‹ Traité élémentaire de matière médicaleChapitre 32 sur 40 · DES M^U)1C^^I^^TS · texte numérisé non relu

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(Sgalemenl île ces plantes des impressions très divcrsiliées: elles donnent une saveur chaude, piquante ou amère. C’est parmi celles dont le goût n’est point désagréable que l’on prend les épices qui, dans nos cuisines, servent à l’assaisonnement des aliments.

Nous consignerons ici , comme une observation importante , qu’il est des arômes éminemment diffusibles, et qu’une très petite quantité de matière sulllt alocs pour donner une odeur bien sensible à une production naturelle. Dans ce cas , la l'acuité aromatique n’est plus un signe certain de rexisleuce d’une propriété médicinale. Dès que l’huile volatile, ou le baume, etc., d’où une substance végétale tire sa qualité odoriférante, entre dans la composition chimique dê celte substance pour une proportion si petite que les organes n’en sentiront pas l’impression , lorsque l’on administrera è l’intérieur la production qui la recèle , l’odeur que celle-ci exhale devient une circonstance insignifiante pour le pharmacologiste. Le sens de l’odorat, en raison ^e son exquise sensibilité, peut bien percevoir les émanations subtiles qui s’échappent d’une plante : mais, trop rare ou trop fugace, ce principe odoriférant n’aura pas de prise sur les divers tissus qui concourent à la formation de nos organes , quand on se servira, comme d’un agent pharmacologique, du composé naturel dont il fait partie.

La composition chimique des substances végétales excitantes doit aussi nous occuper. Nous y trouverons la cause matérielle des effets physiologiques que produit leur administration. Cette élude nous avcrlira des précautions î» observer lorsque l’on veut tirer

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(le ces substances des agents médicinaux ; elle nous indiquera quelles sont les formes pharmaceutiques qu’il conrient de leur faire prendre. Les principes d’où procède la propriété excitante parais.sent être, dans les végétaux, i" l’huile volatile, 2° la résine, 3° le baume, 4“ l’acide benzoïque, 5° le camphre. Nous allons rappeler les qualités qui sont propres à chacun de ces principes. On trouve dans quelques productions végétales cxcitan les une certaine proportion de matière d’une nature complexe que l’on a nommée long-temps matière extractive; ces productions sont amères, elles exercent sur les organes vivants une influence tonique, en môme temps qu’une action stimulante: celle influence est d’autant plus prononcée que la matière extractive est plus abondante dans leur composition. Il existe aussi du muqueux, de la fécule, de l’huile fixe, dans jAusieurs plantes excitantes; mais la présence de ces matériaux est une circonstance peu remarquable ; leur faible activité est dominée par celle des principes excitants : seulement, si une substance médicinale rècélait une forte quantité de muqueux ou de fécule, on pour I ail regarder ce corps adoucissant ou émollient comme un correctif des matières plus actives auxquelles la nature l’a associé; il empêcherait <|ue la surface vivante sur laquelle on appliquerait la substance dans- laquelle il se trouve, ne sentît trop vivement l’action aiguillonnante de 1 huile volatile , do la résine , du baume , etc.

Vc l’huile volatile.

L’huile volatile existe dans tous les végétaux aromatiques: on la trouve dans de petites glandules, où

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probablement elle se forme par un mode particulier de sécrétion qui s’opère sur leur surface intérieure. On croit que ce sont les molécules de l’huile volatile qui, s’échappant en eüluves de ces végétaux, produisent sur l’organe de l’odorat l’impression que nous nommons odoriférante.

A l’aide de la distillation , on parvient à obtenir, pur

et isolé, ce principe immédiat de la végétation. Comme

il est volatil, en soumettant la plante qui le contient, avec de l’eau, à l’action du feu, dans un alambic, il s’élève avec les vapeurs aqueuses , se condense avec elles, et descend dans le récipient. Lorsque l’huile volatile est très abondante , comme sur les écorces des citrons et des oranges , il suffit de briser , par la pression , les utricules qui la renferment, pour la recueillir.

