‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 119 sur 198 · ARTICLE I". — DE LA POLYURIE · texte numérisé non relu

ARTICLE I". — DE LA POLYURIE

La quantité d*urine excrétée dans un temps donné varie, après Ludwig, en raison de l'élévation de la tension dans les lomérules et aussi, d*après Heidenhain (2), en raison de la rapiité du courant sanguin.

La tension dans les glomérules ne suit pas nécessairement is oscillations de la tension artérielle; on sait que Tactivité es circulations locales est sous la dépendance du système vasotoleur, il est donc possible queTexcitation des vaso-moteurs ui animent les vaisseaux glomérulaires y réduisent la circulaion, alors que la tension est élevée dans les artères.

Les expériences d*Eckhard, de Cl. Bernard et de Vulpian ont lontré que les vaso-constricteurs des reins, et sans doute aussi surs vaso-dilatateurs sont contenus en grande partie dans les erfs splanchniques : la section de Tun de ces nerfs produit la ongestîon du rein correspondant, son électrisation en produit anémie (3); c*est sans doute à l'excitation réflexe des filets aso-constricteurs qu*il faut rapporter l'anurie qui accompagne ouvent l'accès de colique néphrétique ; l'anurie des bystéri- [ues peut s'expliquer par le môme mécanisme; il en serait de nème, d'après Gohnheim, de la diminution de l'excrétion urilaire dans la colique de plomb et dans l'éclampsie puerpérale.

1 Koessner, Deutsch, tned, Wochensch, 1870.

'^ Heidenhain, BresL artzL Zeitsch, 1879.

\^ VolpUn, Leçons sur l'appareil vaso-moteur, 1875

Les troubles dans Tinnervalion des reins sont égalemeni selon toute vraisemblance, la cause de la polyurie provoqM par la piqûre du quatrième ventricule, seulement, en pi^iJ cas, ce no sont plus les vaso-constricteurs, mais bien lesTs dilatateurs qui sont excités. M. Vulpian pense qu'il se prx en môme temps une excitation des nerfs sécréteurs; lespo' ries émotives, celles qui résultent des lésions traumalique> > crâne, et à plus forte raison celles qui sont provoquées par h lésions du quatrième venlricule (1) reconnaissent sansdou>même mécanisme.

D*autres fois la polyurie est due à une augmentation de j masse du sang (2); elle peut résulter ainsi de la polyd.[r-:' MM. Charles Richet et Moutard-Martin Tout produite récemm î: en injectant dans les veines une quantité notable de sucre > sous dans de Teau : un chien, qui, en trois heures, avait ex- 28 centimètres cubes d'urines, en rendit 364 centimètres dar-J demi-heure qui suivit rinjection intra-veineuse de 44grân.n de sucre interverti, dissous dans de l'eau ; ces auu '^ pensent que c'est surtout par le sucre qu'il contient que le li est diurétique ; cette substance favorisant la dyalise, le ^ qui en est chargé attire à lui une plus grande quantité dV<. la pression s'élève dans les glomérules, et la polyune ^ produit.

Parmi les causes pathologiques de la polyurie, il faut corn; ■-' outre les névroses que nous avons signalées et les traumaliv crâniens, Fhémorrhagie cérébrale (3), le diabète, razotunt.J fièvre récurrente et la néphrite interstitielle; elle con?: "• souvent le symptôme dominant de cette dernière maladie : -' laquelle elle paraît due à l'augmentation de pression que: voquent l'hypertrophie du cœur et les altérations des art" on l'observe également dans la dégénérescence am\\ MM. Lecorché et Talamon (4) Tout vue constamment se : duire au déclin des congestions hépatiques et de Tictèreri^^

1) Dans àeux cas de polyurie, M. Hayem a trouvé uno dégénéresfft latiniforme de l'épendyine du quatrième venlricule et des parties scus-jx:elle était liée à une liypcrplasie connective.

1?) Cuffer, article polyubie du !<ouveau dictionnaire de médecine et ■' rurgie.

'^) A. OWWiQVy Archives lie ph>/siolofjie itormaie et palttologique. ï?'" (V: Lecorclic et Talamon, Uc. cit.

il. M. Lacombe (i) enûn a décrit une polyurie essentielle qai on "toute vraisemblance est liée h un trouble de Tinnerva-

ABTICLE II. — DE l'aLBUMINURIE (2).

