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LÉSIONS TRAUMATIQUES DU CORDON SPERMATIQUE

1° Plaies.

Les plus communes sont les plaies par instruments tranchants pratiquées par le chirurgien, dans un but thérapeutique. Plus rarement ces plaies sont faites par le malade lui-même ( castration volontaire ), ou par une autre personne dans un but criminel.

Dans d’autres cas, il s’agit de plaies par arrachement ou par morsure. Enfin les plaies par armes à feu ont été également observées. Mais, tandis que dans cette dernière variété, les testicules restent dans le scrotum; dans les variétés précédentes, ils sont le plus souvent emportés en même temps que la portion du cordon qui les supporte.

Dans les plaies chirurgicales ou accidentelles, un seul cordon est intéressé, tandis que fort souvent, les deux cordons sont atteints lorsqu’il s’agit d’une mutilation soit volontaire, soit criminelle.

Tantôt le cordon n’a été sectionné qu’en partie, le canal déférent ayant échappé à l’instrument tranchant; tantôt la division est complète.

On observe dans les deux cas une hémorrhagie plus ou moins abondante, avec cette particularité que, suivant la direction imprimée à la plaie, le sang s’écoule au dehors ou s’épanche dans le tissu cellulaire du cordon.

Cette infiltration ( hématocèle funiculaire) s’observe surtout lorsque le cordon a subi une rétraction plus ou moins complète à l’intérieur du canal inguinal, ce qui rend beaucoup plus pénible l’opération de la ligature des artères.

Les plaies du cordon se terminent le plus ordinairement par une guérison rapide, tout en laissant fréquemment à leur suite, le testicule restant en place, des conséquences variables suivant l’étendue de la section et la nature de la plaie.

Dans les cas de section complète, et surtout dans les plaies par armes à feu, tantôt le testicule disparaît par gangrène, tantôt il est atteint d’atrophie.

Lorsque la section est incomplète, si le canal déférent est conservé,

1 le testicule garde ses connexions avec la vésicule séminale correspondante; mais l’atrophie se produit souvent comme conséquence de la division des vaisseaux et des nerfs.

Traitement. — Les artères spermatique et funiculaire seront liées sol ment, et on évitera autant que possible la ligature en masse, qui peut favoriser l’apparition du tétanos. Les parties molles seront rappro-

chées, recouvertes d’un pansement simple. On pourra môme dans certains cas tenter la réunion immédiate.

2° Contusion (hématocèle funiculaire).

La contusion du cordon est une lésion rare. Tantôt c’est la portion scrotale, tantôt la portion inguinale qui est atteinte par l’agent contondant, avec des effets qui ne diffèrent pas sensiblement de ce que l’on peut observer dans toutes les autres régions. Les vaisseaux se rompent, et le sang fait irruption dans l’épaisseur des tissus, en déterminant soit une infiltration ( hématocèle funiculaire par infiltration), soit un épanchement circonscrit ( hématocèle funiculaire par épanchement).

Hématocèle funiculaire. — Celte affection peut se montrer également à la suite d’une plaie, lorsque le sang éprouve de la difficulté à s’écouler au dehors.

Dans les cas de contusion et de plaie, la production de l’hématocèle est favorisée par l’existence antérieure d’un varicocèle.

Enfin on a vu l’hématocèle du cordon survenir à la suite d’efforts pour soulever un fardeau ou dans la défécation.

Nous décrirons successivement les deux variétés d’hématocèles funiculaires que nous avons indiquées précédemment, l’hématocèle par infiltration et l’hématocèle par épanchement.

A. Hématocèle funiculaire par infiltration. — Anatomie pathologique. — Le sang est infiltré dans le tissu cellulaire du cordon, au-dessous de la tunique fibreuse qui l’entoure.

Le mode de formation de cette variété d’hématocèle a été étudié expérimentalement par Rocher à l’aide d’injections de gélatine pratiquées par des ouvertures faites à la tunique fibreuse du cordon à différentes hauteurs.

