ARTICLE VII. — DU VERTIGE
On désigne sous ce nom un trouble dans lequel il semble que es objets environnants tournent et que l'on tourne soi-même lans une direction déterminée, variable suivant les cas, en Qème temps que l'on se sent étourdi et que l'on a tendance à lerdre l'équilibre.
Les conditions dans lesquelles il a lieu montrent qu'il a pour ause prochaine un désordre dans l'innervation encéphalique, e plus ordinairement, si ce n'est toujours, d'origine périphéique. Il en est certainement ainsi quand il se produit, comme 1 arrive souvent, sous l'influence d'une sensation visuelle ou ndilive.
Parmi les vertiges visuels^ il faut citer en premier lieu celui ui survient lorsqu'on regarde en bas d'un lieu élevé ; il se maiftîste chez la plupart des sujets, bien que l'on réussisse le plus ouvent par l'habitude à s'en délivrer; il est probable que le rouble de la vision entre également pour une grande part dans i verlige produit par le tournoiement rapide du corps, car les eunes gens qui s'exercent à la valse ferment les yeux pour éviter
Taccident; il en est de même des vertiges qu*éproavent ce^ taines personnes lorsqu'elles sont transportées en Toilore. d'arrière en avant. Il est des malades qui éprouvent une sensation de vertige extrêmement pénible dès qu*ils fixent un obje. ou qu'ils cherchent à déplacer les yeux dans une directiœ quelconque ; c'est le vertige oculaire récemment décrit pr Abadie (i).
L'existence du vertige auditif n'est pas moins certaine; Menière, qui Ta décrit le premier, a montré qu'il se développe soo« l'influence d'une sensation purement subjective ; le malade entend un sifflement, un bourdonnement, un bruit quelconque. et immédiatement, il est pris d'une sensation de tournoiement tel!^ ment intense que souvent il tombe s'il n'est secouru; le vertisf se produit parfois en l'absence de la sensation auditive chez le< sujets atteints d'une maladie de l'oreille.
Le vertige s'observe dans la plupart des maladies de Tentéphàle ; il est surtout fréquent dans le cas de tumeurs; la picpart des auteurs admettent qu'il est môme un des symptôma habituels de l'anémie cérébrale et qu'il peut être ainsi proTC que par l'athérome artériel et par le rétrécissement aorliqae
On doit à Trousseau une description détaillée des vertiges d'origine gastrique (2).
Chez la femme, l'appareil utéro-ovarien paraît être une cao$e relativement fréquente d'accidents vertigineux dont Téluce rentre dans celle de l'hystérie.
Nous devons mentionner encore, parmi les causes de vertiges les aDections fébriles et particulièrement les pyrexies exanlbrmatiques et la fièvre typhoïde : une réaction intense n'est pi* nécessaire à leur production, car nous les avons vus sumr avec intensité dans des cas très bénins de variololde.
Signalons enfin les vertiges que produisent, chez certais' sujets, divers médicaments parmi lesquels nous citerons en \i^ mière ligne le sulfate de quinine et le salicylate de soude.
Nous ne pouvons déterminer quelle est la cause prochïû^ des vertiges ; ceux qui ont pour point de départ une affecli<<a de l'oreille peuvent être rapportés aune lésion directe ou iQ<l^ recte des canaux semi-circulaires, car l'expérimentation a ^
(1) Abadie, Du vertige oculaire [Progrès médical, 1885).
(2) Troassean, Clinique médicate de t'Hôtet-Dieu^ 6< édition. Parts, I^
DBS TROUBLES DBS FONCTIONS D'INNERVATION. 587
nontré que les lésions de ces parties donnent lieu à des mouements de rotation qui se font toujours dans le même sens )oor le même canal, et on y localise le sens de l'espace ; mais obscurité reste complète pour les autres variétés de verige ; il faut seulement se rappeler que la lésion de toutes les larlies du cerveau peut donner lieu à des mouvements de roation.
La sensation de vertige est susceptible de varier beaucoup luivant les conditions dans lesquelles elle se développe et les ndividus qu'elle aOecte. Le plus souvent passagère, elle dure Mtrfois des mois et même des années (cas de vertige de Ménière). V un léger degré, elle permet la station debout ; plus pronontée, elle peut amener une chute et sa violence est telle en cerains cas que les malades perdent Téquilibre alors même qu'ils iODt couchés ; cependant la situation horizontale atténue d*ha- )itude les sensations pénibles.
