‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 2)Chapitre 11 sur 65 · FILAIRE DE MÉDINE,- OU DRAGONNEAU · texte numérisé non relu

FILAIRE DE MÉDINE,- OU DRAGONNEAU

On donne les noms de dragonneau , ver de Médine , ver de Guinée , ou mieux de filaire de Médine , à un helminthe que l’on rencontre dans le tissu cellulaire des régions superficielles du corps, et surtout des extrémités. Ce ver ne s’observe pas, en effet, au milieu des organes internes. Il n’est pas enkysté, on le trouve sous la peau, autour des vaisseaux et des nerfs, au milieu des muscles.

Historique. — La connaissance de la filaire remonte à des temps très reculés. Agatharchide (1) de Cnidc, qui vivait vers le deuxième siècle avant J.-C., fait mention de cet entozoaire chez les peuples qui habitent la mer Rouge (2). On le trouve également cité par Soranus d’Éphèse (97 de J.-C.), et Léonidas d’Alexandrie. Galien (3) le nommait ÆpaxcvTttvi et Plutarque âpaxovriov pnxpôv. Les auteurs arabes, qui le désignaient sous le nom d’arc, paraissent lui avoir refusé l’animalité. Il est souvent désigné dans les traductions de leurs écrits sous le nom de vena; mais le mot arc ne veut pas dire une veine. Le docteur Perron, directeur de l’école arabe à Alger, pense que arc veut simplement dire une racine longue et filiforme. On aurait donc eu tort de le traduire par vena. Quoi qu’il en soit, à cause de sa fréquence à Médine, la filaire est encore désignée sous les noms de ver, de veine de Médine. Nos notions sur les filaires restèrent obscures jusque vers le xvi° siècle, époque où l’on commença à visiter les régions intertropicales. A mesure que ces voyages devinrent plus fréquents, l’étude de la filaire devint plus complète. Nous citerons parmi

(1) Agatarchidas apud Plutarchum, Quœst. conviv., lib. VIII, quæst. 9, édit. Diibu. Paris, t. I, p. 897.

(2) A ce propos, Benoît (de Montpellier) fait le rapprochement suivant. Moïse, au chapitre XXI des Nombres , nous apprend que dans leur voyage de la montagne de llor au pays d’Édom, sur les bords de la mer Bouge, les Israélites furent attaqués par des serpents ardents qui se fixaient sur leur corps. Ils demandèrent à Moïse de prier Dieu qu'il ôtât ces serpents de dessus eux. Bartholin suppose qu’il s’agit ici de la maladie du dragonneau, et Benoît fait remarquer aussi que cette maladie est endémique sur les bords de la mer Rouge.

(3) De locis affectis, tome VII, lib- VI, cap. lit, p. 393, édit. Kühn.

MALADIES DU TISSU CELLULA1IIE

les auteurs qui s’en sont alors occupés : Kæmpfer (1), Dampier (2), î Lind (3).

Malgré ces travaux, l’existence du dragonneau était encore mise en doute à une époque qui n’est pas éloignée de nous. Ainsi Richerand écrivait dans sa Nosologie : « Ce sont sans doute ces concrétions fibrineuses allongées, retirées des veines variqueuses déchirées, qui ont fait croire à l’existence du dragonneau. Ce prétendu ver n’est autre chose qu’une strie fibrineuse formée par le sang arrêté dans les veines variqueuses. » Ces assertions, déjà assez étranges au moment où Richerand écrivait, ne seraient plus soutenables aujourd’hui, devant les remarquables travaux que nous possédons sur les filaires de l’homme, et parmi lesquels nous citerons les : suivants :

