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propriété est toujours identique , que son exercice donne lieu à des effets constants ; il est bon de se rappeler ensuite que les effets curatifs de ces médicaments ne sont qu’un produit conditionnel, incertain, qui ne suit pas d’une manière obligée leur action sur le corps malade; alors on reconnaît que ces deux bases n’offrent pas une égale solidité, lorsqu’il s’agit d’élever sur elles un système de classification. Par l’espèce d’impression qu’un agent médicinal exerce sur les tissus vivants , par la nature des phénomènes organiques qu’il détermine, il conservera toujours la place qu’il aura prise dans un cadre pharmacologique , il y sera retenu par un caractère fixe et stable ; mais si vous admettez les vertus curatives comme éléments de vos combinaisons , votre travail se complique et n’a plus d’unité. Un médicament se montre utile dans plusieurs genres de maladies, il fait valoir des succès qui lui donnent des droits égaux pour entrer dans plusieurs classes : celle qui lui appartient semble indéterminée , et on le voit successivement reparaître parmi les béchiques, parmi les fébrifuges, parmi les antispasmodiques , etc. De plus , cet agent ne justifiera pas toujours l’attente du praticien qui s’en servira; dans beaucoup d’occasions, la vertu dont on le supposait dépositaire ne se montrera pas; alors il paraîtra avoir usurpé la place qu’il occupe dans la distribution pharmacologique. Combien de substances béchiques restent inefficaces contre la toux! combien d’accidents nerveux résistent aux antispasmodiques I etc.
Les classifications où l’on admet comme le produit d’une force réelle et spéciale les amendements que pro-
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cqrent les médicaments, font naître des inconvénients graves. C’est ici surtout que nous devons signaler le danger de ces dénominations qui présentent comme positive une propriété qui n’existe pas , et qui font perdre de vue l’impression que le médicament porte sur les tissus malades, les variations organiques qui suivent son emploi. Un praticien repousse une substance médicinale , parcequ’elle est stimulante : il reconnaît que l’exercice de sa propriété exaspérerait tous les accidents morbides ; mais il met aussitôt en usage une autre substance qui a une faculté agissante de la même nature, qui produira tout autant de mal , parcequ’elle se présente avec un titre captieux qui séduit son jugement. Ce n’est plus un excitant qu’il administre, c’est un carminalif, c’est un dépuratif, c’est un fondant, etc. On expose avec beaucoup de sagesse les motifs qui font redouter l’action d’un composé pharmaceutique , et l’on donne , sous un nom différent , une autre préparation qui provoque les mêmes elTels immédiats. Dans les observations cliniques , on rencontre fréquemment de ces contradictions , qui prouvent combien il est dangereux d’accorder de l’importance aux expresr sions pharmacologiques qui supposent des vertus curatives. On doit établir comme loi dans la science des médicaments , que tout arrangement systématique de ces agents n’aura lieu qu’en consultant la nature de l’impression qu’ils font sur les tissus vivants; qu’en prenant pour guides les changements qu’ils produisent dans les divers appareils organiques du corps.
Dans la distribution que nous allons proposer, il y a autant de classes de médicaments qu’il y a de
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modes de médication bien déterminés parleur caractère , par leurs attributs , par les phénomènes qui leur sont propres. Chaque association représente une propriété médicinale particulière, qui se retrouve dans toutes les substances naturelles qu’elle comprend. Nous ne prétendons pas que cette propriété soit identique dans ces divers corps médicamenteux ; 1 expérience prouve aussi qu’elle n’a pas le même degré d’énergie partout: mais il suffit, pour justifier ces rapprochements, qu’elle offre la même nature, qu’elle suscite les mêmes mouvements organiques ; il suffit que les substances de chaque classe provoquent une médication dont le fond soit semblable. Nous noterons , dans un examen séparé des productions naturelles, les paiticularités qui appartiennent à l’action médicinale de chacune d’elles. Dans une dernière division , nous mettons les agents pharmacologiques qui ne peuvent être placés dans les premières collections ; nous les laissons là jusqu’à ce que leurs médications, mieux déterminées, permettent d’ajouter de nouvelles divisions à celles que nous proposons.
Ou remarquera que les substances végétales qui sont dépositaires de la même vertu ont ordinairement une ressemblance frappante par leur composition chimique. Formées des mêmes matériaux , on trouve assez naturel quelles recèlent la même propriété agissante, qu’elles fassent naître les mêmes effets. Ces substances ont aussi des qualités sensibles analogues : n’oublions pas que c’est toujours la même force qui se produit , soit qu’elle agisse sur les organes du goût et de l’odorat , soit qu’elle s’exerce sur les autres tissus vivants :
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ce que ressentent les premiers peut donc servir à deviner ce qu’éprouveront les autres.
Chaque classe nécessite ensuite des subdivisions, faut donner aux productions qui viendront s’y réunir un arrangement qui hivorise l’exposition de leur histoire individuelle. C’est pour ces divisions secondaires que nous aurons recours aux méthodes de 1 histoire naturelle. Nous examinerons les plantes médicinales par familles botaniques. Les matières qui se rapporteront au règne minéral seront soumises h la marche que suit la chimie. Les substances animales sont si peu nombreuses dans chaque classe que l’on apercevrait è peine le lien qui les unirait. Toutefois, en fajsant ainsi concourir ensemble les divers moyens que l’on peut employer, lorsque l’on tente de placer dans un cadre méthodique les sujets de la matière médicale, il me semble que nous offrirons soit les productions qui servent à' composer les médicaments , soit ces derniers eux-mêmes, dans l’ordre le plus convenable à l’étude do la science pharmacologique.
MÉDICAMENTS
DES MÉDICA.HENÏS