‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 100 sur 198 · PROCESSUS DE RÉGÉNÉRATION · texte numérisé non relu

PROCESSUS DE RÉGÉNÉRATION

II y a là une véritable spécificité des éléments anatomiques. ]'esiainsi qu*àla surface d'une plaie qui a détruit toute Tépais*eur du derme, la régénération de Tépiderme se fait sur* ODt à la périphérie, selon toute vraisemblance par prolifération des cellules des parties saines* Les expériences de Reverdin i>nt à cet égard particulièrement démonstratives : on sait que :e pathologiste, en transportant au milieu d*une membrane de )ourgeons charnus des cellules prises dans Tépiderme sain, a m créer ainsi un nouveau centre de formation épidermique ; on procédé, fécond en applications pratiques, a été très jusement désigné sous le nom de greffe épidermique (1).

Oa a objecté que, dans une plaie en voie de cicatrisation, il ie forme assez fréquemment des Ilots épidermiques sans com- DUDication avec Tépiderme sain ; mais on peut admettre que, lans ces cas, les cellules épidermiques ont été transportées >ar les objets de pansement ou qu'il restait dans la plaie des >rganes épidermiques, tels que les glandes sudoripares et sé- )acées ou les follicules pileux. On peut interpréter ainsi les expériences dans lesquelles J. Arnold (2) a vu, chez le chien, les îlots d'épiderme se produire à la surface de plaies profondes, séparées des parties saines par des cautérisations qui iraient détruit le derme dans toute son épaisseur.

 rétat physiologique, la muqueuse utérine se régénère iprès Taccouchement, mais elle n'a pas été entièrement détruite, il reste dans la paroi des culs-de-sac glandulaires dont 'épithélium sert à la génération des nouveaux éléments.

Klebs (3) dit avoir constaté directement que, dans l'inflammation de la membrane interdigitale des grenouilles, la régénération des cellules épidermiques se fait exclusivement aux (ié{)ens des éléments de même nature ; des observations analogues ont été faites sur la cornée par Eberth (4) et A. Hoffmann (5); on peut constater que les nouvelles cellules apparaissent sur les bords de la plaie; elles naissent des couches profondes, et sont d abord aplaties, de forme variable,

(I) ReTerdin, De là greffe épidermique {Arch. gin» deméd., 1872).

(2j J. Arpold, Virchow't Arch, XLVI.

(3, Klebt, Archiv f. experim. Path, 187S.

(4) Ebertb, Virchow*i Arch, U.

(ô) A. Hoffmann, Virehow's Archiv. LI.

brillantes et dépourvues de noyau ; elles se colorent forlemeat par Tacide osmique. D'où viennent ces éléments ? Arnold les faisait dériver du sang ; Eberlh et A. Hoffmann ont reconno qu'elles sont primitivement en rapport avec les cellules épithéliales dont elles semblent naître par boui^eonnement; Klebs les considère comme des cellules épithéliales qui se tuméfient, perdent leur noyau et se divisent; un nouveau noyau apparaît dans chacun des nouveaux éléments. Heller et Recklinghausen admettent aussi que les cellules épîthéliala peuvent devenir migratrices, mais il n'est pas prouvé pour eai que ces cellules migratrices puissent se fixer.

La puissance de régénération des tissus épidermiques est considérable. On peut voir les ongles tomber et se reproduire un grand nombre de fois, aussi longtemps que leur matrice est intacte, et les poils repousser tant que leurs follicules ne sont pas détruits.

Si Ton met & part les nerfs et les os, on peut dire que ks cicatrices ne sont le plus souvent formées que de tissu coqjonctif que vient recouvrir, quand la surface d'une membrane est intéressée, un vernis épidermique ouépithélial.

Les éléments du tissu conjonctif de nouvelle formation proviennent soit des métamorphoses des globules blancs exsudés, soit de la prolirération des cellules plates (Gornil et RaoTÎer Les globules blancs semblent pouvoir, d'après les observation» de Ziegler et de Gohnheim, se transformer d'abord en cellule» d'apparence épithéliolde, puis en cellules à noyaux multiples et en cellules vaso-formatives ; celles-ci se creusent de cavités e! envoient des prolongements qui se mettent en rapport arec des prolongements analogues émanés des parois capillaires.

Ces derniers, en s'anastomosant, contribuent puissamment à la genèse du nouveau réseau; d'abord pleins, ils se creusent bientôt de canalicules qui se mettent en communication avec les vaisseaux; l'endothélium n'y apparaît qu'ultérieure ment(Arnold)(l). Faut-il admettre également, avec Billroth(â,i el 0. Weber^ que les cellules de Texsudal peuvent, en se rangeant en séries parallèles et en s'aplatissant, former des capillaires? ce mode de formation ne paraît pas avoir été jusqu^icidirecte-

(1) Arnold, Virchow's Archiv. LUI et LIV.

(2) Billrotli, Uebev die Entmcktung det Gefûsse, 18S6.

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