HYPERTROPHIE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES
Cette affection, dont les auteurs parlent à peine, et qui se trouve vaguement indiquée par eux sous le nom d ’etigorgement, a été surtout confondue avec l’adénite chronique et la tuberculisation des ganglions. Cependant elle mérite une description à part, comme l’ont surtout démontré les travaux de Leberl (1).
Anatomie pathologique. — Les glandes lymphatiques hypertrophiées présentent une surface lisse, rouge et vasculaire ; l’incision montre qu’elles sont constituées par un tissu fibro-cellulaire riche en vaisseaux sanguins,
(1) Rech. sur l'hypertrophie simple des ganglions lymphatiques (Gas. hebdom,, 1854, p. 265). — Bulletins de la Société anatomique, 1850, p. 473. — Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeuses, p. 120 ctpassim.
MALADIES DES GANGLIONS LYMPHATIQUES
tandis qu’il l’est peu en vaisseaux lymphatiques. Encore peu volumineuses, ces glandes sont roses et d’aspect homogène; plus tard, elles deviennent d’un jaune rosé, et parfois s’infiltrent d’un suc hyalin un peu rougeâtre, par suite de la présence des éléments du sang. Leur tissu a pour base une trame fibreuse, à fibres fines, formant des faisceaux réguliers ou entrecroisés. A ces éléments s’ajoutent, dans quelques-unes de ces tumeurs, des éléments fibro-plastiques. Enfin, et par le fait même de l’hypertrophie, les globules de la lymphe, et leurs noyaux libres se remarquent en quantité notable; d’autres fois, cependant, ces éléments globulaires font défaut. En général, l’aspect de ces glandes varie suivant que l’hypertrophie a surtout porté sur une de leurs parties constituantes. Ainsi la prédominance de la vascularité augmente leur couleur rouge; quand le tissu fibreux prédomine, l’aspect est fibro-gélatineux ; quand c’est au contraire le fibro-plastique, la teinte est jaune rosé; enfin l’abondance de l’élément globulaire leur donne une consistance molle et un aspect jaune pâle et comme gélatiniforme.
Symptômes. — L’hypertrophie simple des glandes lymphatiques est assez fréquente chez les scrofuleux et se présente sous deux formes. 1° Dans une première forme, on trouve, surtout à la région cervicale, un grand nombre de petites tumeurs ganglionnaires, du volume d’un haricot, mobiles, élastiques, indolentes, coïncidant souvent avec des complications scrofuleuses, parfois avec la tuberculisation ganglionnaire; qui ne tendent guère à s’enflammer, et moins encore à suppurer, et qui peuvent guérir spontanément par le retour à leur volume normal. 2° Dans une seconde forme, qui n’appartient point en propre aux scrofuleux ou aux tuberculeux, l’affection est mieux limitée, mais le volume des glandes est plus considérable. Un, deux, quelquefois tout un paquet de ganglions s’engorgent et augmentent lentement de volume; il en résulte une tumeur ovoïde pour une seule glande, irrégulière pour plusieurs, dont le volume varie de celui d’une fève à celui des deux poings, et dont la consistance est élastique, ou plutôt molle; en tout cas, la peamreste intacte. Cette tumeur, qu’on voit surtout aux régions parotidienne, cervicale et axillaire, entraîne de la difformi té dans les deux premières régions et de la gène des mouvements dans la troisième. Elle tend à rester indéfiniment stationnaire.
Diagnostic. — L’hypertrophie diffère de l’adénite chronique par I' l’absence de la douleur et des autres signes de l’inflammation chronique : i on verra, à l’article Tuberculisation des ganglions, en quoi celle-ci diffère ' de l’hypertrophie.
Le pronostic n’est pas grave.
Le traitement consiste dans l’emploi des moyens généraux propres à I ^rabattre 4 diathèse tuberculeuse quand cette dernière existe; dans | l’application des préparations iodurées, telles que la pommade à l’iof dure de potassium, ou au deutoiodure de mercure, de l’onguent mer- \ cunel, ou de l’emplâtre de Vigo. Enfin, quand ces glandes sont gênantes
ou difformes par leur volume el qu'elles ont résisté au traitement, ['extirpation devient la seule ressource. Elle est, d’ailleurs, réclamée quelquefois par les malades eux-mômes, qui craignent de passer pour scrofuleux. Cette opération est souvent pratiquée avec succès et elle est d’une exécution facile, car ces ganglions peuvent s’énucléer aisément à l’aide des doigts dès qu’on les a découverts convenablement et qu’on a incisé la gaine celluleuse qui les entoure.
ARTICLE III
1° ALTÉRATION CIREUSE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES. 2° DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE