De l’oxide de fer
On voit avec étonnement dans ce travail que les pétales de la rose blanche fournissent plus de fer que les pétales pourpres de la rose de Provins. Ce métal n’est donc pas la cause de la coloration de ces derniers.
Ces pétales donnent une saveur astringente et un peu amère. On les administre en poudre ou en bols ; on peut aussi en tirer un extrait qui a une belle cou-
TONIQUES. 367
leur brun marron , qui esl acide et fortement astringent. Eu mêlant la poudre des pétales de la rose de Provins avec le sucre , et eu humectant ce mélange
avec l’eau distillée de roses, H. centifolia , L. , on
obtient la conserve de roses rouges. On suit différents procédés pour préparer cette composition pharmaceutique; le point le plus important pour nous , c’est la différence de proportions que les pharmacopées prescrivent entre la poudre de roses et le sucre. Il est des formules qui demandent parties égales de ces deux ingrédients; d’autres, deux parties de sucre pour une de roses ; d’autres enfin diminuent beaucoup plus la quantité de la substance tonique. La propriété médicinale de cette conserve émfine des principes styptiques ou amers que la rose y porte; son développement , son efficacité sera donc en raison de la somme de ces principes qui se trouvera dans ce composé, ou autrement , dans la dose que le malade en prendra à la fois. On lait aussi des infusions, des décoctions , un vin et ” une teinture alcoholique avec les pétales de la rose rouge; en épaississant avec le miel une infusion aqueuse de cette substance , on a le miel rosat.
Ces diverses préparations exercent, sur les organes vivants, une impression tonique. Prises à l’intérieur, à petites doses, elles fortifient doucement l’estomac et facilitent l’exercice de laTonction digestive. On les conseille dans les anorexies qui tiennent à la faiblesse de 1 appareil gastrique ; on les recommande dans les diar^ rhées qui dépendent de l’inertie, du relâchement des intestins : on ajoute avec avantage la conserve de roses au lait , lorsque ce liquide se digère mal. Tous les ob-
DES MEDICAMENTS
servolcurs ont vu que Tusage des composés l'ails avec, la rose rouge causait assez hubiluelleinenl une légère conslipalion.j l’action styptique ou corroborante de ces agents explique ce résultat. Mais en même temps d’autres auteurs annoncent qu’un gros de la poudre de roses rouges , donné en une seule fois , occasione plusieurs déjections alvines ; ce qui provient évidemment de ce qu’à cette dose l’impression styptique est telle, qu’elle jette le trouble dans les mouvements naturels du canal alimentaire.
La conserve de roses jouit d’une grande réputation dans le traitement des toux chroniques, lorsque les fonctions nutritives sont altérées et languissantes, et que le corps éprouve un amaigrissement progressit. Cette composition exerce alors une double influence, également favorable, sur l’organe pulmonaire et sur l’appareil digestif. Elle réveille l’énergie du premier, et tend à corriger sa disposition morbide. Elle soutient l’action du dernier, et donne lieu à la formation d un meilleur chyle. C’était sans doute dans des catarrhes chroniques que des médecins distingués admiraient la puissance d’un usage journalier de la conserve de roses, bien qu’ils aient nommé cos maladies des phlhisies commençantes , même des phthisies désespérées. 11 est bon de noter que l’on administrait, dans ces affeclions , de fortes quantités de conserve de roses . comme quatre à six onces par jour; des malades en ont pris en deux mois plus de trente livres. Quand on cherche à estimer la puissance thérapeutique de ce composé, il faut, à côté de l’action tonique qu’exerce sur le corps malade l’ingrédient médicinal , placer le
TONIQUES
produit nutritif de la grande proportion de sucre qui lui est associé. Il est important de se rappeler ici les observations où l’on célèbre les succès de cette conserve; car, en même temps que les malades usaient
tières alimentaires adoucissantes, du lait, du pain de froment, etc. Murray , Apparat, mcdicam. tom. 3 , p. i68 , et seq.
On cite des observations de sueurs affaiblissantes qui ont été modérées, combattues par l’action tonique
réfléchit que les évacuations alvines sont alors entretenues par des zones d’irritation , par des ulcérations ,
trop souvent par des dégénérescences profondes, situées
sur divers points du canal intestinal, on sent que ce remède ne peut être que rarement efficace. On voit même qu’il convient de le suspendre, si, dès les premières prises, il ne produit pas de bien. Toutefois, n oublions pas que l’on guérit avec des substances stypüques les ulcères de la peau, et que ceux des membranes muqueuses, qui sont récents et superficiels cèdent fréquemment aux mêmes impressions.
Ou recommande la conserve de roses dans l’hémoptyMe. Après les saignées convenables , ce médica-
de ce remède, on voit qu’ils ne prenaient que des ma-
dans des diarrhées colliquatives. Quand on
v/i.uiuu» , aissiper la conges- 3 exhalation sanguine sur la empêcher qu’il ne s’en forme assez ordinairement du nitrate ve de roses, lorsque l’on s’en
DES MÉDICAMENTS
S(?v|t dans l’hémoplysie. Ce dernier sel fait sur la surlaçQ gasltique une impression d’une nature parliculièrc q^.4imiaue .brusquement les inpuveuients artériels, qui ralentit le «purs du sang : et. sel a la plus grande pprt à ^opération médicinale de ces .composés, f^oj'ez H}a;BATE DE a?pTASSaH.’!‘. "
■ .pn.fionseilleila.rose rouge dans la leucorrhée. On ^il-des, injecliops dans le vagin, avec l'eau ou le vin ^chargé; des principes .slypliques ■ de celle substance.
O, Pu appliqua, ces liqueurs sur les parties du corps qui ^ -spnt reJâchées, ihfillrées » pour resserrer leur tiaiu et rétablir leur action. On recommande ces topiques astringents dans la hernie ombilicale , dans l’infillralien du. scrotum chez les enfants, dans la chute du
reçtum„.elc. On ;en fait do.s gargarismes utiles pour epmbatlre le gonaement atonique de l’arrière-bouche,
- pour,, fortifier les gencives, etc. On en lire un parti avantageux pour arrêter la salivation, mercurielle . lorsque, les symptômes d’irritation et de phlogose sont apaisés... L’infusion, de roses rouges sera un collyre bienfaisant h la fin des ophthalmies.
11 est encore un certain nombre de plantes -de la famille des rosacées que l’on a admises dans la matière
médicale; toutes produisent des.eirels Ioniques .et c est de leur action corroborante que dépendent les avantages curatifs quelles
moine. AGEmONiA ïiDrATon.A. L.. qui "
:sur les .rideaux et au bord dc^ chemins. CeUe pla
" a, un goût austère et amer. On, en conseille «sag dans ies flux muqueux chroniques . et dans es i mor
TONIQUES. 3^1
rhagies passives. Elle est surtout usitée en gargarisme pour dissiper le gonflement qui survit 5 l’état inflammatoire dans les maux de gorge. Tant que l’irritation ou la phlogose est très vive, l’impression immédiate de ces gargarismes styptiques serait nuisible : mais cette même impression se montre salutait-e quand le travail inflammatoire a déjà perdu de Son intensité, et que la résolution commence à s’opérer. On vante le vin dans lequel on a rais infuser de l’aigremoine , comme un gargarisme utile dans les ulcérations aloniques de la gorge. Les feuilles de ronce ; bùbus fro- Ticosus, L., ont les mêmes qualités sensibles que 1 ’aigreraoine, et servent aussi à composer des gargarismes que l’on met en usage dans les mêmes cas. Ces gargarismes sont des remèdes populaires que l’on emploie dans les maux de gorge;’ il est évident cependant qu’ils doivent nuire dans le début de ces aflections, .et que si le mal qu’ils causent reste inaperçu, c’est que la faiblesse de leur force active lui donne peu de gravité. A la fin des esquinancies , les gargarismes de feuilles de ronce peuvent rendre quelque service. Nous ajouterons l'écorce du cerisier, prunus cerasus L dont on a vanté les vertus fébrifuges , et que l’on mêle souvent au quinquina; l’écorce d’alisier, crat.egus torminalis, L., que l’on a employée dans la dysenerie , e coing , fruit du coignassier, ptrus cydonia , L. qui contient de l’acide gallique et de l'acide raalique • ce fruit a une saveur austère très marquée. On fait avec son suc un sirop que l’on emploie contre les diar liées ; on en compose aussi une gelée qui a également gente. i.es préparations sont citées
DES médicaments
comme de puissants stomachiques : on les conseille aux convalescents pour rétablir les facultés digestives , lorsqu’iune longue maladie les a énervées. Le fruit du néflier, mespilds gebmanicA, L. , qui a guéri des larvhées anciennes et rebelles; l’argentine, potentilla •ansbrina , L. ; la reine des prés, spibæa «imaria L. ; la filipendule , spiræa fiupendüla , L. ; le pie e ion , ADCHEMU.DA VUEGABIS . L. . etC. . etC. . doivCUt être ICI mentionnés. Nous ajouterons le spibæa tomentosa , L. , qui a de la réputation aux États-Unis , où elle est abondante, et dont le D. Mead vient de proposer 1 emploi. (Journ. univ. des Sc. méd., tom. 2.4 , p. 238.)
Famille des myrtes.
Grenmib». L. Arbrisseau origi-
naire d'Afrique, qui croit très bien dons le midi de l'Europe. On nomme balamUs. bnluuMioriim flores. en pharmacie , les pétales des fleurs de cet arbris^u Ces pétales sont rouges , inodores , d une saveur lég rement astringente et amère. On se sert aussi de ecorce du fruit, gruuuli cortcoo, que l'on désigne sous e litre de malicoHum : celte production a un gou yp tique très prononcé I elle est employée au tannage
*°L'infusion des balaiisles , comme celle du malicorium «si d'un beau rouge; elle noircit fortement avec
;:;:sulfato de fer. Elle eaerce sur les tissus
la mémo impression que les agents mine dans l'état actuel des organes le.
, cullen a vu l’écorcc de grenade être utile
.tos les' diarrhées. On en recommande particulière-
TOMQUUS.
nieiil la décoction en gargarismes , pour rétablir le ton de la luette et des amygdales après les inflammations de ces parties. On assure que celte écorce remplace dans la médecine asiatique le quinquina et nos autres productions astringentes; que son usage en poud,re est fort général dans tout l’orient, et qu’elle est le remède ordinaire des fièvres intermittentes pour les médecins persans. Voyez la description d’une pharmacie portative du Thibet, BiblioUièq. briCanmq. . septemb. 18 il.
