‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 3)Chapitre 48 sur 95 · VICES DE CONFORMATION ET DIFFORMITÉS DES OVAIRES · texte numérisé non relu

VICES DE CONFORMATION ET DIFFORMITÉS DES OVAIRES

1° Anomalies de nombre.

A. L 'absence congénitale des ovaires est rare et s’accompagne généralement d’un arrêt de développement de tout l’ensemble de l’appareil génital. L’anomalie peut porter sur les deux ovaires ou sur un seul : mais elle atteint le plus souvent les deux à la fois. Vidal (de Cassis) a présenté à la Société anatomique un cas dans lequel l’ovaire et la trompe du côté gauche faisaient défaut. Chaussier a rapporté un cas analogue. En somme, les faits observés portent plutôt sur l’absence d’un seul ovaire. Morgagni, Pears et Cripps ont publié de observations d’absence des deux ovaires; mais ces faits sont rares et ont même été contestés par West et de Sinéty.

On conçoit qu’il est fort difficile de diagnostiquer, d'une façon certaine, cette anomalie. On ne peut, le plus souvent, que la supposer, lorsque le peu de développement physique de la femme coïncide avec

Iun arrêt de développement des organes génitaux externes et l’absence de la menstruation.

Le diagnostic aurait cependant une réelle importance, ence sens qu’il permettrait d’éviter toute tentative de traitement, dans le but d’exciter la fonction ovarienne, dont l’application serait inutile et dangereuse.

B. Si l’absence complète des ovaires est rare, les ovaires surnuméraires le seraient également. Cependant Beigel (I) a insisté sur la fré-

(1) Palhologische Anatomie der weiblichen Unfruchtbarkeit, von Hermann Beigel, 1878.

quence relative de cette anomalie, qu’il aurait rencontrée vingt-trois fois sur trois cents autopsies ; mais il est probable qu’il a pris pour des ovaires surnuméraires de petits fibromes, parsemés de kystes à. épithélium vibratile, et dont de Sinéty a signalé la fréquence dans le voisinage des ovaires. On ne saurait cependant nier un certain nombre de faits bien observés par Puech (1), Thudichum et Winckler.

2° Arrêt de développement et atrophie des ovaires.

11 arrive parfois que l’ovaire, au lieu de se développer à l’époque de la puberté, conserve le volume qu’il avait pendant les premières années; de la vie; cet arrêt de développement est moins rare que l’absence complète, et porte généralement sur les deux ovaires.

Il est également très difficile de diagnostiquer cet état pendant la vie : on ne peut guère qu’en supposer l’existence, d’après l’arrêt de développement des autres organes de la génération (atrophie de l’utérus, absence de la menstruation).

On sait que l’atrophie des ovaires se manifeste ordinairement après la ménopause, et résulte de la disparition des ovisacs et des follicules ; mais cette atrophie peut avoir lieu prématurément à la suite de circonstances diverses. Les causes qui peuvent produire cet état sont peu connues; toutefois, les inflammations de voisinage, telles que la pelvipéritonite, le phlegmon pelvien, semblent avoir une influence assez marquée sur la production de cette atrophie. 11 en est de même de l’ovarite et des tumeurs diverses qui agissent par compression mécanique.

L’arrêt de développement et l’atrophie de l’ovaire ne sont susceptibles d’aucun traitement chirurgical. On a cependant conseillé d’exciter la fonction ovarienne, en produisant sur l’utérus une irritation plus ou moins vive. G. Thomas introduit de temps en temps, toutes les trois semaines, une tente éponge dans l’orifice utérin, afin de préparer 1 utérus au processus menstruel et de provoquer un certain degré d’hypérémie des ovaires. L’électricité a été conseillée, mais les résultats obtenus sont loin d’être encourageants. Dans tous les cas, il faut chercher à améliorer l’état général. L’usage de certaines eaux thermales sulfureuses ou chlorurées sodiques semble devoir agir avec quelques chances de succès.

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