Bremser, Traité zoologique et physiologique sur les vers intestinaux de l’homme, traduit par Grundler, 1 837, p. 198. — Maisonneuve, Note sur un dragonneau observé à Paris et présenté à la Société de chirurgie ( Archives générales de médecine, 4e série, 1 84 4, t. VI, p 472). — Malgaigne et Robin L’observation du fait recueilli dans le service de Malgaigne a été publiée par Vautrin dans les Bulletins de la Société anatomique, 1854, vol. XXIX, p. 311 ; l’élude de la filaire a été complétée par Robin, dans Bulletins de la Société de biologie, 2e série, 1855, t. II, p. 35.- — Cezilly, Observations sur le dragonneau, ou ver de Médine (thèse de Paris, 1858, n° 203). - — -J. Balfour, Note on the Incubation of Guinea Worm [Edinburgh Mcdic. Journal, 1 858, vol. IV, p. 442). — Benoit, Du dragonneau, ou ver de Médine ( Montpellier médical, juin 1857, 1 planche). — Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses de l’homme et des animaux domestiques, 1 860, p . 696.

Étiologie. — C’est en Asie, dans l’Arabie Pétrée, et en Afrique, au Sénégal, au Congo, sur les côtes d’Angola, que la filaire de Médine est très répandue; dans l’Amérique septentrionale et en Europe, elle n’a été vue que sur des individus arrivant des contrées interlropicales. On l’a observée aussi dans l’Amérique méridionale, et à Pile de Curaçao elle est, dit-on, à l’état endémique. D'après le rapport de Dampier, les habitants de race blanche y seraient, dans cette île, aussi sujets que les nègres. Toutefois, en Amérique, à Curaçao, comme dans les autres Antilles, elle o paru apportée par les esclaves venant de. la côte occidentale d’Afrique. On ignore si elle existe sur la côte orientale au sud de l’équateur; mais on ne la trouve ni à 1 île de France, ni à Madagascar.

La filaire de Médine est un ver nématoïde qui subit son développement dans le corps de l’homme, mais ne donne, lorsqu’on en fait l’extraction, que quelques signes de vie, et périt bientôt. A ce moment, son corps est rempli d’une substance laiteuse, qui n’est autre chose que l’aggloméra- 1 bon d’une prodigieuse quantité d’embryons, isolément invisibles à l’œil nu.

(1) Amœnilatum exolic. polilic. phys. med., 17 12, p. 524.

(2) Supplément au Voyage autour du monde, ltouen, 1715.

(3) An Essay on Diseuses incid. to Europeans in hot Climales, London, 1758.

LESIONS DES TISSUS.

La filaire à l’état adulte ressemble assez bien, par son corps grêle et cylindrique, à une corde de violon (fig. 20, c). Sa longueur est très variable; on voit des tilaires qui n’ont que 10 centimètres de longueur, tandis que d’autres peuvent atteindre jusqu’à plusieurs mètres. Mais on a sans doute exagéré les mesures, lorsqu’on a parlé de tilaires qui atteignent jusqu’à 5, 6 et 10 mètres.

La couleur de cet helminthe est d’un blanc opaque, et de chaque côté de son corps existe une ligne longitudinale grisâtre, demi-transparente

dont nous verrons plus loin la signitication. Des lignes transversales sont disposées de distance en distance à la.

surface tle l’animal, comme on peut le ■ constater en d et en e de la figure ci- • jointe.

L’extrémité antérieure de l’cnto- ■ zoaire est terminée en pointe mousse, mais quelques naturalistes ont cru y voir des prolongements de différentes ■ formes. Robin et Moquin-Tandon ont :

constaté, sur de jeunes embryons de' filaire observés vivants, que la bouche ■ n’avait aucune sçrte d’appendice, niaisseulement trois nodules arrondis.

L’extrémité postérieure ou queue est i courte et recourbée en arc.

Lorsqu’on ouvre une filaire deMédine adulte, on trouve qu’elle représente un j tube à parois épaisses, rempli d’une substance pulpeuse et blanchâtre qu’un i examen rapide au microscope fait re- î connaître pour un amas de petits vers i transparents, repliés sur eux-mêmes - (à), qui ne sont que des embryons de lilaire. La filaire en effet est ovovivipare. Les œufs ont subi là leur éclosion, les petits ont grossi, et le tube digestif de la filaire a fini par s’effacer sous l'influence du développement de cet amas de vermicides.