Les huiles volatiles n’ont point de viscosité. Si l’on approche de ces huiles un corps eu combustion , elles s’enflamment et répandent une fumée épaisse. En contact avec l’air atmosphérique et surtout avec l’oxigène, elles cèdent peu à peu une portion de leur carbone et de leur hydrogène, elles s’épaississent, derûennent solides, et acquièrent les qualités propres aux résines.

La couleur des huiles volatiles n’est pas toujours la même ; les unes sont vertes , d’autres jaunes , d’autres bleues. L’eau en dissout une petite quantité; elle prend alors l’odeur de la plante ou de la production végétale qui contenait cette huile. Les eaux distillées aromatiques ne sont autre chose qu’une solution d’une très faible proportion d’huile volatile dans l’eau. L’alcohol a beaucoup plus d’action sur ce principe ; d s en empare avec avidité. Si l’on ajoute de l’eau îi cette corn-

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binaison , aussitôt l’alcohol s’unit à ce liquide et abandonne l’huile volatile, qui reste disséminée par molécules dans la liqueur, et lui donne un aspect laiteux.. Les alcoholats ou les eaux distillées spiritueuses de romarin , de menthe, do cannelle , de lavande, etc. , ne sont autre chose que des solutions de 1 huile volatile de ces plantes dans l’alcohol.

Les huiles essentielles agissent avec beaucoup d’énei^ie sur les parties douées de la vie; 1 action des émanations qui s’en échappent, sur l’organe olfactit, donne une sensation aromatique; elles fout sur 1 organe du goût une impression âcre et pénétrante. Il est des huileswlatiles qui, appliquées sur la peau, irritent sa surface, y appellent le sang, produisent un effet rubéfiant. Lorsque l’huile volatile est unie à d’autref matériaux, comme dans les productions naturelles d’où on la retire, ou bien quand on la divise avec un composé sucré, mucilagineux ou farineux qui lui sert de correctif, elle n’attaque plus aussi vivement les parties vivantes, elle n’exerce sur elles qu’une impression modérée qui stimule leurs fibres et augmente leur activité. Ses molécules, prises par les absorbants, et yersées dans le torrent circulatoire, se répandent avec le sang dans le système animal ; tous les tissus organiqpes sentent leur aiguillon, et l’excitation que nous notions tout à l’heure sur le lieu de leur application semhlp se répéter sur tous les points du corps. On emploie souvent le.s huiles volatiles à la dose de six , huit gouttes et au-delà , jusqu’à un gros.

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De la résine,

La résine esl un suc propre ([ni sort sponlanéinenl (le quelques végétaux , ou dont on détermine l’exsudation par des incisions pratiquées sur les parties qui le contiennent. Ce produit, tel que la nature le donne, est composé , suivant M. Bonastre , pharmacien , 1° d’une résine proprement dite , soluble dans l’alcohol îi froid; 2° d’une sous-résine presque toujours insoluble dans l’alcohol bouillant ou l’éther; 3" d’une huile volatile; 4” fl’u» acide; 5“ d’extractif amer contenant quelques sels. {Journ. de pliarmac. , déccmbre 1822.) La résine fait partie constituante d’un grand nombre de productions végétales; mais quand elle est peu abondante , il faut les soumettre à une analyse chimique pour l’obtenir.

Considérée comme un des principes immédiats des végétaux , la résine esl une substance solide, cassante, un peu plus pesante que l’eau , tirant ordinairement sur le jaune. Les chimistes la regardent comme une huile volatile qui a perdu une portion de son hydrogène , et qui s’est saturée d’oxigène : aussi l’air n’a-l-il aucune action sur elle. Cette matière végétale esl insoluble dans l’eau: l’alcohol, au contraire, et l’éther sulfurique s’en emparent avec avidité. Elle se dissout aussi dans l’huile volatile , dans l’huile grasse et dans l’eau chargée de potasse ou de soude. Lorsqu’on verse de l’eau dans une solution alcoholique de résine , la liqueur blanchit : on obtient la résine sous forme d’un dépôt blanc. En chauflanl les résines , elles se fondent, elles brûlent avec une llamme jaune , et répandent une épaisse fumée noire.