On vient de vanter l’écorce de la racine du grenadier comme un vermifuge dont l’expérience confirmait rellicacité. On conseille douze grains de cette écorce en pilules à la fois. [Journ. de Pharmac, , mai iS^S.)
F amillc des légumineuses.
Cachou. Terra Cate seu Catecliu , suc concret d’un ronge brun, Iragile et facile à pulvériser, que l’on trouve en petits pains ou en masses dans le commerce. On avait aussi appelé cette substance , terre du Japon , terra japonica , dénomination doublement fautive: le cachou n’est point une matière minérale, et elle ne se prépare point au Japon.
Le cachou provient de plusieurs espèces do miuosa, et surtout du mimosa catechu, arbre très commun au Bengale, dans la province de Bahar (Inde). Son bois est blanchâtre extérieurement', et d’une couleur brune foncée à 1 intérieur. C’est cette dernière partie du corps ligneux que 1 on emploie pour la préparation du cachou; on la réduit en petits fragments que l’on fait bouillir dans I eau avec les fruits verts de cet arbre.
DES MltmCAMENTS
L’excipient se charge des principes que ces productions contiennent; on évapore le liquide jusqu’h un treizième environ de son volume ; ensuite on expose ce résidu dans des vases, à l’ardeur des rayons solaires, qui le dessèchent peu à peu. Il paraît que', dans ces contrées, ori fait auèSi servir h là fabrication du cachou le bois i les écorces et les fruits dè plusieurs autres genres de plantes.
Le docteur Duncan distingue deux espèces dé Cachou : l’un, qui nous arrive de Bombay, est d’un rongé moins foncé , d’une texture uniforme ; 1 autre , qui vient du Bengale, se montre plus fragile, moins consistant, et d’un rotige brun. Ils réunissent lés'mêmes qualités sensibles; ils sont inodores ; leur saveur ne présente pas de dilférence notable; ils font sur la langue une impression styptique un peu amère , mêlée de quelque chose de douceâtre. Peu solubles dans 1 eau froide , ils se dissolvent facilement dans ce liquide quand il contient beaucoup de calorique. Dans les pharmacies, on fait subir au cachou une purificatiori avant de s’en servir ; on le met foudre dans l’eau bouillante ; il s’en sépare une matière terreuse qui paraît avoir été ajoutée lors de sa confection ; on décante la liqueur, et l’on ramène , par une douce évaporation , la matière tannante à la consistance extractive.
M. Davy a analysé ces deux sortes de cachou , cl il
a trouvé pour 200 grains :
f Tannin. • • • '09
Dans celui de Bombay. . ,5
I Matière terreuse . 'O
TONIQUES
Dans celui de Bengale.»
Tannin. • • , • 97 J
.-.Il ll'il . I, *^,| ■
Extractif. ... 73
.. .. ) i' In inu .ünoD irf;
Mucilage ... 10
■ .Ki> ,i. 'H.. . -1'
Résidu terreux. . 14
. - >'■ • ' '■'•ieài U
On administre le pachou en poudre pn^solulioi^,^
dans un vphiculQ aqueux. On en fait aussi de^ pap,til|p^5 ou des tablettes qpi^sonL,fort usitées et ç|ans lesqupllp^^j, le cachou est associé au sucre et, à divers aroniatei^, commo la üeur d’oranger, la cannelle, rarpbre,|ptp. Op emploie qupiquefois la teinture du caçhou : la matièriç. tannante que contient cette substance sc dissolvait dans l’alcohol.
La nature des principes chimiques qui composent le cachou annonce que cette substance doit faire sur Ipi^ tissus vivants une impression styptique , déterminer un resserrement de leurs fibres , un développement de, leur tonicité; c’est aussi ce que démontre l’observation journalière. L’action du cachou sur un organe fortifie le matériel de ce dernier, et donne à ses mouvements plus d’énergie. L’usage de cette matière excite l’appétit; mêlée avec la nourriture, elle rend la fonction digestive plus libre, plus facile ; beaucoup de personnes en avalent avant ou après les repas , è cause de sa propriété stomachique. On ne prend alors le cot chou qu’à la dose de quatre , six ou douze grains, parcequ’on ne veut agir que sur l’appareil gastrique.
La thérapeutique invoque le secours de la puissance corroborante do cette matière styptique dans les diarrhées. M. Aliberl se loue de l’usage d’une boisson faite avec un demi-gros de cachou di.ssous dans deux livres d’eau de riz, qu’il fait prendre,à l’hôpital Saint-Louis.
DKS MÉDICAMENT»
aux vieillards atteints de flux dysentériques rebelles. {Elétn. de thérap. , toui. i , p. 172.) C’est de l’impression que le cachou fait sur les voies digestives que procède ici son utilité: il faut donc que celte impression offre un degré d’înlcnsité capable de combattre la disposition pathologique de la surface intestinale. Nous avons déjà ditqüe, quand les premières prises des remèdes astringents ne soulagent pas dans ces maladies , il est dangereux de continuer. Il paraît difficile de concevoir comment le cachou peut opérer la guérison d’une phlogose , même d’ulcérations des voies digestives. Ce résultat procède de la contre-irritation que la substance dont nous venons de parler oppose à celle qui existe déjà sur la membrane muqueuse intestinale. Il arrive alors , ce qui a lieu dans le traitement des ophthalmies par les collyres irritants, des ulcérations cutanées par des caustiques. La substance médicamenteuse provoque un changement brusque dans l’état morbide de la surface malade ; ce mouvement la ramène à sa condition naturelle. Celte méthode perturbatrice appliquée aux phlogoses des membranes muqueuses ne réussit bien que lorsqu’elles sont récentes , qu’elles n’ont point encore occasioné de désorganisations des tissus , qu’elles ne sont pas associées à des dégénérescences étendues. Une femme âgée de soixante-cinq ans avait une diarrhée qui ne datait que de huit jours ; celle diarrhée était accompagnée de chaleur dans le ventre de coliques , de ténesme : la malade allait jusqu’à dix fois par jour. Elle prit un demi-gros de cachou en poudre en trois doses. Les coliques, la chaleur intestinale, cessèrent dans la
TüNlQUHS.
même journée : dès le lendemain ,> les selles élaienl devenues solides. Elle continua ce remède pendant quatre jours. L’appareil digestif avait repris ^cs mouvements et son action. t.ùebéoc
On a retiré des avantages marqués de l’emploi du ^ cachou dans les toux, humides,. dans lesiexpectoralions abondantes, qui dépendent d’un gonflement ato-’î nique delà membrane muqueuse bronchiale, d’une congestion inerte du tissu pulmonaire. Il est évident que l’in-* fluence directe de cette substance tonique, sur cespar-b ties , est propre à corriger leur disposition pathologique. De plus , un grand nombre d’affections catarrhales étant liées à un affaiblissement du système gastrique , le cachou a alors une double source d’utilité. On conseille cette matière médicinale à la fin des catarrhes chronixjues de la vessie, lorsque l’on veut ramener la membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur de cette cavité à sa condition physiologique, et faire cesser une sécrétion exubérante qu’entretient l’état morbide de cette membrane. Des praticiens ont réussi à suspendre des sueurs affaiblissantes en se servant de la force corroborante du cachou pour développer le ton, pour ranimer l’énergie vitale du système cutané. On y a cherché un remède contre les hémorrhagies utérines , contre le diabétès , etc. Comme les principes de ce suc acerbe ne peuvent agir sur les parties où ces maladies ont leur siège qu’en se répandant dans tout le corps, il faut en administrer de fortes doses, comme un à deux gros dans la journée.
On emploie le cachou en lavement , quand on veut exercer une impression corroborante sur la surface
DES MisDlCAMKNTS
iiilerne des gros intestins ; on fait des injections dans le vagin avec une solution de cette substance, quand on veut produire le même efl'et immédiat dans ce conduit. On recommande les pastilles de cachou pour raffermir le tissu des gencives , pour guérir les ulcérations de la bouche , pour corriger la mauvaise haleine , pour détruire une prédisposition à des engorgements passifs de la gorge, etc; On promène alors quelque temps dans la bouche, les tablettes ou les pastilles de cachou : on met successivement tous les points de celte cavité en contact avec elles. L’action slyptique que les parties malades ressentent explique les avantages que ces remèdes obtiennent contre les affections pathologiques dont nous venons de parler.
Sang-Dragon. Sanguis draconis. Suc résineux que l’on obtient par incision du Pterogarpos draco , L. Arbre qui se trouve abondamment aux environs de Sanla-Fé, dans l’Amérique méridionale, et qui croît aussi dans les Indes orientales, et du pterocarpds san- TALiNUS, L. , arbre de l’Amérique méridionale.- Lc dracæna draco, L. , delà famille des asparaginées, fournil un sang-dragon fin. On en retire aussi du fruit du caj,a- MUS ROTANG, L. , de la famille des palmiers. Ce suc vient en petites masses, de forme ovale, en cylindres comprimés et en masses informes; il est dur,- opaque , -d’un rouge brun: il donne par la trituration une poudre d’un rouge vif.
L’eau n’a point d’action sur cette substance, mais l’alcohol s’en empare en grande partie, et prend, en se combinant avec elle, une belle couleur rouge. Le sang-dragon est inodore , il n’a point de saveur : comme
TONIQUES
il ne se dissout pas dans les sucs salivaires, il ne- fait aucune impression sur l’organe du goût. On l’administre le plus ordinairement en poudre? on porte. la dose depuis" dix à douze grains jusqu’à un demi-gros. On met aussi en usage la teinture alcoholiqu© de cette substance depuis trente gouttes jusqu’à une cuillerée h café à la fois. : -no ^ o- i> ■<«,<
Le sang-dragon est regardé, dans les matières médicales, comme un puissant remède astringent, cl c est surtout dans les hémorrliagies que l’on en recommande l’emploi. La couleur rouge de celte substance n’aurait-elle pas influé s«?~le crédit qu’elle a obtenu dans le traitement des pertes de sang ? Quoi qu il en soit , les praticiens qui , pour bien apprécier ses effets curatifs ; ont observé son action sur l’économie vivante , en ont été peu satisfaits. Le sang-dragon entre pour un tiers dans la composition des pilules d’alun-teint qui ont eu une certaine vogue; mais l alun seul a une puissance médicinale si développée, qu il est difficile de décider si le sang-dragon a eu quoique part aux succès que ce mélange a procurés.