Ces petits helminthes, presque toujours enroulés sur eux-mômes, n’ont pas plus de 0mm,757 de longueur et une épaisseur de 0m“,01; c’est sur eux qu’on peut bien étudier la disposition des voies digestives chez faij filaire. On ne tarde pas en effet à reconnaître un canal digestif qui se compose d’un œsophage très étroit et d’un estomac-intestin plus large, qui finit à la base de la queue par un anus transversal entouré d un léger bour- relet. La queue de ces petites tilaires est un peu roide et sans courbure.

Fig. 20. — Filaire de Médine. — a, b, embryons do la filaire : grossissement, 05 fois (Davaine) ; c, filaire adulte (Olten) ; d, tôle d’un embryon de filaire: grossissement, 350 lois ; e, naissance de la queue cl anus ; f, coupe en travers du corps de la filaire. On voit naître de la surface interne de la peau, en doux points opposés, des fibres longitudinales insérées à cette peau corarm- les feuillets au dos d'un livre, et dans l’intervalle do ces deux masses musculaires feuilletées on découvre deux lames musculaires minces, ce qui apparaît à l’extérieur comme deux lignes larges longitudinales, peu foncées (Davaine).

MALADIES DU TISSU CELLULAIRE

Ces embryons vivent un temps indéterminé, plusieurs jours au moins, dans de l’eau à la température ordinaire de nos contrées ; en outre, ils peuvent, comme Robin l’a bien constaté, être abandonnés dans une goutte d’eau, qui se dessèche, rester sans mouvement, puis reprendre toute leur agilité par addition d’eau six à douze heures après la dessiccation. Forbes, cité par Davaine, aurait même conservé de ces embryons en vie pendant quinze à vingt jours dans de la terre humide.

Ces larves, introduites dans nos tissus immédiatement après l’extraction de l’animal, n’ont pas la propriété de reproduire une autre blaire. Elles doivent exister quelque temps en dehors de nos tissus à l’état de larves, avant d’être aptes à se développer de nouveau dans le corps humain. Cette | nécessité d’état larvé, en dehors des conditions où l’animal parfait doit i passer son existence, se retrouve dans Vanguillule du blé niellé et dans le mermis, autre ver nématoïde qui vit chez les insectes.

Si la blaire peut rester un certain temps à l’état larvé dans un milieu humide ou dans une dessiccation incomplète, puis, au bout d’un temps variable et sous l’influence de certaines conditions de chaleur et d’huj midite, icprendre ses propriétés vitales et pénétrer nos tissus, on peut s’expliquer ainsi le développement plus fréquent du dragonneau, après les grandes pluies, chez des individus qui habitent un sol humide ou qui font : usage de l’eau de certaines rivières pour les usages domestiques. Mais ) comment a lieu celle introduction de l’animal dans nos tissus? La plu- | Part des observateurs sont d’accord pour admettre qu’elle pénètre par le i tégument externe, et non par les voies digestives. La larve de la blaire

n’ayant qu’un centième de millimètre d’épaisseur, on comprend bien qu’elle puisse s’introduire dans le conduit excréteur d’une glande sudoripare ou dans la game des poils.

Ce qui prouve bien la pénétration parla peau, c’est le siège de la blaire dans certaines régions déterminées, comme aux membres inférieurs chez des individus qui ont marché pieds nus sur le sol ou qui ont traversé de la sorte de petites rivières. Ninian Bruce (1) rapporté un fait qui vient à 1 appui de l’idée de la pénétration des larves par la peau: c’est que dans l’Inde, les bheesties, ou porteurs d’eau, qui chargent le liquide sur leur dos dans des sacs de cuir, ont le ver de Guinée dans les parties qui sont en contact avec le sac.

Bans les climats où l’on observe la blaire, elle se rencontre à toutâge, chez homme comme chez la femme. Quelquefois son invasion est un véritable lleau. M’Gregor rapporte qu’à Bombay 200 soldats d’un régiment anglais urenl atteints du dragonneau à l’époque du mousson, où l’on commençait à observer la maladie chez les indigènes (2) ; à Curaçao, le quart de la populamn est a fiée té (Bremser). On peut trouver plusieurs blaires sur le même n( mdu, cl 1 opinion contraire de Chardin doit être complètement rejetée.

