DIAMANT. ■ I
qui De sont nulle part exploités, ai ce n'est par quelques contrebandiers. ■ .1 .
On yient de trouver aussi celte substance en Sibérie sur la pente occidentale des monts Urhl , fyres de Keskanar, à i5o verstes à l'O. de la ville dé PéVn , et i5 verstes au N. E. de la mine de fer de Btssersk. Il paraît qu'elle y est exactement dans le même gisement qu'au Brésil , dans des dépôts aurifères et platinifères.
FXTRACTIOK. , , ;
la recherclie du diamant' a lieu par lavage et triage des matières dans lesquelles il est renfermé. Si ces matières sont solides, on commence par les briser; op ka lave ensuite pour les débarrasser des parties terreuses qnë Peau peut entraîner, et après avoir enlevé les cailloux grossiers, on cher* che dans le reste les diamans qui peuvent s'y trouver. .
Il paraît qn*aux Indes la recherche du diamant est à-peuprès libre, qu'il existe seulement un droit pour les chefs des contrées où elle a lieu. Au Brésil , le gouvernement se Test réservée , mais il emploie à ce travail des nègres que lui louent des particuliers qui en obtiennent le privilège. Ce mode de location est, à ce qu'on assure ,"la principale source de la contrebande , qui est très considérable , et par laquelle entrent dans le commerce les diamans les plus gros et les plus beaux.' Ces nègres sont cependant surveillés très rigoureusement par des inspecteurs, qui ne les perdent de vue dans aucun de leurs mouvemens ; ils sont aussi encouragés par des primes , suivant la grosseur des diamans qu'ils trouvent; celui même qui a trouvé un diamant de 17 carats 1/2 est mis solennellement en liberté , et son maître est indemnisé.
Le lavage se fait ici sous un hangar, sur une espèce de plancher incliné, partagé dans sa longueur en dilléiens corn partimens ou caisses , dans phacune desquelles, est ini nègre : un , courant d'eau est amené vers la partie supérieure, où se trouve un tas de cascalho, dont chaque laveur fait tomber successivement quelque partie pour la bien laver, et chercher ensuite dans le gravier qui reste les diamans qui peuvent s'y trou-
MlîfÉR. 17
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ver.. Il y a ordinairement vingk nègres dans chaque atelier, et plusieurs inspecteurs, qui sont assis sur des banquettes élevées, placées vers la partie. supérieure des caisses. . Aussitôt qu'un nègre a .trouvé mi diamant 9 il. doit en avertir en frappant des mains, et le remettre. à un inspecteur, qui le dépose dans une gamelle suspendue au milieu de l'atelier; chaque soir cette gamelle est portée à l'officier principal , qui compte et pèse les diamans et les enregistre.
Les mines de diamant exploitées au Brésil ont rapporté au gouvernement depuis 1730 jusqu'en 1814 1 3o*3ooo carats, ce qui produit un revenu annuel de 36ooo carats, un peu plus de i 5 livres; mais ce produit a considérablement diminué dans les dernières unnées, car M. Maw assure que de 1801 à 1 3 06, il n'a été que de 115676 carats, ce qui ne porte la moyenne annuelle qu'à 19279 carats. La dépense réelle du gouvernement, pour les employés pendant ce même intervalle de temps a étàrie 4*19700 fr. ; en en défalquant le produit en or de ces mêmes lavages, il en résulte que le carat de diamant brut coûte 38 fr. 20 c. de frais d'exploitation.
La contrebande , qUe nous avons déjà dit être trèf considérable, est évaluée au tiers du produit des exploitations. A C'est le Brésil qui fournit aujourd'hui tout le commerce de diamans; il. en parvient .en Europe de a5 à 3oooo carats par an, c'est-à-dire de 10 à 1 5 livres, qui sont réduits par la taille à 8 ou 900 carats.
, . USAGfcS.
Tout le monde sait le prix qu'on attache en général aû diamant; sa dureté, son éclat, sa force de réfraction , qui décompose la lumière et la fait jaillir en faisceau de mille couleurs, l'ont fait rechercher dans tous les temps et le mettront toujours au premier rang des pierres précieuses qu'on emploie dans la joaillerie. On estime surtout celui qui est d'une parfaite limpidité, et il perd beaucoup de son prix lorsqu'il a quelque teinte jaunâtre , ce qui arrive fréquemment. Ce n'est que quand les couleurs deviennent franches et vires qu'il reprend sa valeur, et quelquefois même une plus considérable.
Jusqu'à la fin du quinzième siècle on a employé les Diamans
DIAMA.KT.
bruts ; les plus recherchés étaient alors ceux qui présentaient naturellement une forme pyramidale, que Ton nommait pointes naïves» Ce ne fut qu'en 1676 que Louis de Berguem découvrit l'art de tailler cette pierre, au moyen de sa propre poussière, et ce fut alors seulement qu'on connut toute sa beauté. On a taillé le Diamant de diverses manières, mais on a renoncé successivement à la plupart des formes imaginées, et l'on se tient aujourd'hui à la taille en rose pour les pierres plates et à la taille en brillant pour les pierres épaisses , t. 1 , page 714.