^e phénomène n'est pas toujours pathologique. Senator pense s constamment Turine normale renferme de légères traces Ibumine ; c'est là un fait sans intérêt, car ces traces ne sont ) appréciables par les réactifs usuels. Il est au contraire imporit de savoir que, chez des sujets sains, Ton peut trouver passa 'ement plus d*un gramme d'albumine par litre; ce fait a été s récemment en évidence par M. Lépine (3). Ce professeur >pelle que déjà Yogel dit avoir vu, pendant des années, des uminuries légères sans signes d'affection rénale. Ultzmann onstaté l'albuminurie chez 8 jeunes gens forts et bien ports; chez l'un d'eux, elle était beaucoup plus prononcée la itque le jour; en 1873, M. GuU (4) affirmait que les enfants ûles et anémiques sont souvent albuminuriques à l'époque la puberté. Plus récemment, M. Leube (5) a constaté que, 119 soldats, 5 présentaient de Talbumine dans l'urine du lin et que 14 autres devenaient albuminuriques après :ercice. Moxon (6) rapporte 19 cas d'albuminurie intermitle chronique chez des enfants débilités. Certains sujets ne iennent albuminuriques qu'après une fatigue musculaire ou repas copieux. M. Lépine cite encore Fiihrbringer, Bull, rcacci et J. Munn comme ayant fait des observations analos; il en a lui-même de personnelles et il conclut de ces

Lacombe, De la polydipiie. Thèse de Piris, 1841.

Bright, Report of med, cases, London, 1827-1831. » Johnson, The med, . Heview. 1836. — Rayer, Traité des maladies des reins. Paris, 1840. — lil, thèse 1864. — Gabier, an. Albumincme da Dictionnaire encyciopé- (^. — Féréol, Union médicale, 1867.— Devilliers et Regnauli, Arch. gén, fiéd, 18(8. — Jaccoud, Des conditions patfiogéniques de V albuminurie. I. I8GU. et Alt. Albuminurib, du Nouveau dictionnaire de médecine et de ^ie pratiques,

i K. Lépine, Sur quelques travaux relatifs à Calbuminurie et à la patho» f rénale '^Revue de médecine. 1882).

Gall, Lancet. 1873.

Leube, Virefiow*s Archiv, p. 72. Nous empruntons ces citations au trade M. Lépine.

(iui/t hospit, reports, 1878.

faits que, chez un nombre de sujets atteignant du ^it lième au quarantième de la population, ralbuminarie sen contre à certaines heures de la journée. Elle est liée pr^i blement à une modification fonctionnelle au niveau du glc? rule, peut-être à une perméabilité exagérée de sa merokii survenant sous une influence nerveuse (Fûhrbrînger etLf^ ou à un ralentissement de la circulation (Hoppe-SeyleretBii berger); il résulte de ces faits que Talbuminurie ne doiièi considérée comme pathologique que si elle coïncide aret i troubles de la santé.

On peut trouver dans Turine diverses variétés d'albnmiQc des substances voisines telles que des peptones et des propi tones; Talbumine d'œuf filtre à travers le rein normal; MM I telle et Faveret, dans des expériences faites sous la dîre^fl de M. Lépine, ont constaté que la serine et la globuline, pH sur un cochon d*lnde ou sur un chien et injectées dai:«l veines du môme animal, passent en nature dans TuriDe.d doute parce qu'elles ont subi dans le cours de Texpériencei modification qui leur permet de filtrer.

La propeptone^ connue encore sous le nom d'hemialhvm et de paralbumine, se rencontre souvent en petite qmal dans l'urine normale ; elle s'y trouve en plus grande aboodi dans diverses maladies et particulièrement dans les affertij des os, surtout quand elles s'accompagnent de suppurai! dans la fièvre typhoïde et dans le cancer de l'estomac.

iM. G. Sée a constaté récemment qu'un de ses malade, teint de polyurie, excrétait chaque jour environ 8 graroire^ peptones (i). Ces peptonuries et propeptonuries n'ontét^^ diées jusqu'ici que dans un nombre de cas trop restreio!: que l'on puisse en faire rhisioire.

Le mode de production de la véritable albuminurie ne^lp toujours le même; elle peut être d'origine dyscrasique :-• sulter d'une maladie du rein.

