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LÉSIONS TRAUMATIQUES DU VAGIN

1° Contusions. — Plaies. — Déchirures.

Les divers traumatismes du vagin sont rarement produits par des causes accidentelles, mais presque toujours parles instruments des chirurgiens et des accoucheurs ou par la tête du fœtus, pendant le travail.

Quoique Dugès (1) rapporte le cas d’un époux robuste et disproportionné qui a pu rompre la cloison recto-vaginale pendant une première copulation, nous pensons que cette cause occasionnelle doit être extrêmement rare. On a cependant vu des brutalités lascives produire, chez

des enfants, des plaies et des déchirures plus ou moins étendues du conduit vaginal.

Ces déchirures et ces plaies peuvent amener des accidents graves et même entraîner la mort. Elles produisent le plus souvent des communications anormales entre le vagin et les différents organes de la cavité ai ominale, d où résultent des infirmités pénibles. Nous voulons parler

es fistules qui peuvent faire communiquer le vagin avec la vessie, le rectum, 1 urèthre, le péritoine et même le périnée, de manière à ouvrir

(L Duges, Dictionnaire (le médecine et de chirurgie pratique , t. XV, p. 517.

une seconde fois le vagin dans cetle région. Les fistules vaginales seront étudiées dans un article spécial.

Les blessures du vagin sont sans importance lorsqu’elles sont superficielles ; ce n’est qu’exceptionnellement qu’elles ont occasionné des hémorrhagies. Si cet accident se produisait, on devrait chercher à mettre à découvert la source de l’écoulement sanguin à l’aide du spéculum et plus particulièrement du spéculum univalve de Sims, afin d’apposer une ligature sur le vaisseau, source de l'hémorrhagie. Si la ligature était impossible à appliquer, on devrait pratiquer le tamponnement.

2“ Corps étrangers.

Le plus souvent il s’agit de pessaires ou d’autres corps introduits dans le vagin dans un but thérapeutique. Les auteurs ont rapporté de nombreux cas, dans lesquels des pessaires ont été conservés pendant des années, grâce à l’ignorance et à l’incurie des femmes qui les portaient. C’est ainsi que Bérard raconte l’histoire d’une femme qui avait conservé depuis vingt-cinq ans son pessaire, dont la tige s’était rompue. On peut également observer des corps étrangers plus ou moins volumineux, introduits dans le vagin par dépravation ou libertinage.

Symptomatologie. — Lorsque le corps étranger est volumineux, disproportionné avec les parties, ou pourvu d’inégalités, d’aspérités, il détermine rapidement l’inflammation de la membrane muqueuse et môme des tissus sous-jacents. Les malades éprouvent de la douleur avec tous les symptômes de la vaginite; il existe presque toujours en même temps du ténesme vésical, et parfois on constate les accidents d’une cystite intense. Les fonctions menstruelles sont troublées, quelquefois supprimées. Il peut également y avoir rétention des matières fécales et de l’urine.

Les symptômes inflammatoires ne tardent pas à disparaître pour faire place à un calme relatif, et les malades peuvent alors conserver le corps étranger sans éprouver autre chose qu’un sentiment de gêne et de pesanteur dans l’abdomen.

Si le corps étranger est de petit volume, il peut séjourner pendant longtemps dans le vagin sans déterminer aucun désordre; mais le plus souvent son séjour prolongé donne lieu à un travail d ulcéraiion lente, qui aboulit parfois à des pertes de substance plus ou moins étendues, et peut déterminer la production de fistules. Cloquet, Bérard et Dupuytren ont signalé des faits où des pessaires avaient pénétré dans la vessie et le rectum, sans déterminer des accidents très aigus.

Diagnostic. — Lorsque le corps étranger a séjourné longtemps dans le vagin, il n’est pas toujours facile d’en reconnaître la présence, surtout si les°malades ne fournissent aucun renseignement. En effet, après un certain temps, lorsque l’inflammation déterminée par le corps étranger a cessé, celui-ci se recouvre de fongosités qui le masquent à la vue et au

toucher. On a pu quelquefois, dans ces conditions, croire à l’existence d’une tumeur cancéreuse. Cloquet rapporte le cas d’une femme qui, après avoir porté dix ans un pessaire de liège, fut prise de douleurs abdominales, accompagnées d’un écoulement sanieux et de mauvaise nature. Le canal était rempli de végétations fongueuses et la malade était traitée pour une affection cancéreuse du vagin. Cloquet soupçonna la présence d’un corps étranger, incisa les parties malades et puf extraire un pessaire recouvert par des fongosités et incrusté de sels calcaires. Les exemples de ce genre ne sont pas très rares.

Traitement. — La première indication prophylactique consiste à n’employer que des pessaires qui, par leur forme, ne peuvent pas déterminer des accidents inflammatoires, à proscrire ce mode de traitement chez les femmes qui ne peuvent être surveillées, enfin à recommander de changer le pessaire de temps à autre.

Il faut pratiquer l’extraction des corps étrangers dès que leur présence a été constatée. Cette opération, qui comporte parfois de grandes difficultés, sera pratiquée avec les doigts, des pinces ordinaires ou des pinces à polypes. Lorsque le corps étranger est volumineux, on peut avoir recours à des pinces dont les branches s’appliquent séparément, comme celles du forceps. On est parfois obligé de diviser le corps étranger avec de fortes pinces coupantes, avant d’en pratiquer l’extraction. Enfin, dans des cas très rares, on pourra être obligé de faire des débridements. Lisfranc, qui a eu recours à ce procédé, incisa la partie postérieure de la vulve, enleva le corps et pratiqua ensuite la réunion des parties divisées.

Dans un cas que j’ai observé avec mon excellent collègue Pinard, j’ai dû faire un débridement pour extraire un pessaire qu’une femme portait depuis plusieurs années et qui s’était, pour ainsi dire, incrusté dans l’épaisseur de la paroi recto-vaginale ; la cicatrisation s’était faite pardessus l’anneau métallique, à mesure qu’il s’enfonçait dans l’épaisseur de la cloison, si bien que pour l’extraire j’ai dû inciser un pont assez épais de parties molles. J’ai pu, néanmoins, ménager l’intégrité de la cloison recto-vaginale.

AllTICLE II

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