Le sang-dragon entre dans la composition des poudres et des-élecluaires pour les dents, et dans celle des vernis.
Bois DE Campêghe. C ampeohensG Ugnum, IIæma- TOXYI.OM cAMi'ECiuAMUM. Arbre qui croît spontanément au Mexique, et que l’on a naturalisé à la Jamaïque, à Saint-Domingue. On consomme une quantité considérable de son bois pour la teinture des étoffes; il est dur, compacte et très chargé d’une matière colorante rouge. On s’on est aussi servi en médecine : l’eau et
UES MEDICAMENTS
l’alcohol le dépouillent de ses principes. M. Chevreul y a découvert l’existence d’une matière particulière qu’il a nommée hématine. On retire , pour l’usage thérapeutique, un extrait de ce bois: on le donne également en décoction.
Le bois de campêche est à peu près inodore , mais il a une saveur douceâtre , amère et astringente. Lorsque l’on fait prendre les composés pharmaceutiques de ce bois , une portion de sa matière colorante pénètre dans le système animal , et imprime aux urines une couleur rouge. Le reste de cette matière gagne les gros intestins, et donne la même teinte aux excréments.
Les médecins anglais emploient le bois de campêche , dans les diarrhées et à la fin des dysenteries. L’action astriclive que cette substance exerce sur les tissus vivants, est douce; elle peut se montrer salutaire daus des occasions où l’on redouterait une impression plus vive, plus forte, sur la surface intestinale. C’est au reste un remède peu usité en France. Considéré comme agent thérapeutique , le bois de campêche ne présente que sa faible propriété tonique: or nous sommes abondamment pourvus de ressources en ce genre; cette substance n’a rien qui la rende recommandable , et elle ne peut tenir qu’un rang subalterne au milieu des agents médicinaux auxquels le caractère de sa force active la rattache.
Famille des papavéracées.
Fumeteeke. Fumariœ kerba. Fümabia ofeicinaus. L. Plante annuelle, très commune dans les jardins.
TONIQUES. Ool
parmi les herbes potagères : elle parait se plaire dans les lieux cultivés. La fumeterre ne s’élève guère cju è la hauteur de six à huit pouces : elle est tendre, Succulente , inodore , mais d’une saveur amère très prononcée , et qui a quelque chose de salé. On se sert en médecine de la plante entière.
La fumeterre contient des principes extractifs qui se dissolvent dans l’eau, dans le vin et dans l’alcohol. Son infusion aqueuse noircit avec le proto-sulfate de fer. On tire de celte plante, par l’expression, un suc que l’on dépure , et dont on fait fréquemment usage. Eu épaississant ce liquide avec le sucre, on le convertit en sirop. On prépare aussi avec le suc de la fumeterre un extrait qui contient beaucoup de malate de chaux , et que l’on administre souvent en pilules. Cette plante ne perd aucun de ses principes actifs, par la dessiccation : dans cet état , elle sert à composer des infusions ou des décoctions. La teinture et le vin de fumeterre ne sont point usités.
L’impression de ces composés sur les organes vivants détermine l’effet physiologique qui caractérise l’opération des toniques. On voit toujours leur usage fortifier le tissu des appareils organiques , quand il est relâché ou affaibli, et donner plus d’énergie à leur action vitale , quand elle est languissante. Les agents pharmaceutiques tirés de la fumeterre réveillent l’appétit, excitent, dans la région de l’estomac, un léger sentiment de chaleur, qui décèle le développement de vitalité qu’éprouve alors cet organe. Si l’on prend ces agonis à une dose assez élevée, et que les principes de celle plante pénètrent dans tout le système animal ,
DES MÉDICA.MCNT8
un mouvement analogue aura lieu dans toutes les parties du corps ; la médication sera générate.
La fumeterre a (Quelquefois occasioné des déjections alvineè, ce qui avait porté quelques auteurs anciens à lui accorder une vertu purgative. C’est l’impression directe qu’elle exerce sur la surface intestinale qui cause cet eflet, et il n’a lieu ordinairement que quand on prend sa poudre ou son suc , à hautes doses. On assuré que celte plante accroît le cours des urines; si; elle contribue à rendre plus active la fonction sécrétoire des reins, ce ne peut être que par l’exercice de son influence corroborante sur ces organes ; il est inutile d’admettre en elle une vertu spéciale pour expliquer ce résultat. On cite aussi cette plante comme um moyen emménagogne; dans quelques occasions propices, elle aura favorisé la congestion menstruelle,, en agissant sur le tissu de l’utérus , en éveillant sa to-‘ nicilé; ce nouveau produit ne prouve pas l’existence d’une nouvelle propriété.^
On a rarement recours à la fumeterre pour remédierr aux affections- de l’estomac et des intestins. On conseille plus particulièrement les médicaments tirés de cette plante quand il s’agit de rétablir l’action sécrétoire du foie et de rendre à la bile sou cours naturel. Dans plusieurs espèces de jaunisses, celle plante s’est montrée un remède utile. Elle ne peut convenir que dans celles qui dépendent d’une tendance du foie au ramollissement, ou même à l’induration de son tissu ; elle serait contraire si la jaunisse dépendait d’une irritation, d’une phlogoscou d’une hypertrophie de l’organe hépatique. C’est le suc dépuré que l’on recoin-
TOXIQUKS.
mande alors le malin et le soir, à la dose de deux à trois onces : on le mêle souvent avec celui de pissenlit ou de;cbicorée> On emploie aussi l’extrait de lume- Lerre cjue l’on fait prendre en pilules : 1 inlusion de cette plante peut également convenir.
La lumeterre jouit d’une antique renommée dans le traitement des aflections morbides de la peau. Dans ce cas, on la décore du titre de, plante dépurative. Ce titre a une grande importance aux yeux de ceux qui attribuent les maladies cutanées à des âcretés , à des acrimonies de la masse sanguine, et qui voient, daus cejemède, une puissance qui pousse au dehors ces principes nuisibles, qui rétablit les qualités douces, vivifiantes du sang. Nous ne chercberons pas daus l’influence d’une puissance dont on ne peut démontrer l’existence, la raison des avantages que la lumeterre procure dans le traitement des dartres , des gales rebgldes , etc. : nous en trouverons une suffisante dans l’action que celle plante exerce sur l’appareil dermoïde, al’une part, et sur les fonctions nutritives,, de l’autre; car c’est toujours de sa force tonique qu’émane son utilité thérapeutique. Ce qui le prouve, c’est que l’usage de la fumolerre est contraire aux personnes atteintes de maladies de la peau , lorsqu’elles ont une complexion pléthorique ,. et que les endroits affectés d’ulcérations' ou recouverts de croûtes sont rouges, douloureux, brûlants , irrités. La fumeterre ne convient qu’aux per- ■sonnes pâles, dont la peau est molle , mal nourrie, dans un état d’atonie , à celles qui sont bouflies , dont le sang et les tissus vivants ont leur complexion intime détériorée, dont les glandes lymphatiques sont gonflées, etc.
DES MtDICA.MENTS
iSc voit-on çias clairement que l’opération, tonique de cetté "planté est toujours la source d’où procède le bien (jû’èllè procure ? Elle anime la vitalité du système cutané"; elle' change son action morbide, elle tend à rétabiîFsbniétül naturel. La fumeterre augmente en même lémps'la vigueur de l’appareil gastrique ; .elle rend le '(^ylé plus parfait , de meilleure nature : répandus dans tout le système, les principes de cette plante donnent h” IcV nutrition' lin nouveau mode qui opère comme ui5é’r%énération dés humeurs et des tissus organiques. PPèublîons pas que l’on donne alors les préparations pfiàfhiàceùtiques de fcètte plante à ’naules doses. Oq 1^'t-^rtendfe le' suc dépuré’ le matin et le soir; on ad- Ai'inistrè plusieurs fois le jour, et au moment des re-, paS', des pilules corhpos’ées avec l’extrait de ce végétal ; !à"'bb1ssen du malade est une infiision dé fumeterre où dü petit-lait dans lequel oû a mis bouillir une pincée de cette plante. Le corps se trouve rempli de principes actif? dont l’influence est permanente et universelle. Ajoutons que le traitement n’est ordinairement couronné de succès que quand on le continue Ipng-tèmps , comme trois , quatre , même six mois , et qu’alors la nourriture du malade, l’exercice qu’il prend, la saison et le^ autres secours de l’hygiène ont une grande part à lA guérison.
On présente encore la fumetérre comme une substance médicinale qui peut devenir utile dans les àflectionS scorbutiques-, dans la goutte, dans les maladies vernîi'neùses,étc;
Famille des pdlÿgonées.
PatienCé. Patitntiœ radia:. Lapalhi rddix. Ra-
TONIQUÜS.
cine du ut mex patientia , L. ; et du rcmex acutus , L. Plantes communes dans les prairies sèches et dans les lieux incultes. Leurs racines sont fusiformes et jaunâtres intérieurement: elles sont à peu près inodores, mais elles ont une saveur amère et un peu styptique. Lorsqu’on les mâche elles jaunissent la salive. Les feuilles de ces plantes sont acides.
Les racines de patience contiennent des principes extractifs qui se dissolvent dans l’eau, Aussi c’est toujours en décoction qu’on les administre: on met une ou deux onces de ces racines fraîches pour deux livres de véhicule. M. Deyeux y a trouvé du soufre; mais comme cette matière minérale est insoluble dans l’eau, elle ne peut avoir part aux effets que produit la tisane de patienée. L’extrait de celle racine contient du soufre, de l’oxalate de chaux et de l’albumine végétale.
