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CHAPITRE XIII

MALADIES DU YOaE DO PALAIS.

ARTICLE PREMIER

LtSIORB TRAUHATIQUKS DO TOILE DU PALAIS.

Les plaies simples du voile du palais ne nous arrêteront pas longtemps. Elles sont rares, à cause de la situation profonde de cet organe dans la cavité buccale ; et, d'autre part, elles n'ont d'importance pour le chirurgien que lorsqu'elles intéressent le bord libre. Dans ce cas, eo effets les deux lèvres de la plaie ont une grande tendance à s'écarter» et il importe de prévenir la cicatrisation isolée de chacune d'elles, et de tenter la réunion immédiate à l'aide de quelques points de suture métallique. Si, au contraire, le bord libre n'a pas été touché, il suffira de quelques caatérisations au nitrate d'argent pour amener la guérison.

Dans le cas de plaies étendues^ accompagnées de pertes de substance et compliquées de lésions des parties avoisinantes, telles que les plaies produites par les armes à feu, on peut voir persister des perforations plus ou moins larges, ou des déformations du voile du palais dues à des cicatrices vicieuses ou à des adhérences anormales avec le pharynx.

ARTICLE IL

LtSlORB VITALES ET OBCAHIQOKS DD VOILE DU PALAIS.

1® Affections inflammatoires.

Les affections inflammatoires du voile du palais et de ses piliers appar* tiennent à l'histoire des angines et rentrent par conséquent dans le domaine de la pathologie interne. Nous mentionnerons seolement ici le< abcès et le prolongement hypertrophique de la luette.

a. Les abcès du voile du palais ont en général pour cause^ soit une carie des dernières molaires, soit une angine phlegmoneuse. Dès le débat, la voix est nasonnée, la déglutition pénible et douloureuse, la respiratioo embarrassée. Ces symptômes s'accusent davantage et l'anxiété du malade augmente jusqu'au moment où le pus est évacué par une ouverture spoii> tanée ou artificielle. L'examen direct permet de reconnaître sur le voile lui-môme ou sur l'un de ses piliers une voussure ^lus ou moins proéminente, dans le point qui correspond à la collection purulente ; enfin, par l'exploration avec un ou plusieurs doigts portés dans la bouche^ on peut s'assurer s'il y a de la fluctuation. Dès que celle-ci sera reconnue, il 7 aura tout avantage à inciser immédiatement l'abcès pour mettra fin aux

MALADIES DU VOILE DU PALAIS. 82l3

souffrances du malade. Ou se sert, pour cette petite opération* d'un bistouri dont la pointe seule est libre et dont on entoure la lame d'une bande de toile ou de diachylon, dans la crainte de blesser la langue ou les lèvres du patient.

Vinflammation de la luette n'est pas rare et coïncide généralement avec celle de l'arrière-gorge ; elle disparait par les mêmes moyens que l'angine.

Le prolùngemeni hypertrophique de la luette {chute ou prolapsus de la luette) s'accompagne d'une augmentation de volume et d'un allongement de l'organe dont la pointe descend jusque sur la base de la langue et sur l'épiglotte ; de là résultent des mouvements incessants de déglutition et des accès de toux.

Des gargarismes astringents, des insufflations d'alun ou de légères cautérisations au nitrate d'argent, sufûsent contre l'engorgement récent de la luette; dans les cas rebelles, on a proposé Texcision d'une partie de l'organe^ mais il ne faut pas oublier que cette petite opération peut être suivie d'une altération du timbre de la voix.

2^ Tumeurs.

a. Les gommes syphilitiques ne sont pas rares au voile du palais et se présentent avec leurs caractères ordinaires. Nous n'avons pas à y insister.

b. On rencontre quelquefois sur le bord libre du voile du palais et au voisinage de la luette, ou même attachés à cet appendice, de petits polypes muqueux. Ceux-ci n'atteignent jamais un gros volume et sont fixés par un pédicule très-étroif et souvent fort long, ce qui leur permet de se déplacer facilement et de produire un chatouillement désagréable à l'isthme du gosier, d'où résultent des accès de toux, des envies de vomir. L'arrachement ou la section du pédicule se fait aisément.

