pris, si surtouè les changements que cet agent a provoqués dans l'économie ay^îniAl^ ont occasioné de nouveaux accidents, ont diMoné à la maladie un surcroît de vigueur, les suites de son action peuvent-elles encore être qualifiées effets cura* ti6? Nous leur laisserons donc, quand nous en parlerons d'une manière générale , le nom d'effets secondaires.
// est nécessaire (tétablir, en matièremédicalcj une distinction entre les effets immédiats et les effets secondaires des médicaments.
Pour lire avec finit les ouvrages de thérapeutique , il est convenable que l'esprit distingue : i* des effets qui sui-
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vent inuaédialemeni Fadinmistratioa des médicaments, qui dépendent de Fimpression que leurs principes chimiques font sur nos organes; a** des ejSets ultérieurs qui procèdent des effets primitifs dont nous Tenons de parler» lorsqu'ils ont lieu dans des corps actuellement malades. Les mots qualités , vertus, propriétés 9 facultés, si sooyent prononcés en matière médicale , s'appliquent indifféreminent à ces deux sortes de produits ; ainsi ces mots ne vont plus indiquer pour nous cette force qui» par son influence sur le corps virant» déterminait une mutation cachée dans les fluides et dans les solides » ou une variation apparente dans la disposition des tissus vivants et dans Texercice des .fonctions : ils nous annonceront autre chose; ils représenteront la cause supposée des avantages curatifs que Ton obtient de l'emploi des agents pharmaceutiques. C'est toujours un produit curatif ou secondaire» et Don pas un effet immédiat que l'on a en vue» qtiand on attribue à un médicament une qualité» vertu ou faculté fébrifiige» béchique» stomachique» antiseptique» antispannodique » désobstruante» fondante» antiscorbutique» calmante» anodyne» adoucissante» etc. » etc. Les effets que ces titres* désignent ne tiennent plus» comme une suite nécessaire», à l'impression d3s médicaments sur les organes ; ces effets ne sont plus un produit obligé du contact de leurs principes avec les parties vivantes. Il faut une condition particulière du corps pour qu'ils paraissent; ils faut un état déterminé de maladie pour qu'ils se manifestent. C^est quand un médicament diminue ou fait cesser les accidents morbides que chacun de ces mots suppose ; quand il affaiblit ou qu'il dissipe les lésions qui les entretiennent» que
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Ton reooimafl la propriété béeldqne, anodyne, adoucit* MDte» aDtiapafmodiqae» etc. ; ces titres ne sont qne le signe représentatif des amendements obtenns ; mais ils n'annoncent rien de réel» de positif dans les agents pharfflaoeot^aes qui les portent.
Quoi qu'il en soit» le dé&nt de distinction entre deux choses si dUKrentes , les effets immédiats et les effets secondaires» remploi des mêmes expressions poor les désigner» ont jeté de la confusion dans la pharmacologie » et engendré des discussions » des contradictions qui cessent et se jugent aussitôt que Ton sépare ces deux sortes de produits.
Tous les obserratenrs sayent que de larges vésicatoires Nuciient» quelques heures après leur application» une etcitatton dans le système yiTant : le cours du sang est accéléré; les forces circulatoires» plus développées» rendent le pouls plus fort » plus vif; la chaleur animale augmente ; il sorvient de la soif» de l'agitation » etc. Ce grand mou- Tement dépend de la pénétration des molécules irritantes de h cantharide dans le sang » de leur action sur les tissus tirants» et sans doute des provocations sympathiques que la lésion locale de ces épispastiques communique aux centres noreux. Baglivi a signalé les dangers de cette excitation dans les maladies inflammatoires» dans le début des fièvres : il avait remarqué qu'alors les vésicatoires exaspéraient' tons les accidents de la maladie » qu'ils ajoutaient au trouble fébrile» qu'ils causaient du délire» etc. Cependant il 8e trouve» d'un autre côté» un d)servateur» le docteur TVbytt» qui annonce àla Société royale de Londres» en 1 758» que l'aetion de ces topiques » loin d'accélérer les mouve-
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menu des artères, ralentit au contraire la vitesse du pouls ; et il appuie sur un grand nombre d'observations cette assertion opposée à Texpérience journalière. Gomment concilier ces deux sentiments contradictoires ? Rien de plus simple. Baglivi a observé les effets immédiats des vésicatoires; Whyttles a négligés et n*a tenu compte que des effets secondaires ou thérapeutiques. C'est le lendemain du jour où il avait appliqué ces topiques» et même plus tard, qu'il constate y non pas leur action, mais bien le produit de cette action, car il ne trouve alors que le résultat avantageux que celle-ci a procuré. On voit de même , dans quelques situations pathologiques du corps, les toniques et les excitants diminuer la fréquence morbide du pouls.
