I. Corymbifères
Aunée. Inüla hei.enium. L. Cette plante vivaee croît spontanément dans quelques provinces de la France ; elle habile les lieux un peu humides : on la connaît
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aussi sous le noni A’e7iula campana. Ou se sert , en médecine, de sa racine, qui est volumineuse, rameuse, brune au dehors et blanchâtre en dedans. Cette racine se coupe en morceaux que l’on fait sécher. Sa saveur, qui semble d’abord rance, devient bientôt d’une amertume très prononcée , avec quelque chose d’âcre et de résineux ; elle a une odeur particulière. On ne récolte cette racine que la seconde ou la troisième année; il faut que plusieurs tiges se soient succédé au-dessus d’elle, et que les sucs propres qui doivent la remplir aient eu lé temps de se former.
La chimie avait trouvé dans la composition de cette racine une substance extractive , une résine cristallisable , de l’albumine végétale , une matière blanche, solide , qui , par sa nature , paraissait tenir le milieu entre le camphre et l’huile volatile. M. Rose a depuis signalé l’existence , dans la racine d’aunée , d’une sorte de fécule, de couleur gfise, odorante, qui se dissout dans l’eau chaude, et se précipite lorsque la liqueur se refroidit. On l’obtient en faisant bouillir dans l’eau les racines d’aunée, et en abandonnant , pendant quelques heures , la décoction à elle-même. Elle occupe le fond du vase , sous la forme d’un précipité. Cette, matière paraît être un principe particulier de la végétation : M. Thomson lui a donné le nom i’inultne. La: racine fraîche contient de l’acide acétique et des acé^
tates de potasse et de chaux.
On donne la racine d’aunée en poudre; on en fai des infusions aqueuses qui sont fréquemment em: ployées; on l’administre aussi en décoction. On ei tire un extrait que les pharmaciens conservent dan
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leurs o/Bcines. Les praticiens ont souvent recours au vin d’aunée , que l’on compose en mettant une once de cette racine infuser dans deux livres de vin. L’alcoho! se charge aussi de ses principes ; mais cette teinture est rarement employée seule ; on s’en sert pour préparer instantanément le vin d’aunée.
La propriété tonique de cette racine paraît émaner surtout de la substance extractive amère qu’elle contient. Si l’inuline concourait à la produire, il faudrait mettre toujours en usage la décoction chaude , afin d’obtenir cette propriété avec toute l’intensité dont elle est susceptible : car on sait que l’inuline ne peut exister dans l’infusion faite à froid , et que ce principe se précipite de la décoction à mesure qu’elle perd son calorique , qui paraît être un intermède nécessaire de son union avec l’eau.
Les effets immédiats que produit l’aunée sont ceux qui caractérisent la force médicinale tonique. Les composés pharmaceutiques qui en proviennent fortifient le tissu des organes, réveillent leur énergie vitale, favorisent l’exercice des fonctions qui leur sont confiées. Ces composés augmentent l’appétit, rendent les digestions plus faciles, donnent de la force au pouls , etc. Il est facile de faire découler de cette action tonique tous les avantages curatifs que l’on a attribués à l’aunée. Il est facile de justifier les éloges que les praticiens ont accordés à cette production, par l’influence que sa vertu tonique exerce sur les parties malades , par la nature des changements organiques qu’elle oppose aux accidents morbides contre lesquels on dl rige son activité. On regarde l’aunée comme propre
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h augmenter le cours des urines , ou à faire couler la sueur. Celeficl peut être la suite de l’impression tonique que les molécules actives de l’aunée font sur le tissu des reinsou de la peau, de la plus grande activité que prennent ces organes. Une diaphorèse ou des urines plus abondantes , après l’administration de 1 année . peuvent aussi tenir à ce que l’on a donné cette
substance dans un véhicule aqueux, que 1 on a pris une
forte quantité de ce dernier , et que 1 humidité introduite dans le sang s’écoule par l’issue sécrétoire des reins, ou bien par la surface exhalante de la peau.