L’opération tonique de la production qui nous occupe se remarque bien sur les voies digestives. On s’est servi avec succès de cette racine contre la faiblesse de l’estomacctdes intestins, et contre l’inappétence. Cette opération n’est plus aussi facile à constater sur les autres points de l’économie animale. Des observateurs ont vu la sueur couler après l’usage de la racine de patience. Comme les autres toniques , cette substance favorise l’exercice de la transpiration , en soutenant 1 action vitale du système cutané; mais elle ne provoquera pas la sueur, si d’autres causes ne viennent aider et diriger son inQuence. Pour que la tisane de patience établisse une diaphorèse, il faut qu on la prenne chaude , et surtout que les circou- ' ■ 2S
86 DES MÉDICAMENTS
slapçfj^ hjgijénigi^es qui agis^eot sur corps de i’individq jpédi(^ra|^nt^j^oienl fa.yQrables,à.c.e phénomène. Les^ ejlets diur^^ palieo.ce dépendront de
l^.^énélrqlion dans, Je .sang , du véhicule qui contient les principes açlifi^.dq.ççüqraciop; ils .pourront, dans quelques , ça^,, tenir à, l’impreseion de ces principes ^ur jes^org,anes sécréteprs dp l’unine. •
, On voit souyenlj Ja, dépoctipn de racine de patience squyage tenir Ip yentije plps libyp., lorsqu’on en prend beaucoup,, il la, fois. On a cru remarquer que cet effçt était plus marqué q.uand on se servait de la ra.çine bien fraîc,he. Il. çsl d'gï>® remarque que la rhubapbe, qui,, réunit une propriété purgative à une propriété tonique, iCst de la même famille botanique que la.patienqe, ;
La racine de celte dernière plapte, s’est fait une grande réputation dans le traitement. des maladies! de la/ ppau. , Ç’est ordinairement la tisane de patience que l’on conseille, dans los aflèctions psoriques : on y a aussi fijéquemnient reçpurs dans les dartres. Est-ce lexercice.de sa.proprjélé tonique sur le système dermoïde qui oc,çasione,l,f.S ayan.toges que produit son emploi? Ce qui semblerait ,1e .prouver ,.c ést quelle est nuisible quand la.lésiop, calaoé.e est accompagnée de chaleur, de rougeur, d’irritation , quand il y a un mouvement fébrile permanent. Si le malade était dans un état de pâleur et de,.déllérioiation , la patience pourrait aussi devenir salutaire , en rendant les digestions plus parfaites et la nutrition plus active.
On a regardé la raçine de patience sauvage comme un moyen dont la thérapeutique pouvait tirer un parti
TONIQBBS.
avantageux dans le scorbut et dans les; embarras des
viscères; mais. on sait que les lésions que l'on enténdait, en pathologie, par cette detnièré dénomination sont indéterminées. On dit aussi' cette racine utile dans quelques jaunisse!»; ceS indications ont quelque chose de. trop vague; il'faut préciser davantage quelles sont les affections du foie contre lesquelles bn peut diriger la vertu tonique de la patiéncè ; des causes.très diversifiées peuvent faire acquérir à la peau une' teinté jaune^‘ et si' les unes peuvent être éofnbattués par ce
remède, il en est d’autres qu’il aggraverait.
Bistohtb. Bisioriæ radix. Racine du polygonum BisuoHT.Y. L. Plante vivace que l’on trouvé dans les prés montagneux de la France et de l’Allemagne, ét dont la racine est oblongue, courte, annelée et coot tournée sur elle-même.
La racine de bistorte ést inodore, mais elle a «ne saveur acerbe très intense. Elle noircit la so)ution‘de proto'sulfate de fer; elle précipite la gélatine; elle cou,tiont une grande proportion de tannin . de l’acide gallique . beaucoup d’amidon : Schéele y a démontré là présence de 1 acide oxalique. On administre la bistortç en poudre : 1 eau ét l’alcohol se chargent de ses principes actifs : on se sert plus souvent de sa décoction que de sa teinture; elle communique h l’eau une couleur rouge très foncée.
Celte racine possède une force tonique très puis- .sante: le resserrement fibrillaire qu’elle détermine dans les tissus vivants est très vif, très prononcé. L’expérience clinique a constaté que la thérapeutique pouvait tirer un parti utile de l’opération slyptique de la
DES MÉDICAWl'.MS
bislorle dans les hémorrhagies, dans les flux séreux et-'-muqueux-;! mais elle a domonlré en meme temps qu’il ne fallait jamais recourir h ce moyen inédiclnal lorsqu’il y ayait^ç la chaleur, un trouble' fébrile général. Devons-nous prévenir qu’à petites doses la listoTleaglt seulement sur le, canal digestif; que, d^s que l’on en prend uno quantité plus forte, ses principes açlife pénètrent dans le:£luide sanguin, et qu’ils 'foçt sentir à tous les appareils leur puissance tonique ?
, Gullen a employé la bistortepour guérir des fièvres intermittentes. Comme pour réussir dans cette maladie-, fi faut produire un développement notable fiés forces toniques dans tout le système animal, ce praticien en donnait jusqu’à trois gros en un jour, iiuM mêlait souvent avec la poudre de gentiane.
Quand on se sert de ce femède pour combattre l’incontinence d’urine , pour diminuer la leucorrhée , etc. , fi faut encore en administrer des doses très élevées ; il est nécessaire que l’influçnce médicinale de cette racine s’étende jusqu’aux organes qui sont le siège delà maladie. On peut tenter d’arrêter des écoulements gonorrhéiques avec cette substance , lorsqu’il n’existe plus d’inflammation dans le canal 'de l’urèthre. Enfin la
historié est recommandée comme un bon moyen pour
raffermir le tissu relâché des gencives.
Famille des ménispermdes.
Colombo. Colombœ,columbœ,velcolumbceradtx.
Racine du mënispermdm palmatum , Lamarck. occu- LUS PALMATUS , Dccandolle. On a été long-temps sans savoir à quelle plante on devait rapporter le Colombo,
TOîiiQüKS. J 58 g
qui n’a élé introduit en matière médicale que vers le milieu du dernier“s‘iècl6. "lé nom que porte-celte [iraductipn est celui de la ville principale dé 1 ilédéiCfeylali. La plante qui la Iburnif est vivace j dioïque^ cétle plante a une racine tubéreuse , fusiforme i une simple, volubile. Gonimersori l’à: vue' cultivée à-l’^le de. France, ou elle avait été apportée de la «ôte d^A.friqu.e. ou de Pinde. M. F'orbin l’a ‘déjibîs ilrouvéSe.'à Moîiambique. C'’^ést de là que lès Portugais apportàiènt
0 en
ül
le
^j^'tetïe maYiefe médicinale' s'e' trouvé ‘dans- le eom- ^pcrcq en morceaux or biculaires , înégaui; On y distingue ta substance Corticale qui ést d’uft brun ébscub, ,.la parlife inlérîeüré qui est jaune, et le centré quioflre l’apparence d’ime moelle farineuse d’un jaune Yet>dfi‘- Ire. La saveur du Colombo est d’üne aniertnme àSsez pi^onoucée , désagféable , avec quelque chose didcro.
Cette substance est à peu près inodore , sa pbudre'ést verdâtre et attire l’humidité. j- ; : . ;
M. Plançhe a montré une grande sagacité en- s Occupant de l’analyse de. celte racine. 11 résulte de la série d’expériences chimiques auxquelles il l’a Soumise , .iqü’ellç ne .contient pas de tannin ni d’acidè, libre ; que l’amidon forme 5‘peit près’ le tiers de son' poids; qii’elle recèle une matière de nature animale^ très abondante, une autre matière jaune, amère., -indécomposable par les sels métalliques, une très petite quantité d’huile volatile , de la chaux et de la potasse , probabjément combinées h l’acide malique, du-sulfate et du muriat'è de potasse. . . . {Bullct, de pharm. ^ juillet i8i 1. ) M, Planche poursuit ses recherches suri le' co-
DES MÉDICAMENTS
iombo; il espèro oLlenir; le principe amer de celle substance plus, pur et sous forme cristalline.
Oo‘ administre souvent le Colombo en poudre; on en prépare aussi une infusion aqueuse et une décoction; mais ces deux composés pharmaceutiques^ bien qu’ils soient l’un et l’autre formés, avec l’eau et le même ingrédient ,1 présentent cependant' des agents différents. L’infusion à froid contiendra la matière jaune amère et la matière animale ; mais à cette température l’eau ne dissout point la fécule. Cc' principe se trouvera au contraire très abondant dans la décoction , et sa présence apportera quelque modification dans l’action des autres matériaux. C’est au moins ce que semble prouver l’observation clinique. On a vu l’infusion de colombe ne pas procurer, dans une dysenterie épidémique, les mêmes avantages , les mêmes succès que la décoction de cette substance. Quand les voies alimentaires sont irritées, gonflées , couvertes d’ulcérations , la fécule que contient cette racine devient un correctif qui modère, adoucit l’impression trop vive , trop prolongée des autres principes. Dans ce cas , un praticien attentif mettra de la différence entre l’infusion qui ne peut contenir ce corps amylacé et la décoction dans laquelle il existe.
On peut composer une teinture de Colombo : l’alcohol dissout la matière jaune amère et la matière animale d’où émanent surtout les propriétés médicinales de celle racine. Le vin sera aussi un excipient propre à lui enlever ses matériaux actifs.
Le Colombo fait sur les organes vivants une impression tonique : il fortifie leur tissu , il développe leur
TONIQUES
énergie. Sou usage ju quand on le inHind h une dose assez forte pour que ses molécules "pénètrent dans lo sang et se répandent dans tôules, les parties v.aùgméhte la «italité des principaux apparoHs' organiques q donne le senliinont d’une plus grande vigueùri 'Daus l’Inde 1 on regarde le colorobo. comme propre! àf relever i les forces. Les Chinois le croient doué d’unefvertu aphrodisiaque. Néanmoins cette racine nia polnl une acUbh stimulante ; elle anime la tonicilév elle augmente’ l’ét^ nergie des viscères , sans a/ccélérer leurs emoûvei mentS'îielle rend plus libres plus facile, le jeu deteurs fonctions, sans en presser l’exercice. Ainsi le docteur Thomas Percival, qui a suivi les elFéts que le Colombo produit, a bien vu que sou administration ne donnait pas au pouls plus de fréquence. Il airrive souvent ,Ibrs^ que l’on donne cette racine en poudre, j et à' là dosé d’un scrupule ou d’un demi-^ros, qu’elle provoque le vomissement , ()u’elle occasione des- coliques. Ce produit accidentel se' remarque principalement sdr les pei‘sonnes qui ont l’estomac sensible, ou les voies digestives irritées.
