ICES DE CONFORMATION ET DIFFORMITÉS DE LA VULVE
Les difformités de la vulve intéressant le chirurgien ne sont pas très nombreuses. Elles se résument presque toutes en un rétrécissement plus ou moins marqué, pouvant aller jusqu’à l’occlusion complète, soit congénitale, soit accidentelle.
Labadie de Lalande, Occlusion du conduit vulvaire. Thèse de Paris, 1856.
l u ec.h, Atrésies des voies génitales. Paris, 187:2. — Guéretin, Étude sur l imperforation de l'hymen. Thèse de Paris, 1873.
1° Atrésie de la vulve.
A l’exception de l’imperforation de la membrane hymen qui est toujours d’origine congénitale, l’atrésie vulvaire est rare et presque toujours accidentelle.
Nous admettrons avec Puech trois variétés d’atrésies vulvaires : l 'adhérence des grandes lèvres, l'adhérence des petites lèvres et V atrésie hyménéale. Cette dernière est de beaucoup la plus commune.
L’ adhérence des grandes lèvres est presque toujours accidentelle et résulte le plus souvent de lésions de continuité et de cicatrisations vicieuses. Les causes qui la produisent le plus souvent sont : les plaies et les ulcérations de diverses natures, surtout celles qui succèdent aux pustules de la variole, les déchirures qui résultent de violences impudiques pratiquées sur les organes génitaux externes, et enfin les brûlures qui constituent la cause la plus fréquente. Quelques auteurs ont signalé des cas d’atrésie occasionnée par la malpropreté et l’agglomération de produits épidermiques. Mais ces cas sont certainement très rares.
Lorsqu’elle est complète, l’atrésie vulvaire présente de sérieux inconvénients, par suite de l’obstacle qu’elle apporte à l’écoulement des règles et à l’accomplissement du coït. L’intervention est donc indiquée et le chirurgien fera cesser l’obstruction par le débridement, qui sera pratiqué soit avec le bistouri, guidé sur la sonde cannelée, soit avec des ciseaux, ou mieux encore avec le thermocautère. Il faut avoir soin, pour prévenir la récidive, d’interposer entre les lèvres de la plaie un pansement qui s’oppose à la réunion des surfaces jusqu’à l’achèvement complet de la cicatrisation.
L 'adhérence des petites lèvres est le plus souvent accidentelle et reconnaît les mêmes causes que celle des grandes lèvres. Elle est observée parfois chez les enfants et détermine un trouble notable dans l’émission de l’urine. Le traitement est le même que pour l’atrésie des grandes lèvres.
L 'atrésie hyménéale , de beaucoup la plus fréquente, résulte de l’imperforation de l’hymen. Elle reconnaît toujours une origine congénitale. Elle passe généralement inaperçue jusqu’à la puberté; à ce moment, elle occasionne, quand elle est complète, des accidents plus ou moins graves, en s’opposant à l’écoulement des règles et des autres sécrétions utéro-vaginales. Nous décrirons plus tard ces accidents, à l’occasion des oblitérations du vagin.
Dans les cas où l’atrésie est incomplète, les fonctions sexuelles peuvent s’accomplir, quoique imparfaitement. C’est ce qui explique les nombreuses observations, publiées par les accoucheurs, et dans lesquelles la persistance de l’hymen est devenue un obstacle à l’accouchement.
Traitement. — 11 faut inciser l'hymen avec le bislouri guidé par la sonde cannelée. Si l’obstruction a déterminé l’accumulation de sang ou d’autres produits dans le vagin, on devra prendre les précautions nécessaires pour éviter l’infection et faire des injections à l’acide pbénique ou à l’acide borique.
Quand l’occlusion incomplète produite par l’hymen a permis le coït et la fécondation, doit-on pratiquer l’incision pendant la grossesse ou au moment môme de l’accouchement? Nous pensons qu’il est préférable d’attendre l’accouchement pour inciser la membrane hymen. Il est du reste très rare que l’imperforation de l’hymen soit constatée avant la puberté; ce n’est donc qu’à ce moment que le chirurgien peut intervenir.
Quoique les suites de l’incision de l’hymen soient ordinairement desplus simples, il ne faut pas oublier que des accidents ont été observés, surtout lorsque des phénomènes graves de rétention menstruelle avaient motivé l’intervention chirurgicale. Courty a vu deux fois des pelvi-péritonites mortelles survenir à la suite des incisions hyménéales pratiquées pour donner issue au sang accumulé dans l’utérus el le vagin. On ne sauraiL donc trop prendre de précautions, et il convient d’imposer un repos de quelques jours, s’il survient des phénomènes inflammatoires.