‹ Traité élémentaire de pathologie externeChapitre 31 sur 88 · C. Cataractes secondairesm · texte numérisé non relu

C. Cataractes secondairesm

On désigne sous ce nom les opacités qui se montrent dans le champ pupillaire à la suite de l'opération de la cataracte par abaissement, division ou extraction. Elles sont constituées tantôt par des débris de capsule revôtus d'exsudats opaques, tantôt par des fragments du cristallin, tantôt enfin par des néo-membranes, résultat d'une iritis consécutive à l'opération.

Ces cataractes secondaires qui gênent le passage des rayons lumineoz doivent être écartées du champ de la pupille. Lorsqu'elles sont libres d'adhérences avec l'iris, le mieux est d'en tenter l'extraction soit à l'aide d'un petit crochet introduit à travers une ouverture linéaire de la cornée, soit à l'aide d'une petite pince spéciale connue sous le nom de sern^telle et que l'on introduit à travers une ouverture pratiquée dans la sclérotique.

MALADIES SX L A PAREIL DE LA TISIOH. 413

Dans le cas de fausses membranes adhérentes, on ne doit plus songer à fn faire l'eitractîon , mais & les déchirer pour donner passage h la lumière. On parvient le plus souvent i ce but à l'aide de deux aiguilles

Fia. 89. — OpinaoB penr li ulancls Kcoiidiir*,

iatroduîtes en deux points opposés de la cornée et dont les deux pointes imeoées au contact l'une de l'autre servent à pratiquer une brèche dans

l'i faune membrane.

§ X. — UrioM Titalet «t

Quand on considérait le corps vitré comme une niasse liquide, de coDsistance gélatineuse, dépourvue de vaisseaux et de nerfs, et presque uniquement soumise aux actions physiques et chimiques, il était difficile •l'admettre son inflammation isolée. Les recherches histologiques mc^ dentés ont fait justice de cette erreur en démontrant que le corps vitré est un véritable tissu vivant, renfermant des cellules propres, et susceptible par conséquent de devenir le siège de lésions vitales.

Ikinders s'est occupé expérimentalement des altérations qui surviennent dans le corps vitré, quand un corps étranger y pénétre. Il a imaginé ^ cet effet l'expérience suivante. On traverse l'œil d'un lapin de part en part, au moyen d'uue aiguille armée d'un fil en caoutchouc; cela fait, OD tend fortement le fli et on le fait couper en même temps des deux cAlés au ras de la sclérotique. Le fil, par son élasticité, revient sur luimême et se pelotonne au milieu du corps vitré.

Quelques heures après cette opération, on voit la portion du corps

TÎIré qui entoure le corps étranger devenir légèrement trouble, opaque,

pois membraneuse, et finalement envelopper complètement le corps

étranger, qui disparaît ainsi aux regards 4e l'observateur.

Ce Eait, qu'il est facile de produire expérimentalement, s'observe son-

61ii MALADIES DES RÉGIONS.

Tcnt chez l'homme ; quand il ne s'est pas produit dliémorrhagies dans le corps Yitré^ on peut suivre pas à pas, au moyen de l'ophibalmoscope, les phénomènes pathologiques que nous venons de décrire. 11 est pourtant de règle d'observer dans ces cas, outre les opacités membraneuses qui entourent le corps étranger^ d*autres opacités qui traversent le corps vilré et semblent masquer le passage suivi par le corps étranger pénétrant dans l'œil. Il n'est pas rare, à la suite de ces Iranmatismes, de voir les opacités s'étendre peu à peu et envahir tout le corps vitré.