On regarde le colombe comme un stomachi(|ue très puissant : c’çst en effet un remède dont les praticiens ont éprouvé l’elîicàcilé dans les inappétences , dans les. digestions pénibles ou les dyspepsies, qui tiennent à la débilité matérielle ou vitale de l’appareil gastrique. Douzei à quinze grains de cette racine en poudre , ou deux cuillerées de son infusion, de sa dé*coclion ou de son vin, sudlsenl' souvent pour rétablir l action des organes digestifs ; on administre ces agents à l’heure des repas, afin qu’ils accompagnent dans
3ga BKS MÉDICAMENTS
XBfliUèrfiialiiiiGljtûire >>et (jue leur influence iMfliflMfi S(&X^i^/);l;fien|»,if,au.naooieptoù la digestion doit »|ppérpr.j/fiç,tle|onçitipn en, davienne pins facile.
pelites deses,,|eètieacore un moyen ulilpippuvhpppispr les npuséçs, les; vomissements des fepiDies grp6seajj il .a aussi; réussi à suspendre des vomissements dont la cause était fort A>l>scure , et qui paraissaient provenir d’une disposition roorbideflu ceryeaîu :0U, de,|,’utécus. Ces avantagea sont trop souvent momentanés^; J’ai vu aussi lequinquma rendre le même sef;vice à des femmes enceintes tourmentées par des fatigants. 11 est vrai de dire que le Colombo , le quassia et les autres substances toniques qui cpntienneqt^ipeu .de tannin et d’acide gallique, qui ne causent point d’astri.ction sur les organes qui les reçoivent , ont alors un mérite particulier. L’estomac soufire plus aisément leur contact; leur influence tonique est plug douce , elle est mieux reçue par ce viscère. Dans les maladies des voies digestives, il faut attacher beaucoup d’intérêt aux premières impressions que ressent la surface gastrique.
Dans les diarrhées opiniâtres , dans les dysenteries , on a proclamé le Colombo une ressource précieuse, pour la thérapeutique. Aux éloges que l’on donne à cette production, on s’aperçoit bien qu’elle est une acquisition nouvelle pour la matière médicale ; on Juge plus sévèrement et plus sainement les anciens remèdes. fl est certain que , dans les maladies dont nous parlons, le Colombo ne peut être utile que par l’impressioo immédiate qu’il exerce snr la surface interne des intestins, et cette impression ne peut détruire toutes
TOMQUKS.
les lésions qui provoquent dôS‘éVocHàtKAiS'fti{ésUH(tles'. De plus , les chon^oments orgftrti^èï IMdntiè
lieu sont ceux que- ppodiiisënd"lclûé*^ïe'8^%ihéï‘9'ÿ^^eft a peineih concevoir pourqboi^èdtté rac^ri^^fctieâà’ait la préférence , lorsque Fow ai rinterntibBlid'é^éSafi^i*, par une impression ;tonlqu’é }>'la'(ïi'sposrtieii3 nidPMdfe des premières' véie^. inob aJflOflioïeîfii
PxRKihAi-'BRAVAJ- P«reir®
I’abota nuFESCBNs , Aublet. ;Arbrfci8èair'qullViëttt'd%»è les bois de 'la Guiane et dé Gïiyéhh'e ,^a(^’'Bré^ï^*‘èëi racines sont ligneuses , d’une épâisséu'r’ as8éz''cci3ki9é4rable , recouvertes d’une écorce brÜiie'éP éPtfilf obscur à l’inlérieur. : ji . odcnol
Nous devons à M. Feneulle , pharinàcién è Gambrài , une analyse de cette racine médièlhalé'. H'enta* rëtiré , Une résine molle; Movior
Un principe jaune amer; c’est dans en principé que paraît résider la saveur et les principales propriéléa de cette racine ; . '
Un principe brun , comme azoté ;
De la fécule ;
Une matière animalisée ; *
Du malate acide de chaux;
Dunitratc de potasse, un sel ammoniacal, et des sels minéraux. [Journal de pharmacie , tom. y, p’.'r4ô4. ) Le pareira-brava est inodore}' 11 donne une saveur douce mêlée d’amertume. On conseillé ordinairement cette racine en décoction , on en mat deux è trois gros bouillir dans une ou deux tasSes d’eau, ou une once pour deux livret de ce liquide. On fait boire cèfle dose dans la journée.
DES MÉDICAMEKTS
Le pareira-brava a une force tonique , mais elle paraît faible, lorsque surtout on la compare à celle de la plupart des autres substances médicinales qui appartiennent à celte classe. Néanmoins les effets immédiats auxquels son action donne lieu sont toujours ceux que produit le resserrement fibrillairc des organes , le développement de leur tonicité. On accorde au pareira-brava une vertu diurétique : celle substance ne peut influer sur la sécrétion des urines qu’eu fortifiant le. tissu des reins, qu’en animant leur énergie vitale : et ce changement organique n’occasione pas toujours une augmentation dans le cours des urines. Aussi les observateurs annoncent-ils que l’effet diuré-r tique du pareira-brava est très inconstant. i
C’est surtput dans les maladies, des voies urinaires que cette substance jouit d’une sorte de célébrité. On prétend qu’elle apaise les douleurs néphrétiques , qu’elle guérit les ulcérations des reins , quelle dissipe les rétentions d’urine. Pour opérer ces heureux résulr tais , cette racine n’apporte que sa faible propriété tor nique. On a la preuve que cette propriété active’ se met alors en jeu, puisque l’on remarque qu’elle est nuisible quand il y a de l’irritation ou de la phlogose dans l’appareil destiné à la sécrétion et h l’éjection des urines. On pense bien au reste qu’elle est incapable de combattre les affections pathologiques que nous venons d’indiquer : iïussi les praticiens les plus recommandables avouent-ils que cette substance médicinale a rarement répondu à leur attente.
Le caractère de la propriété du pareira-brava , les changements que l’usage de celte racine produit dans
TONIQUES
les organes vivartls , indiqfuent qo’elle convient quand la iriembranC qui tapisse l’intérteur des voies ufinoireS fournît une sécrétion trop abondante 'de mucosîtéy.'à la fin des catarrhes de la vessie, lorsque les uHfïes «ont ‘glaireuses j Otîc.'
F^millç (j£s pQljgaLées.
RAtitNinA, racifiè' du KRAMÉruA triandrà è'f dû K. La première est une plante ramplirité''‘qüi
vient sué'Ié's éétéaux exposés ü l’ardeur' dès rayons solaires au PérOu , dans le Mèxiqué. Elle se trdüVé dans'les terrains sablonneux, crayeux, aridésj'fees racines sont rameuses , ellès se' cOmpo/cnl de divisions longues de deux à trois pieds , et de la grosseur du doigt. L’écorcè de cette racine est épaisse, d’une couleur rouge très foncée ; elle agit fortement sur l’orgànë'du goût. Le meditullium , ou le corps ligneux , est blanchâtre oulégètement rougeâtre , sans saveur. C’est donc l’étorce de cette racine qu’il faut prendre' pour les usages thérapeutiques.
Le ratanhia eSt une nouvelle acquisition pour nbtre matière inédidale. Les'chimistes se sont empressés' dé l’eXaminer, et nous leur devons plusieurs analysés dè cette produdtion ; nous nous arrêterons â celle de M. Vogèl, déMuliich. { J'ourn. de pharmacie , tom. 5, p. ' igS; ) C’éstia pondue de l’écorce de la raciné qu’il a sbumiSé h üde' série d’essais; il résulte de ses récherchès’i i“ que là partie efficace du ratanhia est délie qui se dissout dans l’eau et dans l’alcool , et 'qüi éèm—
Le mot wUrtnAî'a signifie plante qui trace Sous terre.
DES MÉDICAMENTS
munique à 'cus -menslrues une couleur rouge,; 2“ que les m^SdecInS', en' ordonnant la idéooctiouiourcxlrait de pialénlna ji'-doi vent éviter d’y faire aJoMier des apides UJinérouxi 3’ que le principe aslringeul de celle rgcine semble êtreiune riiodificalion du lanijii} raoine contient ce tannin modiiiéi, de llacido gallique i de la gomme , de: la' fécule et une u'tali^reii-lignejaseî'; 6^ t^u'e la cendré- deiratanhia donne de.la.Çi^auXjivipfe,» dtÀ'carbcinale dc chaùxetde niagnésié^ÿ du 'Sul%JiÇj,^ chauxiet'Heda' SilicelvLa racine de. ratanhia fottridt ^
quart de son poids d’extrait. ; 'iiimbs'l
eoD’appès M. cVogel , 100 parties de là po.udre d^i.’éçorca de r.ata'nhia sont composées .du ' eb
-Jàu 38 T/.’Oq "lOli, ■; 1/; !• -P Jiiaic^olq
■ eiüolTawdamodiJié.^,,. . ... -j, •
, ■> .Gomme • • : • • •, *
iü) 81 ■ 10 ^ - 'V'no-q
Fécule : , , 5o
■03 • ■ u‘i .jaqcTi
Matière ligneuse. . . . • • • • 4» , . "
Acide gaÜlque . '. . - • • • • 'ulië’‘d^Jé6.
