ARTICLE VI. — DB LA DYSPNÉE
La dyspnée est caractérisée par une augmentation morbide ms l'intensité ou la fréquence des mouvements respiratoires ; le s'accompagne généralement d'une sensation pénible toute rticulière. Les mouvements respiratoires sont sous la dépennce d'un centre d'innervation que l'on peut localiser aux virons du bec du calamus ; ce centre fonctionne automatiement; le sang en est l'excitant physiologique chaque fois 'il renferme une quantité exagérée d'acide carbonique et iuffisante d'oxygène ; il est en outre influencé par les exci-
i; Peter, Leçons de clinique médicale, Pui^, 1873. l, Jaccood, Clinique de LariboisiérCt 1873.
talions centripètes que lui transmettent le nerf vague etd*aalre nerfs sensitifs.
Pour que Thématose se fasse régulièrement, il est nëcessair que les globules rouges se trouvent à de fréquents intervalle en rapport avec Toxygène de Tair dans les alvéoles palm>: naires. La dyspnée, provoquée par Tinsuffisance de Thémalose se produira donc chaque fois qu*il y aura obstacle à Taffluiè Tair dans les alvéoles ou du sang dans les capillaires polmo naires, et chaque fois que Tun de ces fluides présentera mi altération capable d'empêcher l'absorption par rhémoglobint d*une quantité suffisante d'oxygène.
Pour que Tair pénètre dans les alvéoles en quantité soflBsanté, il faut: 1^ que les conduits respiratoires soient libres 2* que les muscles inspirateurs produisent Tampliation thoncique ; 3^ que le poumoa reprenne son volume normal as moment dé l'expiration.
Tous les obstacles au passage de l'air dans les fosses nasab. dans le pharynx, dans le larynx et les bronches produisent U dyspnée ; il en est de même des exsudats alvéolaires quand i^ occupent une partie étendue du poumon ; nous citerons particulièrement, dans cet ordre de causes, la diphthérie, Vœéhmi laryngé, le spasme glottique et les bronchites généralisées.
L'inspiration a pour agents actifs le diaphragme, les iolercostaux externes, les sterno-mastoldiens et les scalènes. 0^ taines causes peuvent rendre inefficaces ou pénibles les cob*! tractions du diaphragme ; nous citerons la distension di| Tabdomen par une tumeur, par du liquide ou par des gaz ; d mj ces conditions, la respiration devient forcément costo-supéneun comme elle Test normalement chez la femme. La douleur pr> voquée par la péritonite, la pleurésie, la pneumonie oa névralgie intercostale gène de même l'ampliation du thorax, est ainsi une cause de dyspnée.
Les altérations des muscles inspirateurs rendent leurs coa* tractions insuffisantes ; cette cause joue sans doute un ri>le dans la dyspnée des cachectiques et des convalescents de nal^ dies adynamiques ; dans l'atrophie musculaire progressire, <^ observe parfois l'atrophie des muscles intercostaux ; les maladâS ne respirent plus alors qu'à l'aide du diaphragme et des masci^ inspirateurs auxiliaires, particulièrement des scalèoes. Cci
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Duscles peuvent èlre paralysés ; on observe, dans les myélites lorsales, la paralysie des intercostaux à laquelle s*ajoute, dans is myélites cervicales, la paralysie du diaphragme.
La rétraction des poumons dans les cas d*hydrothorax abonant et de pneumothorax est encore une cause qui empêche ampliation inspiratoire.
A côté de la dyspnée par insuffisance de Tinspiration, nous evons mentionner celle qui résulte d*un obstacle à Texpiration. et acte physiologique s'accomplit chez l'individu sain sans intervention d^aucune contraction musculaire ; la cessation de action des muscles inspirateurs jointe à la rélractilité du tissu u poumon suffit généralement pour faire reprendre à cet oi^ ane ses dimensions ordinaires. Dans le cas d'emphysème, sa uissance de rétractililé diminue en raison de l'atrophie de ses bres élastiques : Tair tend à rester emprisonné dans les ailles; Texpiration devenant difficile, les malades contractent islinctivement leurs muscles expirateurs auxiliaires ; il y a en iètne temps insuffisance relative de l'inspiration, car Tampliaon normale du thorax n'introduirait qu'une quantité d'air iniiffîsante dans les alvéoles qui restent di:stendus; la dyspnée est nnc en pareil cas inspiratoire et expiratoire. Dans l'asthme, i réplélion des bronches par un mucus que l'air traverse difcilement a le môme résultat.
Une autre cause de dyspnée expiratoire est la contracture u diaphragme qui maintient en inspiration forcée la partie iférieure du thorax (i).
On peut, chez les animaux, ralentir la respiration et la rendre lus profonde en sectionnant le nerf vague, Taccélérer en l'exiUnt faiblement, la suspendre en l'excitant fortement ; cette ernière action n'est donc pas, comme Tavait cru Rosenthal, particulière au laryngé supérieur (Bert).
H est difficile de savoir dans quelle mesure ces données sont ppiicables à la pathologie humaine. Dans les cas où Ton
pu observer une paralysie du pneumogastrique, les désorres étaient trop complexes pour que Ton pût décider si la ^sion retentissait directement sur la respiration.
