‹ Traité élémentaire de matière médicaleChapitre 28 sur 40 · CUTANÉ · texte numérisé non relu

CUTANÉ

/Teinte jauné de la peau, générale ou

bornée aux contours des lèvres et des ailes du ne/,.

Il est évident par les symptômes qui caractérisent cette fièvre que l’appareil digestif est le plus offensé.

La surface de l’estomac et du duodénum est rouge dans = plusieurs endroits ; la membrane muqueuse qui tapisse ces endroits offre une injection vasculaire très prononcée; là cette membrane est gonflée, chaude, d’une sensibilité exquise. Dans cette fièvre , le cœur , le cerveau, sont aussi dans une condition morbide. Quand la lésion de l’appareil circulatoire était forte, que cet appareil fournissait beaucoup de symptômes , on disait i en nosographie qu’il y avait complication de la fièvre ‘ inflammatoire avec la fièvre bilieuse. Si la lésion de i l’appareil cérébral prend du développement, si elle j devient dominante , la fièvre a change de caractère , . elle est ataxique.

L’ouverture des cadavres ne peut fournir la démons- \ tration des lésions dont nous venons de parler : il est | très rare que l’on succombe à la fièvre bilieuse simple. | Mais lorsque dans son cours celle fièvre se complique i d’ataxie, et que le malade est la victime de la lésion nouvelle qui s’est développée dans le cerveau , on trouve à I l’ouverture des cadavres- les' altérations qui existaient

TONIQUES

dans les voies digestives; on trouve l’intérieur de ! estomac et du duodénum couvert de plaques ou de taches rouges , violacées; il y a sur cette surface des réseaux capillaires très prononcés; la membrane muqueuse de ces organes est dans beaucoup de points ramollie, gonflée, noirâtre, ulcérée. On peut de plus, parles altérations cadavériques que l’on remarque sur les outres parties, s’expliquer les phénomènes que l’on a observés pendant la maladie.

En considérant l’état où la fièvre gastrique met les divers appareils organiques du corps, on voit que c est à juste titre que les praticiens repoussent les médicaments de cette classe dans le traitement de cette maladie. Le mal que causeraient les substances toniques serait grave et très facileà saisir, parceque, i“ la surface des voies alimentaires sentirait fortement leur impression , puisqu’elle est dans un élat d^irritation ; 2“ l’absorption plus avide introduirait dans le sang tous les principes actifs de ces substances ; leurs molécules blesseraient tous les tissus. Les effets dés toniques ne sont plus aussi évidents dans les fièvres lorsqu’il est survenu un état d’adynamie ou d’ataxie, pprcequ’alors la sensibilité est pervertie, et absorption ordinairement languissante.

Fièvre mfujueuse.

1 Bouche fade, pâteuse, salive visqueuse. Enduit de la langée humide , blanchâtre.

Aphthes ou ulcérations légères de la bouche.

Salivation.

appareils

DJiS M<!D1C\MENTS

DIGESTIF

ICIECDLATOIBE

BESPlRATOinE.

CEREBBAL.

laCSCULAIRE.

Peu (le soif, inappétence.

Tuméfaction de l’épigastre et du ventre. Coliques avec pneumatoses intestinales.

Abdomen sensible à la pression quand le péritoine est pris.

Constipation quand la tunique musculaire des intestins est dans un état fluxionnaire.

Déjections fétides quand il y à phlogose, ulcérations , sur la membrane muqueuse intestinale.

Ténesme quand l’intérieur du rectum est irrité.

'Souvent éjections de vers intestinaux.

Le cœur paraît éprouver peu d’altération dans sa condition physiologique , excepté quand il y a des paroxysmes.

(Pouls petit, faible.

Chaleur modérée de la peau, augmentant par bouffées.

Respiration peu gênée, si ce n’est dans les paroxysmes.

Toux légère.

Expectoration muqueuse.

Céphalalgie obtuse.

Vertiges lorsque le malade s’assied.

Quelquefois trouble léger dans les idées.

Somnolence, rêvasseries.

Abattement moral , inquiétudes.

[Lassitudes spontanées.