C'est surtout dans les cas graves de vertige de Ménière que es accidents atteignent un haut degré d'intensité et deviennent amentables. Les malades se sentent continuellement dans une iituation instable, ils se calent avec des oreillers ou des cousins et néanmoins, même s'ils ont les yeux fermés, ils se sentent Denacés d'une chute imminente ; ils sont en proie à une senation de balancement, de mouvement gyratoire, tantôt autour l'un axe vertical, tantôt autour d'un axe transversal; d'aures fois ils éprouvent une sensation d'élévation et d'abaissé- Dent qui leur fait croire à un mouvement d'escarpolette ou de remplin; d'autres fois ils se sentent enlevés brusquement en 'air, la tête en bas, et s'imaginent qu'ils restent un instant sus- >endus (1); ils ne se trouvent jamais en équilibre et éprouvent lans discontinuer un mouvement de va-et-vient et de tournoie* Dent dans un sens ou dans l'autre.
Ce n'est guère que dans la maladie de Ménière que ces ver- Jges auditifs persistent d'une manière continue pendant plusieurs mois ; ce sont plus ordinairement des phénomènes passagers. Tantôt ils consistent en de simples sensations, tantôt ils s'accompagnent d'une perte d'équilibre avec chute. Celle-ci se ait toujours du même côté dans le mal de Ménière, exception-
(1) Féré etDemart, Revue de médecine, I8SI.
nellement en arrière, d'ordinaire en obliquant en avant el di côté de Toreille atteinte.
L'intelligence est ordinairement intacte ; le malade a con science de ce qui lui arrive et c'est là un caractère qui peut sér vir à différencier le vertige du petit mal épileptique avec lequi il a été trop souvent confondu ; pourtant, dans certains cas.r malade tombe privé de sentiment et de mouvement.
ARTICLE VIII. — DE l'exTASE.
On appelle ainsi un état cérébral dans lequel les malades sa tellement absorbés par la contemplation d'objets imaginiir^ qu'ils perdent momentanément la sensibilité et les mouverae tvolontaires. L'objet de la contemplation est le plus soumet, mais non constamment, une image religieuse; cet étatmnte se développe surtout cbez les sujets dont le système nene'^ est très excitable ; il est assez souvent une manifestatioD <: l'hystérie ; on peut l'observer chez les névropathes ; il est b^r. coup plus fréquent chez les femmes que chez les hommes. cM les jeunes gens que chez les vieillards. Toutes les causes <i'* némie, et particulièrement l'insuffisance de l'alimentali-^n*du sommeil, en favorisent l'apparition. On peut toujours \n^quer, pour expliquer le développement des phénomène?.':'; troubles psychiques : la surexcitation religieuse et la vie à* • tique en sont les causes les plus ordinaires ; l'accès lui-mèn:^^ souvent provoqué par des méditations prolongées en l ati-'^^ de tout bruit et dans l'obscurité.
Si Ton examine un sujet en état d'extase, on constate l'est d'habitude dans une attitude fixe exprimant la passioco' il est animé; la physionomie garde la même expressioti ". *♦ s'agit d'une extase religieuse, le malade semble dans ur. fde parfaite béatitude, ses regards sont constamment ^.'vers le ciel, assez souvent il se prosterne et se livre à des >•' d'adoration; d'autres fois, il cherche à éprouver les souffrit du Christ, il veut s'identifier avec lui el subir le cnicififn.- • après avoir parcouru toutes les phases de la passion. C'est \. ces conditions que l'on a vu se produire de ces stigmate* ont été l'objet de discussions si prolongées; tout en fais^^'' part de la simulation, on devait reconnaître que la jj
es mains de ces extatiques était bien réellement excoriée, [aury pense qu'ils peuvent, sans en avoir conscience, se faire rec leurs ongles des excoriations profondes; Michéa (!) sup- )se qu'il se produit, chez certains de ces sujets, des sueurs cales et colorées analogues à celles qui ont été décrites par ïrrot sous le nom d'hématidroses»
La sensibilité est abolie; on peut piquer, pincer et brûler s malades sans qu'ils perçoivent même de sensation ; cette sensibilité s'étend aux muqueuses ; les mouvements se réduint à ceux qui sont en rapport avec rhallucinalion ; le sens la vue est aboli ; il en est de même, mais non constamment» louîe.
Ces accès coïncident assez fréquemment avec des manifesions hystériques; ils représentent, dans la grande attaque, la ase dite des attitudes passionnelles ; ils peuvent également acmpagner la théomanie et la démonomanie; nous verrons bientôt Us coïncident fréquemment avec la catalepsie. sous venons de montrer que l'extase se produit dans des condi- Qs très diverses ; aussi ne pouvons-nous la considérer comme 3 maladie : c'est un syndrome dont la cause prochaine est inmue et que Ton ne peut rattacher jusqu'ici à aucune modifl* ion appréciable dans l'état des parties.