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LÉSIONS TRAUHATIÛCES DES PAUPIÈRES

Contusions et plaies.

Les ecntusions des paupières déterminent des ecchymoses souvent trèsétendues, et qui siègent tantôt dans la peau et le tissu cellulaire souscataiié, tantôt sous la C(H)jonctive. Ces ecchymoses, qui s'accompagnent généralement de gonflement des paupières, disparaissent en quinze ou vingt jours sous Tinfluence d'applications réfrigérantes et résolutives.

Les plaies des paupières sont superficielles ou profondes; ces dernières peuvent se compliquer de la section du releveur de la paupière et de la division de la glande lacrymale ou de ses canaux excréteurs.

Les plaies superficielles des paupières n'offrent rien de particulier à signaler. Les plaies profondes simples ou compliquées peuvent, au contraire, donner lieu à des accidents qui méritent de fixer un instant l'attention : ainsi, quand à la suite d'une plaie complète, les bords se cicatrisent isolément, il en résulte une fente verticale {cobboma) ou une fente transversale. On reconnaîtra que le releveur de la paupière ou le nerf qui ranime a été coupé, sil existe un prolapsus immédiatement après l'accident; l'épiphora peut reconnaître pour cause la section d'un des canaux lacrymaux; mais, en général, l'un supplée l'autre, et cet accident ne s'observe que rarement

Les plaies superficielles des paupières ne s'accompagnent en général que d'une tuméfaction légère; quand les solutions de continuité sont conluses et à lambeaux, il s'y montre parfois une inflammation suppurative ou gangreneuse. Une portion plus ou moins grande des paupières se détruit et s'élimine, d'où résulte souvent la formation d'un ectropion. Les contusions et les plaies des paupières déterminent quelquefois des troubles notables de la vision. Nous reviendrons sur ce sujet en pariant des lésions traumatiques de l'orbite.

TaAiTEifEnT. — Il faut réunir par la suture les plaies des paupières, même celles qui sont irrégulières et un peu mâchées. On recouvrira ensuite la partie d'un pansement simple ou de compresses trempées dans Teau froide. An bout de deux jours au plus, on retirera les fils, car les

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paupières se laissent facilement couper. Quand on suppose qae le corps vttlnérant a sectionné on conduit lacrymal^ faut-il, ainsi qu'on Ta conseillé, y introduire une soie de sanglier pour maintenir la continuité do canal jusqu'à cicatrisation? Ce moyen pourrait être utile, mais on sera toujours arrêté devant les diflScultés de son exécution.

ARTICLE II

VÊOMB VITALES ET OaGAinQUSS DES PAUPIÊBES.

10 Inflammations.

Les lésions inflammatoires des paupières peuvent affecter la peau et le tissu cellulaire, la conjonctive palpébrale, les glandes de Heibomius, les follicules des cils ou les glandes annexées à ces follicules.

Quoique le terme de bléphariie puisse s'appliquer à toutes ces formes d'inflammation des paupières, il est d'usage de réserver ce nom pour désigner les phlegmasies de la conjonctive palpébrale, et surtout les phlegmasies limitées au bord libre des paupières et qui atteignent l'appareil glandulo-ciliaire. Nous décrirons ici Vérysipèle et le phlegmon des paupières^ Vorgeolet ou furoncle des paupières^ et enfin^a bléphariie.

A. Êrytipèle et phlegmon dn paupières.

Caractérisé par de la rougeur, de la chaleur, du gonflement, Térysipèle phlegmoneux des paupières s'accompagne assez souvent de suppuration, et quelquefois de la mortification des téguments. C'est surtout chei les enfants placés dans de mauvaises conditions hygiéniques qu'on observe ces phlegmasies.

La complication la plus redoutable est la propagation de l'iaflammition au tissu cellulaire de l'orbite. Aussi, dès qu'on soupçonnera U présence du pus au-dessous des paupières, devra-t-on pratiquer sur le point le plus saillant une incision transversale.

Ajoutons, en terminant, qu'on a signalé quelquefois, à la suite d'abcès des paupières comme après les plaies de ces organes, de véritables amanroses.

B. OrgsoM.

On désigne sous ce nom un petit furoncle du bord libre de la paupière. Le siège anatomique de cette phlegmasie n'est point exactement déter^ miné. On Ta placé dans les glandes de la racine des poils ou dans le bulbe des cils.

L'orgeolet s'observe en général sur des individus jeunes, sanguins, cbex les jeunes filles dont la menstruation ne se Ait pas régulièrement, et il constitue chez certaines femmes un accident rebelle à toutes les médica»

tions, jasqo^ ce que les fonctions menstruelles se rétablissent. Chez rhomme, il faut admettre une certaine prédisposition» car quelques personnes sont tourmentées par de nombreuses récidives.

L'oi^eolet s'annonce par une tuméfaction assez dure, d'un rouge foncé, s'accompagnant d'une démangeaison vive, et plus tard d'une véritable douleur pulsatile. Il y a du larmoiement, du clignement, et parfois on observe un léger engorgement des ganglions préauriculaires.

An bout de quelques jours, le sommet de l'orgeolet devient blanchâtre, pois se perfore, et par cette ouverture il sort un petit bourbillon dont l'expulûon est en général suivie d'une guérison prompte. Parfois l'orgeolet ne passe point à suppuration, il reste à l'état stationnaire pendant un certain temps, puis il entre en résolution ou s'indure.

L'orgeolet est une maladie sans gravité; mais, par sa répétition sur divers points du bord libre des paupières, il finit par indurer ce bord, détruire les cils, et amener parfois des ulcérations qui se recouvrent de croûtes et entretiennent une blépharite des plus rebelles.

Au début, on doit prescrire des applications émoUientes, et parfois on prévient ainsi la suppuration; mais, quand celle-ci est manifeste, on hâte la guérison en ouvrant la petite tumeur, à l'intérieur de laquelle on passe légèrement un crayon d'azotate d'argent.

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