ïàu et perte. *
: loM; Peschier, pharmacien de Genève ,, s’est a“^sii9'^‘
eupé de llanalyse du ratanhia ; il y a signalé, IcxUtençe d’üne petite proportion d un acide particuli,e^ >.,qui ,a des caractères qui lui sont propres, ,,,e,t. qu’il propose de laominer acide kraniérique» Cet acid^'^'WMY®^'* existe dans Ifei ratanhia avec l’acide. gaUiqqe; d a ,uqe saveur vive -eb^typtique. [Journal jde ph(irniia,çifi , tom. f).; p..,4Sv )'ijl q liluill H3T1.. . ai ob ■ 'ilOe 83-> On administre rarement la racine, dSi va,l,anl)ij» en pondre ; la proportion du ligueuxtq.cqrps -inerte , est trop considérable dans asa composition.. On la donne
plus souvent en idéCoclionj J on.met jusquüà une deCMonce dé .cë« ingrôdlenti'pdur deux livnes ,d’oaob-Ce dk qdidéppehd dcie douleur roüge très vive;;/ lorsqu’earboit t^«ètiSdnë,éllè^^teint lès dents, les lèvres ?les gentîives; iiMfe mâlade la rejettr pii semble quül vomisse du sang. On ètdploie'èouvent l’eSdtrait dé ratanhiai;jdn<lo trouve dabs le'cbmmepcê; *eû' masses obr unes!; sa cassure est vitt^uSè - “prèsiiufe ndire } sa poudre; est toès rougeujOi) donné' bot extrait'àda 'dose d’un à deux gro&ipair jouru 'èn le 'ftit 'Orditialveiiient dissoudre dans ol’eau> pour l’administrer. ü iuioq nos ob J-iimp
^ te^ësf à M.; Rui^^ que nous devons la cbnnawsahce de ce remède. Depuis long- temps les Péruviens. employaient la racine dont nous traitons pour se nettoyer^ les dents et pour affermir le tiSsa de*leurs gencives ; M. Ruiz s’en servit lui-même , mais il lut frappé de l’intensité de sa saveur slyplique. Il eut ansdtôt l’espoir d’en tirer un agent très efficace pour l’art de guérir ; il la fit connaître aux médecins.espagnols , qui mirent à l’épreuve ce nouvel instrument théfôpèuîiqüe. Ils obtinUent des succès qui: porteraient "à"le regarder comme une découverte iiiüniment pré- 'ciéuse pdur l’humanité, si l’on ne .savait qu’un médicament est toujours accueilli dans sa nouveauté par l’exagéra tibu', et qu’il faut diminuer beaucoup de l’im- ^pdrtance qü’on lui accorde, si l’on veut le mettre 4da •place que l’expérience clinique, .jugci souverainey de ces sortes de matières , finira par lui^ asdgnpç.i) .rno;
Le rataùhia a une safVeur fortement styptiquo et un peu amère.® LnmpreSsiojÿlqn’iliioause .dans l’intécieur de la bouche annonce.' une propriété tonique très dé-
Ôg8 DES MÉDICAMENTS
veloppée. Toutes les lois que l’on voudra délerniiner le resserrement des Gbrés d’un organe , réveiller ou augmenter le ton, la vigueur de sés tissus, combattre l’atonie, le relâchement d’une surface ou d’un appareil organique , on pourra recourir arec conGarice â l’ushge de cette substance. Mais le ratanhia n’a d’aulré avantage sur les médicaments slyptiques que celui qu’il retire de son énergie; il ne recèlc'pas' de vertu "spéciale pour guérir les aCfcclions pathologiques dans'lesquelles ij se montre utile. C’est seulement ün ' fort tonique astringent ; les succès qu’il procure s6rtenVd*e l’exercice de sa faculté corroborante.
On préconise le ratanhia comme un remède sûr dans les hémorrhagies qui ont un caractère atoniipie, lorsque le sang s’écoule des petits vaisseaux , parceque leurs oriGces relâchés n’offrent plus d’obstacle â la sortie de ce liquide. Son influence styplique a arrêté des vomissements de sang , des hémoptysies , des épistaxis, des hématuries , des dysenteries , des pèfrles utérines , etc. Ce médicament est également efficace dans les flux des membranes muqueuses ,les diarrhées, les leucorrhées, les blennorrhées rebelles-; etc. , dans les excrétions séreuses trop abondantes , les sueurs affaiblissantes, etc. uup%
Qu’une substance qui fait sur lei organes une impression styptique si vive arrête dos évacuations morbides, des écoulements sanguins, c’est un résultat dont no s’étonnera pas celui qui aura vu Feffet qu’elle, produit sur les tissus vivants; Cet, effet déniohtre que le ratanhia est capable de resserrer des ouvertures trop dilatées, de dissiper une congestion sanguine,
TOXIQUES
lorsqu’elle éxiste sur une surface , et que celte congestion lieuil à l’atonie des.vaisseauxoapillaires. Cette subslance pourra caèine, quancUa nature y sera disposée', décider la cicatrisation. d'ulcères superficiels. Mais ilest. également certain que l’impression de celtei|Subslaneo sera nuisible , Iprsque ,ces. afl'ections reconnaîtront une capse ipaliiolqgique contraire, iorsqu’oiles seront og* caalpnées par une fluxion active, et qu’il y aura de la chaleur, de l’irritation, ou que les tissus seront épaisT> sis,, d|égénérés, dans le lieu où la maladie a son siège, jd, est doue contraire à la doctrine pharmacologique j comme aux résultats de l’expérience, d’avancer que le,ralep,hia ne peut jamais faire de mal , que son usage n’ç^^rpîpe jamais après lui de suites fâcheuses. Le dpnger qu’oiÇlre l’emplpi d’un remède sci proportionne lopjcMr^iiè, l’énergie de sa vertu. Le ralanhia suscitant des efieîs immédiats lrè,s prononcés , déterminera une exaspération ,Viio, lente dans les accidents morbides, lorsqu’on se servira à contre-temps de ce moyen thérapeutique. ,1
J Famille des érables.
'"ÉcouQE DU MAUBONIER d’Inde , fùppocastani cortex. lÆscOl.us HippocASTAxuîi , L. Arbrc d’un port ma^jeslueux, remarquable par l’élégance et par la richesse de 'SoniJeuillage. Ses fleurs, disposées en pyramides verticales au sommet des rameaux, offrent , au moment de la floraison , un spectacle magnifique.- Cet arbre ^ maintenant très commun partout , n’a été introduit en Europe que dans le seizième sièclei 'On le croit originaire des climats tempérés de l’Asie.
L’écorce du marronier d’Inde est inodore, mais
UES luiiUICAHEISTS
4oo
elle a une saveur amère el styptique. MM. Pelletier et Cavenlou ont cherché inutilement dans cette écorce les bases salilîables qu’ils avaient découvertes dans le quinquina ; ils n’y ont même pas trouvé un principe qui ait de l’analogie avec ces bases. Leurs recherches ont démontré, dans 'l’écorce de marronier, une composition chimique à peu près semblable à celle de l’écorce de saule. Ces chimistes en ont retiré un extrait afcoholique d’où l’eau enlevait une matière tannante rougeâtre ; à la surface de la liqueur, on remarquait une huile verdâtre : une substance d’un brun rougeâtre restait non dissoute. La liqueur aqueuse filtrée précipite abondamment par la gélatine , n’a pas d action sur l’infusion de noix de galle ou la solution d’émétique , etc. On trouve encore dans l’écorce de marronier de la gomme; le ligneux reste fortement coloré. {Ouvrage cité, page 72.) On a voulu faire de cette écorce un agent médicinal; ses qualités sensibles, comme sa composition intime , attestent qu elle doit agir sur le tissu des organes vivants, et modifier leur état actuel ; condition essentielle pour qu’une production soit admise dans la matière médicale. 11 est important de choisir les écorces de marronier que l’on destine k l’usage thérapeutique. Il nous semble que celles qui seront extraites de branches âgées de trois k quatre ans présenteront les conditions les plus favorables : leurs principes chimiques auront eu le temps de se former, et leur faculté aura tout le développement qu’elle est susceptible d’acquérir. 11 faut aussi soigner la dessiccation de ces écorces : on les donne en poudre, en décoction dans l’eau : on pourrait
TONIQUES. t^a\
en former un via médicinal el une teinture alcoholique dont les propriétés seraient très prononcées.' ■ L’écorce de marronier agit sur les organes virants à la manière des agents toniques les effets immédiats qu’elle suscite lui assurent une place parmi eux. L’impression que cette substance exerce sur les voiés digestiv«s , quand on en donne -une forte dose, délermifle un: trouble dans l’action naturelle du. canal alimeh>lairp , occasione de l’oppression et quelques autres effets sÿpipstbiques, etc. ; mais ces produits :sont inconstantS4 opnous voyons les observateurs être tout-àffaiten ojjpoisjtioft quand il s’agit de ces effets accidentels. Turras .qi^é- par Murray, dit que l’usage de cette écorce ne ca,^e,(pQm,tid©m)âlai8e, de nausées , de vomissements, , de pesanteur , etc.,: au contraire-, M», Alibert 1 s vue , :à 1 hopitalMSaint-Lonis , provoquer tous ces accidents, faire éprouver aux malades une cbaleu^très vjveA l’orifice cardiaque . renouveler l'embarras gastrique.,, etc. Il est vrai qu’une différence dans j la <ieenlilé de cette substance que l’on.employait à la fois , , et surtout dans la disposition actuelle des organes digestifs, suffirait pour donner lieu à cette opposition dans les résultats.
On pourrait recourir à l’écorce. de marronier d’Inde dâns toutes les, maladies où les toniques sont indiqués. Cette. substance répondra à l’attente du praticien qui ^ s’en. servira pour fortifier l’estomac, pour combattre J anorexie : pn prescrira alors cette substance à petites doses; on veut restreindre son opération médicinale, à l’appareil digestiÇ Mais c’est principalement contre les fièvres intermiUeules que l’on a cherché à tirer parti de
DES MÉDICAMENTS
la force active de cotte écorce. Des essais , tentés avec le dessein de juger la valeur de ce remède , lui ont été favorables. N’oublions pas , toutefois , que la vertu fébrifuge de l’écorce de marronier dépend de la manière de l’administrer ; qu’elle ne peut s’opposer è la lièvre qu en suscitant une médication générale; et que, pour obtenir cette dernière, il en faut donner une forte dose en peu d heures, comme une demi-once, six gros, même une once de sa poudre , plusieurs onces de son vin , six cuillerées de sa
teinture.
Famille des caryophyllées.
Saponaire. Saponariœ herba , radix. Saponaria OFFIC1NAI.IS, L. Plante vivace, qui vient spontanément dans les lieux rocailleux , au bord des chemins et des vignes. On en cultive , dans les jardins , une variété à fleurs doubles. On se sert , en médecine , des feuilles et surtout des racines, qui sont traçantes et longues de plusieurs pieds. On nomme encore cette
plante savonnière.
La saponaire est inodore, mais elle a une saveur amère, qui finit par se mêler h un sentiment d âcrcte. Cette plante contient une matière extractive particulière que l’eau dissout facilement : alors ce véhicule présente des qualités nouvelles ; il s’est épaissi , et lorsqu’on l’agite vivement, il devient mousseux, se couvre d’écume, absolument comme l’eau dans laquelle on a fait fondre du savon ; c’est de là que cette plante tire ses noms, de sapo , savon. La décoction de la plante fraîche produit cet effet h un degré bien plus marqué que la décoction do la plante sèche.
TONIQUES
Bergius dit qu’il s’est servi de l’eau chargée des principes de la saponaire pour nettoyer du linge sale , pour enlever des taches d’huile , de graisse, et qu’il a complètement réussi. Cependant il n’existe aucune ressemblance entre la composition chimique du savdn et celle de la saponaire. On ne trouve pas dans cette plante un alcali propre à s’emparer de la matière grasse et dés saletés qui se trouvent sur les étoffes, en se combinant chimiquement avec elles.
