COMBUSTION SPONTANEE
l’extension, et vice versa. Un agira de la même façon pour les brûlures du cou; mais ces précautions si justemcnl recommandées, mais si souvent infructueuses, ne devraient point être continuées si l’on s’apercevait que leur maintien eût pour résultat de s’opposer à la cicatrisation, et d’entretenir une suppuration exagérée qui aflaiblirait le malade.
Si l’on arrive à obtenir une occlusion complète de la plaie, sans rétraction, sans adhérence morbide, il ne faut point encore abanrdonner à ellesmêmes les cicatrices de nouvelle formation; car les tissus cicatriciels conservent pendant assez longtemps une puissance rétractile considérable contre laquelle il faut lutter, si l’on ne veut point voir se reproduire les déformations qu’on cherchait à éviter. Aussi doit-on maintenir jusqu’à l’organisation complète de la cicatrice les tentes, les mèches, les appareils à extension, etc., etc., dont nous avons parlé plus haut.
Dans le sixième deyré de la brûlure, les lésions sont souvent si étendues et si profondes, qu’on ne peut guère espérer de sauver la vie au malade qu’en amputant le membre brûlé. Cette dernière ressource de la chirurgie doit être proposée dans le cas où la santé générale est gravement compromise. L’ouverture d’une grande articulation , la destruction des vaisseaux et des nerfs, sont des lésions locales qui doivent aussi porter le chirurgien à pratiquer une amputation, quoiqu’elles ne lui fassent pas une règle absolue de cette opération. En effet, l’histoire de l’art nous montre guéris de malheureux brûlés qui se sont obstinés à refuser l’amputation qu’un chirurgien croyait devoir leur proposer. Il faut donc toujours faire la part des circonstances propres à chaque individu. Enfin, quand l’amputation est décidée, il faut la faire au-dessus des parties mortifiées. On aura soin de ne point pratiquer cette opération pendant l’état de stupeur ou d’c.xaltation douloureuse des premiers moments de l’accident; on évitera aussi la période de réaction inflammatoire. La multiplicité et la profondeur des brûlures ont plusieurs fois exigé le sacrifice de deux membres chez le.mème individu, et l’on cite un certain nombre de guérisons à la suite de ces grandes mutilations.