‹ Traité élémentaire de matière médicale (volume 2)Chapitre 8 sur 35 · XVI AVIS · texte numérisé non relu

XVI AVIS

condition morbide^ et produit fréquemment la manie. Des altérations d'autres viscères peuvent prendre assez de puissance sur l'encéphale pour troubler ses fonctions^ pour causer un état d'aliénation mentale. Or^ à quoi me servira-t-il de savoir que l'administration de telle ou telle substance aura paru favorable à un homme atteint de manie 9 si en même temps op néglige de me faire connaître les lésions d'où dépendait pour lui cette maladie ?

Les mêmes réflexions sont applicables à la paralysie ; il y a toujours dans cette maladie une lésion qui empêche la volonté, dont les hémisphères cérébraux sont les agents ^ de faire sentir sa puissance à un certain nombre des muscles du corps, de provoquer leurs contractions. Mais cette lésion peut être dans les hémisphères cérébraux eux-mêmes ; elle peut être sur le prolongement rachidien ou sur les cordons nerveux : cette lésion peut avoir une nature très-différente ; elle peut consister en une simple compression par une cause extérieure ; mais il peut y avoir déchirement, désorganisation de la pulpe médullaire, une dégénérescence partielle de cette < pulpe, etc. Or de ce qu'un remède me sera présenté comme ayant guéri des paralysies, en serai-je plus capable de traiter cette maladie, si l'on me laisse ignorer le siège et le caractère des lésions que l'usage de ce remède a fait disparaître?

Je pourrais étendre à toutes les maladies cette critique de la marche que l'on a suivie pour connaître les propriétés curatives des médicaments : j'en excepterais seulement les affec- * tiens périodiques, dont le quinquina arrête lé cours sans agir contre aucune lésion déterminée; les vermifuges, qui tuent les vors intestinaux ; le mercure, qui, dans le traitement des maladies syphilitiques, paraît anéantir un principe morbifique particulier; les alcalis, quand on s'en sert pour neutraliser les acides de l'urine, pour empêcher des concrétions de se former dnns ce liquide, etc.

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Depuis bien de» siècles on trtT.iUe à décourrir le, propriété, curatire, detou, le, médicament,, à reconnaître cont« quelle, affection, pathologique, chacun d'eux peut conTenir On ayait adopté un moyen que l'on croyait sûr : on administrait ces agent, dans une maladie, et l'on notait arec soin les effet, qui en étaient le produit. De, obserrarion, ,e ,ont faites journellement; elle, m ,ont multipliée, à l'inûni. On le, répétait dans tous le,p.y.; tou, le, médecin, ,'en occupaient. Qu est-il re,uUé de tant de traraux et de tant d'effort,? ce que Inexpérience arait paru apprendre dan, le cour, d'une année I expérience de l'année «uirante le détniiMit. 11 fallait toaionr, recommencer le, même, opération, ; l'onn'arritait jamai,à des ' ré.ultats certain,. Peut-on désirer une objection pluifortecontrelaconduite quel'on a tenue? Peutnin rouloir unepreuyeplu,

concl«antequ'lle,tindi,penMbled'adopter„neautreméthode? Les maladies, telle, que nou, le, rencontron, dans la pratique de la médecine, ne nou, pré,entent que de, conditions mob.le,^d« coq» qnede, individualité, changeantes, que 1 on a cherché à fixer en leor donnant un nom. Si l'on dôcompose sur plusieurs indiridus la maladie que l'on désigne par le même titre; ,i d'abord on compare la lésion pnLp'al. pour «,n «ege préc, pour ,on étendue, pour la TÎTacité de «mardie ; ,i ensuite, poursuivant m, recherche, sur les antres .ppareils organiques, on examine la disposition actuelle de ehacun d eux sur chaque malade ; ,i l'on fait saillir les lérion, d.Ter«, qu, ,e remarqueront seulement sur pl„,ien„ indiridus; s, en un mot oubliant la maladie, «n ne voit pl„, „„. Usituation respective de chaque orga„i,a,ion malade, onar! me à reconnaître que le, affections qu«k,n même nom ran- ^^he sont des spécialité, qui ne repré,entent pa, une mZ h e : on ne étonne plu, qu'un remède qui se montre utile dans l'une ne le soit pas dan» l'autre.