Le Diamant est toujours d'un prix très élevé; nous avons vu qui! revient à 38 fr. ao c le carat (4 grains) au gouvernement brésilien pour les frais d'exploitation. Aussi les pierres brutes défectueuses, reconnues pour ne pas pouvoir être taillées, se vendent- elles encore à raison de 3o ou 36* fr. le carat. On les emploie pour faire la poudre de diamant ou égriséc , qui sert à tailler , polir , graver les différentes pierres dures.
Les petits Diamans bruts de bonne forme pour la taille valent, lorsqu'on les achète en lots, 48 fr. le carat; mais lorsqu'ils sont au-dessus d'un carat, on les estime parle carré de leur poids multiplié par 48 ; c'est-à-dire qu'un Diamant brut de a carats vaut 4 X 4# ou 191 fr. • '
On conçoit que le Diamant taillé est d'un prix beaucoup plus élevé, parce que d'une part il a coûté du temps, et que^ de l'autre, on aperçoit des défauts qu'on n'avait pas vus dans la pierre brute, qui en font rejeter beaucoup. Les très petits Diamans en rose , dont on se sert pour des entourages de peu de valeur, dont il se trouve jusqu'à 4o au carat * valent de 60 à 80 fr. le carat; plus gros ils valent ia5 fr. , et même beaucoup plus, quoique le peu d'épaisseur les tienne toujours beaucoup au-dessous du Brillant.
Le Brillant de-j- à 3 grains de belle qualité, acheté par parties de 10 à 5o carats, vaut dé 168 à igi fr. le carat; ceux de 3 grains, qui sont très recherchés, valent en lots jusqu'à a 16 fr. A4 grains ( 1 carat) un Brillant vaut de 216 a 240 et même 288 fr. , lorsqu'il est très beau ; mais au-dessus d'un carat le prix augmente beaucoup et hors de proportion , et il est snjet à quelques variations , suivant le besoin du com-
meree. Une pierre de 5 à 6 grains vaut de 3 12 à 336 fr.$ à 6 grains de 400 à 480 fr. A. 1 2 grains ou 3 carats, où elles sont très recherchées pour des centres de collier, elles vont de 1680 à t$5o fr.; à 16 grains de 2400 à 3i20 fr. , et pour un seul grain de plus , elle peut aller à 38oo-fr.
On estime en général le Diamant taillé au-dessus d'un carat par le carré de son poids multiplié par 19a fr., prix du carat; mais de cette manière on n'arrive pas toujours à des prix exacts pour des pierres de grande dimension ; par exemple, un Diamant de 49 carats ou 196 grains vaudrait, suivant cette estimation, 49 X 49 X 19a ou 460,99a fr., et une telle pierre a été payée par le vice-roi d'Egypte 760,000 fr.
Lorsque Te Diamant a des couleurs vives bien décidées, ce rjui est en général très rare, il prend encore une valeur plus considérable que lorsqu'il est limpide , quoiqu'il soit généralement moins recherché. Un Diamant de 8 grains d'un beau vert a été poussé à la vente de M. de Drée jusqu'à 900 fr. , et un diamant rose de 1 1 grains l'a été jusqu'à uooo fr. Les couleurs jaune et hyacinthe sont beaucoup moins recherchées. Un Diamant jaune de chrysolite de 10 grains n'a été à la même v«nte qu'à 600 fr., et un couleur hyacinthe de 1 5 grains à i56o fr. , par conséquent an-dcssous de la valeur des diaînans limpides <fe même poids.
Les Diamans de 5 à 6 carats sont déjà de fort belles pierres; ceux de 12 à 20 carats sont rares, et à plus forte raison ceux d'un poids plus élevé: on n'en connaît que quelquesuns qui dépassent 100 caiats.
Le plus gros Diamant connu est celui du Raja de Matun, à Bornéo; il est évalué à plus de 3oo carats ( plus de deux onces). Celui de l'empereur du Mogol était de 279 carats, et avait été évalué par Tavernier à 11723000 fr.; il le compare à un œuf coupé par le milieu. Celui de l'empereur de Russie .pèse 193 carats; il est de la grosseur d'un œuf de pigeon, et de mauvaise forme; il a été acheté 21 60000 fr., et 96000 fr. dç pension viagère. Le Diamant de l'empereur d'Autriche pèse i39 carats; il a une teinte jaunâtre, est taillé en rose et de mauvaise forme ; il est estimé 2600000 fr. Le Diamant du roi de France, qu'on nomme le régvfU, pèse i36 carats; il pesait 410 carats avant 4'éîrc taille. On assure qu'il a coûté