DÉLIRE NERVEUX TRAUMATIQUE
de fractures graves, arracher leur appareil, sc lever et marcher sur leur ti membre brisé sans témoigner la moindre douleur. Dans d’autres cas plus rares, le délire est calme et a des allures trompeuses; toutefois les malades doivent être surveillés avec grand soin. Dupuytren opéra en 1812, de la hernie étranglée, un -vieillard qui, après l’opération, semblait calme dans son lit. Mais on approche : il avait défait son appareil et semblait prendre un plaisir barbare à déchirer ses intestins qu’il avait dévidés par
ila plaie de l’opération. Il périt victime de cette horrible manie, à la suite d’une péritonite suraiguë. ,
Un fait remarquable domine tous ces troubles intellectuels : c’est une apyrexie complète. Le pouls est calme, régulier; l’état de la peau écarte tout soupçon d’inflammation, et les autres fonctions ne sont point troublées. Ce délire dure eh général de deux à cinq jours. La mort est rare dans cette maladie, la terminaison la plus fréquente est la guérison. Le malade en général recouvre brusquement son intelligence, et, excédé de fatigue, il tombe dans un sommeil réparateur qui dure de douze à quinze heures et dont il sort avec l’intelligence très nette; il y a quelquefois des récidives , mais elles sont beaucoup moins tenaces que la première attaque.
Diagnostic. — Le délire nerveux pourrait être confondu avec la méningite, s’il survenait à la suite de quelque lésion grave de la tôle; mais le début et la marche rapide des accidents, l’absence de coma et de fièvrê, permettront de séparer la méningite du délire nerveux des Opérés. Quant au delirium tremens, il faut reconnaître avec Dupuytren qu’il offre de grandes analogies avec le délire traumatique ; cependant celui-ci se développe souvent très nettement chez des individus qui n’ont point des habitudes d’ivrognerie, et l’on n’y observe pas alors ce tremblement des mains et des lèvres, ce défaut d’équilibre, cette incertitude de la voix, cet aspect du visage particuliers au délire des ivrognes. Quand le délire nerveux traumatique se manifeste, au contraire, chez un individu adonné
!à l’ivrognerie, il. n’est guère possible de faire une distinction entre cette forme de délire et le véritable delirium tremens.
Traitement. — Les calmants sous toutes les formes, la saignée poussée jusqu’à la défaillance, les révulsifs et tous les autres moyens que Dupuytren a essayés; ont paru inefficaces. Ce chirurgien fut conduit par l’expérience fi donner la préférence aux narcotiques administrés par le rectum. 11 faisait prendre au malade , de six en six heures, de petits lavements avec cinq ou six gouttes de laudanum. L’opium sert encore aujourd’hui de base au traitement de tous les chirurgiens ; mais il y a quelque avantage h augmenter la dose de laudanum, et l’on peut sans crainte en administrer une dizaine de gouttes : il convient de vider préalablement le rectum avec un lavement simple. Si les lavements opiacés n’étaient point gardés, ou . si les mouvements intempestifs du malade en rendaient l’administration dangereuse, il faudrait faire prendre quinze à vingt gouttes de laudanum dans un demi-verre d’eau sucrée ou dans une potion appropriée.
PES LESTONS TRAUMATIQUES.
ARTICLE XL