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Tumeurs sanguines

Les tumeurs sanguines du scrotum peuvent être rangées en deux classes, suivant que le sang est contenu dans les vaisseaux ou qu'il en est sorti.

Les seules tumeurs appartenant à la première classe sont le varicocèle et ses variétés : varicocèle du scrotum , varicocèle du cordon, varicocèle de la queue de Vèpididyme, affections dont nous avons indiqué les caractères et dont le diagnostic ne présente en général aucune difficulté.

Les tumeurs formées par le sang épanché hors des vaisseaux ont ete désignées sous le nom d ’hématocèles, et deux variétés en ont été admises, l’une traumatique, l’autre spontanée.

1° Hématocèles traumatiques. — La production delà tumeur à la suite d’un coup ou d’une blessure, la coexistence habituelle d une hématocèle pariétale par infiltration ( ecchymose du scrotum), sont des caractères importants et communs à toutes les variétés d hématocèles traumatiques.

Il s’agit maintenant de différencier l’une de 1 autre, 1 hématocèle pat wlale, V hématocèle vaginale, l’ hématocèle testiculaire et 1 hématocèle funiculaire.

a. Dans Y hématocèle pariétale, la tumeur est indépendante du testicule et de l’épididyme, que l’on peut isoler et mobiliser dans tous

les sens.

b. Dans V hématocèle vaginale, le testicule est confondu dans la masse de la tumeur et ne peut être senti qu’avec difficulté au milieu du sang, et des caillots qui l’entourent. Enfin la forme de la tumeur rappelle plus • ou moins celle de l’hydrocèle.

c. V hématocèle testiculaire est une affection très rare, dont 1 existent: même a été mise en doute par quelques auteurs. Le testicule, augmente

de volume, présenterait à sa surface des bosselures plus ou moins marquées, rénitentes et iluctuantes.

e. L 'hématocèle funiculaire ne saurait être confondue avec les variétés précédentes. La tumeur est allongée en forme de boudin, confondue avec le cordon, indépendante du testicule, étendue entre l’épididyme et l’anneau abdominal, qu’elle franchit parfois pour remonter jusque dans la fosse iliaque.

2° Hématocèles spontanées, non traumatiques. — Dans cette classe d’hématocèles, l’épanchement de sang s’est produit en dehors de tout traumatisme, et le liquide peut occuper encore différents sièges.

a. V hématocèle pariétale spontanée reconnaît pour cause la rupture de varices du scrotum. Le diagnostic sera donc suffisamment éclairci par la connaissance de cet antécédent.

b. Vhématocèle vaginale spontanée se montre dans le cours d’une vaginalite chronique ( vaginalite hémorrhagique ); le diagnostic en sera examiné un peu plus loin, lorsque nous nous occuperons de la vaginalite chronique.

c. Il en est de même pour les hématocèles spontanées du testicule, de V épididyme et du cordon, qui sont constituées soit par des épanchements sanguins se produisant spontanément au sein de tumeurs ( kystes sanguins de V encéphaloïde , du sarcome, etc.); soit par la transformation en hématocèle d’une hydrocèle enkystée du cordon ou de l’épididyme. Le diagnostic de ces hématocèles se confond donc avec celui des tumeurs au sein desquelles elles se produisent, et nous aurons à y revenir un peu plus loin.

§ 3. — Tumeurs séreuses.

Il existe deux grandes classes de tumeurs séreuses : les hydrocèles et les vaginalites.

1° Hydrocèles.

Les tumeurs appartenant à cette classe ont été subdivisées ellesmêmes en hydrocèles par infiltration et hydrocèles par épanchement.

A. Hydrocèle par infiltration. — Elle ne présente que deux variétés, d après son siège : Y hydrocèle par infiltration du cordon, Yhydrocèle par infiltration du scrotum ( œdème du scrotum). Ces deux variétés se distinguent aisément d’abord de l’hydrocèle par épanchement par 1 absence de tluctualion et de transparence; elles diffèrent, en outre, 1 une de 1 autre, non seulement par leur siège, l’une occupant le scrotum, l’autre exactement limitée au cordon, mais encore par la forme allongée en boudin de celte dernière.

