‹ Traité élémentaire de pathologie externe (volume 3)Chapitre 64 sur 95 · LÉSIONS TRAUMATIQUES DU POIGNET · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU POIGNET

De même que l’avant-bras, le poignet est fréquemment le siège de contusions et de plaies. Si l’on se reporte à l’anatomie de la région, on comprendra que les tendons, les vaisseaux et les nerfs, situés superficiellement, soient exposés à être souvent atteints. En outre l’ouverture des gaines synoviales donne souvent lieu à des complications inflammatoires parfois fort graves.

Nous n’avons rien à dire de particulier, relativement à la conduite du chirurgien en présence des traumatismes du poignet. Nous insisterons seulement sur la nécessité de la suture tendineuse, dans les cas où un ou plusieurs tendons auront été sectionnés; sans cette précaution, après la guérison de la plaie, le malade serait privé des mouvements d'un ou de plusieurs doigts. Dans un cas de section des deux tendons extenseurs du pouce, Schwartz, ne pouvant trouver les bouts supérieurs

(1) Gai. (les hôpitaux , 20 mars 1870.

(2) Boettcher, Gai. Iiebdom., 19 nov. 1869.

du tendon, dédoubla le tendon d’un des radiaux, et sutura la moitié externe de ce dernier au bout inférieur des tendons extenseurs du pouce. La guérison fut rapide, et le malade conserva les mouvements d’extension du pouce.

Les plaies par armes à feu sont très fréquentes et très graves en général, par suite de la présence des gaines tendineuses et des nombreuses articulations du carpe. Elles s’accompagnent fréquemment de phlegmons diffus, de fusées purulentes, du- côté de l’avant-bras et de la main.

Relativement au mode de traitement à mettre en usage, les statistiques de l’ Histoire de la guerre d'Amérique démontrent l’incontestable supériorité de la conservation sur la résection et Y amputation. Celle-ci doit être réservée pour les cas de traumatismes les plus compliqués, dans lesquels tout espoir de conservation doit être abandonné. Même au point de vue fonctionnel, la conservation, malgré l’ankylose qui en est la conséquence presque inévitable, est encore supérieure aux deux autres méthodes.

L 'entorse du poignet ne présente rien de particulier à signaler, elle se produit à la suite d’une chute sur la main portant à faux ; elle s’accompagne généralement d’arthrite plus ou moins intense. Son traitement ne diffère pas de celui de l’entorse des autres articulations.

LÉSIONS VITALES ET ORGANIQUES DU POIGNET 1° Lésions inflammatoires.

Les inflammations des synoviales du poignet ont déjà été décrites (l. II, art. II) ; quant à Y arthrite, elle ne présente rien de particulier, au point de vue étiologique, et reconnaît pour causes : le traumatisme, le rhumatisme, la blennorrhagie.

Tantôt l’articulation radio-carpienne est seule atteinte, tantôt les petites articulations du carpe sont également envahies. Dans tous les cas, il est indiqué d’immobiliser l’article à l’aide d’un àppareil inamovible, et de préférence à l’aide d’une bonne attelle plâtrée, qu’on enlèvera dès que l’inflammation aura disparu, afin de faciliter le retour des mouvements des doigts.

2° Tumeurs.

Les tumeurs du poignet ne sont pas rares. C’est le lieu d’élection des kystes synoviaux à grains riziformes, que nous avons déjà décrits dans une autre partie de cet ouvrage.

Quant aux tumeurs malignes, elles se localisent presque toujours à la partie inférieure du radius et ne présentent rien de spécial.

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