‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 2)Chapitre 17 sur 50 · CONTUSIONS ET PLAIES CONTUSES · texte numérisé non relu

CONTUSIONS ET PLAIES CONTUSES

limites les plus exlrC-mes sont déjà jaumUres et se fusionnent avec la teinte un peu jaune de la peau.

La cause des changements que subissent les ecchymoses dans leur couleuren passant graduellement par les teintes brun-olive, verdâtre et jaune, n’est pas connue. On a seulement remarqué que ces changements sont fort rares dans les contusions de parties éloignées de l’air et de la lumière. .Vinsi, quand on e.xamiue le sang infiltré profondément dans les muscles d’un membre, on trouve l’ecchymose noire, ou cramoisie, ou jaunâtre, enfin d’une de ces teintes qui se manifestent dans les caillots sanguins qui se décolorent; mais on ne la voit ni bleue, ni olivâtre, ni verte.

I.a durée d’une ecchymose est très variable ; elle est d’autant plus grande que l’épancbemenl sanguin est plus considérable et que la partie est formée d’un tissu cellulaire plus dense. Il n’est pas rare de voir dans les fractures du tiers supérieur de l’humérus, par exemple, l’ecchymose caractéristique persister assez longtemps après la consolidation de l’os; d’autre part, quand la teinte ecchymotique s’efface à la surface, l’infiltration sanguine persiste encore à l’intérieur; enfin tout disparaît par les voies si mystérieuses de l’absorption.

Les écrivains médico-légaux insistent avec raison sur le rapport qui existe parfois entre la forme du corps contondant et celle de l’ecchymose. Un coup de poing donnera lieu à une ecchymose plus ou moins quadrilatère, et un coup de fouet à une ecchymose rectiligne et étroite.

On ne peut guère confondre les ecchymoses avec d’autres colorations morbides. La persistance de la cbalcur et des autres propriétés vitales ne permettra pas non plus de prendre une tache ecchymotique pour une tache gangréneuse.

Le médecin légiste est souvent appelé à dire si des taches constatées .sur un cadavre sont ecchymotiques, et si l’on peut produire des ecchymoses sur un cadavre. Les vergetures de la putréfaction, les infiltrations sanguines qui se font hors des vaisseaux sur le trajet de certaines veines, après la mort, ne peuvent tromper un œil exercé. Quant à la production des ecchymoses sur un cadavre, des expériences, consignées dans la thèse de Hieu.x, établissent que si des violences sont exercées sur un cadavre refroidi, elles ne donnent lieu à aucun résultat; mais si au contraire le cadavre est encore chaud, on peut produire, non une ecchymose, mais une bosse .sanguine.

Une ecebymose étant donnée, il s’agit encore de savoir si elle succèile a l’action d’un corps contondant. La succion donne lieu à des ecebymoses qui traduisent assez bien par leur forme allongée celle de l’orifice buccal. Los vomissements, les efforts violents, produisent parfois dans certaines •régions, comme aux paupières, dans la conjonctive, de petites ecchymoses pointillées. Enfin il faut savoir que certaines ecchymoses sont tout à fait spontanées,

à/janchements ti'aumatxques de sang. — Au lieu de s’infiltrer dans les mailles du tissu cellulaire, le sang se réunit parfois en collection, qu’on

DKS MiSIONS TnAl•^f^TTOllES.

<l(5sigiic SOUS l(‘ nom iV épanché ment sanguin. Quelques ailleurs ont cru devoir distinguer ici la bosse sanguine <Ui dépôt sanguin, pour mieux exprimer : eerlaines parlicularitds de ces lésions.

Ainsi la bosse sanguine existe quand la quantité de sang épanché est peu considérable, et qu’auLour de la partie liquide de répanchement se trouve du sang infdtré qui donne aux tissus une notable fermeté. C’est surtout j au crâne qu’on observe cette variété d’épanchement sanguin; mais Vel- ; peau a justement fait remarquer qu’on peut la constater ailleurs. I

Le dépôt sanguin est formé par un épanchement plus considérable de l-: sang; on l’observe en général dans les parties où le tissu cellulaire est i lâche. Son volume atteint parfois d’énormes proportions, et il n’est pas j-i rare de voir une vaste collection sanguine tendre, comme une vessie || pleine, les téguments d’un membre. 1

Ces bosses et ces dépôts sanguins se résorbent parfois avec une très h grande rapidité. Dans certains cas, c’est la partie inliltrée qui disparaît ) d’abord, et la partie liquide persiste plus longtemps.

On voit assez souvent le sang rester à l’état liquide pendant un temps <• considérable, et, au bout de plusieurs années même, sortir de la poche ï qui le renferme, rutilant et limpide comme s’il s’échappait d’un vaisseau. L’examen microscopique n’a pas fait découvrir, dans quelques cas, d’ailé- lration des globules rouges du sang. Mais d’ordinaire, si le sang ne se résorbe pas, il se concrète en caillots fibrineux ou se dépouille en grande it partie de son sérum, et ne forme plus qu’une masse poisseuse, qu’on a j; comparée avec raison au raisiné. Quand tout le sérum est résorbé, la ma- 1 tière librineuse, qui seule persiste, acquiert une dureté variable, qui peut ! arriver à la consistance osseuse et faire croire à une exostose. La durée de ces masses hématiques est souvent fort grande.

Enfin, dans d’autres cas, la partie séreuse du sang s’isole seule des matériaux solides, et de là résultent des collections liquides dont la coloration varie de la teinte chocolat à la teinte jaune-paille, suivant qu’au sérum se mêle ou non la matière colorante du sang. Nous reviendrons à l’instant sur ces épanchements traumatiques de sérosité.

Tels sont les seuls changements dont soient susceptibles les épanchements sanguins. Nous ne trouvons pas dans la science d’exemples qui démontrent la transformation du sang épanché en tumeurs fibreuses, cancéreuses, érectiles, etc.

Les symptômes des épanchements sanguins du premier degré sont une légère tuméfaction sans chaleur ni rougeur inflammatoire. Un peu de gêne et une légère douleur à la pression sont les seuls phénomènes qui rappellent au malade la lésion dont il est atteint.

Les véritables dépôts sanguins ne se traduisent souvent par aucun symptôme autre qu’une tuméfaction plus ou moins notable, accompagnée ou non d’ecchymose. Cette tuméfaction, dans la majorité des cas, diminue peu à peu et finit par disparaître. Mais plus rarement à cause de la violence ou à lasuite dusphacèle de la peau, ou bien encore sous quelque

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