Les albuminuries d'origine dyscrasique paraissent ê^ beaucoup moins fréquentes qu'on ne Ta pensé autrefois: l^^ les maladies où l'on peut invoquer une altération du sari: trouve presque constamment une lésion rénale quand îV

(1) G. Sée, Polyurie peptonungue \Semainc médicale, 1SW\

16 passe dans l'urine; les partisans de la théorie hématique tiennent seulement que cette lésion est consécutive à Talilion du sang. Cette théorie a été formulée il y a plus de trente par M. Semmola et soutenue avec force par M. Jaccoud (1 ) ; rofesseur de Naples Ta de nouveau exposée récemment dans t communicalion à TAcadémie de médecine (2) ; il assure les Brightiques ne rendent pas seulement de Talbumine Tarine, mais aussi par toutes leurs sécrétions ; les fait-on r, leur sueur est albumineuse ; la salive quUls rendent est lement albumineuse, et il en est de même de leur bile ; oDclut de là que le mal de Bright n'est pas une affection ré- &t mais bien un vice de nutrition, à marche lente, produit tout par la suppression des fonctions de la peau et se catërisant par une altération des substances albuminoïdes tiennes dans le sang. Ces substances cessent d*être assimiles et sont éliminées par tous les émonctoires ; le rein n'est 3 l'un de ces émonctoires : forcé de se laisser ainsi traverser *une substance étrangère, cet organe devient malade con* utivement. Pour démontrer cette proposition, M. Semmola lit une série d'expériences.: il a rendu des animaux albumiriques en leur injectant sous la peau du blanc d'œuf, des lumino-peptones, du sérum sanguin ou du lait; au bout de atre jours, on trouvait les reins congestionnés ; au dixième ir, on constatait une migration de leucocytes sous la capsule lale; vers le vingt*cinquième jour, il existait des lésions reèsentant la première période de la néphrite interstitielle. Ces expériences établissent la possibilité d'une origine dysisique de l'albuminurie, mais elles ne prouvent pas qu'il n'y *pas de lésions primitives des reins capables de la produire ; i cas bien authentiques de néphrites albumineuses survenues la suite d'un traumatisme lombaire sufGsent à en démontrer (xislence.

D'autre part, il n'est pas établi que la présence de l'albuine dans la sueur et la salive des Brightiques soit un fait connut: on ne conçoit pas bien comment l'élimination de traces albumine, substance non irritante, provoquerait les lésions

V Uccoud, Des conditions pathogéniques de V albuminurie, 1860.

^. SemmoU, Recherches expérimentales et cliniques $w* les albuminuties

^fiiUtin de r Académie de médenne. 1883).

510 DES TROUBLES FONCTIOiNNELS (SYMPTOMES).

profondes de la néphrite interstitielle, alors que le pa pendant des mois ou des années de quantités considérable sucre ou de médicaments reste à cet égard inoifensif. Il in attendre donc des recherches de contrôle pour appié't en connaissance de cause les expériences que nous Teno&às: rapporter.

Dans la grande majorité des cas, les conditions palhog :ques de Talbuminurie semblent bien être un trouble dan^ : circulation du rein et une altération dans sa structure. Eont été dans ces derniers temps Tobjet de nombreuses reihtches.

L'on s*est occupé, en premier lieu, de déterminer dans qu^' partie du rein Talbumine sort des vaisseaux sanguins et Icl. reconnu que cette filtration s*opère exclusivement danî . glomérules.

Overberk a montré que, si on lie pendant quelques mioL. seulement Tartère rénale, la sécrétion urinaire, d'abord cog.: tement supprimée, reparaît au bout d'une demi-heure ou de U quarts d'heure et renferme alors de Talbumine; or, si 1 on j^ • dans Teau bouillante le rein d'un animal auquel on a pra'j^ cette opération, on trouve de Talbumine coagulée dans le>: mérulesen même temps qu'une altération deleur épithéliuiL : de même MM. Browicz et Gornil ont constaté récemmeut q 40 minutes après l'injection sous-cutanée de teinture de : tharides on trouve un exsudât albumineux dans les gloméri'

On a généralement, jusqu'à ces derniers temps, con-i: l'augmentation de la tension vasculaire comme une des c ditions qui donnent lieu le plus souvent à la filtration de Ta \ mine; il est reconnu aujourd'hui, depuis les travaux M. Rùneberg, qu'elle n'est pas sufûsante, et que même, ài bien des cas, il y a abaissement de pression en même ter qu'albuminurie; c'est ainsi que, dans l'expérience d'Overt citée précédemment, la pression est abaissée; dans ras\^i: où l'albuminurie est fréquente, la tension artérielle est é;* ment amoindrie ; d'autre part, si l'on augmente la tension;, la ligature de l'aorte au-dessus des rénales, on ne produii:l'albuminurie; ce trouble fonctionnel peut donc coïncidera^

^I 1 Expériences de MM. HIbbert, Posner et LiUen cités par Chartot. Lr sur les conditions patUogèniqiies de C albuminurie, Ptris, 1877.

navec un abaissement qu*avec une élévation de la pression, is ni Tune ni Taulre de ces modifications ne suffisent à le iduire;iiraut,d*aprèsLitlen(i), Posner(2), Heidenhain (3) et ircol ^i\ une autre condition, qui est la diminution de la vise du sang. Nous devons ajouter que, suivant Heidenhain, autre élément, V altération de répitkélium glomérulaire, doit ;ore intervenir.