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Le médecin prendra une po9ition bien différente s'il s'attache dans l'étude des maladies aux lésions qui les produisent^ Alorsy il aura trouyé quelque chose de ùxei de positif» I^iH- ^dns que nousi appelons pathogénèses font qu^il y a. maladif; ce sont elles qui suscitent les symptômes; le diagnostic co^n^ siste à déToiler le ^ége de ces lésions» à déterminer leur uature^leur nombre, leur dépendance; le pronostic, à juger leui* étendue, leur grarité; la thérapeutique, à les combàtti*e, a les «^cer. On Toit que l'étude de ùes léaion^ est toute la pa-« thologie*

Un point bien important, c'est de prendre des idées justes des lésÎQDS pathogénèses. Il faut bien déterminer tous les ' modes dbtincts de' celles dont nos organes sont suseepiiblesi il &ut reconnaître le caractère, l'indépendance de chaque mbdé*;ne pas confondre, par exemple, l'irritation qui mH seulement les tissus organiques dans un état de sur''éxeitatit)n, arec la phlogose dont le tràyail tend à les dénaturer, iHavéo une simple congestioti sanguine ^ans les YaisseatiZ'-diê/'càf tissus, etc. Il £aut étudier ces lésions, non pas sur les càdayreé^ mais sur les corps yiyafits;. c'est là que doirent êtrq pris toujS les attributs de chaque léeion, sa couleur, sa tempéfâtnre^ l'«s]p.éGt, lardeusité qu'elle donne aux parties^ les •direvsttf e:iESudâtions qu'elle iproYoque, tous les- mùouvemeiità qn'ielie occasione^ tous les phénomènes qui doiy^ent servir à ki v^ ractérlseï!. Nous l'ayons dit plus loi», la pathologie doit êtk«

vivante; c'esjiiiâ ce qui lui Subordonne l'anàtomie patkologiv que, q|it n'étudie les maladifîs qu'après la mort'. - («:

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* C'e&tUJae chose asse» Temarqqable que l'on ait 4$t traités Buv.tnotm les pactie^ 4e U{>athologle> et que aous n'ayons pas uo;pQvr^e.d^ l'op se soit occupé d'une manière spéciale des lésions organiques .que supposent les maladies. Nous avons des ouvrages sur Tétiologie, sw la seméiotique, sur le diagnostic, sur le pronostic des maladies : nous n'en

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U. faut ne- pas oublier qiie sur uni même point du oorpi H peulséibnner, se rénoir^ plusieui*» lésions distinctes^ indépendaotes^ «pie des lésions de Ja même nature peaTent ocoupor dabslooliftaie tèmpé des appareils organiques différents, qo^îi 691 très-ordinaire de^ rencontrer sur les malades des lésions dissemblables dans dlrers organes; qu'en un mot ce sont des homopatlnes ou des hétéropathies que les médecins sont le plas sooTent'appelèi à traites dans l'eiercice de leur art. ' la lien devoir des maladiastique forme un ensemble toujours instable, toa>bttrs jnbbile de symptômes, pertes Totre attention sur les lésions que recèlent les corps malades. A trayers cesrderaiers, che|«hex les lésions qui produisent les maladies ^ stûobe»*Vous à de» lésions. Que les signes qui tous réTèlent leof ezistenoé serrant anssi à tous indiquer leur siège , à TOUS faire iqiprécîar leur fonce, à tous dévoiler leur mitrcbe : slors TO^tis aurex des sujets positift, effectifs, sur lesquels tous pierres conftater le pouvoir, suiTre toute Topération d*im fliiAbameni'V^us: ne direz plus que des* personnes ont une même KiialacRé, l^arce qu'elles tous offrent quelques phéno-^ mènes seiùiilable^> Comparant aTto sein tbUs les points de leur orgUnlsuM') QefraTaii tous noqtrépa que ces maladies « rêneies- crirbitrainenent par un titre coinmon. pfésenicot au rdfid^*90r' cha^tarè' liidiTidu» une cbôae très-différente. Vous cottipreMret pepHrqifoi le remède qui guérit .Fune ne guérit pas les autfes. àlétela aôédeciné n'aura plus à rougir àé ces calcul qulcoadvtscfni'à mettre en doute rellicactlé;o|irative d«nteafti)des >dont rexpéraence*a.proirT6 inutilité , comme lu

aron^pM-aefjlA.léftoqUUq^ieyLfw limitée d'anatumie paihologique ne CQ(i^4^i^t les Ijë»ioo8|i}ac furies cadavres et cV>t snr les corps vivant.", mais dans ua èfat de maladîcj que doivent Atre reconnues, étn(!W*rs e^ décrites , les altérations organiques qni suscitent et entretiennent des troablM morbides.'

