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II. Àctlon médicinale du fer

La chimie a prouvé que le fer existe dans les plantes; il existe aussi dans le corps des mammifères, des oiseaux, etc. Ou a vu avec étonnement que ce métal faisait partie constituante de la substance d’êtres doués de la vie, qu’il entrait dans la composition de leurs fluides et de leurs solides. Mais ce fer se trouve dans un étal de combinaison intime avec les principes qui concourent 5 former les humeurs et les organes des végétaux et des animaux. Il est enchaîné par la force de la vie, et ses molécules sont privées dy la faculté agissante que nous remarquons dans celles de nos médicaments martiaux; libres de toute combinaison, celles-ci se portent sur les tissus vivants, elles font sur eux une impression marquée , elles suscitent des changements importants dans l’état actuel, et dans les mouvements des appareils organiques.

Nous ne devons pas nous occuper ici de l’influence que le fer exerce sur nos organes, quand il sert de conducteur au fluide magnétique. Il n’est alors que dépositaire momentané d’une puissance qui lui est étrangère ; il sert d’excipient à une cause agissante qui le traverse sans lui appartenir. C’est la force active inhérente aux molécules du fer qui intéresse la pharmacologie ; ce sont les effets qui suivent leur

conlact avec nos organes que nous devons constater.

L’observation démontre que les médicaments ferruginetix exeréent sur les tissus vivants une action toniquë. On a fréquemment Toccasion de romartjiicr que ces médicaments favorisent la digestion , soit qu’on les prenne avant de manger, avec les aliments , ou immédiatement après le'repas. Une prise d’oxyde de fer, de vin chalybéy ou do l’eau ferrugineuse mêlée au vin , excite l’appétit, et rend plus facile l’élaboration des matières alimenlairesi L’influence 'corrofïerante que' cdt agent porte sur les organes digestifs, est aussi cause que CBS organes retirent de la nourritui'e une plus' grande proportion des prinoip'es^ propres à l assimilation. Le pouvoir des martiaux sur l’exercice de la digestion est bien connu; tous les praticiens' conviennent qu’ils sont d’excellents stomachiques.

(Ges médicaments occasionent quelquefois, et sur-* tout quand on les' donne à une dose un peu- élevée, dés douleurs à l’épigastre , des nausées, des rapports nidoreux, de l’anxiété: il est facile de voir que ces accidents tiennent à l’impression immédiate , à l’action aslrictive que les préparations ferrugineuses exercent sur la surface interne de l’estomac, lorsqu elles arrivent dans ce viscère. C’est pour prévenir ces éfiets que l’on recommande de commencer l’usagè de ces préparations par de petites qxrantités, que Fon! aug^ mente graduellement: c’est encore dans da môme intention de diminuer leur action directe 'Sür l’organe gastrique' que l’on conseille de les mêler avec la poudre d’une substance végétale peu active; Les martiaux pris à hautes doses donneront lieu à d’autres symp-

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lôraes parleur impression sur la surface interne desiin- Icslins. Chez les uns , ils feront naître une constipalton opiniâtre avec un sentiment de chaleur dans leihasvontre : d’autres éprouverout des coliquesit même des déjectiousjalvines abondantes. Ces produits diversifiés n’indiquent pas unichangement dans la nature de la force agissante, du médicament. C’est toujours la même propriété qufil a mise en- jeu ^i c’est toujours une impression tonique qu’auront ressentie lés parties soumises à son iuiluence. Une disposition difl'é* rente de coSid'ernières fait qu’ils ne répondent’ pas de même à des agressions qui ne changent pas. On remarque que les substances ferrugineuses teignent en

noir les matières fécales. i» Jn ini

Les molécules des préparations martiales sont absor^’ bées et vergées dans le sang, qui les porte dans toutes les parties du corps : on sait que les urines.de ceux qui font usage de ces médicaments prennent souvent une couleur noire, lorsqu’on y mêle l’infusion de noix de galle. Le docteur W. Batt, de Gênes, a vu les urines d’un jeune hydropiquequiprenait de l’éthiops martial déposer un sédiment bleu : M. iMojou , professeur de chimie, a constaté que ce dépôt était du prussiate de fer.. Toutefois 1 absorption des molécules ferrugineuses \ est sujette t» de grandes variations, dans son exercice,. Il est bien des cas où. elle parait languissante et môme presque, nulle. L’état où se trouve actuellement la.aurlace intestinale cause, sans doute les dilTérences que présente la fonction absorbante, de celte surface relativement aux préparations martiales. D’un autre côté, on conçoit que la puissance médicinale de ces prépa-