La tuppuration du corps vitré peut survenir à la suite de traumatismes, ou consécutivement aux opérations qu'on pratique sur l'œil, en particolier après la cataracte, quand il y a un prolapsus du corps vitré ; la maladie succède alors le plus souvent & une choroldite purulente, et noos reviendrons sur ce sujet en parlant du phlegmon de l'œil. On obserre aussi parfois la suppuration du corps vitré dans certaines maladies géo^ raies : fièvres typhoïdes graves, méningites, pyohémie. Cette affectioa était décrite autrefois sous le nom i'opfuhalmie métastatique; elle est le plus souvent consécutive aussi à une choroldite purulente.

2* Opacités du corps ^tré (mouches volantes, myodésopsie).

A l'état physiologique, il existe dans le corps vitré des éléments cellalaires libres, véritables corps flottants, qui ne donnent lieu à anémie observation particulière. Il est facile de les rendre apparents en rep^ dant à travers une fine ouverture pratiquée dans une carte à jouer sur mie surface uniformément éclairée, un mur blanc ou la voûte céleste. On voit apparaître ainsi, dans la surface rétrécie du champ visuel unirormfment éclairé, de petits points noirs, des filaments plus ou moins foncés qui se meuvent spontanément, dans un sens et dans l'autre. En fcisant cette expérience, on se rend très-bien compte des phénomènes qo'^ prouvent les malades qui se plaignent de mouches volantes.

Dans les mouches volantes et les corps flottants du corps vitré, on doit distinguer deux variétés principales. Les uns sont simplement p^rços par le sujet, et l'observateur ne peut pas les découvrir au moyen de Tophthalmoscope. Les autres, au contraire, sont assez développés poor qu'on puisse constater directement leur présence dans les milieux transparents. Les premiers doivent être considérés comme l'exagération d'im état physiologique, et n'offrent qu'une importance secondaire; les antres, au contraire, méritent d'attirer l'attention du praticien, et sont soutint l'indice d'un état pathologique grave des membranes du fond de l'œil.

Sthptomatologie et diagnostic. — Les malades qui ont des opacilê^ flottant dans le corps vitré se plaignent de points noirs, de petits nuages plus ou moins épais qui traversent à chaque instant l'étendue du champ visuel ; ces points leur apparaissent avec beaucoup plus de netteté quand ils projettent leurs regards sur une surface uniformément éclairée. Après

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aTOÎr fait exécuter un mouvemenl de bas en haut à l'œil, si celui-ci reste immobile, le nuage descend lentement au-devant de lui {scotome mobile).

Certains malades^ afin de mieux voir, chassent en haut le globe de Toril au moyen d'un mouvement brusque ; ce mouvement répété à chaque instant par saccade, donne à leur physionomie quelque chose de caractéristique.

Pour constater, au moyen de l'ophthalmoscope, l'existence de corps flottants dans le corps vitré, il faut se servir d'un faible éclairage et d'un miroir plan (miroir de Coccius^ plaques d'IIelmholtz)^ et éclairer simplement le fond de l'œil, sans se servir de lentille interposée. En faisant imprimer au globe oculaire de légers mouvements en haut et en] bas, OD verra se mouvoir^ sur le champ pupillaire uniJEbrmément éclairé, les petits flocons noirfttres contenus dans le corps vitré. Avec un faible éclairage, on pourra ainsi observer les moindres opacités qui échappetalent facilement à l'observateuTiS'il employait un éclairage trop intense. C'est ainsi que certaines formes .de rétinites spécifiques s'accompagnent de fines opacités siégeant dans le corps vitré et qui voilent comme un nuage de poussière le fond de l'œil.

Pbonostic. Traftembet. — Les mouches volantes physiologiques qui n'occasionnent que des troubles subjectifs, qui échappent à Tobservation ophthalmoscopique, qui ne sont accompagnées d'aucune altération du fond de l'œil, bien que tourmentant souvent beaucoup les sujets qui en* soDl atteints, constituent plutôt une gêne, un ennui, qu'une véritable maladie; aussi leur pronostic n'est jamais sérieux. Quant au traitement, il est des plus simples et doit consister dans la cessation de travaux trèsassidus, l'emploi de quelques purgatifs, l'usage de verres légèrement Aimés.