11 faut aussi distinguer les effets immédiats des efiets secondaires, pour entendre Huxham, lorsqu'il rapporte qu'ayant donné divers médicaments cardiaques dans une gangrène de jambe, ces remèdes ne produisirent aucun effet. Il est évident que ce praticien veut dire aucun bien ; car ces médicaments auront produit la puissance qui procède de leurs principes chimiques; ils auront provoqué, dans le corps malade, les changements qu'ils ont coutume de déterminer; mais ces effets immédiats auront été inhabiles à borner les progrès du mal , à changer le caractère de la maladie.
11 y a deux manières de répondre à cette question. Quelles sont les vertus d'un médicament? Si vous dites qu'il fortifie le tissu des organes, ou qu'il le relâche; qu'il accélère les mouvements des appareils organiques, ou qu'il les ralentit ; qu'il irrite les surfaces sur lesquelles on l'applique; enfin qu'il altère l'ordre naturel ou l'ordre actuel d'une fonction.
DES MÉDlGAlUlfTS. iS^
TOUS indiquez toujours son effet immédiat. Lorsque vous répondez qu*il possède une vertu tonique» excitante, émolUente , putative , etc. » tous annoncez par un seul motrensemble des changements organiques que fait naître son opération ; vous supposez connue, par cette seule indication, la série des mutations qu'il provoque dans tous les tissus TiyantSy dans tous les appareils organiques, dans tous les actes de la vie. Mais quand » interrogé sur la propriété d*im médicament» tous répondez qu'il a une vertu anti* scorbutique» antispasmodique» fébrifuge» etc., alors vous vous attachez à un autre ordre de produits » que vous ne pouvez obtenir que sur des individus actuellement atteints du scorbut» de spasmes » de la fièvre» etc. ; vous supposez des effets secondaires qui auront été curatifs. Les résultats que vous annoncez dépendent d'une action première» et cette action » vous la passez entièrement sous silence; vous séparez » par abstraction » le résultat de la cause d'où il procède.
Ce sera encore un effet inmnédiat que vous aurez en me, si vous présentez un composé pharmaceutique» comme diurétique» sudorifique» emménagogue» expectorant» etc. ; mais alors» au lieu d'embrasser tous les phénomènes qui suivent l'usage de ce composé» vous vous bornez à indiquer son pouvoir sur un organe ou sur un appareil organique ; vous observez seulement le produit de son action sur les reins» sur la peau» sur l'utérus» ou sur les poumons; vous négligez tous les phénomènes qu'il a pu susciter dans les autres parties de l'économie animale.
lSf8 DES EFFETS
Caractères qui distinguent les effets immédiats des effets
secondaires^
En mettant en parallèle les caractères qui appartien nent à Taction première des médicaments , et ceux qui distinguent les produits sur lesquels on s'est fondé pour accorder à ces agents des propriétés cnratives, on saisit facilement tonte )a dissemblance qui existe entre ces deox choses.
A. 1*". Chaque médicament recèle une force agissante» inhérente aux principes chimiques qui le constituent. Toutes les fois qu'il se trouve en contact avec une partie vivante 9 cette force apparaît, se met en jeu; les changements qu'elle occasione dans les mouvements actuels des organes» dans les fonctions de la vie, prouvent son existence , décèlent ce qu'elle est.
2^. Ce que l'on nomme propriété curative ne tient point ainsi à la nature matérielle d'un médicament, ne sort pas ainsi de sa composition chimique : cette propriété n'est qu'une fiction dont l'esprit se sert pour concevoir ou expliquer les avantages que procurent ces agents.