^Douleurs vagues, contusives dans les membres, surtout dans les articulations.

TONIQÜISS. 549

Urine rendue avec difficulté, chaleur dans le canal de l’urètre pendant leur éjection.- .

Couleur pâle ou cendrée de la peau.

Transpiration nulle , sueurs partielles.

Éruptions fugaces , fréquentes.

Ce tableau des symptômes qu’offre la fièvre que l’on a nommée muqueuse démontre bien que la principale lésion existe dans les intestins ; il fait également connaître que cette lésion consiste dans une phlogose de la surface interne de ces organes. La membrane mu queuse est rouge, gonflée, couverte d’une injection vasculaire; cet état morbide finit par amener un épaississement du tissu de cette membrane , par y faire naître des élevures, des ulcérations souvent très nombreuses , par causer l’inflammation des ganglions mésentériques, etc. Les autres appareils organiques éprouvent des altérations en rapport avec les symptômes qu’ils fournissent: lorsque ces altérations deviennent dominantes, on ditque la fièvre prend un autre caractère.

Quoi qu’il en soit , les toniques ùe promettent pas une grande utilité dans ces fièvres. Leur opération , vue sur chacun des appareils organiques , ne paraît pas propre à combattre la lésion dont ils sont le siège;

Fièvre ataxique.

(Langue rouge d’abord , sèche , fendillée, noirâtre, brûlée.

Haleine fétide,éructations désagréables.

(Épigastre tuméfié, douloureux à la pression, si l’estomac est dans un état morbide.

Ed

fi,

'DIGESTIF

CA) 1DRINA.IBE.

tï3 ai < eu

^ ' DEBMOIDE.

APPAREILS

mCÉSTIF

CiaCOLATOIRE./

DES MEDICAMENTS

Déjections liquides, très fétides, si la

surface intestinale est irritée.

Gonflement du ventre; cette partie ne devient sensible à la pression que quand le péritoine se phlogose.

Vomissement de bile quand le foie est provoqué ou irrité.

Le travail pblegiTiasique qui existe dans ■les'voiçi? digestives a sa marche entravée ; il en résulte des suinteirients sanguinolents , , des excrétions noirâtres , des hémorrhagies, etc.

il est des symptômes que fournit l’appareil digestif, des nausées, des vomissements, des pneumatoses, etc. , qui dépendent dés provocations que cet appareil reçoit des lésions du prolongement rachidien.

Contractions du cœur tumultueuses , variables de force et d’étendue.

Pouls irrégulier, inégal, lent; il semble parfois naturel.

Chaleur inégale , tantôt brûlante, tantôt nulle.

Joues rouge d’un côté, pâle de l’autre: face animée et bientôt après abattue, livide.

Le cours du sang paraît soumis i\ une impulsion désordonnée ; il en résulte des injections, des rougeurs qui apparaissent sur diverses surfaces , des efforts hémorrhagiques qui se portentsur divers points. Il se passe alors bien des choses dans le péricarde et dans les ca-

APPAREILS

TONIQUES

CIRCDLATOIRE.

vitésducœurque l’on nepeut démontrer, mais que l’on reconnaît quand , pendant le cours d’une fièvre ataxique, on explore souvent la région cardiaque.

Il se développe sur ces parties bien des rougeurs, des irritations qui ne durent pas, qui cessent pour se reproduire , comme nous voyons que cela a lieu sur la peau. Ces lésions provoquent le cœur à des mouvements irréguliers ; ce sont elles qui donnent par temps au pouls une grande force , de la dureté, de la fréquence; quand ces lésions cessent, le pouls revient à un rhythme presque naturel. Toutefois le cœur reçoit aussi des provocations sympathiques des lésions de la moelle épinière, et ses mouvements peuvent être altérés sans que son tissu soit offensé.

IIESPIRATOIBE.

/^Respiration alternativement facile et difficile, lente, inégale, entrecoupée, suspirieuse.

La cavité de la poitrine est alors le siège de bien des changements organiques que nous ne pouvons dévoiler.