Quand les mouches volantes constituent un phénomène pathologique, comme elles accompagnent fréquemment d'autres lésions des membranes profondes, leur pronostic est plus grave et se trouve intimement. lié à celui de la maladie qui leur a donné naissance. L'apparition de monches volantes, dans la scléro-choroldite postérieure, dans la myopie progressive, est un signe f&cheux, car il dénote une activité nouvelle survenue dans le processus morbide, et il est souvent le signe précurseur d'un ramollissement du corps vitré et d'un décollement de la rétine. Dans ces cas, les émissions sanguines locales, le repos absolu pendant vingt-quatre heures, dans l'obscurité, la cessation complète de tout travail, l'usage de pilules de sublimé de 1 centigramme, modifient souvent d'une manière heureuse la nutrition de la choroïde, et peuvent en* rayer le processus morbide. Les opacités qui accompagnent les rétinites spécifiques cèdent dliabitude aussi à un traitement spécifique, mais elles se reproduisent avec une singulière facilité, malgré le traitement, qui doit Atre parfois prolongé fort longtemps.

&16 UALÂDIBS DES RÉGIONS.

3* Hémorrhagiet dans le corps vitré.

Des hémorrhagies spontanées se produisent parfois dans le corps vitré sans qu'on puisse en déterminer la cause. Quand ces hémorrhagies sont peu abondantes, elles apparaissent sous forme de flocons filamenteux, et donnent lieu à tous les symptômes des mouches Tolantes; mais elles peuvent être assez considérables pour abolir tout à coup complètement la vision et la réduire à une simple perception lumineuse quantitative. Ces opacités membraneuses occupent alors toute l'étendue du champ popillaire, et au premier abord on pourrait croire qu'il s*agit là d'opacités siégeant dans le cristallin; mais l'examen à l'éclairage oblique et la recherche des reflets capsulaires permettront d'éviter la méprise.

Ces hémorrhagies y qui sont le plus souvent la conséquence de la rupture de quelque vaisseau dans les parties équatoriales de la choroïde, ne sont pas très-graves tant qu'elles ne s'accompagnent pas de décollement de la rétine; elles se résorbent d'habitude assez rapidement, et l'on peut constater alors, dans les parties équatoriales de l'œil, le point de départ de l'hémorrhagie, sous forme d'un point cicatriciel blanchâtre, entouré parfois de masses noires pigmentaires. On peut voir, au beat de quelque temps, le même phénomène se reproduire, mais il se eom* ' plique souvent à la longue d'un autre symptôme beaucoup plus grave, le décollement de la rétine, résultant de l'infiltration sanguine entre cette membrane et la choroïde.

4* Syneliisîs étincelant.

Cette singulière affection est produite, comme l'ont démontré pour la première fois Desmarres et Malgaigne (1), par la présence de cristaux de eholestérine dans Tintérieur du corps vitré.

A l'ophthalmoscope, parfois même simplement à l'éclairage oblique, on voit une foule de paillettes brillantes, chatoyantes, se mouvoir sur le fond rouge de l'œil. Quant aux symptômes subjectifs, ils sont à peu près les mêmes que dans les autres formes de mouches volantes.

Cette maladie fort rare a été observée sur des yeux atteints de cboroTdite chronique, et, dans certains cas rapportés par Desmarres, chez dc5 individus qui avaient été opérés de cataracte par abaissement. La chole5* térine disparaît peu à peu, très-lentement (treize ans dans le cas de 0^marres). On ne connaît encore aucun traitement bien efficace pour hâter rette résorption.

(i) Dasinarres, Ttailé dêt maladies des yaiia?, t. III, p. 801.

HALADIBS DE I'aPPARBIL DE LA VISION. kil

a. <- LÉSIONS VITALES ET ORGANIQUES AFFECTANT LA TOTALITÉ DU GLOBE

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