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rations se proportionnera toujours Ji l’activité de celte fonction , ou autrement h la quantité de molécules ferrugineuses qui pénétreront dans le système animal. L’observation ne montre-t-elle pas que les agents martiaux agissent sur des individus avec une énergie remarquable, tandis que sur d’autres leurs effets sont à peine sensibles? Les expériences de MM. Tiéderaann et Ginelin ne peuvent-elles pas jeter quelque lumière sur ce sujet? N’ont-ils pas, chez un chien et chez un cheval qui avaient pris du sulfate de fer, trouvé cette substance dans toute l’étendue du canal alimentaire, plusieurs heures après son ingestion ? Les réactifs n’en découvraient que des quantités très petites dans le sérum du sang des veines mésentériques et de la veineporte. Du fer fut reconnu dans les intestins depuis l’estomac jusqu’au cæcum, sur un chien qui trois heures auparavant avait avalé trois grains d’hydrochlorate de fer. (Ouvrage cité.) N’est-il pas évident que les molécules ferrugineuses pénètrent lentement dans les voies de l’absorption, et qu’une grande partie de cellcs qui composent les médicaments martiaux sort du corps avec les matières fécales ?

Quoi qu’il en soit, les molécules ferrugineuses qui pénètrent dans le sang , lorsqu’elles se mettent en contact avec les fibres organiques , déterminent des changements , des phénomènes qui décèlent h la fois le caractère et l’étendue de leur puissance médicinale. Les martiaux augmentent la force matérielle du cœur; ce viscère communique une impulsion plus vive et plus énergique aux colonnes de sang qui remplissent les canaux artériels ; le pouls devient plus fort cl plus dur:

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cet efl'et est surtout sensible sur les personnes actuellement affaiblies par un état de maladie; peu de temps après qu’elles ont commencé l’usage d’un médicament ferrugineux , leur pouls n’est plus le même. L’action de ces agents réveille la fonction absorbante, lorsqu’elle est dans l’inertie. Des malades atteints d’une bouffissure générale, même d’anasarque, ont vu leur intumescence cellulaire disparaître après avoir pris des martiaux ; ils rendaient en même temps de grandes quantités d’urine. Dans l’état de santé, l’usage de ces médicaments ne change pas l’ordre habituel des sécrétions et des exhalations; l’influence qu’ils portent sur les reins , sur la peau , etc. , fortifie le tissu de ces appareils, développe leur énergie, soutient l’exercice de leur fonction sécrétoire ou exhalante, sans pourtant l’accélérer d’une manière notable; mais lorsque ces parties sont actuellement dans un état d’atonie, la puissance corroborante du fer rétablit leur activité, et, dans ce passage d’une condition morbide à leur condition naturelle, il survient fré(|aemment des évacuations momentanées qui sont comme accidentelles dans la médication des composés ferrugineux.

Ces médicaments ont une grande influence sur l’action nutritive dans le sang et dans les organes. Les individus d’une complexion pléthorique, d’un tempérament sanguin, qui se mettent à l’usage de ces agents, éprouvent bientôt des accidents qui dépendent d’une surabondance du fluide sanguin ; ils deviennent sujets à des céphalalgies avec pesanteur de tête , à des hémorrhagies actives, surtout h des saignements de nez répétés , h des congestions hémorrhoïdales : les époques

mes M^lmc\Mll^Ts

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(le la incnslrualioii avancent clans les femmes, etc. L’activité que les martiaux donnent à la nutrition du sang devient plus sensible encore sur les personnes débilitées par des évacuations excessives , épuisées par (le longues maladies, sur les chlorotiques, sur tous ceux enfin qui ont un sang appauvri , détérioié. aussitôt qu’ils se mettent h l’usage d’un oxyde c'j.lér ou d’une autre préparation ferrugineuse, il s’é' .blit un meilleur ordre d’exercice dans les fonctions nutritives ; en très peu de temps l’état du malade chaLoC, son pouls devient plus plein , son teint plus animé , sa chaleur vitale plus élevée ; il a plus de force , etc. {Sydenham, van Swieten.) Les ferrugineux excitent aussi l’action assimilatrice dans le tissu des organes ; 1 impression tonique que ces derniers ressentent les dispose à retenir, à fixer les principes réparateurs qui les pénètrent. Eu rendant la nutrition plus active, ils semblent’ augmenter la proportion des solides dans le corps animal. Il est d’observation. que l’usage prolongé des martiaux fait acquérir une prédispositici.n aux maladies par excès de ton, aux inflammations, aux hémorrhagies, etc.

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