‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 3)Chapitre 44 sur 95 · IV. — MALADIES DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

IV. — MALADIES DE L’UTÉRUS

ARTICLE PREMIER

LÉSIONS TRAUMATIQUES DE l’üTÉRUS.

Plaies et ruptures.

On doit distinguer les lésions traumatiques de l’utérus suivant qu’ellesse produisent à l’état de vacuité ou dans l’état de gestation, c’est-à-dire pendant la grossesse ou pendant le travail de l’accouchement. Les premières sont fort rares et ont été peu étudiées.

Les plaies que l’on observe dans l’état de vacuité de l’utérus peuvent être produites, soit de dehors en dedans, par un instrument piquant et tranchant ayant pénétré dans la cavité de l’abdomen ou du bassin, soit de dedans en dehors, par un instrument introduit dans la cavité de l’utérus. Ces dernières sont presque toujours le résultat de manœuvresopératoires pratiquées parle chirurgien, et dans ces cas il n’est pas rare que les parois utérines aient subi certaines altérations morbides, comme ramollissement, amincissement, qui favorisent singulièrement leur déchirure. Ainsi on a vu le cathétérisme utérin, même pratiqué sans violence, déterminer la perforation de l’organe et être suivi de la pénétration de la sonde jusque dans le péritoine. Cet accident, dont on peut prévoir les conséquences sérieuses et qui a parfois causé la mort, n’est pas cependant aussi constamment grave qu’on pourrait le supposer à priori. L.-E. Dupuy (1) a, en effet, rapporté dans sa thèse dix-sept casde perforations produites par l’hystéromètre sans qu’il soit survenu d’accidents sérieux.

On a également observé des déchirures, des ruptures de l’utérus, sou& l’influence de manœuvres opératoires, même très prudentes, dans certaine cas de polypes ayant entraîné un amincissement, un (ramollissement des parois de cet organe, portés à un point tel que des contractions énergiques ont pu causer la rupture spontanée (2).

Nous n’insisterons pas sur les conséquences des plaies de l’ utérus, en dehors de l’état de gestation. L’accident le plus à redouter, à la suite de ce genre de lésion, celui qui doit attirer toute l’attention du chirurgien, c’est la péritonite, et nous renvoyons le lecteur à l’article qui traite de cette affection.

Quant aux ruptures de l’utérus pendant la grossesse ou le travail de 1 accouchement, elles sont entièrement du ressort de l’obstétrique, et

ÿ S ur la perforation des parois utérines par l'hystéromèlre. Thèse de Paris, 1874.

iopt Marcher, tVe la rupture spontanée de l’utérus, etc. (Archives gèn. de méd., 1867, vol. II, p. 515 et 697).

l’on trouvera dans les ouvrages spéciaux la description de ce grave accident, qui donne lieu à des indications tout à fait spéciales.

Page 1