B. 1®. Les effets immédiats d'un médicament renaissent toujours avec fidélité chaque fois qu'on le met en usage ; constamment cet agent donne lieu à un mode de médication qui est lui et de la même espèce* Les phénomènes qu41 détermine pourront offrir une grande dissemblance dans leur intensité , se montrer très-prononcés sur un individu, et dessinés moins fortement sur un autre; mais on reconnaîtra toujours que ces effets inunédiats sont de la
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DES MàoiCAUBlITS. iSg
mtaie nature, que cette médication se compose des mêmes éléments. C'est bien à tort que Toti répète , que Ton écrit que la même substance, à des doses variées et dans des circonstances différentes , produit des effets qui sont dissenibliJ>]es ou opposés. Un excitant i^timulera tou^ jours les tissus virants ^t provoquera les mutations qui dépmident de cette agression. Un tonique corroborera constamment les organes , augmentera la solidité de leur matériel. Les purgatifs irriteront la surface intestinale, feront nattreen toute occasion les mouvements organiques (fà accompagnent Fimpression spéciale de ces agents sur cette surface, etc. , ete.
Ceseffets immédiats d'un médicament, ou la médication qu'il détermine n'a pas besoin, pour être la même opération physiologique, de représenter scrupuleusement et sans aocnne exception des symptômes identiques , des signea paiement prononcés, des attributs de la même force. Dire, par exemple, que le séné a des effets différents, parce que sur un individu il oceasione à peine trois ou quatre selles, qu'A donne lieu à une superpurgation chez un antre, qu'il fait vmnir un troisième, qu'il ne purge pas un quatrième, etc. , ce n'est pas opposer une objection bien puissante à la proposition que nous venons d'avancer; car ces produits , en apparence si éloignés , ne prouvent pas une dissenodilance fondamentale entre ces quatre médications. L'action d'un purgatif consiste en une irritation de la m^nbrane muqueuse qui tapisse les intestins: cette irritation provoque les organes sécréteurs et exhalants qui y aboutissent, eUe peut en tirer des produits considérables, causer des évacuations alvines répétées , ete. Sur le pre-
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mier individu, rirriuiion des voies intestinales est restée faible 9 peu intense; les sécrétions et les exhalations y ont été peu remarquables. Le deuxième a éprouvé une impres* sien plus vive, plus profonde, cette impression a duré plus long-temps ; l'exhalation et les sécrétions intestinales ont été surabondantes. Enfin Testomac du troisième n'a pu souffrir le contact de la si^bstance médicinale , elle a été rejetée par le vomissement. Sur le quatrième , Firritation intestinale n'a pas augmenté l'exercice des fonctions exha* lantes et sécrétoires : elle n'a donné lieu qu'à des contractions douloureuses de la tunique musculeuse, qu'à des coliques, etc. Ces produits si divers tiennent -donc à une même opération première , et le médicament a toujours agi de la même manière.
On voit souvent le tartre stibié, au lieu de faire Tomir, occasioner des déjections par le bas. Cette substance saline n'a point pour cela changé sa manière d'agir; mais, par une disposition particulière des organes de l'individu médicamenté, son impression ne provoque pas le vomissement, elle se propage sur la surface intérieure des intestinsy elle donne lieu au phénomène de la pulsation.
Les appareils dont un état morbide change le mode de sensibilité, des organes dont les tissus ont éprouvé une altération plus ou moins étendue , plus ou moins profonde , ne peuvent répondre de la même manière à des impressions qui cependant re^nt' identiques. De la part du médicament, il n'y a point de variation : c'est la même activité qu'il produit, c'est une impression semblable qu'il fait; mais les organes sur lesquels elle porte, se trouyant dans les conditions différentes, elle n'amène plus les mê-
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mes résulUto ; qnelifôefois elleoccasione dos moaTements ioaccoatamés, des phénomènes insolites. Toaiefois le ca ractère da médicament que Ton emploie se reconnaît toujours, et le fond des effets immédiats qu'il provoque reste kméme.
%\ Les effets curatifs]^n'ont point cette constance. On Toit trop souvent le médicament qui passe pour le plus efficace dans un genre d'affection pathologique » tromper l'attente du praticien , quelque soin que ce dernier mette dans son administration. Il arrive plus : au lieu des résultats favorables que Texpérience avait habitué à attendre d'un médicament» il peut fournir un produit tout opposé ; le même remède» au lieu de soulager le malade » rendra soD état plus grave, il augmentera la lésion pathogénèse, il fera naître de nouveaux accidents. C'est cette instabilité des effets curatifs qu'Hoffmann signalait, quand il a dit c{nele même médicament employé dans les mêmes mala* dies , avec les mêmes précautions, à la même dose , dans le même temps, fait du bien à l'un, devient inutile à l'autre, souvent nuit à un troisième.