c. Tumeurs adénoïdes. Adénomes. — Ces tumeurs ne sont bien connues que depuis peu d'années. Michon (1), un des premiers, appela sur elles l'attention des chirurgiens, en 1852, à propos d'une de ces tumeurs dont l'examen microscopique fut confié à Denucé et à Robin. La même année, Galliel et Bauchet (2) publièrent une leçon faite par Nélaton, à l'occasion d'une tumeur de ce genre. Après eux, Parmentier (3), Rouyer (&) et^ plus récemment, Letenneur (de Nantes) (5), firent connaître de nouveaux faits.

La plupart des micrographes admettent que les tumeurs du voile du

(1) Bull, de ta Soc. de cMr,, à janvier 1852.

(2) Gai. des kàp., 22 janvier 1852.

(3) Ga«. méd», 1856.

(A) Moniteur des hôpitaux^ 1857.

(5) Journal de méd. de VOnest^ 30 avril 1870.

SkU MALADIES DES BÂGIOITS.

palais désignées sous le nom d^adénomes sont constituées par une simple hypertrophie glandulaire, dont elles présentent les caractères anatomiques (voy. Adénomes). Contrairement à cette opinion» le docteur Coyne(l) pense, d'après l'étude attentive de l'une de ces tumeurs cnle- Tée récemment par Després, que ces tumeurs sont des tarcomet glandulaires.

Quoi qu'il en soit, ces tumeurs se rencontrent bien plus souvent sur le ^oile du palais que sur la voûte palatine ; elles se développent presque toujours aux dépens des glandes de la muqueuse buccale, exception* nellement aux dépens de celles de la muqueuse nasale. Leur siège de prédilection est donc bien plutôt la face inférieure que la face supérieure du voile, dans l'épaisseur duquel elles sont situées, tantôt à droite, tantôt à gauche, jamais sur la ligne médiane.

La marche de ces tumeurs est lente et insidieuse. Au début, elles passent souvent inaperçues parce qu'elles sont indolentes, et elles n'attirent l'attention du malade que lorsqu'elles ont acquis certaines dimensions. Leur volume varie depuis celai d'une noisette jusqu'à celui d'une grosse noix, ou d'un œuf de poule (Michon). Une des tumeurs enlevées par Letenneur était beaucoup plu^ considérable.

Lorsque ces tumeurs sont parvenues à un certain volume, on observe divers troubles fonctionnels : nasonnement de la voix, gêne de la déglo» tilion, et parfois reflux des boissons par les fosses nasales ; de même on comprend aisément qu'une tumeur volumineuse, occupant l'arrière-gorge, puisse déprimer la base de la langue, abaisser l'épiglotte et déterminer, surtout pendant le sommeil, des accès de suffocation.

A l'examen direct, et par l'exploration à l'aide des doigts portés <lans la bouche, on constate que la tumeur est bosselée et arrondie, saillante du côté de la cavité buccale, indolente, nullement fluctuante, et sans adhérence avec la muqueuse qui la recouvre : sa base est ordinairement très-large, et tout à fait exceptionnellement pédiculée, Les ganglions cervicaux ne sont pas engorgés.

DuGNOSTic. — L'élément le plus important du diagnostic est l'absence d'adhérences entre la tumeur et la muqueuse qui glisse aisément au devant d'elle et peut être plissée à sa surface; ce signe permettrait à lui seul do distinguer l'adénome des afleclions qui peuvent le mieux le simuler, comme les tumeurs fibreuses ou cancéreuses et les gatnmes. D'autre p^rU la marche lente de la maladie, l'absence de douleur, d'ulcérations, d>n* gorgement ganglionnaire, et les commémoratifs viendront confirmer le diagnosti& On pourrait peut-être, dans certains cas de tumeurs voIdmineuses, croire tout d'abord à l'existence d'une production fibreuse développée au niveau de la paroi postérieure du pharynx; mais il sera facile de s'assurer, au moment de la déglutition, que la tumeur se déplace et qu'elle accompagne le voile dans ses mouvements.

(1) Gqm. m^., l«'aoû( 1874.

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