Fréquemment la plèvre, des portions de poumons se prennent, deviennent rouges, sensibles , puis ces lésions disparaissent. La percussion, le stéthoscope apprennent qu’il y aurait bien des phénomènes à notei’, des pneumothorax, des exhalations morbides, etc., si l’on voyait ce qui se passe ylans cette

APPAREILS

D£S médicaments

JIESPIRATOJHE

CEREBRAL.

cavité pendant l’existence de ces fièvres. Souvent même une lésion que l’on avait bien aperçue semble ne plus exister, parceque le malade ne s’en plaint plus. Mais à la fin de la maladie, lorsque la tôte redevient libre, cette lésion reparaît. Si le malade succombe, l’ouverture du cadavre prouve son existence.

Il est des phénomènes, la toux, l’oppression, etc., qui sont un produitsympathi-

V que des lésions de l’appareil cérébral.

Douleur vive, aiguë, insupportable au front, à l’occiput ou sur les parties latérales de la tête.

Cette douleur augmente lorsqu’on percute la tôte ou qu’on la secoue; alors l’arachnoïde seule est enflammée ; le cerveau est sain. Si la substance cérébrale est engorgée , comprimée ou dans une condition morbide, la douleur est obtuse, profonde, bientôt même sa perception ne se fait plus.

\ Douleurs à la nuque, au cou, entre les épaules, le long du dos, dans les lombes , qui décèlent l’irritation, l’état morbide des enveloppes du prolongement rachidien.

[Ces douleurs peuvent être avec chaleur, avec ardeur, avec tension.

Les cordons nerveux sont eux-mêmes dans un état morbide, ce que prouvent la grande courbature du malade, la sensibilité des muscles à la pression.

APPAREIL

)GEKEBRA.L.

TONIQVES.

Si le cerveau est libre, 'qu’il ne soit pas sous le poids d’une congestion sanguine , la pblogose de ses membranes, celle même de sa''surface, produira un grand nombre de phénomènes d’irrilation : sensibilité excessive de toutes les parties, et surtout des organes des sens, vue perçante, égarée, vivacité des yeux, tintement d’oreille , vertiges, éblouissements, insomnie, loquacité , agitation , délire furieux , anxiété , terreur, désespoir. ...

S’il existe une congestion sanguine dans le cerveau, si ce viscère se trouveserré, comprimé dans sa boîte osseuse, on n’observe plus que des symptômes^ de stupeur ; accablement , somnolence, état obtus des sens , surdité, sensibilité éteinte, indifférence, coma, état apoplectique.

Qui pourrait exposer toutes les modifications, toutes les altérations matérielles que l’appareil cérébral subit dans ces fièvres ! Que de changements se succèdent pendant leur cours , sur les méninges , dans le cerveau, le cervelet, la moelle alongée et le prolongement rachidien; des rougeurs avec chaleur, des gonflements passagers, des éruptions fugaces, des exhalations, etc. etc.l Ce sont cependant ces changements qui produisent cette succession de symptômes si diversifiés y qui caractérisent les fièvres ataxiques.

APPAREILS

DES MtDICAMENTS

/ Y)ui\s CCS fièvres J i influence des nerfs sur les membres est augmentée ou plutôt désordonnée.

Douleurs contusives, surtout dans les jambes.

Mouvements brusques, tremblement des membres.

Roideur des bras et des jambes.

Des secousses comme convulsives.

Des contractions subites des muscles de la face.

Des frémissements et des soubresauts de tendons.

Le tremblement de la langue.

Hoquet opiniâtre.

Difficulté dans la déglutition.

Grincement de dents, trismus des mSchoires.

La carphplogie , le crocidisme.

Des accès épileptiformes.

Mais s’il existe une congestion sanguine au cerveau , l’influence des nerfs sur les muscles est affaiblie d’abord, puis interrompue; il y a successivement accablement, difficulté de remuer les membres, aphonie, adynamie , paralysie, etc.

Le tissu musculaire éprouve dans les fièvres ataxiques une lésion matériellfe; il est douloureux au toucher pendant . la vie; on le trouve poisseux , violacé, ramolli après la mort. Si le malade re- Y vient i\ la sauté, les masses muscu-

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