On administre les feuilles et la racine de saponaire en décoction ; on en met une poignée pour deux livres d’eau; on en lire aussi un extrait dont on se sert en pilules. On recommande les médicaments que fournit la saponaire, dans la jaunisse; ils ne peuvent obtenir de silccès que quand il y a ramollissement du foie ou une tendance de ce viscère à la dégénérescence jaune, graisseuse : l’observation semble prouver que la saponaire a été salutaire dans des cas où il y avait une indiiraiion commençante d’une partie de ce viscère.
On vante l’ulilité de la saponaire dans les douleurs des arliculations. Il est difficile d’expliquer comment la vertu tonique peut dans ce cas devenir salutaire ; il faudrait d’abord s’entendre sur la nature pathologique des douleurs que cette plante a enlevées. On lui accorde une vertu dépuralive qui n’est encore qu’une dépendance dé sa vertu tonique , qu’un produit de l’exercice de cette dernière sur l’appareil digestif, sur le système dermoide, et sur l’économie tout entière. Conçoit on tout le pouvoir d’une puissance tonique lorsqu’elle sert h rétablir l’intégrité des fonctions qui réparent le s-ang et les tissus organiques , dans un corps où ces
DES MÉDICAMENTS
l^oi^
parties ont éprouvé une détérioration pathologique. C’est, alors que le médicament cause, après quelque temps dé son emploi, des éruptions cutanées, des suintements puriformes, des évacuations salutaires, des sueurs, des urines chargées, etc., qui décèlent le mouvement intérieur , la régénération qu’éprouve actuellement tout le système vivant. On en conseille l’usage pendant le traitement des maladies syphilitiques. Il est d’observation qu’une influence for^fiante dévient un auxiliaire favorable du mercure dans ces maladies , lorsqu’il y a détérioration du sang et des tissus organiques , perversion dans l’exercice de la nutrition , enfin quand la maladie est devenue constitutionnelle. Un médicament tonique fait alors beaucoup de bien , en rendant les digestions meilleures^ et l’assimilation plus active : c’est surtout dans ces circons'tances que l’usage de la boisson de saponaire est conseillé par les médecins. Celte plante ne détruit pas la cause des aflections vénériennes , mais elle tend à corriger la cachexie que l’existence prolongée de ces maladies engendre dans l’économie animale.
Bergius, Peyrilhe , M. Alibert, regardent celte plante comme une production médicinale avpc laquelle la thérapeutique peut opérer de grands résuK tats. Ce dernier se loue de l’avoir mise en usage dans le traitement des dartres furfuracées et squammeuses.
Famille des aqiiifoliacées.
Houx. Ilex AQUiFOUUM , L. Arbrisseau toujours vert que l’on trouve dans les haies et les bois. Ses baies deviennent en automne d’une couleur écarlate : on dit
TONIQUES
qu’elles excitent le vomissement et des déjections alvines. On s’est servi des feuilles du houx en médecine; M. Lassoigne les a soumises à l’analyse chimique: il y a trouvé , une matière amère , neutre et incristallisable, non décomposée par les acides et les alcalis, mais bien par l’alcohol; 2“ une matière colorante jaune; 0“ de la chlorophylle; 4“ de la cire; S® de la gomme; 6° de l’acétate de potasse; 7“ du muriate de potasse et de chaux ; 8° du malate acide de chaux ; 9° du sulfate et du phosphate de chaux; 10° du ligneux.
Les feuilles de houx ont une saveur amère très forte. On s’est souvent servi de leur poudre contre les fièvres intermittentes. On a observé que la décoction comme l’extrait de ces feuilles provoquaient l’appétit, facilitaient les sécrétions et les exhalations. Les qualités sensibles et les eflels immédiats que provoquent ces préparations ne laissent aucun doute sur la nature tonique de la propriété qu’elles recèlent.
M. E. Rousseau vient de faire part à l’académie royale de médecine de nouvelles observations, qui tendent à prouver refficacité de ces feuilles dans le traitement des fièvres intermittentes. Il met un gros de poudre de feuilles de houx infuser pendant douze heures dans un verre de vin blanc , et il administre ce mélange deux ou trois heures avant l’accès. Dans les cas que ce médecin rapporte , l’action fébrifuge du remède ne paraît pas douteuse. {Nouv. Journ. de inéd. , mai 1822. ) Mais pour faire la part juste des feuilles du houx dans celle action , il ne faut pas oublier que le véhicule qu’on leur donne peut aussi , par sa force
UES MÉDICAMENTS
Stimulante» s’opposer à la naissance de la fièvre. C’est avec l’écorce du houx que l’on prépare la glu.
Famille naturelle des lichens.
Lichen «’làLANbE. Musci Islandici herba. Lichen isLÀNiiiciis, L. Physéia iSLANincA , Fl. fb. Production foliacée , sèche , membraneuse , droite , divisée en lôbés nombreux, obtus, souvent bifurqués, d’un brun verdâtte ou bllvâtre. Celte plante cryptogame croît pab touffes sur la lerte , dans les lieux stériles et montagneux J elle se trouve surtout dans les régions du nord; elle ést abondante dans l’Islande, où elle fôrme une grande partie de la nourriture des habitants : elle troît aussi dans nos provinces méridionales , en Italie , etc.
'Cetté substance, soumise par M, Berzélius h l’analyse ehlmique , a donné pour cent parties ,
Principe amer
Matière colorante extractive ....
Cire verte
Sirop mêlé d’un peu d’extractif.
Fécule
Squelette féculacé
Gomme
Tartrate de potasse et de chaux.
Le lichen d’Islande contient en outre une quantilé à poine appréciable d’acide gallique.
Cette production est h la fois une matière douée d’une force tonique et un wrps nutritif. L’examen de sa constitution chimique suffirait pour prévoir le dou-
TOMQUllS. 407
blti parti que l’on peut en retirer, puisqu’elle oflre des luàtériaux éminemment alimentaires , avec des matériaux médicinaux. 11 est évident que la propriété qui j place le lichen d’Islande au rang des sujets pharmacologiques procède du principe amer , de la matière co- I lorante et peut-être de la cire verte; que la l'acuité
I qu’elle a de fournir des éléments réparateurs au
[ système vivant appartient à la fécule et au squelette féculacé, qui devient, par l’ébullition dans l’eau, visqueux et de la nature de la gomme. Aussi ceux qui ne cherchent dans le lichen qu’une nourriture ahondaule et agréable ont -ils soin de le dépouiller de son principe amer, de sa matière colorante; ils y parviennent en mettant macérer cette substance dans l’eau froide , et encore mieux dans l’eau chaude. M. Westring a démontré que Ton remplissait plus sûrement l’objot que l’on se proposait eu chargeant l’eau de sous-carbonate de potasse.
On prescrit le lichen en infusion , en décoction j en gelée , en tablettes. Lorsque l’on .met macérer deux j à trois gros de lichen dans deux livres d’éan , on obtient une liqueur d’un jaune clair et d’une ahièrluè>e considérable : en évaporant le véhicule , on a un extrait d’un brun foncé. Cette préparation ne contient que des principes médicinaux : les matériaux alimentaires sont restés dans le Ikhêni Mais si l’on faif bouillir cette substance dans l’eau , ce liquide 's’empare d’une proportion plus ou -moins d'oi'tc de la ma^ tière amylacée; il devient en 'même temps brün et amer; ce composé a une faculté anédictnale ’bf’ rtnc qualité nourrissante. Lorsque l’on administré Celte
4o8 DES MEDICAMENTS
boisson, sa partie amylacée peut être convertie en chyle dans l’estomac j elle devient toujours, pour les matériaux amers et toniques qui l’accompagnent , un correctif; sa présence modère l’impression immédiate de ces matériaux sur les voies digestives. Quand l’ébullition du lichen est prolongée , et que la liqueur se trouve concentrée , elle prend de la consistance ; en se refroidissant, elle se transforme en gelée. 11 est facile, dans les composés pharmaceutiques que Ton retire du lichen d’Islande , de faire dominer tantôt les principes médicinaux , tantôt les principes alimentaires. üue simple infusion dans l’eau dépouille celte substance des premii^rs : vous obtenez alors la partie médicamenteuse avec toute son énergie. En mettant ce même lichen bouillir dans l’eau , vous aurez une masse gélatineuse qui contiendra l’autre partie de su composition , les matières nourricières.
L’amertume du lichen d’Islande est pure et sans aucune stypticité. L’expérience prouve que l’infusion, la décoction, la gelée de lichen fortifient l’appareil gastrique, ouvrent l’appétit, facilitent la digestion. Dans quelques circonstances , ces composés occasionent des déjections alvines , comme le font en général les amers : cet effet accidentel a cependant suffi pour que quelques auteurs aient cru pouvoir appeler le lichen d’Islande museus catkarticus. L’influence tonique de cette substance médicinale se propage aussi aux autres systèmes organiques; elle réveille la tonicité de tous les tissus vivants , elle anime l’énergie vitale de tout le corps, etc.
On conseille , comme un puissant moyen stomachi-
TONIQUES
que , une tasse d’infusion ou une cuillerée de gelée de lichen, prise avant chaque repas. On voit Iréqueminent des dyspepsies, des défauts d’appétit, et d’autres vices de la fonction digestive , céder à la mutation intestine que ce composé pharmaceutique détermine dans le tissu de l’organe gastrique.
On vante l’usage de la décoction de lichen prise par verres, de quatre heures en quatre heures , dans la dysenterie. C’est surtout à la fin de cette maladie que la boisson tonique dont nous parlons peut être utile : comme sou impression sur la surface intestinale ne cause aucune astriction, qu’elle est remplie de principes adoucissants qui retiennent , modèrent l’action des principes amers , elle convient pour rappeler tout doucement cette surface à son état naturel. Cette décoction provient d’une seule substance; c’est un médicament simple. Cependant elle nous présente une conformité parfaite avec une solution de gomme ou une décoction de riz à laquelle on aurait ajouté un ingrédient tonique. Le lichen ne peut être admis tant que les accidents dysentériques annoncent une irritation vive dans les voies intestinales , dénotent un travail inflammatoire intense. M. Crichton , qui a préconisé le lichen dans le traitement de la dysenterie, en proscrit 1 emploi si le pouls est fréquent et dur, la peau sèche et brûlante , si quelque point de l’abdomen est enflammé.
