LÉSIONS VITALES ET ORGANIQUES DU GENOU
Lésions inflammatoires.
Les inflammations aiguës et chroniques du genou sont d’une extrême fréquence, et sont prises pour types de la description générale que nous
(1) nuit, de la Soc. de chirurgie, 1871.
(2) Üie Gelenlcsreseclionen nach SchussverleUungen, Berlin, 1879.
maladies des régions.
avons faite ailleurs de Y arthrite, de ïhydarthrose, de la tumeur blanche, etc. Aussi renvoyons-nous le lecteur aux articles qui traitent d’une manière générale de ces diverses affections. Nous consacrerons seulement quelques lignes à l’élude des inflammations périarticulaires affectant plus particulièrement les bourses séreuses qui entourent l’articulation du genou.
1° Périarthrites du genou ( affections des bourses séreuses).
La périarthrite du genou n’a pas été le point de déport de nombreux travaux. Gosselin (1), le premier, a attiré l’attention sur ce sujet, qui a été ensuite étudié par Bouquerot (2), Fatome (3) et Pardo de Tavera (4).
a. Gosselin a rapporté, dans les Archives, quatre observations de périarthrite du genou. Dans la première, qui peut servir de type, à la suite d’un traumatisme du genou, survint un gonflement notable de la région, mais sans chaleur à la main, sans épanchement articulaire. 11 existait une douleur vive au niveau de la Lubérosité antérieure du tibia et au-devant de la rotule et du ligament rotulien. La main, appliquée à plat sur la région, percevait, en mobilisant la peau, une crépitation amidonnée, fine et sèche. La douleur persista quelques jours, puis disparut. On nota, dans ce cas, une contracture des fléchisseurs de la jambe, avec flexion à angle obtus. Les autres observations de Gosselin sont presque identiques à la précédente. Toutefois, si, dans un cas, la durée de l’affection fut courte, il n’en est pas de môme de la malade de la seconde observation, qui sortit du service de Gosselin non guérie, et entra dans le mien, où j’ai pu l’observer aussi. Au bout de deux ans, cette malade n’était pas encore guérie; elle fut ensuite perdue de vue.
11 est difficile de localiser exactement ces lésions; il est probable que l’atmosphère celluleuse du genou, ainsi que les bourses séreuses, participent aux lésions. Dans les faits de Gosselin, la bourse prérotulienne et celle de la patte d’oie ont pu être incriminées; il est probable aussi que la bourse infrapatellaire est atteinte dans bon nombre de cas.
b. Parmi les affections qui peuvent provoquer les symptômes de la périarthrite, il faut signaler les abcès périarticulaires du genou. J’ai publié (5) uné observation d’abcès périarticulaire du genou, dû probablement à une affection du condyle interne du tibia. Tous les signes de la périarthrite se rencontraient chez ce malade, y compris la demi-flexion de la jambe.
Verneuil (6) a rapporté un cas de périarthrite aiguë suppurée, avec
(1) Archives générales de médecine, 1873.
(<i) De la périarthrite du genou. Thèse de Paris, 1873.
(3) Contribution à l'étude de la périarthrite du genou. Thèse de Paris, 1878.
(1) Contribution à l'étude de la périarthrite du genou (affection de la bourse séreuse de la patte d'oie).
(5) Archives générales de médecine, 1870.
(6) Journal de médecine et de chirurgie pratique, 1871.
décollements étendus et fusées purulentes, dont les symptômes pouvaient faire croire à une arthrite suppurée.
c. Les inflammations des bourses séreuses qui avoisinent le genou sont également susceptibles de provoquer les symptômes de la périarthrite- On doit placer parmi elles, au premier rang, la bourse de la patte d’oie. Toutes les fois que cette bourse devient douloureuse, le membre se place en demi-flexion, et l’on peut croire, si l’examen n’est pas conduit avec beaucoup de soin, à une affection articulaire qui n’existe pas.
Pardo de Tavera a publié, dans sa thèse, vingt observations de synovites aiguës ou chroniques de la bourse de la patte d'oie. Toutefois, tous ces cas ne sauraient rentrer dans la périarthrite du genou, puisque, dans bon nombre d’observations, les symptômes articulaires manquant, l’affection se présentait avec les mêmes caractères qu’elle aurait offerts en un point quelconque du corps.
Parmi ces vingt cas de synovites de la bourse de la patte d’oie, il y avait sept exemples de synovite aiguë développée sous l’influence du rhumatisme simple ou blennorrhagique.
Les treize observations de synovites chroniques répondent à des cas de synovite sèche , de synovite chronique simple, de synovite tuberculeuse à grains riziformes, de synovite syphilitique secondaire ou tertiaire.
Les phénomènes qui constituent la périarthrite peuvent dépendre exclusivement ou en partie de Y inflammation de la bourse infrapatellaire, qui sépare le tendon rotulien du tibia. Les affections de cette bourse ont été étudiées par Trendelenburg (1), qui en a rapporté deux observations.
D’après cet auteur, on voit normalement, dans la demi-flexion, la saillie du ligament rotulien s’accompagner de deux dépressions latérales. Lorsqu’il existe un épanchement dans la bourse infrapatellaire, ces dépressions disparaissent. En outre, la flexion devient douloureuse; elle ne peut atteindre 90 degrés. La douleur existe spontanément et à la pression.
Trendelenburg pense encore que, dans les cas de tuméfaction douloureuse de la région infrapatellaire survenue à la suite d’un traumatisme, on a affaire à un épanchement sanguin de la bourse infrapatellaire. .
Dans les observations I et IV de Gosselin, on trouve notés quelques symptômes qui peuvent faire supposer des lésions de la bourse en -question.
Le cul-de-sac sous-tricipital de la synoviale du genou peut se trouver isolé de la séreuse articulaire et constituer une bourse indépendante. Les affections de cette bourse, dont les lésions peuvent s’accuser par des symptômes de périarthrite, ont été décrites par Quantin (2). Cet auteur
(1) Mémoire traduit in Archives générales de médecine, 1877.
(2) Contribution à l’élude anatomique et pathologique de la bourse séreuse sous-tricipitale. Thèse de Paris, 1882.