UÀLADIES DU TOILE DU PALAIS
Le pnoNOSTic est peu grave : l'adénome n'altère pas la santé générale» et, après son ablation, il ne récidive pas. Cependant, il faudra dorénavant tenir compte des recherches récentes de Goyne et songer à l'existence possible d'un sarcome qui pourrait tout à coup prendre un développement considérable et envahir les parties voisines. On devra donc pratiquer le plus tôt qu'on le pourra l'ablation de la tumeur, sans attendre qu'elle gêne le malade par son volume.
Traitement. — La tumeur peut être enlevée avec le bistouri, ou détruite avec le fer rouge.
1* ExtirpcUion avec le bistouri. — - Une incision simple ou cruciale de la muqueuse, avec dissection des lambeaux, met à nu la face antérieure de la tumeur; l'énucléation s'achève à Taide du doigt ou d'une spatule. S'il y avait un pédicule, il suffirait de le sectionnera sa base, ou de le détacher par deux incisions curvilignes. Un tampon de charpie imbibé de perchlorure de fer et, au besoin, une légère cautérisation au fer rouge, arrô* teront l'hémorrhagie. Si la plaie est large, quelques points de suture métallique seront utiles pour assurer la réunion immédiate de ses bords.
2* Cautérisation. — Le cautère électrique, de préférence au cautère actuel, doit être porté, à plusieurs reprises et profondément, dans l'épais- : eur de la tumeur. Ce moyen, plus long que le précédent, n'expose pas comme lui à l'hémorrhagie, mais il est plus douloureux.
d. Cancer. — Le cancer primitif ^m voile du palais est rare; et, en tout cas, le mal ne tarde pas à s'étendre aux parties voisines, aux amygdales, à la base de la langue, etc.
D'après les auteurs du Compendium^ la forme épithéliale serait exceptionnelle, et la forme interstitielle presque seule observée.
Les divers symptômes ou troubles fonctionnels sont, au début, ceux de l'adénome ou de toute autre tumeur ; mais, à une marche plus rapide, le cancer joint une grande tendance à détruire les tissus qu'il envahit, de telle sortequ'on observera de bonne heure l'adhérence de la muqueuse, puis des ulcérations et des hémprrhagies, accidents qui ne se rencontrent jamais dans le cours du développement d'une tumeur adénoïde. A mesure que le mal continue ses progrès, le patient maigrit et s'épuise, et il finit par succomber, tantôt lentement, faute d'une alimentation suffisante ou à la suite de pertes de sang répétées, tantôt brusquement dans un accès de suffocation.
Les tumeurs syphilitiques seront aisément confondues avec le cancer du voile du palais, et, dans bien des cas, au début comme à la période d'ulcération, les commémoratifs et les effets du traitement par l'iodure de potassium pourront seuls trancher la question de diagnostic.
Le PROifOSTic est d'autant plus grave que la chirurgie est impuissante h enrayer la marche du cancer comme à prévenir sa récidive.
Le TRAITEMENT du cancer du voile du palais est le plus souvent palliatif. Il est rare, en effet, que Ton soit appelé assez tôt pour pouvoir enlever
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complètement le ^mal qui^ d'ailIeurS| ne tarde pas à se reproduire et & envahir des parties inaccessibles.
Le rôle du chirurgien doit se borner le plus souvent à atténuer les douleurs, à soutenir les forces des malades, à parer aux accidents et surtout aux hémorrhagies , à Taide des moyens accoutumés. Parfois, cependant, Tintervention chirurgicale sera utile pour faire disparaître ou atténuer quelque trouble fonctionnel menaçant directement la vie. Ainsi il pourra devenir nécessaire de faire usage de la sonde œsophagienne pour alimenter le malade, ou de pratiquer la trachéotomie, pour lui per<* mettre de respirer. Enfin, la destruction partielle de la tumeur, à l'aide du cautère électrique ou des flèches caustiques, pourra être indiquée pour faciliter la déglutition et la respiration.
e. CcUculs. — C'est une affection rare et encore peu étudiée. Les calculs ont pour siège probable les glandules de la muqueuse du voile do palais ; dans un des trois cas publiés jusqu'à ce jour, on ne trouva qu'un seul calcul (Krûger); dans les deux autres, il y en avait plusieurs (Auselmier).
3* Ulcérations.
Indépendamment des ulcères cancéreux dont nous venons de parler, on peut rencontrer au voile du palais des ulcérations syphilitiques et scrofuleuses,
a. Ulcérations syphilitiques. — Les ulcérations secondaires du voile du palais et de ses piliers sont très-communes, et les plaques muqueusts de la gorge sont assez connues pour qu'il soit inutile de les décrire.
Il n'est pas rare de rencontrer sur le voile du palais des ulcératicns syphilitiques appartenant à la période tertiaire.
Celles-ci commencent le plus souvent dans la cavité naso-pharjngienne, occupant simultanément ou isolément la face postérieure du pharynx et la face supérieure du voile du palais, en sorte qu'elles peuvent d'abord passer inaperçues. Ces ulcérations se propagent à la fois en surface et en profondeur et ne tardent pas à devenir visibles en contournant le bord libre du voile ou en le perforant. D'après Paul (de Breslau), on pourrait soupçonner l'existence des ulcérations de la partie supérieure du voile du palais par l'apparition à la face inférieure de celui-ci d'une tache rouge qui correspond exactement à l'ulcération siégeant à la paroi supérieure. De plus^ lorsque ces ulcères occupent une large surface, la tension du voile du palais est constamment accrue.
Les ulcérations syphilitiques du voile du palais entraînent sonrent à leur
«uite des adhérences anormales des piliers ou du bord libre, ou bien des
.perforations plus ou moins étendues. Nous reviendrons sur ces difformités
^consécutives du voile du palais.
I Jb. Ulcérations scrofuleuseSr — Ces ulcérations ne sont bien connues que