Cette substance s’est montrée un remède convenable
dans les diarrhées qui n’étaient point le produit d’une irritation ou d une phlogose dans le canal alimentaire, dans celles qui survivaient à un étal inflammatoire, elqui
UES MÉDICAMENTS
ii’étaienl plus entretenues que par le relàcheuienl , le raraoilissemelil , ou l’oligotropliie des tuniques intestinales. Elle pourrait aussi servir contre les diarrhées qu’entretiennent des ulcérations, superficielles et exemptes de dégéiiérescences , de la surface interne des gros in lestins.
C’est principalement contre les maladies du système 'pulmonaire que l’on a célébré la puissance thérapeutique du lichen d’Islande. Dans les catarrhes chroniques, les rhumes anciens, l’asthme humide, etc. , lorsque l’expecloratiou est abondante, qu’elle se fait avec difficulté, la décoction de lichen seule ou coupée avec le lait , la gelée ou les tablettes que l’on compose avec cette substance, sont des secours très utiles ; tous les jours de nouveaux avantages confirment leur efficacité. Mais en même temps on remarque que , s’il existe dans les voies respiratoires de l’irritation , de la chaleur, le lichen est contre-indiqué; son usage supprime l’expectoration , cause de l’oppression , etc. Les préparations de lichen agissent d’une manière elficace dans quel(|ues catarrhes pulmonaires. On a vu leur usage modérer une toux qui était fatigante, diminuer une ex,pectoration trop abondante , suspendre des sueurs nocturnes , rétablir des digestions qui se faisaient mal, rappeler les forces , etc.
On a enfin offert les prépai'ations de lichen comme une ressource précieuse dans les convalescences des malailies aiguës, pareequ’il y existe à la fois une base nourricière propre è restaurer un corps énervé, et un ])riucipe amer qui, en corroborant l’appareil guslriquo; assure la perfection des dige-slions (ju il exécute.
TOKigUKS.
Dans toutes les maladies où l’on a recours au lichen comme à un moyeu médicinal , sa partie nourricière , qu’elle soit diji;érée et transformée eu chyle, ou qu’elle conserve sa nature chimique et sa propriété adoucissante, ne peut que rarement faire quelque mal. Mais il eu est autrement pour sa partie médicamenteuse; l’impression que les principes amers exercent sur les tissus vivants sera un obstacle à l’administration <le cette substance dans les aÜ’ections pathologiques où un développement de la tonicité des organes pourra j avoir quelque inconvénient. 11 existe , comme nous l’avons vu , des procédés fort simples pour diminuer la proportion de ces principes amers , et affaiblir par suite la puissance tonique du lichen : c’est aux praticiens à régler, sur les indications qu’ils ont à remplir, le degré d’énergie qu’ils veulent laisser à celte puissance dans les composés pharmaceutiques qu’ils font faire avec celte production.
Quelques auteurs regardent le lichen pulmonaire , ou la pulmonaire de chêne , lichex pdlmonarius , L. , comme également digne de figurer dans la matière médicale. On 1 administre en infusion ou en décoction. Ce lichen est si amer en Sibérie, qu’on l’ajouté à la bière, au lieu de houblon. C’est surtout dans les maladies du poumon qu’on l’a employé; c’est de là que vient son nom spécifique.
Nous aurions pu ajouter beaucoup d’autres plantes , à la liste déjà si longue dos productions végétales lo- I niques. Il en est dont nous ne parlons pas, qui cepen- ! danl ont joui d’une singulière célébrité , rjui ont passé ' pour posséder des vertus merveilleuses. On les a crues
UIÎS MÉDICAMENTS
des richesses prépieuses pour la thérapeutique, et aujourd’hui elles sont dans l’oubli. Remarquons que ces végétaux ont tous des qualités sensibles peu prononcées; ils sont inodores, et leur siveurest à peine perceptible. Or s’ils font peu d’impression , même sur les parties du corps où la sensibilité est exquise, que pourraient-ils opérer sur les autres ? quel parti le médecin en tirera-t-il , lorsqu’il s’agira de remédier à des lésions morbides des tissus , de s’opposer à des mouvements désordonnés des organes? Ces végétaux ont contre eux la débilité de leur action qui ne peut jamais devenir une force médicinale bien utile. Cependant, jugée par son caractère, cette action, toute faible, tout impuissante qu’elle est, rattache les plantes dont nous voulons parler à la classe des toniques. Nous nous contenterons de citer la sauicle , sakicdla europæa , L. ; la pervenche , vinca minor , L. ; la scabieuse , scabiosa ar- VENSis , et S. succisA , L. ; la salicaire , lythrum salica- RiA , L. ; la véronique mâle , veronica officinalis , L. ; la scolopendre, asplénium scolopendrium, L. ; le pied de chat, gnapdalium dioicum, L. ; etc. , etc.
On vient de recommander l’usage des capsules vertes du lilas commun, syringa vulgaris, L. , laraille des oléinées; ces capsulesont un goût très amer : leuramertume est franche et sans mélange d’âcreté : les préparations pharmaceutiques que l’on en fait possèdent une propriété tonique , et peuvent , par l’exercice de celle propriété, rendre des services à la thérapeutique. On s’en est déjà servi avec succès pour arrêter les accès de lièvres inlermitleutes. [CruvtiUiiev , i“ caliier de physiol. patholog. )
TONIQUES. 4l3
Nous devons aussi à M. Morin de Rouen une analyse chimique de la racine de nénuphar blanc , nym- PHÆA ALBA , L. , famille des nymphéalées.
Celle racine contient :
Une combinaison de tannin et d’acide gallique.
Une matière végéto-animalc ,
De la résine , et une matière grasse ,
Du muqueux ,
De l’amidon ,
Un sel ammoniacal ,
Des acides malique et phosphorique combinés à la chaux.
De l’acide lartarique ,
De l’acétate de potasse, et du sucre iucrislallisable. De l’ulmine et du ligneux.
Par l’incinération de cette racine, on a obtenu des sels et une petite quantité d’oxide de fer. {Journal de pharmacie , tom, 7 , p. 45o. )
Cette racine a de l’amertume : elle agit sur nos organes en fortifiant légèrement leur tissu ; elle doit être utile dans les cas où les toniques sont indiqués , en n’oubliant pas que la débilité de sa vertu la rendra toujours un agent peu recommandable en thérapeutique. Dirons-nous qu’elle a joui d’un grand crédit comme moyen anti-aphrodisiaque ?
B. Substance animale tonique.
Extrait ub bile de bœuf. Extractum fellis boviNi. Cette substance , que l’on nomme encore bile épaissie , est peu usitée aujourd’hui , après avoir eu une brillante réputation. On prépare cette substance
1)KS Ml'iDICAMKNTS
(Ml mellanl sur le l'eu , dans une bassine d’argent, la bile que l’on retire de la vésicule du fiel des bœufs ; en faisant tout doucement évaporer la partie aqueuse de cette liqueur, on l’amène à une consistance pilulaire. Cette matière est d’un jaune verdâtre , très amère ; elle attire un peu l’huinidilé de l’air ; elle se dissout presque entièrement dans l’eau et dans l’alcohol.
Cette espcèce d’extrait contien! la matière résineuse, le picromel , la matière jaune , et les sels de la bile.
Il exerce sur les tissus vivants une impression qui réveille leur tonicité; son usage donne à l’appareil gastrique plus d’énergie, il excite l’appétit , facilite la digestion. A plus forte dose, cette préparation médicinale étendrait à tout le système vivant son influence tonique; elle développerait davantage la vitalité actuelle de tous les appareils organiques.
On prescrit l’extrait de bile de bœuf dan^ les faiblesses d’estomac , dans les digestions diflicilës ou imparfaites, dans les pertes d’appétit , quand il y a des rapports acides. Il faudrait déterminer quelles sont les lésions de l’appareil digestif qui causent ces accidents, èt ensuite apprendre de l’expérience quelles sont celles que ce remède a pu dissiper. Ou en donne de quatre à six grains sous forme de pilule. On recommande surtout ce moyen quand on soupçonne , d’après la nature des accidents pathologiques qui se présentent , que la bile se sécrète mal , qu’elle n’a pas les qualités qui lui sont propres , ou qu’elle n est pas assez abondante. Il semble que l’on ail eu l’intention de substituer la bile de bœuf, h laquelle on supposait une acti-
TONlQUliS.
vite en rapport avec la force de cet animal , à la bile humaine, et que l’on ait conçu l’espoir de faire remplir à la première les fonctions que celle-ci , devenue inerte , n’exéculait plus dans l’exercice de la digestion. Mais il est clair que la bile de bœuf, rapprochée par le feu et réduite en consistance pilulaire , ne peut pas , lors de la formation du chyle, prendre la place de la bile qui, récemment formée, arrive dans le duodénum sous l’influence en quelque sorte delà vie hépatique. L’extrait de bile de bœuf ne doit être pour nous qu’un agent médicinal qui agit sur les tuniques de l’estomac, fortifie ce viscère, éveille sa vitalité, et le prépare , par là , 5 mieux remplir ses fonctions : cette impression peut se transmettre au foie et aux antres pièces de, l’appareil digestif. Celte matière animale n’a donc pas une autre manière d’agir que les médicaments amers, et c’est de la même cause que dérivent les améliorations qu’elle occasione dans l’exercice des digestions.
Ce n’est pas seulement pour rétablir l’énergie et l’action de l’appareil gastrique que l’extrait de bile de bœuf convient: la force tonique que ce composé possède le rend un moyen médicinal , auquel la thérapeutique peut recourir avec confiance toutes les fois qu elle a des organes afl’aiblis a fortifier , des fonctions languissantes à rendre plus actives, dans tous les cas enfin où les remèdes corroborants sont indiqués. Les praticiens ont remarqué que cet extrait devait être proscrit quand le pouls était dur et vif, la peausècho, les urines ardentes , etc.; qu’il devenait nuisible quand ! il y avait de la chaleur, de l’irritation dans les voies
4i6 des médicaments
digestives. Le caractère de l’activité médicinale de cette substance, la nature des changements organiques qu’elle produit , démontrent bien pourquoi , quand les signes dont nous venons de parler existent , son emploi ne peut être salutaire. Un malade m’assurait qu’il était tourmenté de désirs vénériens quand il usait de ce remède.