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saignée, par exemple, dans la péripneumonie ; elle n*aurà plus à redouter ces résultats numériques qui porteraient à penser qu'il est indiffèrent de donner ou dé ne pas donner des médicaments doués d^une activité incontestable, comoàe les toniques/ par exemple, dans les fièvres typhoïdes 9 '^to* > «c^* Il est évident que tons les individus que Ton réunit» que l'on regarde cotnme atteints d'une même affection, et sur lesqjuels portent ces calculs, ne sont pas malades de la^ même jxianièct> que les lésions qui leur sont communes pouvaient n'avoir pas le même degré de force, et que chacun d'eux. offrait d^ailleurs d'autres lésions qui leur étaient partieulières.

Ces principes m'ont guidé dans la composition de mon Précis de Nosologie et de Théroffeutique. J'ai' été obligé d'interrompre ce travail pour m'occuper de cette troisième édition : je vais le reprendre. Bien que les deux premiers yolu<* mes aient été accueillis avec une certaine froideur, que m'expliquent, d'ailleurs» et mes exigences en pathologie e^ ma position, j'attache toujours à cet ouvrage le même intérêt. J'ai l'opinion que la doctrine qu'il renferme obtiendra bientôt plus de crédit. Le mouvement est imprimé ; il ne peut s'arrêter : il doit avoir pour résultat l'adoption de nouveaux principes en pathologie. Personne, je le pense, n'a éprouvé plus de plaisir que moi , en lisant les ouvrages d'anatomie pathologique qui ont été publiés deptiiâ quelque temps, parce que j'y ai vu la preuve que l'étude des maladies par. les lésions qui les produisent deyait nécessairement entrer en faveur auprès) des praticiens* Les observations cliniques que l'on publie tous les jours, tous les faits de pratique que l'on multiplie, me paraissent y conduire d'une manière sûre.

Si je ne m'abuse pas, ce que je demande n'est autre chose qu'une application à la nosologie de l'esprit qui dirige aujourd'hui les naturalistes dans l'étude des êtres. D'abord on se

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contenta d'observer leurextérietir^ et Ton forma des distribu* tiens systématiques. Plus t«rd« on abandonna ces arrangements arbitraires, pleins d'anomalies, de rapprochements forcés ou erronés. On pénétra l'intérieur des êtres, et on les réunit ou on les éloigna d'après leurs affinités organiques, d'apiès des rapports Trais et naturels. On af rira à ces méthodes que toutes les sciences enrient à la botanique et i\ la £oologie. De même, au lieu de nous arrêter, dans l'étude des maladies, aux symptômes qui sont trompeurs, nous pénétrons l'intérieur du corps malade, nous en parcourons successirement tons les organes, nous constatons les lésions que'ces derniers offrent. C'est à ces lésions, soumises & un dé? eloppement fixé, à une marche réglée, ayant des caractères propres, une existence délimitée, une stabilité reconnue, que Dous nous attachonf. Ce n'est plus, si nous osons ainsi parler, la maladie que nous cherchons dans le malade; nous ne touloDs y trouver que les lésions diverses dont ses organes peuvent être le siège : ce sont ces lésions pathogénèses que nous poarsuivons, dont nous prétendons reconnaître la marche, les variations, les augmentations, les décroissements, les mo^ ments d'exaspération et de cahne, etc.

La nomenclature est un objet d'un grand intérêt en noso-r lo^ie. On conçoit que nous ne pouvons pas conserver celle qui existe ; mais nous n'avons pas la prétention de croire que nous puissions en proposer une qui remplirait toutes les conditions que ce travail exigera. J'ai souvent pensé que nous en étions en nosologie au point où se trouvait la botanique du temps de Tournefort. Alors les noms des plantes étaient de longues phrases 'descriptives. Ne voit- on pas quelque chose d'analogue en tête des observations de médecine où sont rapprochés les symptômes d'une maladie et les résultats de l'autopsie cadavérique ? Ce sont les lésions observées pendant la

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