MALADIES DU TOILE DU PALAIS
depuis quelques années, grâce aux travaux de Bazin, de Constantin Paul (1) et dlsambert (2). Nous en dirons quelques mots, surtout au poinl de vue de leur diagnostic et des conséquences qu'elles entraînent à leur suite.
Les ulcérations scroruleuses de la gorge débutent généralement sur la paroi postérieure du pharynx et envahissent ensuite le voile du palais. Ce sont des ulcérations serpigineuses, à fond jaunâtre, sans profondeur, à bords non relevés, et entourées d'un mince liséré rouge violacé. Elles sont à peu près complètement indolentes.
Ces ulcérations s'étendent surtout en surface et détruisent moins en profondeur que celles qui sont dues à la syphilis. Cependant, il n'est pas rare d'observer à la longue une destruction plus ou moins étendue des piliers et du voile du palais, et consécutivement des cicatrisations vicieuses de ces parties et des adhérences avec la paroi postérieure du pharynx.
Les ulcérations scrofuleuses du voile du palais sont souvent confondues avec les ulcérations syphilitiques, et leur diagnostic présente quelquefois de sérieuses difficultés.
Indépendamment des renseignements fournis par Texamen des antécédents et de l'état actuel des malades (manifestations syphilitiques ou scrofuleuses), il est possible, dans la majorité des cas, de distinguer la nature de la maladie, d'après l'ensemble des symptômes objectifs.
Les ulcérations syphilitiques se reconnaîtront à leur forme plus ou moins arrondie, à leurs bords abrupts et quelquefois renversés en dehors, à leur fond grisâtre; tandis que les ulcérations scrofuleuses sont irrégulières, présentent des bords peu saillants, coupés obliquement et entourés d'un liséré rouge violacé. Le fond de l'ulcératiou scrofuleuse est aussi caractéristique; il offre une teinte jaunâtre, semblable à celle du tissu cellulo-adipenx; il est souvent couvert de gros bourgeons charnus, pâleft ou légèrement jaunâtres.
Enfin les ulcérations scrofuleuses se font encore remarquer par leur indolence et par l'absence d'engorgement des ganglions cervicaux, tandis que les ulcérations syphilitiques s'accompagnent d'ordinaf:e de phénomènes douloureux du côté de la gorge et d'engorgements ganglionnaires.
Le diaguostic des ulcérations du voile du palais est surtout important au point de vue du traitement à instituer. Dans le cas d'ulcérations syphi* litiques, les mercuriauz et surtout l'iodure de potassium suffiront à amener la guérison, tandis que ces mêmes moyens employés contre les ulcérations scrofuleuses seraient plutôt nuisibles.
Dans ce dernier cas, on prescrira les médicaments antiscrofuleux (huile de foie de morue, arsenicaux, quinquina, sulfureux, etc.), en
(i) Fougères, Êlud$ mr l'angine ulcéreuse maligne de nature terofuîeuse* Thèie da ^arU, 1871.
(2) Uambert, Soc. méd. de$ hôpitaux^ 25 novembre 1871.
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même temps qu'on conseillera une bonne hygiène. Mais il sera le plus souvent nécessaire d'insister sur le traitement local et de modiGer les ulcérations en les touchant avec la teinture d'iode, la solution d'acide chromiquc.
Enfln, dans certain cas où le diagnostic différentiel présente de grandes diflBcultés et où il semble que les ulcérations soient entretenues par une double diathèse, il sera bon d'associer ou de faire alterner les traitements antisyphilitique et antiscrofuleux.
Quant au traitement des difformités consécutives à ces ulcérations {per^ foratimSj adhérences anormales)^ nous en parlerons plus loin.
ARTICLE IIL
BVFOBlIlTtt ET VICES DE CONVOBHAnOH DU VOILE DU PALAIS.
Les difformités du voile du palais sont congénitales ou aceid^nteilcs : parmi ces dernières nous aurons à étudier les adhérences anormales du voile du palais et de ses piliers, ainsi que V absence totale ou partielle de ee voile. Nous décrirons simultanément les perforations accidentelles et congénitales.
1* Adhérences anormales du voQe du palais et de ses piliers.
Il n'est pas rare d'observer^ à la suite d'angines ulcéreuses, ces adhérences anormales qui ont été bien étudiées par le docteur Julius Paul (de Breslau) dans un mémoire traduit par le professeur Verneuil (1).
Sur 30 cas réunis par Paul, l'origine syphilitique des ulcérations de la gorge a pu être constatée au moins 26 fois; dans 3 autres faits, il semble que l'on ait eu affaire à une angine scrofuleuse; enfin, dans un cas, les ulcérations qui ont précédé l'adhérence du voile du palais étaient de nature diphthéritique. La syphilis est donc la cause la plus fréquente de la difformité que nous étudions, et il est inutile de dire qu'il s'agît toujours de manifestations tertiaires.
Rare dans Tenfance, l'adhérence anormale du voile du palais avec le pharynx s'observe surtout chez des adultes » et beaucoup plus souvent chez des individus du sexe masculin.
Dans trois cas, dus à Hoppe, Czermack et Goulson, il y avait soudure complète entre le voile du palais et la paroi pharyngienne, et par cou* séquent absence de communication entre la gorge et les fosses nasales. Mais le plus souvent il existe une ou plusieurs ouvertures, soit au niveau du bord libre, soit dans la continuité du voile du palais, ouvertures faisant communiquer les fosses nasales, le pharynx et la bouche. Enfin,
(1) De Vadhérenes du voile du palais à la paroi postérieure du pàoryvs (irdUvti gén. de mdd., 1865^ vol. H, p. A22).