B. Hydrocèle par épanchement. — Cette classe renferme un grand nombre de variétés qui présentent comme caractères communs et pathognomoniques : la fluctuation et surtout la transparence. Nous

aurons à examiner au point de vue du diagnostic différentiel : a. les kystes du scrotum; b. les hydrocèles vaginales avec leurs variétés; c. les hydrocèles enkystées du testicule et de l’épididyme ; il. les hydrocèles enkystées du cordon; e. enfin nous devrons une mention particulière à une variété de tumeurs séreuses de la région scrolale qui ont été désignées sous le nom d 'hydrocèles du sac herniaire.

a. Kystes du scrotum. — Ces kystes très rares, multiloculaires, se reconnaîtront à leur indépendance absolue du testicule, de l’épididyme et du cordon, et à leur limitation très exacte aux enveloppes des bourses. On a vu ces kystes du scrotum coexister avec une hydrocèle de la tunique vaginale, comme dans un cas rapporté par Kraske, que nous avons cité ailleurs. Dans ces conditions, le diagnostic est pour ainsi dire impossible, le kyste du scrotum se confondant avec la tumeur séreuse formée par l’hydrocèle vaginale.

b. Hydrocèle de la vaginale. — Nous en avons décrit un certain nombre de variétés qui présentent, comme caractère commun et tiès important, le rapport de la tumeur avec le testicule : 1 organe est englobé dans la tumeur et, sauf dans les cas d’inversion, on découvre en anière et un peu en bas une portion plus solide, dont la pression éveille une sensibilité spéciale. Dans ce groupe, nous trouvons Y hydrocèle simple, idiopathique et symptomatique, Y hydrocèle en bissac, Yhydrocèle congé-

nitale.

V hydrocèle simple, idiopathique ou symptomatique, est caractérisée par la forme de la tumeur qui est celle d’un ovoïde à grosse extrémité

inférieure et par son irréductibilité.

L’hydrocèle est idiopathique, lorsque ni dans les antécédents du malade, ni dans les symptômes actuels, rien ne permet de soupçonner une lésion quelconque du testicule, de l’épididyme ou du cordon. Elle est symptomatique dans les conditions opposées.

Lorsque l’hydrocèle est très volumineuse, il peut y avoir nécessité de recourir à la ponction, afin d’établir ce point de diagnostic.

L 'hydrocèle en bissac de Dupuytren, dans laquelle la tumeur, occupan à la fois l’aine et le scrotum, remonte plus ou moins haut dans 1 intérieur du canal inguinal, se distingue par sa forme toute spéciale, e dans certains cas par sa réductibilité apparente.

V hydrocèle congénitale, péritonéo-vaginale présente, comme caractères distinctifs, sa réductibilité et sa disparition complète sous l’influence de :

la pression ou de la situation élevée. ,

Quelquefois cependant, en raison de l’étroitesse de s i [ ouverture communication, la réduction du liquide ne s’opère que difficilement. ^ chirurgien doit alors s’entourer des plus grandes précautions avan . d’affirmer qu’il s’agit d’une hydrocèle vaginale simple

c Hydrocèle enkystée du testicule (kystes de l'épidtdyme et du tes cul'e) - L’hydrocèle enkystée du testicule et de l’épididyme est souvent confondue avec l'hydrocHc de la tunique vaginale. Elle s’en d,St,ngue

MALADIES DES ORGANES GÉNITAUX DE l’üOMME. ^07

habituellement par l'indépendance plus ou moins complète du testicule qui ne fait pas partie de la masse de la tumeur, comme dans l’hydrocèle

vaginale.

La nature du liquide, qui est clair, transparent et non citrin, quelquefois blanchâtre, comme lactescent, et qui, enfin, renferme souvent des spermatozoïdes ( kystes spermatiques), permettra de compléter le diagnostic après la ponction.

d. Hydrocèle du cordon.— Les deux variétés d’hydrocèles du cordon, h hydrocèle enkystée et Yhydrocèle congénitale ou péritonéo- funiculaire, se distinguent de toutes les autres hydrocèles par leurs connexions avec le cordon spermatique.

Le diagnostic des deux variétés entre elles est basé sur l’irréductibilité des kystes du cordon et sur la réductibilité de l’hydrocèle congénitale par le décubitus, ou la pression énergique et longtemps continuée.

De même que dans l’hydrocèle congénitale ordinaire ou péritonéovaginale, l’orifice de communication est parfois extrêmement étroit, au point de rendre très difficile la rentrée du liquide dans l’abdomen. Une hydrocèle congénitale du cordon pourrait être ainsi confondue avec un kyste vrai de cet organe.

e. Hydrocèle du sac herniaire. — Cette variété d’hydrocèle, qui appartient à l’histoire des hernies, doit être mentionnée cependant, en raison de la ressemblance qu’elle offre avec certaines tumeurs séreuses de la région scrotale, avec les hydrocèles du cordon en particulier.

L’hydrocèle du sac herniaire présente deux variétés, suivant qu’il contient des viscères ou qu’il est déshabité.

