‹ Traité élémentaire de pathologie externeChapitre 3 sur 88 · I. ^ MAUUMSt W VATZXXAM BX Ii'OBBUi · texte numérisé non relu

I. ^ MAUUMSt W VATZXXAM BX Ii'OBBUi

ARTICLE PREMIER

LÉSIONS TBACHATIQUeS DU PAVILLO!! DE L*OR£ILLS.

1* Contusions.

Les contusions du pavillon de l'oreille ne sont pas rares à la suite de chutes ou de coups appliqués sur le côté de la tête. Dans Tun et l'autre cas, le pavillon se trouve pris entre l'agent contondant et le plan osseux résistant qui lui est fourni par les régions temporale et mastoïdienne.

Ces contusions s'accompagnent souvent d'ecchymoses et quelquefois d'épanchements sanguins. Dans certains cas exceptionnels, la violence extérieure ne borne pas son action aux parties molles et détermine la rupture du cartilage. Celle-ci a d'autant plus de chance de se produire que la contusion est plus forte et que le cartilage a perdu de son élasticité et est devenu plus cassant, soit par suite du progrès de l'âge, soit par suite d'un état pathologique. Dans cette dernière condition, on a vu la rupture du cartilage déterminée par un violent soufQet

Les contusions du pavillon.de l'oreille réclament l'emploi des topiques résolutifs ordinaires. S'il y a rupture du cartilage, on pourrait maintenir le pavillon appliqué sur les parties latérales du crâne avec une simple bande ou un bonnet garni d'ouate. Dans un cas rapporté par Jarjavay (1), les fragments cartilagineux ne se réunirent pas, ou du moins ils restèrent mobiles, de telle sorte qu'ils pouvaient Ctre plies Tun sur l'autre comme les feuillets d'un livre.

Avant de terminer ce qui a trait aux contusions du pavillon de l'oreille, nous devons signaler une forme particulière de trautïiatisme qui consiste dans des contusions, des compressions, des tiraillements fréquemment répétés, comme on l'observe chez les athlètes, les lutteurs ou certains aliénés.

La répétition des pressions et des froissements, jointe sans doute à la congestion de toutes les parties de la face pendant les efforts, a pour conséquence d'amener une sorte d'hypertrophie du tissu cellulaire souscutaué, qui se traduit par le développement exagéré des oreilles , la roul^eur et l'épaississement de la peau. Dans ces conditions, il n'est pas rare de voir, sous l'influence d'un traumatisme même léger, la peau se décoller du cartilage sous-jacent et une poche sanguine se former. Nous décrirons plus tard cette affection sous le nom d'hématome du pavillon.

2« Plaies.

a. Les plaies par instfitments piquants n'offrent en général aucune gra vite. La mode a môme consacré chez les femmes cette coutume de perfo-

(1) Anatotni€ chirurgicale, I* li Pt 525.

MALADIES DK L'AFPAREIL AUDITIF. 25

rer le lobule pour y suspendre des boucles d'oreilles. Cette opération se pratique d'ordinaire à l'aide d'un poinçon très-aigu poussé à travers le lobule préalablement appuyé sur un bouchon. Elle est tellement bénigne qu'on l'abandonne généralement aux soins du bijoutier ; cependant il faut savoir que, chez certains sujets lymphatiques, à peau fine et délicate, la petite opération dont il s'agit peut ôtre l'origine d'accidents assez sérieux développés sur le pavillon et capables môme d'envahir le visage. Triquet a insisté avec raison sur ce fait et a cité des observations d'inflammations msipélateuses, eczémateuses, survenues à la suite de la perforation du lobule. Le chirurgien consulté sur l'opportunité de cette opération devra donc la proscrire chez les sujets scrofuleux, lymphatiques ou manifestement herpétiques.

b. Les plaies par instrumenis tranchants présentent plusieurs variétés. Lorsque la solution de continuité n'intéresse pas le bord libre du

pavillon, elle se comporte comme une plaie simple et guérit sans laisser de diJTormité, pourvu qu'on ait le soin d'affronter ses bords, soit avec quelques points de suture, soit avec quelques bandelettes de taffetas gommé.

Dans d'autres^ circonstances, la solution de continuité, intéressant le bord libre en un ou deux points à la fois, détache un lambeau plus ou moins étendu qui ne tient plus au pavillon que par un pédicule. Dans ces conditions, et quelle que soit la forme du lambeau et du pédicule, on doit tenter de réunir aussi exactement que possibtte les parties divisées à l'aide d'une suture comprenant la peau et le cartilage; car si la réunion manque quelquefois, et si le lambeau frappé de gangrène se sépare et tombe consécutivement, d'où résulte une dilTormité plus ou moins considérable, on connaît en revanche un certain nombre de cas dans lesquels les parties remises en place se sont exactement soudées, eu sorte que la forme du pavillon a été conservée. Bérenger-Féraud (11 a rassemblé sept cas dans lesquels le pavillon de l'oreille, ne tenant plus que par un mince pédicule, a pu être réuni avec succès.

Enfin il peut se faire qu'une portion plus ou moins considérable du pavillon se trouve entièrement séparée. Les chances de réunion sont ntrêmement faibles; cependant, si l'on considère la difformité qui résulte fatalement d'une semblable perte de substance, on doit encore tenter de réappliquer la partie divisée et de l'affronter exactement à l'aide de points de suture. Cette pratique a quelquefois été couronnée de succès, et Bérenger-Féraud en a rapporté quatre cas qui paraissent authentiques.

c. Les plaies contuses donnent lieu aux mêmes considérations et réclament les mêmes moyens de traitement. Elles s'accompagnent plus fréquemment que les précédentes de pertes de substance, qu'on peut réparer, lorsqu'elles ne sont pas très-considérables, en avivant les bords irrégu-

(i) Gaz. dit hôpitaux f 1870, d«* 71 et 72.

26 MALADIES DES RfClOSS.

liers et en les affrontant par la suture. Nélaton a réuni, après la chute des eschares, les deux moitiés d'une oreille divisée par une balle, et le résultat fut tellement parfait que la difformité était à peine sensible.

ARTICLE IL

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