Lorsque la canule de la seringue à injection est fixée immédiatement au-dessous du canal inguinal, la pointe dirigée par en bas, l’injection poussée lentement produit une tumeur en forme de boudin qui enveloppe le cordon et descend jusqu’au niveau du testicule. A un degré plus avancé, avec une injection forte et abondante, il se produit une tumeur

piriforme, à grosse extrémité inférieure.

Lorsque la quantité du liquide injecté est peu considérable, le testicule conserve sa direction normale. Si l’hématocèle est plus considérable son grand axe devient horizontal; il est en partie englobé par la tumeur et bientôt complètement caché par elle. Les éléments du cordon sont dissociés par le liquide de l’injection ; ils sont refoulés en arrière, et, lorsque le testicule est englobé dans la masse, c’est à la partie postérieure de celle-ci qu’on le retrouve encoie. .

Si, la canule étant introduite dans le canal inguinal, l’injection est poussée en haut, du côté de l’abdomen, l’épanchement se produit dans • la fosse iliaque et dans le tissu cellulaire sous-péritonéal de la paroi

abdominale.

MALADIES DES ORGANES GÉNITAUX DE L’flOMME. 369

Dans aucun cas, Kocher n’a pu faire pénétrer le liquide vers la colonne vertébrale, suivant le trajet des artères spermatiques. Et cependant, dans certaines hématocèles consécutives à la castration, lorsque, le cordon s’étant rétracté dans le canal inguinal, l’artère spermatique a dû être abandonnée sans ligature, c’est du côté de la colonne vertébrale qu’on a vu s’accumuler le sang, les foyers hémorrhagiques remontant jusqu’à l’origine aortique des artères spermatiques.

Nous ne possédons pas, en dehors de ces expériences, d’autres renseignements sur l’anatomie pathologique de la lésion qui nous occupe.

Symptomatologie. — L’ecchymose ne fait jamais défaut. Ordinairement limitée au scrotum et à la région inguinale, on l’a vue remonter sur la paroi abdominale ou descendre le long des cuisses.

On trouve une tumeur allongée en forme de boudin, et qui suit exactement le trajet du cordon. Elle est diffuse, rénitente, non fluctuante, et fournit parfois à la palpation une sensation neigeuse, une crépitation sanguine tout à fait caractéristique.

L’étendue de la tuméfaction varie suivant les cas. Tantôt elle reste bornée à la portion scrotale du cordon, tantôt elle remonte plus ou moins haut dans le canal inguinal, et se continue même parfois avec une tumeur dure, occupant la fosse iliaque (jusqu’à sa moitié supérieure, dans une observation de Jamain) et pouvant être sentie à travers la paroi abdominale.

On observe en même temps une douleur d’intensité variable, le plus généralement peu marquée.

Exceptionnellement, l’hématocèle s’accompagne de symptômes généraux, qui sont en rapport avec l’ab ondance du sang épanché : petitesse du pouls, refroidissement, pâleur et altération de la face. C’est ainsi qu’un malade, observé par Mollière, faillit succomber à l’hémorrhagie (1).

La maladie se termine le plus ordinairement par résolution. La suppuration est exceptionnelle.

B. Hématocèle par épanchement. — L’hématocèle par infiltration accompagne toujours cette seconde variété, caractérisée par ce fait que le sang y est collecté en foyer.

Ici encore, les observations nécroscopiques font presque absolument délaut. On possède bien quelques exemples de kystes hématiques du cordon, mais on peut se demander s’il ne s’agissait pas, dans ces cas, de kystes séreux du cordon transformés en hématocèles.

Situé sous la tunique fibreuse, le kyste sanguin est entouré d’une membrane plus ou moins épaisse et assez résistante. Son contenu est du sang altéré. Son volume est en général peu considérable; cependant, idans un fait rapporté par Bowman, la tumeur descendait jusqu’au genou.

(i) Dict. encyclop. des sc. méd., t. XI, p. 97.

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