.a présence de cet épithélium est la seule cause qui, à l*état mal, empêche Talbumine de filtrer avec les autres éléments sérum; et son altération est la condition qui explique le iiix l'albuminurie. Nous avons vu précédemment qu*elle u être directement constatée après la ligature d'Overbeck ; I est constante dans la néphrite scarlatineuse. ^osner a réussi à fixer Talbumine dans son lieu d*excrétion soumettant le rein à la coction, et Ribbert a obtenu le même iiltat en plongeant Torganc dans Talcool absolu; ils ont staté que c'est bien le glomérule.

lusieurs auteurs cependant, Kabierske, Browicz, Lassar et .en, disent avoir trouvé, dans des cas de néphrite toxique Toqués chez des animaux par la cantharide, le pétrole ou sels de chrome, les glomérules intacts, alors que Tépithé- Q des canaux contournés était profondément altéré; mais nheim ne considère pas leurs observations comme démonsives : dans les néphrites diphthériques et septiquesde même dans les néphrites a frigore, cet auteur a constaté une alition des glomérules ; ajoutons enfin qu'elle existe aussi dans néphrites chroniques.

^albumine peut-elle provenir des capillaires qui entourent !analicules? L'épithélium leur forme une barrière qui parait anchissable, mais il peut s'altérer et vraisemblablement ser filtrer l'albumine; il en est ainsi dans l'intoxication sphorée, dans l'anémie pernicieuse, et dans le cas d'intus.

'albumine peut se rencontrer dans la dégénérescence amye du rein, mais elle est loin d'y être constante, les observa-

Liuen, Centr^ibL 1880.

Posner, Virchow't Archiv^ t. LXXIX.

Heidenliain, Wien, nted, Wochemch. (cité par M. Lépine).

Qiarcot, Uçom itir les conditions pathogéniques de l'albuminurie.

lions de M. Stiaus et de MM. Lecorché et TalamoQ sont coucf': dantes à cet égard.

L'albumine que Ton trouve dans Turine est le plusonlir^ rement de la serine ; elle est assez souvent accompagDè'' .' globuline et d'une substance analogue aux pepiones. Oi constaté que l'urine rendue après les repas renferme plus t.bumine, et M. Lépine a reconnu que cette albumine diîmieux que celle de Turine du jeûne.

M. Bouchard distingue dans l'urine deux variétés d'à.. mine : Tune, qu'il appelle rétvaclile^ est caractérisée parce :. <iue le précipité obtenu par les acides s'agglomère en rîueaux sous l'influence de la chaleur; l'autre, albumine » rétraclile, reste dilTusée dans la masse de l'urine.

11 résulte des considérations que nous venons d'exposer ; dans la grande majorité des cas, l'albuminurie est sou> l :" pendance d'une lésion rénale: tantôt cette lésion est pilu ? comme dans la néphrite a frigore, tantôt elle est consécul: i un trouble de la circulation ou à une altération du san^. -« obstacles à la circulation veineuse la produisent comme I la diminution de l'afflux artériel ; on la provoque sùremeiî ^ liant ou en comprimant la veine rénale; elle doit donc a raître dans le cas d'obstacles à la circulation cardio-p ^ naire, ou de compression de la veine-cave par une grjï^ i ou une tumeur abdominale.

Parmi les di/scrasies, il faut mentionner colles des fiè^re^ la septicémie, du choléra, et certaines intoxications co: causes d'albuminurie; dans les maladies infectieuses, IV nation parles reins des éléments parasitaires donne lieu, d: Bouchard (1), à une néphrite qui se caractérise par la prcs dans l'urine d'albumine rélractile.

C'est sans doute par l'intermédiaire de la circulation q:. affeciions nerveuses produisent parfois l 'albuminurie. C Bernard a montré qu'on peut lui jdonner lieu en piqui plancher du quatrième ventricule, et M. Ollivier (2) a ci: qu'en pareil cas on trouve les reins congestionnés; iU de môme dans les albuminuries provoquées par d'auic bioiis du système nerveux; ainsi M. Yulpian a reconnu cgat:.