On conseille l’aunée dans les affections de la poitrine, sans chaleur, sans irtilation . lorsque la toux est humideet l’expectoration abondante. On a éprouvé les bons effets de cette substance , dans ce que on „ appelé as.hme piluileex . h la ta des calaerl.es pulmonaires . <iuand ils seul devenus chroniques el qn ne sonl pas entrelenus par une ph ogose a en e ^ u tissu pulmonaire: on donne la poudre ou levm d annee, on en fait prendre de petites doses . que I on réitère plusieurs fois chaque jour. Ces agents exercent sur les tumons une impression tonique qui fortifie leur lis» éveille leur énergie vitale: cette même impress,
des mucosités que les malades rendent en si grande ‘'“on'tescrit les préparations d’année dans les vices.
del g tan que fondit être produits par la ta
b esse d s organes digesfifs: mais il faudrait bien dé
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terminer quelles sont les lésions qui causent cette faiblesse. Ces préparations obtiennent des succès journaliers dans les lésions vitales qui dépendent d’un affaiblissement de l’influence des nerfs sur les organes qui nous occupent : elles seront également avantageuses dans plusieurs lésions matérielles, dans l’oligotropliie ou la diminulion'de volume des tuniques de l’eslomacet des intestins, du foie, etc. , lorsqu’il y aura ramollissement du tissu de ces parties, etc. Ce sont encore des petites doses d’aunée que l’on fait prendre dans ces affections , comme dix à douze grains de poudre de cette racine , un demi - verre de son infusion , deux cuillerées de son vin , quatre ou six grains de son extrait. On veut seulement fortifier l’appareil digestif; on se borne b susciter une médication locale qui , existant dans toute sa force au moment où les afimenls arrivent dans l’estomac, imprime au travail de la digestion une activité dont l’opération tonique deJ’aunée est la cause première.
Il est des toux, des oppressions et d’autres accidents dont le siège apparent est dans l’appareil respiratoire , qui cependant sont dus au mauvais état des premières voies. Les auteurs conseillent l’aunée dans cette occasion : mais il faut reconnaître de quelle nature est la lésion des organes digestifs. L’aunée convient si c’est un état de relâchement, d’inertie de ces organes qui cause les accidents dont nous parlons : mais cette plante serait nuisible, si l’estomac était tourmente par une irritation morbide.
On conseille les médicaments que l’on ^ forme avec 1 année à la fin des catarrhes de la vessie. L’influence >• i5
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qu’ils exercent sur tout le système animal , l’impression directe que leurs molécules font sur la surface inlerne de la vessie , lorsqu’elles sont portées avec les urines dans cette cavité .peuvent contribuer à corriger la situation morbide de la membrane muqueuse qui la jecouvre, à rappeler cette membrane h son état naturel.
On place l’aunée parmi les agents emménagogues. Dans les occasions où une débilité de tout le corps ou i bien l’inertie de l’utérus occasione la rétention ou la i suppression de l’écoulement menstruel , la décoction , l’extrait , ou le vin l’ait avec cette substance seront ; des secours recommandables. La force corroborante qu’ils mettent en jeu explique leur utilité, soit qu’on i observe ses eflets sur l’ensemble du corps , ou seulement sur l’appareil utérin. On croit facilement aux | succès que l’on attribue ï» l’usage de ces agents dans .
la, chlorose. .
On a eu recours à l’aunée pour détruire les vers intestinaux. 11 n’est pas prouvé que ceUe matière ait lai propriété de faire périr ces animaux, de les tuer par] une influence spéciale exercée sur eux; mais il est. constant qu’en augmentant le ton et l’énergie vitale
du ca»al alimentaire, elle occasione souvent 1 expullj
sion de ees hôtes dangereux. L’aunée , vue comme ven mifuge, n’agit pas sur les vers , mais sur les voies in testinales . et celte faculté nouvelle découle encore d).
sa force tonique. •
Ou s’est servi de la racine d’aunée h 1 extérieur
c’est encore de son action tonique qu’elle lire dans c cas son utilité; elle avive les ulcères; on conseille
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l’appliquer en cataplasme sur ceux qui sont scrophuleux. On a composé un onguent d’aunée avec lequel ou a traité la gale.