UXCITANTS.

La résine est inodore; elle ne lournit pas d eüluves qui piiissenl agir sur la membrane ollaclive. Elle est également insipide lorsque les sucs salivaires ne peuvent liquéfier aucune portion de sa substance. Cependant, si l’on tient le corps résineux long temps dans la bouche , on perçoit souvent une légère saveur : 1 oigane du goût ressent une faible impression. Est-ce la soude contenue dans la salive qui opère la dissolution d’un peu de résine? Trouverions-nous ici la raison qui rend les molécules de ce produit végétal habiles à agir ^r les tissus vivants, quand elles y arrivent avec le sang, dans lequel se trouve du sous-carbonate de soude, pendant qu’elles n’exercent aucune impression sur les surfaces les plus sensibles , comme celle de la langue, au moment où on les applique dessus? Quoi qu’il en soit , il est toujours d’observdtion que le principe résineux , après son absorption , développe la vitalité des appareils organiques, accélère la circulation , augmente la chaleur animale , etc.

De la gomme-rèsinc.

On connaît sous ce nom un suc propre laiteux qui se trouve dans beaucoup de végétaux. Quelques plantes des réglons du midi en contiennent une grande quantité : il suffit, pour l’obtenir, de diviser par des incisions pratiquées sur les tiges, sur les rameaux, sur les racines , les cellules dans lesquelles ce suc propre s’est probablement formé par voie de sécrétion. Exposé à l’air libre et à une haute température, il se dur cit : l’assa-fœtida , la gomme-ammoniaque, la myrrhe, l’opopanax , etc. , sont des gomiues-résines.

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Ces sucs végétaux sont en partie solubles clans IVau: les solutions acjueuses restent troubles et laiteuses. L alcohol en dissout aussi une certaine proportion; la liqueur conserve de la transparence. Lorsque l’on verse de Teau dans celte teinture alcoholique , elle blanchit sur-le-chainp , sans fournir louleibis de dépôt: la filtration même n’en sépare rien. Le vin, le vinaigre, se chargent d’une partie des principes du corps gommo-résineux. M. Hatchett a démontré cjue ce corps s’unit aux alcalis.

La gomme-résine n’est point un principe simple. L’analyse chimique découvrait dans sa constitution intime du muqueux, une matière extractive, de la résine, une hurle essentielle : cependant on continuait de regarder ce produit comme un des matériaux immédiats de la végétation. M. Pelletier s’est livré à des recherches qui l’ont conduit à adopter une opinion contraire. Il a vu que les diverses substances qui composaient les gommes-résines n’avaient point contracté entre elles d’union intime , qu’elles étaient simplement mélangées , mais que chacun des composants conservait ses qualités naturelles et ses propriétés distinctives. Soumis à une analyse exacte, les corps gommorésineux lui ont fourni les principes dont nous venons de parler, mêlés dans des proportions différentes: il y a de plus trouvé de l’acide malique, libre ou combiné à la chaux , de la cire , de la bassorine , etc.

Les gommes-résines exercent sur les tissus vivants une action stimulante. Quelques unes irritent fortement les voies digestives : nous renverrons celles-ci à la classe des médicaments purgatifs. Quand les autres

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gommes-résines sont données h des doses elevées, elles troublent l’action naturelle des intestins, et, sans produire, à proprement parler, le phénomène de la purgation, elles, donnent lieu à des déjections alvines, Les Arabes mettaient la plupart de ces composés naturels parmi les purgatifs.

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