‹ Traité élémentaire de pathologie externeChapitre 69 sur 88 · MALADIES DU VOILE DU PALAIS. SU · texte numérisé non relu

MALADIES DU VOILE DU PALAIS. SU

dans quelques cas, l'adhérence du voile du palais n'a lieu que d'un seul côté.

Cette difformité entraîne constamment à sa suite divers troubles fonctionnels, tels sont : les changements dans le timbre et la clarté de la voix, une certaine difficulté dans la déglutition, une diminution du goftt et de l'odorat, enfin quelquefois un certain degré de surdité.

La voix prend un ton nasillard, aussi bien dans les cas d'adhérences avec perte de substance du voile du palais que dans les cas où la soudure du voile avec le pharyux est complète (cas de Hoppe, Czermack et Coulson). Ce fait semble surprenant, attendu qu'on observe le même nasonnement de la voix dans des conditions diamétralement opposées, lorsque, par exemple, le voile du palais est largement fendu et que la communication entre les fosses nasales et le pharynx est considérablement élargie. L'étude de ces faits contradictoires a conduit Paul à émettre cette opinion que toute circonstance modifiant le calibre des cavités de renforcement de la voix change le rapport des volumes d'air mis en vibration, et produit ainsi le ton nasillard ou guttural de la voix. Ce phénomène ne dépend donc pas exclusivement de l'état de la cavité nasale, mais de l'état du voile du palais dont les mouvements règlent seuls les vibrations combinées des deux colonnes d'air existant dans les deux cavités bucco-pharyngiennes et nasales. On peut s'expliquer ainsi comment toute cause déterminant un trouble dans les mouvements du voile du palais s'accompagne de nasonnement de la voix. , Les troubles de la déglutition sont dus aux cicatrices qui gênent le jeu normal des muscles du voile du palais, et consistent surtout dans le reflux des aliments vers les fosses nasales, à moins qu'i| n'y ait soudure complète.

Le goût et l'odorat sont aussi plus ou moins affaiblis, ou même complètement anéantis dans le cas de soudure complète du voile avec le pharynx. Dans ce dernier cas aussi la respiration nasale est impossible, et il en résulte un état de sécheresse très-incommode du fond de la gorge.

Enfin, lorsque les ulcérations qui ont été le point de départ des adhérences se sont étendues jusque vers les orifices de la trompe d'Eustache, on constate une surdité plus ou moins accusée.

Le traitement des adhérences anormales du voile du palais avec le pharynx est assez peu efficace. Il est d'abord très-difficile, sinon même impossible de les prévenir, en cautérisant avec soin les ulcérations et en favorisant à l'aide de moyens mécaniques leur cicatrisation isolée. Une fois les adhérences produites, il n'est pas aisé de les faire disparaître, et les opérations pratiquées dans ce but par divers chirurgiens n'ont fourni pour la plupart que des résultats très-incomplets.

2* Al>sence de la lacUe et du voile du palais.

La luette peut être détruite, soit par un traumatisme, soit par une

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ulcération syphilitique ou scrofuleuse. Celte difformité est sans impor* tance et généralement exempte de tout trouble fonctionnel.

Il n'en est pas de même de l'absence totale ou partielle du voile da palais que Ton observe dans les mômes circonstances. L'altération considérable de la voix^ les troubles de la déglutition» les modifications dans les sens du goût et de Todorat se manifestent à un haut degré, comme dans les perforations étendues de la voûte palatine. Nous n'avons pas à y revenir.

La chirurgie est impuissante à remédier à une semblable difformité, que l'on peut seulement pallier à l'aide d'appareils prothétiques plus oa moins compliqués.

8® Perforatioiu et di? ittont •

Les perforations du voile du palais sont accidentelles ou congénitaks. Les premières s'observent dans les circonstances que nous avons précédemment indiquées et succèdent à des lésions traumatiques ou à des ulcérations syphilitiques ou scrofuleuses. Jobert (de Lamballe), cité par les auteurs du Campendtum, a rapporté un fait de perforation médiane du voile du palais, survenue à la suite d'une rougeole.

Les perforations accidentelles peuvent occuper tous les points da voile du palais et siéger sur la ligne médiane ou sur les parties latérales. Elles sont plus ou mojns étendues et de forme plus ou moins régulière. Leurs bords, généralement amincis, sont formés par du tissu cicatriciel.

Je dois mentionner une variété de fissure du voile palatin dont Texistence n'est peut-être pas encore suffisamment démontïée, et qui tiendrait le milieu entre les perforations accidentelles et les perforations coDgénitaies. Je veux parler de division spontanée du voile du palais, survenue après la naissance et en dehors de toute cause pathologique appréciable. Chez une petite fille observée par le professeur Trélat (1), la partie médiane et antérieure du voile du palais était mince, tendue, blancbàire comme une cicatrice, et au milieu de celte partie blanchâtre, juste der> rière le bord de la voûte osseuse, il existait une fente en forme de graio d'avoine, longue de 1 centimètre et large de 3 à /i millimètres, limitée par des bords très-minces. Or cette perforation n'existait pas au moment de la naissance, suivant l'affirmation catégorique de la mère, et c'est seulement au bout de quatre jours que celle-ci remarqua la présence duc pertuis gros comme une tète d'épingle, et qui continua à augmenter jusqu'aux limifes que nous avons indiquées.

Les divisions congénitales {diastématostaphylie) sont le résultat d*uo arrêt de développement Nous ne reviendrons pas sur ce sujet qui a été suffisamment examiné à propos de la pathogénie du bec-de-1iè^re (voy. p. 635).

(I) BuU. de la Sco. de ehir., 2» s^rle, t. VIII, p. 450*

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