(1) Remaries on the Dracunculus (Edinburgh Journal, 1806, vol. IF, p. 146).

(2) Edinburgh Journal, 1805, vol. I, p. 284.

LESIONS DES TISSUS.

Le siège de la filaire est variable : on l’a vue une fois dans le mésen- fl 1ère- (Pruncr); on l’a trouvée aussi dans l’orbite et sous la conjonctive pj (Bajon, Mongin, Clôt bey, Guyon, Sigaud), au nez (Clôt bey, Perron), à la. langue (Clôt bey), à la mamelle (Cezilly), au scrotum (Blommers, Kæmpfer, . f ; Gallandat, Baillic, Clôt bey), à la verge (Clôt bey, Gand), dans l’aine (Clôt bey), à la main (Avicenne, Ruysch, Amouretti, Dussap). Mais ce sont là: des sièges exceptionnels de la filaire. Voici une statistique de Gregor qui fournit des renseignements importants sur son lieu habituel d’élection ; * elle porte sur 181 observations :

Aux pieds 124

Aux jambes 33

Aux cuisses 11

Au scrotum 2

Aux mains 2

La filaire reste assez longtemps dans le corps de l’homme avant de; i i donner lieu à aucun symptôme morbide. Les diverses observations que I nous avons parcourues montrent que ccLte période latente dure au moinsdeux mois, mais elle peut être beaucoup plus considérable. Davainel . qui cite à cet égard des faits nombreux, pense que les symptômes peuvent, avant de se manifester, attendre un an, quinze mois, et même, danS'fc un cas, ils ne se sont montrés qu’après trois ans. Suivant Kæmpfer,.®} la filaire se développe plus difficilement chez l’individu qui en a emporté le germe dans d’autres régions.

Symptomatologie. — Le plus souvent la filaire est très superficiellementlB siluée; elle donne alors au toucher la sensation d’une petite corde tournée p en spirale ou serpentant sous les téguments. Quand elle est très longue,.* l’une de ses extrémités peut se montrer sur un point, puis, sa partie médiane disparaissant dans les tissus, on voit l’autre extrémité reparaître dansas un point plus éloigné. Cette tuméfaction, d’abord indolente, prend bientôt, les caractères du furoncle, et donne lieu à une forte démangeaison. Clôt bey a remarqué que dans les cas où le dragonneau siégeait dans des ;»: endroits peu riches en parties molles, comme aux doigts et aux articulations, la douleur était extrêmement vive. Au bout d’un certain temps,. ■ plus tôt si la filaire esL superficielle, plus tard si elle est profondément située, la partie s’enllamme, et il survient un abcès accompagné de réac- ;• tion générale. L’abcès s’ouvre de lui-même, ou la peau est incisée par le chirurgien, et alors diverses circonstances peuvent se présenter. Si le dragonneau est expulsé, la plaie se cicatrise promptement et le malade : est guéri; si, au contraire, l’animal ne se montre pas, un nouvel abcès*! peut se développer quelques jours plus tard, et donner alors issue à la filaire; la guérison survient encore rapidement.

Mais les choses ne se passent pas toujours d'une façon aussi simple, .fl surtout s’il y a plusieurs lilaires et si elles sont profondément situées. .

MALADIES DU TISSU CELLULAIRE

in

Ces filaires ne peuvent pas alors être toujours expulsées, et elles donnent lieu à des accidents de la plus grande gravité. On a noté des phénomènes 1 nerveux, du délire, des suppurations profondes et abondantes, des i gangrènes, et, malgré l’opinion de Cezilly, qui fait des accidents du dra- ! gonneau une affection toujours bénigne, on a vu les malades succomber, i ftuénot (1), Clôt bey (2), Hemmersan (3), Maruchi (à), ont montré par i des faits ces graves terminaisons des accidents produits par la filaire.

