RÉTRÉCISSEMENT DES ARTÈRES
Le rétrécissement des artères peut exister avec ou sans altération organique des parois de ces vaisseaux qui restent encore perméables au sang ; on a pu l’observer sur la plupart des artères du corps, mais c’est surtout dans l’aorte que ces rétrécissements ont été étudiés. Il s’agit donc ici plutôt d’une question médicale que d’une question chirurgicale, et nous n’en dirons que quelques mots. On doit particulièrement consulter sur ce sujet l’ouvrage de Tiedemann : Von der Verengung und Schliessung der Pulsadevn in Krankheiten [Du rétrécissement et de V oblitération des artères dans les maladies] (Heidelberg, 1843).
Si quelquefois le rétrécissement est circonscrit à un point de l’artère, et ne s’accompagne d’aucune altération dans ses parois, le plus souvent les coarctations sont dues à une blessure’ du vaisseau, à la guérison spontanée d’un anévrysme, à des productions athéromateuses ou calcaires de 1 artère qui font saillie dans la lumière du vaisseau et le bouchent, ou bien enfin à la rupture de la membrane interne dans certains efforts violents, comme Turner (1) en a rapporté quelques faits dans un intéressant mémoire. Le processus inflammatoire de l’artérite et les embolies Peuvent aussi contribuer à cette oblitération incomplète de l’artère.
Il n’est pas possible de diagnostiquer sur le vivant le rétrécissement des artères, car sur l’aorte môme celte diminution du calibre a pu aller jusqu’à l’oblitération totale sans qu’on la soupçonnât. On peut être mis
tsur la voie de ces lésions par la diminution graduelle des pulsations artérielles qui finissent par disparaître totalement; mais heureusement les parties ne tombent pas toujours en sphacèle, car à mesure que le cours du sang devient de plus en plus difficile dans l’artère, les collatérales se dilatent. La thérapeutique n’a rien à proposer dans ces cas-là.
ARTICLE V