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CHAPITRE IX

MALàDIirS DES GENCIVES

ARTICLE PREMIER

LÉSIONS TRAUMATIQUES DES GEWafXS.

Les lésions traumatiques des gencives n'ont qu*nne très-médiocre importance. Qu'il s'agisse d'une plaie, d'une contusion, d'ane déchirure i« d'un décollement, la réparation se fart avec mpidiffi et sans accident U

MALàDlES DES GENCIVES. 711

plaie est-elle simple? la réunion se fait par première intention. Il en est de même dans les cas de déchirure et de décollement ; les tissus replacés se recollent rapidement au moins dans la plus grande partie de leur étendue. Lorsque la plaie est contuse, il survient un gonflement inflammatoire quelquefois très-considérable; on pourrait craindre de voir lesphacèle s'emparer d'une grande partie de la gencive; mais bientôt, sous l'influence d'un traitement approprié^ on voit le gonflement disparaître et ne laisser après lui qu'une perte de substance insignifiante.

L'hémorrhagie est généralement modérée et s'arrête d'elle-même ; si elle persiste, on s'en rend facilement mattre en appliquant sur la plaie de petits tampons de charpie ou d'amadou imbibés de perchlorure de fer.

ARTICLE IL

LÉSIONS TITALÉS ET ORCANIQUES DES GERCXTE8.

La gingivite aiguë ou chronique, le ramollissement des gencives^ ne doivent pas faire l'objet d'une description à parL En effet, l'histoire de la gingivite généralisée se confond avec celle de la stomatite^ qui est plutôt du ressort de la pathologie interne; il en est de même du ramollissement des gencives qui n'est que le symptôme d'un état général plus ou moins grave de l'organisme (scorbut, anémie par mauvaise alimentation ou alimentation insuflSsante, etc.). Quant aux gingivites circonscrites, leur histoire a déjà trouvé ou trouvera sa place dans les parties de cet ouvrage consacrées à la carie dentaire, à l'ostéo-périostite alvéolo-dentaire (gingivite expulsive).

En dehors des ulcérations scorbutiques ou de causes inflammatoires, les ulcératicns des gencives sont rares. Les seules qu'on trouve mentionnées dans les auteurs sont : le chancre induré^ le cancrotde, et peut-être Vulcère scrofuleux. Ces lésions n'empruntent, du reste, aucun caractère particulier à la région, et le diagnostic en est généralement facile.

1® Tumeors.

On observe sur les gencives plusieurs variétés de tumeurs qui naissent soit de la gencive elle-même, soit du périoste ou du tissu osseux alvéolaire ou inleralvéolaire.

Parmi ces tumeurs, il suffira de mentionner les tumeurs érectiles qui se présentent avec leurs caractères habituels. Je ne crois pas devoir insister davantage sur les tumeurs désignées sous le nom de polypes des gencives j de papillomes^ et qui sont constituées par des hypertrophies partielles. Je décrirai seulement ici Vhypertrophie congénitale des gencives et IV/ni/û.

A. UypeftropMs eongénitaU.

Cette affection, qui parait très- rare, a été observée pour la première

712 MALADIES SES RteiONS.

fois par Saller (1) en 1859. Gross (2), Heath (S) et Walerraann (i) en ûdI décrit depuis trois nonveaox exemples.

L'hypertrophie des gencives a été remarquée dès les premien mois q^i ont suivi la naissance, et ses progrès ont été généralement asseï ^apide^ Lu tuméfaction, qui occupe tantôt égaiement, tantAt inégalement les deux irlchoires, peut acquérir un volume a=st[ considérable pour empêcher l'occlusion àe ,1a bouche. On observe alors une ma^sc rosée, lobulée, dense, insensible, faisant saillie entre les lèvres maintenues écarlén- Dans un cas de Mac-Gillivray, cité pir Heath (fig. 160), ies e^ccroissanccs énonr» naissaient principalement de la face linguale de la portion alvéolaire des m^ choires; la Tace labiale était relativement FM. 160. - H,per,r.Mhi. ««s«.iui. «aine; ces excroissances recouvraienl U dn EBiciic*. voùtc palalinc.

On a pu reconnaître que celte aETectioD est parrois constituée par une hypertrophi» portant h la foia sur les çeivcives et les bords alvéolaires. L'examen bistologique a fait coasuier un développement considérable des papilles.