Tussilage. Tussilago fabfara. L. Cette plante, que l’on nomme aussi pas-d'âne, préfère les lieux humides; on la rencontre cependant dans les terrains secs. Elle est remarquable par ses fleurs jaunes, qui paraissent vers la fin de l’hiver, et long-temps a vant les feuilles ; ellas sont portées sur de petites tiges uniflores , recouvertes d’écailles. On se sert, en médecine, des feuilles et des fleurs ; ce sont surtout ces dernières que nous employons ; dans d'autres pays on préfère les feuilles.
Les fleurs du tussilage sont odorantes , d’une saveur légèrement amère; les feuilles ont une amertume plus prononcée. Cette plante paraît contenir un principe extractif, peut-être un peu de tannin. Le sulfate de fer noircit légèrement l’infusion aqueuse des feuilles et des racines. On administre les fleurs du tussilage en infusion ; on en compose aussi un sirop : on donne les feuilles en décoction.
L’effet immédiat que ces composés pharmaceutiques suscitent dans l’économie animale est peu prononcé. On n’aperçoit pas dans l’action des organes, après leur administration, dos changements que l’on puisse faire dépendre de l’impression que leurs molécules exercent sur les tissus vivants. La vertu du tüssilage est très débile; elle l’est encore davantage dans les fleurs que dans les feuilles. Sans la petite proportion de principes amers et acerbes que la nature a ajoutés à la constitution chimique de ces productions , elles ne mé-
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rileraient pas de figurer parmi les sujets de la matière médicale. Néanmoins, dans une distribution méthodique où les médicaments seront rapprochés ou éloignés, d’après le caractère de leur activité, le tussilage devra
se trouver avec les toniques.
Cette plante est renommée comme un puissant béchique , comme une production pectorale. On vante ses effets dans les rhumes , les toux , les catarrhes ; on donne alors l’infusion sucrée ou le suc de tussilage. On a peine à concevoir comment cette plante a pu, avec sa faible propriété tonique , opérer les guérisons qu’on lui attribue. Comme on prend cette boisson très chaude, et dans le lit, ne pourrait-on pas croire que c’est en excitant une douce diaphorèse , en appelant les humeurs à la peau , qu’elle parvient le plus souvent à soulager l’organe pulmonaire? On sait qu’une transpiration générale et forte guérit souvent des toux , des rhumes, etc. : les succès des fleurs de pas-d’ane pourraient bien dépendre de cette cause, et sa vertu Ionique ne contribuerait en rien h ces heureux résultats. Des praticiens conseillent l’infusion de tussilage , même dans les maladies inflammatoires des poumons ; c’est sans doute reconnaître l’impuissance de cette boisson que de la conseiller dans des affections où sa force médicinale serait si nuisible, si elle avait plus d’énergie. Le nom de cette plante, de tussis , ioux , et de ago, je chasse, n’en aurait-il pas imposé à certains
esprits? i • •
On vante l’emploi de cette plante dans la phthisie
scrophuleuse ; mais peut-on ajouter confiance aux
cures qu’on lui attribue , quand on se représente , d un
TONIQUBS.
aay
coté la faiblusse de son aciivité, et de l’autre la gravité des lésions organiques qui constituent la maladie dont il s’agit? Des témoignages imposants porteraient à croire que le suc de feuilles récentes de tussilage pris chaque jour à la dose de plusieurs onces, a procuré une prompte amélioration dans les ulcères scro-’ phuleux, a enfin favorisé leur cicatrisation. (Voyez Ctdlen, Mat. médic. ; Bodard, Essai sur les propriétés du tussilage.) On conçoit dilTicilement qu’uneplante douée d’une faculté si peu développée puisse dompter la cause si rebelle, si invétérée dés affections scropliuleuses. On sent le besoin de nouvelles observations pour juger le mérite de celte plante comme remède de ces affections.