On demande s'il 7 a des toniques absolus , c'est-à-dire des agents dont Fadministration produise toujours une augmentation de vigueur dans l'économie animale , qui soit sensible pour l'individu, et qui occasione un exercice plus libre et plus facile des fonctions. Non sans doute , il n'existe pas de toniques qui aient cette faculté. Mais ici ce n'est plus l'effet primitif ou direct du médicament que vous voulez ; vous désirez un résultat qu'aucun remède ne peut procurer constamment et dans tous les cas. Le produit que vous demandez restera toujours conditionnel; le T. I. 11
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plus ordinairement il se rapportera aux effets secondaires ou thérapeuticpies* Si par tonique absolu vous entendiez un agent qui ait la faculté de déterminer un resserrement fibrillaire du tissu des organes , d'ajouter à leur riguenr organique, nous vous présenterions les amers, le quinquina, la gentiane, le quassia, etc. Leur usagene manque jamais de développer la tonicité dans tous les tissus vivants. Si, dans les irritations ou les phlogoses des voies digesiives, ces substances provoquent des phénomènes nerveux, de l'agitation, de Taccablement, divers accidents nouveaux, etc., elles agissent toujours de la même manière; mais dans ce cas , leur oj^ération étend, anime les lésions qui existent; elle est nuisible.
C. l^ La propriété agissante d'un médicament est unique; jamais elle ne suscite une médication d'un genre différent de celle qu'il çst de son essence de faire naître. Ici il ne faut pas confondre les effets secondaires avec le produit primitif de l'impression de la substance médicinale.'^Un médicament mucilagineux ou gélatineux possède une faculté émolliente, il relâche les tissus organiques, il diminue leur vitalité, ilrend leurs mouvenients plus faibles : cependant il est des cas où on le jugerait doué d'une propriété contraire, où il semble produire un effet fortifiant. Lorsque dans les maladies inflammatoires, dans les pfalegmasiesdes tissus membraneux, il y a abattement, accablement , anxiété , une boisson émolliente rend quelquefois au malade l'usage de ses forces. Chercherons-nous dans cette boisson une vertu fortifiante ? Attribuerons-nous à cette dernière le changement avantageux dont nous parlons P Non sans doute. Il est évident que ce sont des effets
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secondaires oh thérapeutiques que nous Tenons de signaler. Le médicament émolUent par l'exercice de sa puissance , a afiaibli le travail de phlogose qui existait dans les tissus malades , il a modéré rirritatioa du^système circulatoire : Pamélioration que Ton a obtenue procède de cette opération.
Dé mélftie Testomac est échauffé ; son extrême susceptibifité trotible Tordre de ses fonctions: on administre du petit-lait» du bouillon de poulet, des adoucissants. Bientôt la dbposition morbide de Torgane gastrique se dissipe , l'appétit revient 9 les digestions se montrent plus régulières. Ces boissons ont paru alors causer un effet tonique ou fortifiant Cependant elles n'ont pu produire qu'une propriété émolUente; mais dans cette circonstance» Tcxercice de cette dernière calme un organe irrité, et par là rétablit son action naturelle. Ce résultat est encore un effet secondaire on thérapeutique.
L'opium cause ordinairement un engourdissement général. Eh bien I on rencontre des personnes qui, dans des moments de malaise et d'accablement , se sentent renaître , et reprennent l'usage de leurs forces aussitôt qu'elles ont avalé quelques cuillerées d'une potion opiacée. Si Ton dit que dans cette occasion l'opium produit des effets inusités, au moins on conviendra que la force narcotique n'a pas varié; ici elle a servi h corriger l'état morbide où se trouvaient les centres de l'appareil de l'innervation , surtout les plexus nerveux du grand sympathique; elle a ramené leur influence h une mesure plus naturelle : le retour des forces est la conséquence de ce changement.