La maladie n'cntiave pas nécessairement le développement des AtaU qui restent enfouies au milieu des excroissances gingivales. Dans le eu de Salter, il est dit que les dents avaient un volume insolite et s'ét^tiem développées prématurément

On ne sait rien sur les causes de l'hypertrophie congénitale desfnicives. Les auteurs indiquent que les sujets étaient scrofuleux, d'une intelligence médiocre ; le malade de Salter était épileptique. Enfln on i iui>i signalé comme lésion concomitante un développement exagéré des p«i"i à la surface du corps.

Le traitement a consisté dans l'excision et la cautérisation des parties exubérantes. Dans le fait de Mac-Gillivray représenté flg. 160, l'eilrution de la masse se fit en trois séances, b quelques jours d'intervalle; 1t> parties molles furent enlevées avec le bistouri ; quant h la portion tlieolaire, elle fut excisée avec la pince de Liston. L'hémorrbagie, assez aboodante, fut airétée par le fer rouge. Le résultat fut Irfts-satisbisant et li récidive ne semble pas avoir eu lieu.

(t) Botme't Syiiem of Sttrgtm, vol. IV, p. 313. {2) Syitem of Surgery, 2* édil., toI. Il, p. Mi. (3) ivuriet amd Dittaut of the Jam, p. ISB, (I) Botlon Mai. a»i Surg. Jotirm., ntil 188».

HAUDtES DBS fiutcivEa. 7t3

B. Épuli$.

Sot» le nom d'épulis (in'i, sur, <Zk<n, gencifes] on a confondu plusieurs Tariélés de tumeurs, différentes les unes des autres par leur structure, mais présentant comme caractères communs leur origine sur les bords alréolaires et leur tendance à envahir les parties saines de la gencive.

Nagitot, Èlémoin tur h$ tunuur$ du ptrioite dtniaire. Paris, 1 859.

A»ToiiiE PATHOLOGiouE. — Dans l'immense majorité des cas, les ëpulis sont des tarcamei, dont on distingue plusieurs variétés, suivant la nature des éléments qui prédominent dans la tumeur. Les variétés de sarcome le plus souvent observées aux gencives sont, par ordre de fréquence : le urcome k cellules myéloTdes {tumeurs à myéloplaxea et à médullocellet), le sarcome fascicule [tumeurs filiro-plaitiques de Lebert), et le sarcome à cellules géantes. Il n'est pas rare de trouver au milieu du tissu sarcomateux du tissu osseux ou du tissu cartilagineux ; on donne à ces tumeurs le nom de sarcomes ossifiants ou de chmdrosarcomes.

L'êpuljs sarcomateuse prend naissance dans le périoste, et, plus particulièrement pour la variété à cellules myéloldes^ à la face profonde de celte membrane. Les auteurs ne sont pas d'accord lorsqu'il s'agit de préciser davantage le siège primitif de la production morbide : pour les uns, elle a son point d'atlaclie dans l'espace interdeutaire; pour d'antres, dans le périoste alvéolo-den taire,

loit au niveau du collet de la dent (Sal- p,,. jfl|..É|»ii,urni.i.iiiu«iMMBt 1er), soit plus profondément (Magitot). a» ii [«roi iDUniiiotai™.

D'après le professeur Dolbeau, l'épulis &

mjréioplaxes naîtrait de la paroi alvéolaire elle-même, et plus spécialement dans une cloison commune b deux alvéoles. La chose est vraie pour certains cas; mais, dans d'autres, la tumeur naît munïfestement de la face profonde du périoste aux dépens de la couche de moelle osseuse qui se trouve en ce point.

Quel que soit son siège primitif, la tumeur se développe du ctué de la bouche, repoussant devant elle le périoste et la muqueuse gingivale, les parois alvéolaires et les dents. Elle n'a que peu de tendance à se propager dans l'épaisseur du tissu osseux, et c'est par exception qu'on la Toit pénétrer profondément dans la m&choire, à moins qu'elle ne trouve dans le voisinage une cavité peu protégée, comme l'antre d'Highmore; elle peut alors y envoyer des prolongements qui atteignent un volume quelquefois considérable.

La tumeur est tantôt sessile, tantbt pédîculée ; & vrai dire, le point d'attache est toujours très-peu étendu au début, mais il s'élargit souvent plus tard au poiot d'occuper toute la moitié d'une mftcboire.

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