L innervation du centre respiratoire parait troublée dans
(10. Sée, Art. Asthmi, da Nouveau diciionnairt de médecine et de cAt- '^^^:> pratiques. Paris, 1865, tome III.
diverses formes d'encéphalppathies ; c*est ainsi du moins que la dyspnée semble devoir être expliquée dans Turémie, dans certains cas d'hémorrhagie cérébrale et aussi dans lliystérie.
Les obstacles à Tafflux du sang provoquent la dyspnée comme les obstacles à Tafflux de l'air ; ce trouble s'observe fréquemment dans les maladies du cœur; la compression du poumon chez les pleurétiques, l'atrophie des capillaires alvéolaires chez les emphysémateux, réduisent le champ de la circulation pulmonaire et font ainsi obstacle à l'hématose ; le sang cbarc^ d'acide carbonique et insuffisamment oxygéné excite le centre bulbaire et augmente de la sorte l'intensité et le nombre des mouvements respiratoires (i).
Dans le choléra, la dyspnée peut être produite par l'affailiii^sement des contractioiïs cardiaques, par l'obstacle que Tépai»sissement du sang oppose à sa circulation, et peut-être au$<î par le spasme des artérioles pulmonaires ou bulbaires.
Toutes les causes qui appauvrissent le sang en hémoglobine, la chlorose, les maladies adynamiques, les cachexies, la leucémie, agissent dans le même sens.
Il en est de même de la fim^e qui, en augmentant les combustions, nécessite une hématose plus active. Fick (2) a démonti'é expérimentalement que l'élévatidn de la température excite par elle-même le centre respiratoire ; on voit ainsi, dan^ la pneumonie, la dyspnée diminuer beaucoup au moment de la défervescence, bien que l'obstacle mécanique à l'hématose reste le même.
Les dyspnées d'origine hématique ne sont pas nécessairement permanentes ; la quantité d'oxygène introduite dans le sai^ par chaque inspiration peut surfire pour les besoins de Torga* nisme lorsque la dépense est peu considérable, c'est-à-dire lorsqu'il est à l'état de repos ; mais, dès que la consommation d'oxygène augmente sous l'influence de l'exercice musculaire, l'hématose n'est plus assurée par la respiration normale, les mouvements respiratoires s'accélèrent, il survient de la djspnée ; ces phénomènes s'observent journellement chez les convalescents, les cachectiques et les chlorotiques ; à un degré moindre, il faut un exercice violent pour les produire.
(1) Hardy et Béhier, Traité de pathologie interne^ 1. 1» 2* édition. (î) Fick, Wûrzhurger Verhandlungen. 1871, 156-1G9.
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L^altération de Tair peut amener la dyspnée plus rapide- OQent que celle du sang ; les troubles de la respiration sont au premier plan parmi les accidents de l'asphyxie oxycarbonée, de Tair confiné et du mal des montagnes.
La dyspnée peut se présenter à l'observation sous des formes diverses ; nous avons signalé déjà la forme inspiratoire et la forme expiratoire ; celle-ci est le plus souvent mixte en ce ieDs que la difficulté de l'expiration, en gênant Thématose, produit secondairement une difficulté de Tinspiration, alors nême que l'obstacle ne porte pas simultanément, comme c'est a règle en pareil cas, sur les deux temps de la respiration.
Le trouble des mouvements respiratoires peut consister en jne augmentation de leur nombre ou de leur intensité.
Dans les dyspnées de cause encéphalique, la respiration est »ouveut profonde et ralentie ; dans la dyspnée de cause abdo- Binale, dans la péritonite aiguG par exemple, elle est superficielle et très accélérée.
La dyspnée prend le nom à'orthopnée quand elle rend impossible le décubitus dorsal ; elle constitue alors un symptôme des plus pénibles ; les malades font appel à toutes leurs puissances inspiratrices; ils cherchent autour d'eux un point d'ap- )ui pour aider la contraction des muscles inspirateurs qui s'insèrent à l'humérus et à l'omoplate.
L'orthopnée exige la persistance d'un certain degré de force li de conscience (Traube) (1), et c'est un signe fâcheux quand, lans une maladie adynamique ou fébrile, elle fait place lu décubitus dorsal malgré la persistance des lésions thoraiques.
La dyspnée est une réaction physiologique utile ; elle lutte :oatre tous les obstacles à l'hématose que nous avons énumé- *és précédemment; Filehne (2) h contesté l'utilité de celle lui se produit dans les affections cardiaques en faisant remar- ]uer que l'afflux de Tair en plus grande quantité ne peut rien contre l'obstacle apporté à l'hématose par la stase du sang lans les veines pulmonaires ; mais Cohnheim observe avec raison lue les mouvements respiratoires normaux favorisent la circu*
(r Traube, Die Symptom der Krankheii. der Respirations %md Circulations apparats, 1867, p. 10.
l3) Filehne, Arch. f, txpei, Path, X et XL
lation pulmonaire, et qu*il en est de môme a fortiori des mouTements dyspnéiques.