Diagnostic. — Il n’y a guère de difficultés dans le diagnostic de la filaire quand on possède des commémoratifs suffisants sur le pays d’où le malade arrive; mais, en l’absence de ces renseignements, on pourrait confondre le dragonneau avec quelque abcès superficiel, furoncle ou petit phlegmon. Du reste, l’erreur varierait suivant le siège: ainsi, dans l’aine, on pourrait prendre la maladie pour un bubon, et dans la langue pour quelque gomme. Cette erreur ne serait dissipée que par l’expulsion du ver.

Pronostic. — Le pronostic, en général bénin, est, dans quelques cas exceptionnels, fort sérieux, lorsque le ver n’est pas complètement expulsé. Mais quelle est dans cette circonstance la cause des accidents qu’on : observe? Il est probable que le dragonneau irrite mécaniquement les parties à la façon d’un corps étranger inerte. Quoi qu’il en soit, nous repoussons l’hypothèse de ceux qui craignent, à la suite des ruptures de la filaire, la reproduction de filaires nouvelles, car nous avons déjà dit que les embryons de cet helminthe ne pouvaient se développer dans les tissus de l’homme avant de rester un certain temps, à l’état de larve, au milieu de conditions spéciales et en dehors du corps humain. Si l’on observe une nouvelle filaire peu de temps après la rupture d’une première, c’est que le nouveau ver était contemporain du premier, il n’avait jusqu’alors donné lieu à aucun symptôme, mais il ne procédait pas de la filaire rompue.

Traitement. — 11 est prophylactique ou curatif. L’asa foetida a été préconisée comme moyen prophylactique. D’après Dubois, les brahmanes, qui assaisonnent très fortement leurs mets avec de l’asa foetida, ne sont jamais incommodés par le dragonneau (Bremser).

L’incinération des filaires, du linge et des pièces de pansement, la préservation des pieds contre la poussière ou l’humidité par une chaussure convenable, l’abstinence de bains dans des eaux suspectes, sont les meilleurs moyens prophylactiques que l’on doive conseiller dans les pays °u le dragonneau existe à l’état endémique. t> Ferrari, cité par Davaine, dit avoir employé avec succès contre le dra gonneau une plante qui porte le nom de sallala. L’aloès, l’ail, le poivre, *

1674, p6 3C12US (G"J,)’ Exercilali0 de vena Medinensii etc... Sive de dracunculis velerum,

' (2) Aperçu sur le ver dragonneau observé en Égypte. Marseille, 1 830.

(3) Velschius, loc. cit., p. 315.

D' Clôt bey, loc. cit., p. 30.

MU

le camphre, le tabac, le soufre, le mercure, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur, ont été mis en usage, mais sans résultat favorable.

Le seul traitement curatif est chirurgical : on peut inciser la tumeur, ou bien, dans les cas simples, attendre que le ver s’ouvre spontanément une issue au dehors. Voici alors le conseil donné par Clôt bey dont l’expérience est sur ce point très grande : « Aussitôt qu’une partie de la lilaire se présente, il faut la lier avec un fil de soie qu’on attache à un petit cylindre de diachylon, autour duquel on roule le ver en exerçant des tractions modérées jusqu’à ce qu’on éprouve de la résistance; les deux extrémités du rouleau sont aplaties et servent à le fixer au voisinage de l’abcès, sur lequel on applique un plumasseau enduit de cérat, ou un cataplasme émollient.

A chaque pansement, on fait de nouvelles tractions, et l’on continue jusqu’à la sortie de l’animal. La filaire est extraite ordinairement après huit, quinze et vingt jours, quelquefois en peu d’heures, quelquefois aussi elle demande un mois et six semaines. »

Clôt bey conseille l’application d’un bouton de feu quand le dragonneau produit des douleurs atroces accompagnées de crampes et de convulsions que 11e peuvent calmer les antiphlogistiques, les anti-spasmodiques, ni les narcotiques les plus actifs.

De larges débridements et des incisions profondes sont indiqués dans les cas où la rupture de la filaire causerait des accidents phlegmoneux 1 graves.

Page 1