J'ai vu produire au sulfate de quinine un eflct hypnoti-
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qae. Un homme éprouvait tous les soirs» peu de temps apfès s'être endormi , une agitation fébrile qui le tenait toute la nuit éveillé» qui ne lui laissait plus un instant de sommeil. Cet état durait depuis long-temps et avait résisté à Topium. Je lui ordonnai six grains de sulfate de quinine à prendre trois heures avant de se coucher. Dès le premier jour il eut une bonne nuit. En conclurai-je que ce sel a une vertu somnifère? Non; mais il a dissipé un mouvement mor; bide qui se reproduisait périodiquement , il a chassé Finsomnie qui en dépendait.
s**. Les effets curatifs n'ont point Tunité des effets immédiats; on les voit comme se multiplier» lorsque, dans la pratique de la médecine» on fait usage des mêmes agents pharmacologiques dans des maladies différentes. Aux yeux du praticien » chaque médicament semble alors réunir en lui un assemblage de vertus thérapeutiques, qui se manifestent à mesure qu'il se sert de ce moyen contre de nouvelles affections. Ainsi ouvrons les auteurs de matière médicale» nous verrons que telle substance qui n'est dépositaire que d'une propriété excitante » possède les vertus stomachique, antiscorbutique» vermifuge» béchique» fébrifuge, apéritîve» etc. De Haen avait remarqué la diversité des produits curatifs qu'un seul médicament peut occasioner» et son expérience lui avait appris qu'avec des agents différents » même opposés , on pouvait produire le même résultat thérapeutique» quand, sous le titre commun d'antiphlogistiqucs » il réunissait le quinquina , l'émétique, les vésicatoîres » l'opium, le nitre» l'oxymci scilUtique. ,
Dans l'exercice journalier de la médecine, nous voyons
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les Tertos curatiTes du même agent médicinal se diTcrsifier sans fin ; ici il se montre fébrifoge» là il est antispasmodique, plos loin il derient utile dans une antre maladie, etc. Cet agent recèle une force agissante, immnable dans son essence, constante dans ses effets, dont le développement fait toujours naître des changements organiques semblables , que Ton modifie seulement , en augmentant ou en diminuant la dose k laquelle on administre cet agent. Mais il n'en sera pas de même poiu* les résultats que la thérapeutique devra à son action : ils varient conune les espèces de maladie contre lesquelles on se sert de ce médicament. Ainsi, disposez dans une saUe d'hôpital une série de malades , attaqués d'affections différentes : sup* posons que le premier ait l'estomac affaibli, relâché, que ses digestions se fassent péniblement et avec langueur ; que le second soit tourmenté d'une diarrhée par l'oligotrophie oa par le manque d'énergie des intestins; que le troisième ait unç céphalalgie qui soit sympathiquement entretenue par une mauvaise disposition des premières îoies; que le qi^atrième soit atteint d'une fièvre tierce ; le cinquième du scorbut, etc. Donnez à tous ces malades le même médicament, le vin de quinquina, par exemple: ce composé pharmaceutique fera constamment la même impression; il fortifiera d'abord le système digestif: bientôt, et par l'extension de sa puissancemédicinale, il augmentera le ton, l'énergie des divers appareib organiques : sur tous ces malades, cet effet immédiat aura lieu de la même manière, et conservera le même caractère. 11 pourra se faire que cet effet devienne utile contre les divers genres de ma ' ladies que nous avons énumérées. Il rétablira chez le
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premier individu Texercice des digestions y et deviendra stomachique. Le second verra sa diarrhée se modérer d'abord et cesser bientôt ; cet agent sera alors astring^it La céphalalgie du troisième se dissipera paiement , aussitôt que les organes gastriques auront repris leur condition naturelle; le vin de quinquina montrera one vertu céphalique. Le quatrième'^le trouvera fébrifuge. Les accidents du scorbut se dissiperont peu à peu chez le cinquième, etc. Toutefois ces produits utiles ne sont pas certains : l'opération première du médicament est bien la cause commune d'où ils procèdent tous ; mais ces produits ne la suivent pas d'une manière obligée , et le médecin qui a mis cet agent en usage n'était pas sûr de les obtenir.
DE l' AGTIOH TlliB&PE1ITlQC£ DSS mAdIC AMBNTS. 1 67
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