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UliS Ml'iDICAMESTS
Il ne faut |)ojnl après l’ingeslion du sulfate de quinine s’arrêter seulement aux phénomènes qui ont lieu dans l’appareil digestif, ni même à ceux qui apparaissent sur des points éloignés , lorsqu’ils soûl des produits sympathiques de l’impression que ressent l’estomac : il faut admettre que les molécules de celte substance saline sont absorbées; qu’elles sont portées sur tous les tissus; que c’est surtout leur action directe sur les fibres organiques qui détermine celle corroboration générale que l’on observe après l’usage du sulfate de quinine. Pendant que scs molécules existent dans l’économie vivanU^ le pouls est plus fort, mais pas plus fréquent. Quelques autres phénomènes organiques suivent un usage prolongé du sulfate de quinine. Il est des effets qui procèdent de la permanence d’une influence médicinale, et qui ne paraissent pas après une impression passagère ou isolée. Ainsi ce sel tonique h la dose de deux grains par jour a causé du ténesme , delà chaleur au fondement, à une personne qui le prenait h litre de stomachique. Son opération sur tout le système , lorsqu’on en continue l’usage long- ■ temps , occasione une commotion artérielle , une ex- ' citation qui produit l’insomnie, 1 agitation, uii pouls fébrile, parfois des hémorrhagies , des urines rouges
' RI. le D. Desruelles a observé sur lui-même les effets physiologiques du sulfate de quinine; il en trace le tableau suivant : « Après l’ingeslion de cette substance, on éprouve une chaleur agréalile dans le centre épigastrique; chaleur qui, irradie bientôt .et se communique aux différents organes; le pouls s’élève, une, légère diapborèsc s’établit, et
TONIQUJÎS.
Injecté dans les gros intestins, le sulfate de quinine cause des effets également remarquables. Une dame à qui j’en fis prendre douze grains de cette manière, pour arrêter une fièvre quotidienne, ressentit peu de temps après une chaleur vive dans le trajet du colon, qui so communiqua promptement à tout le bas-ventre. Pendant trois quarts d’heure qu’elle garda ce remède, elle eut de grandes coliques. Cette chaleur durait encore six heures après , mais les coliques avaient cessé au moment où elle avait rendu son lavement.
Les succès que procure le sulfate de quinine dans le traitement des fièvres intermittentes , même de celles qui ont un caractère pernicieux, sont bien connus. L’efficacité de ce remède a quelque chose de merveilleux.
toutes les fonctions semblent avoir une nouvelle énergie. Si la dose du sulfate est élevée, les mêmes phénomènes ont heu, mais le centre épigastrique est le siège d’une ardeur qui ne se calme que lentement. Leur usage continu produit ce que l’on pourrait nommer en médecine un échauffement, et que représentent les symptômes suivants : sécheresse et chaleur légère de la bouche, odeur animahsée de l’haleine, langue plutôt sèche qu’humide, piquetée, lanugineuse, présentant vers sa pointe des papilles ■ ouges : légère ardeur è hi gorge après les repas, soif, borborygmes légers, vents, éructations fréquentes, cha- ■ eur a la peau, surtout aux mains, constipation quelquefois opiniâtre, urine déposant par le refroidissement une humeur d’un blanc jaun.itre.... Cette excitation des mem- Iiranes muqueuses gastro-intestinales se calme par des boissons délayantes, acidulées et la diète végétale. iJourn lum-en. des scienc. mèdic. , loin. 24, p. ,3;.. )
Six à hiiil grains de ce composé salin, donnés de deux à quatre heures avant l’invasion de la fièvre, empêchent celle-ci de se développer, ou au moins modifient l’accès d’une manière incontestable. Je pourrais joindre un grand nombre d’observations en faveur de ce remède fébriluge , à celles que nous devons au zèle de MM. Chomel, Double, Magendie, Bally , Villermé, etc.
Il est maintenant prouvé que la puissance du quinquina existe tout entière dans la substance qui nous occupe ici, qu’elle y est concentrée; qu’en administrant la quinine ou la cinchonine rendue soluble par un acide , on use de tout le pouvoir thérapeutique de l’écorce du Pérou , et que l’on ne charge plus les organes gastriques du ligneux , et des autres matières que la nature a associées à la base alcaline dans celle écorce. Il est incontestable que MM. Pelletier et Cavenlou out rendu un service signalé à la médecine, en lui offrant , pure et sans mélange, la partie active du quinquina.
Mais le sulfate de quinine qui guérit les fièvres périodiques avec tant de facilité, doit-il ce privilège à une puissance spécifique, ou bien ne parvient-il à arrêter le cours de ces maladies, à empêcher un accès de naître , qu’en lui opposant les effets physiologiques que
l’on observe après son administration? Nous a vouons que
nous sommes pour la seconde opinion. Nous trouvons dans les phénomènes immédiats que suscite le sulfate de quinine , dans le mouvement qu’il imprime à tout le sy.slème . dans la corroboration générale qu’il produit , dans l’élévation de température vitale qu’il détermine, des motifs suffisants pour nous faire concevoir la vertu
TONUn'IiS.
fébrifuge de ce sel , sans qu’il soit nécessaire de supposer une qualité ou faculté spécifique. Tous les Ioniques peuvent guérir des fièvres intermittentes ; les auteurs en font foi. Si ces toniques ne sont pas aussi sûrs , aussi puissants que le sulfate de quinine dans le traitement de ces maladies , c’est qu’ils n’ont pas la même énergie , qu’ils ne donnent pas aux phénomènes qu’ils font naître la même intensité. Quand je vois un malade qui attend le frisson d’un accès de fièvre ■SOUS l’influence du sulfate de quinine , que je le consi dère éprouvant une chaleur intérieure, un développe-^ ment notable d’énergie , une sueur générale , etc. , je n’ai pas de peine à m’expliquer pourquoi le frisson ne saisit pas ce malade. On rencontre fréquemment dans la pratique des cas où un eflel pareil , né de causes très diverses , amène le même résultat.
Mais dans l’opération médicinale du sulfate de quinine , nous avons distingué deux parties, i“ l’impression qu’il fait sur la surface gastrique et les phénomènes qui en proviennent, 2“ l’action de ses molécules sur tous les tissus vivants. Nous pensons que cette dernière partie des eflets du sulfate de quinine suffit pour obtenir un produit fébrifuge. Aussi je donnerai ici un conseil que je crois important ; c’est de ne pas faire prendre en une seule fois la dose de ce sel qui est nécessaire pour arrêter la fièvre , aux malades chez lesquels on reconnaît que les voies digestives sont irritées, mais de diviser cette dose en plusieurs prises et de mettre une demi-heure à peu près d intervalle entre l’administration de chacune d’elles. L’observation prouve que l’impression du sulfate de