(l) Boucliard, Communicatioti au congrès de Londres. ISSl. (2 A, 0\\i\ iGr, Archti es générales de médecine, 1874.

que la section du grand nerf splanchnique amène une forte congestion du rein avec polyurie et albuminurie ; ce fait démontre ia possibilité d'une albuminurie par trouble de Tinnervation vaso-motrice du rein (1).

Chez rhomme, différentes lésions du système nerveux peuvent être suivies d*albuminurie. Liouville Ta observée dans un cas de tumeur de la protubérance (2) ; elle se produit souvent dans l^apoplexie, dans la commotion cérébrale et dans Tétat de mal épileptique; M. Lépine Ta vue survenir chez une hystérique ; M. Teissier Ta signalée dans diverses affections chroniques des centres nerveux (3).

L'albuminurie, quand elle est abondante, entraine une perte considérable de matériaux organiques et peut ainsi conduire les malades à la cachexie. Le sang, sous son influence, devient plus aqueux ; son sérum aurait, d*après la plupart des auteurs, plus de. tendance à s*échapper des vaisseaux; Tanasarque serait le résultat de Thydrémie en môme temps que de Tanurie. Nous devons dire que Cohnheim oppose à cette interprétation de sérieuses objections; il a pu, avec Lichtheim, produire chez des animaux, par Tinjection dans les veines d'une grande quantité d'eau légèrement salée, un état de pléthore hydrémique très prononcé, sans donner lieu à deTœdème; celui-ci ne se manifeste que dans les points où la peau a été altérée 'Soit par le vernissage, soit par la chaleur.

BartelSfil est vrai, a démontré, par des observations soigneusement prises, que Tanasarque augmente chaque fois que Texcrétion urinaire diminue et vice versa^ mais on ne peut en conclure que cette diminution de Texcrétion urinaire soit la cause de Tanasarque, car Ton pourrait aussi bien soutenir la thèse inverse, et dire que Taugmentation de Tanasarque amène Toligurie ; il n'est pas rare do voir des hystériques ou des calculeux atteints d'anurie persistante être exempts d'œdème.

D'autre part, dans l'hypothèse qui rattache l'hydropisie à la pléthore hydrémique, on ne comprendrait pas comment l'anasarque occuperait, dans bien des cas^ exclusivement le tissu cellulaire' sans envahir les séreuses; il y a enfin des néphrites

(]] Vulpian, Leçons sur les vaso-moteurs. "i; Liouvitle, Gat, des hôpitaux. 1873.

i3; Teissier, Gox. hebdomadaire, 1877.

HALLorsAO. — Pathologie générale. 33

514 DBS TROUBLES FONCTIONNBLS (SYMPTOMBS).

avec albuminurie très abondante qui évoluent sans trace d*œdème ; nous en avons nous-mème observé récemment deux exemples remarquables. Cohnheim pense que Tanasarque est due, dans les néphrites a fngore et scarlatineuses, à une modification dans Tétat des vaisseaux cutanés qui deviendraient plus perméables, et il rappelle à ce sujet les faits d*anasarque a frigore sans albuminurie ; dans les néphrites chroniques, li invoque TinsufOsance cardiaque qui fait suite à Thypertrophie quand survient la cachexie et qui contribue également à produire l'oligurie; c'est alors un œdème par stase comparable i celui des maladies du cœur.

Cette explication ne parait pas plus satisfaisante que les aotr-es,carranasarque des albuminuriques diffère beaucoup, dans ses localisations et son mode de développement, des hydropisies d*origine cardiaque ; le mieux est donc de déclarer que la lumière n*est pas encore faite sur cette question de physiologie pathologique.

L'albuminurie ooîncide parfois chez les brightiques avec c: symptôme qui a été signalé pour la première fois par M. Jaccoud (1) et que M. Dieulafoy (2) a étudié récemment sous i« nom de pollakiurie; il consiste en une fréquence anormale dd mictions. Elle ne s*accompagne pasnécessairement de polyurie: les malades qui en sont atteints urinent jusqu'à dix et douze fou dans chaque nuit ; elle peut être précoce ou tardive ; elle es; douloureuse chez certains malades ; c'est un trouble de Teicrélion qui parait dû à une excitabilité exagérée des plans mur culaires de la vessie.

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