OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES DENTS
Nous nous bornerons à indiquer ici les principales opérations qui fc pratiquent sur les dents, renvoyant pour une description plus complMc aux traités de petite chirurgie ou aux ouvrages de chirurgie dentaire.
1" Ligature des dents. — La ligature est employée soit pour maintenir en place des dents ébranlées, >uxées, fracturées ou réimplantées, soit pour assurer l'immobilité des fragments dans les fractures des mâcholref. L'opération se pratique à l'aide d'un fil porté d'abord autour du collet de la dent malade, et dont les chefs, entrecroisés au niveau de l'espace 'mterdenfaire, sont ensuite portés autour de la dent la plus voisine. La nature du fil à employer a son importance : les Qls métalliques usent rém.<il au niveau du collet des dents et ouvrent ainsi une porte à la carie dectaire. Aussi doit-on leur préférer des Ûls organiques, tels que les fils de caoutchouc (Tomes) ou ceux d'intestin de ver à soie (Magitot). La ligature doit être enlevée dès qu'il survient des symptômes inflammatoires, soit du côté de la gencive, soit du côté du périoste alvéolo-dentaire.
2^ Cautérisation. — La cautérisation est employée pour combattre les douleurs odontalgiqucs violentes ou l'extrême sensibilité de l'ivoire dun> la carie ou pour détruire la pulpe dentaire mise à nu.
Les divers caustiques ne méritent pas tous la môme conGance. Le cautère actuel, sous forme d'aiguilles, est difficile à manier; le galvanocautère pourrait offrir plus d'avantages. Cependant on emploie piu> particulièrement les caustiques, comme le chlorure de zinc à rctalde> lution concentrée et l'acide arseniéux. Ce dernier, réduit en pAte an nioydi d'une goutte d'eau, est introduit dans la cavité cariée, préalablement nettoyée et essuyée, puis on protège la langue et les lèvres contre son con» tact en bouchant avec soin la cavité au moyen d'une petite boule uo colon sec ou imbibé de teinture de benjoin.
La douleur produite par la cautérisation est très- variable comme .ntensité et comme durée ; elle est sourde, obtuse, lorsque la cavité de j pulpe n'est pas ouverte ; elle est vive et généralement de peu de durt-e, dans le cas contraire ; mais il est rare qu'elle se prolonge au delà d'uL journée, à moins de complication de périostite alvéolo-deotaire.
3*^ Résection. — L'ablation d'une partie des tissus durs d'une dent r^t pratiquée soit pour isoler deux organes Irès-rapprochés ou dont Tun dVt:\ est atteint de carie dentaire^ soit pour débarrasser une surface ou uni cavité carieuse de toutes les parties malades.
MALADIES DBS DBRTS. 697
Lorsqu'il s'agit sinij[>Iement d'élargir ou de rétablir l'espace interdentaire ou de polir une surface atteinte de carie, on se sert d'une lime plate et fine. Si la cavité carieuse est profonde, anfractueuse, on commence d'abord par la nettoyer et la vider avec des petits crochets ou des pinces droites ou courbes enveloppées de coton ou de linge fin. On procède ensuite à ia résection des tissus malades avec des instruments appropriés: gouges, ruginesy curettes, fraises et forets.
4"" Obturation. — L'obturation a pour but d'empêcher les substances contenues dans la bouche d'arriver au contact des parois de la cavité carieuse et d*y séjourner. Pour obtenir ce résultat, il faut que la substance obturante soit dure ou durcisse en peu de temps, qu'elle soit imperméable, qu'elle se moule exactement et qu'elle ne soit pas susceptible d'altération ou de retrait.
On peut faire une bonne obturation temporaire avec de la gutta-percha ramollie dans l'eau chaude, qu'on foule avec soin dans la cavité carieuse. Des boulettes de coton imbibées de solutions alcooliques ou éthérées, de sandaraque, de mastic, de copal^ de résine, etc., durcissant par l'éva* poration, donnent également de bons résultats.
Pour faire Vobturationdéfinitivey on se servait autrefois d'un amalgame de plomb, d'où le nom de plombage des dents appliqué à l'opération. Mais on ne tarda pas à lui substituer l'amalgame d'argent ou celui d'argent et d'étain. L'amalgame, ayant la consistance de la cire, est introduit dans la cavité à obturer et tassé solidement avec des fouloirs, de manière à le mettre en contact avec tous les points; on enlève ensuite tout ce qui déborde et l'on polit au brunissoir. Un inconvénient sérieux, qui doit faire bannir l'amalgame de l'obturation des incisives et des canines^ c'est qu'il s'altère et noircit assez vite.
L'obturation par l'or en feuilles minces ou à l'état spongieux et cristall'm est aujourd'hui la plus employée. Pour faire l'obturation, l'opérateur roule dans ses doigts la feuille ou l'éponge d'or et en fait une boulette de dimension voulue qu'il introduit dans la cavité dentaire; il la presse ensuite et la tasse comme pour le plombage, enlève ce qui déborde et polit au brunissoir.
Les alliages et les amalgames ont pour inconvénient de ne pas adhérer aux parois de la cavité et finissent par tomber au bout d'un temps variable. Aussi certains dentistes se sont*ils préoccupés de trouver une substance durcissante , subissant peu de retrait et ayant la propriété d'adhérer à l'ivoire. Ces conditions se trouvent réalisées dans le ciment Sorelt qui n'est autre qu'un mélange de poudre d'oxyde de ^inc et de chlorure du même métal en solution concentrée. La pâte formée par le mélange acquiert rapidement la dureté du stuc et conserve sa couleur blanche.
5* extraction des dents. —-On peut avec Sarrazin (1) résumer dans les
(I) Dici, iê méd. $t de ehir, praf.» art. DE.Trs, t. IX, 18G9.