L hydrocèle du sac herniaire avec viscères ( hydro- enter ocèle , hydroépiplocèle) se reconnaît d’après les antécédents relatant l’existence antérieure d’une hernie devenue irréductible et d’après les symptômes connus d’une entérocèle ou d’une épiplocèle avec les signes d’une tumeur séreuse.

'L'hydrocèle du sac herniaire déshabité peut être elle-même subdivisée en deux variétés, suivant que la communication avec la cavité péritonéale persiste ou a cessé d’exister (kystes pseudo-sacculaires et sacculaires vrais).

Les caractères distinctifs de ces deux sous-variétés ne diffèrent pas de ceux que nous avons indiqués pour l’hydrocèle enkystée du cordon et 1 hydrocèle congénitale péritonéo-funiculaire.

Leur diagnostic avec les hydrocèles du cordon ne peut guère se baser que sur les commémoratifs, sur l’existence antérieure d’une hernie, et enfin sur les rapports avec le cordon qui, dans les cas de tumeur herniaire, se laisse parfois isoler de celle-ci. Dans bien des cas, cependant, le diagnostic sera à peu près impossible.

* • 2° Vaginalites.

L’inflammation de la tunique vaginale peut être aiguë ou chronique.

A. VUginalite aiguë. — Les symptômes de la vaginalite aiguë sont ceux de l’hydrocèle, avec la rougeur, la douleur et l'oedème en plus. Quand l’épanchement est un peu abondant, il est possible de sentir la fluctuation, et parfois même de constater la transparence.

Lorsqu’on se trouve en présence d’une vaginalite aiguë, le point mportant du diagnostic est de savoir si l’affection est idiopathique ou symptomatique.

Pour le résoudre, on s’aidera de la recherche des antécédents et des conditions étiologiques. La vaginalite aiguë est le plus souvent symptomatique d’une inflammation du testicule et de l’épididyme.

B. Vaginalite chronique. — La vaginalite chronique présente parfois une similitude complète avec l’hydrocèle, dont elle ne diffère que par l’épaisseur des parois, d’où résulte la disparition de la transparence.

On peut rencontrer ainsi tous les degrés intermédiaires entre ces deux affections, depuis l’hydrocèle vulgaire jusqu’à la vaginalite chronique la mieux caractérisée. Or, à mesure que l’épaisseur des parois de la vaginale augmente, la vaginalite chronique perd de plus en plus les caractères d’une tumeur liquide, et arrive à revêtir les apparences d’une tumeur solide.

Aussi le diagnostic de la vaginalite chronique présente-t-il des difficultés parfois presque insurmontables et qui expliquent les fréquentes erreurs commises à son sujet et reconnues seulement à 1 amphithéâtre.

La ponction exploratrice, qui semblerait devoir lever les doutes, peut elle-même induire en erreur, puisque les tumeurs solides renferment souvent des kystes séreux ou sanguins dont l’évacuation par la ponction peut faire croire aune hématocèle qui n’existe pas.

D’ailleurs, la ponction exploratrice dans le cas de vaginalite chronique peut être suivie d’accidents inflammatoires sérieux capables même d'entraîner la mort. D’où le précepte, dans les cas douteux, de taire seulement le diagnostic sur la table d’opération, cest-à-dire en incisant a\ec soin le scrotum.

Malgré ces difficultés de diagnostic, la vaginalite chronique présente un certain nombre de caractères spéciaux qui permettent souvent de la reconnaître : l’existence fréquente d’une hydrocèle antérieure exposée aux traumatismes, déjà traitée ou abandonnée à elle-même, la forme régulière de la tumeur, sa consistance égale, souvent très dure, à peine rénitente et élastique, son indolence complète, sauf à de certains moments où surviennent des poussées inflammatoires souvent môme l’impossibilité de développer par la pression la sensibilité testiculaire spéciale, enfin l’intégrité des ganglions et la conservation de la santé générale, sont autant de signes qui ne se rencontrent p(

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dans les tumeurs solides du testicule et qui appartiennent plus particulièrement à l’hémalocèle. ' *

La vagin alite hémorrhagique ou hématocèle spontanée est une forme particulière de la vaginalite chronique, dans laquelle la tumeur, après être restée plus ou moins longtemps stationnaire, prend tout à coup un développement plus considérable, devient chaude, tendue, douloureuse, en même temps qu’il s’allume de la fièvre, et que la tumeur subit dans sa consistance et dans sa forme des modifications plus ou moins marquées. Tous ces phénomènes, qui résultent de l’arrivée dans la poche d’une quantité plus ou moins considérable de sang, peuvent se produire à plusieurs reprises et mettre ainsi le chirurgien sur la voie du diagnostic.

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