SOMNAMBULISME
§ 1°'. — Définition et canses.
n désigne sous le nom de catalepsie un trouble caraclépar des accès pendant lesquels le sentiment et l'entendeit sont suspendus en même temps que chaque partie du >s conserve l'attitude qu'elle avait au début ou qu'on lui a imuniquée ultérieurement.
peut se produire primitivement sous des influences diverses, peut aussi le provoquer artificiellement, particulièrement ; les hystériques ; il présente avec la léthargie des relations lesquelles nous aurons à insister.
Micliéa, t>e$ hattucinations. Paris, 1846. — Maury, ouvrage cité.
590 DES TROUBLES FONGTIONiNELS (SYMPTOMES).
Parmi les causes de la catalepsie primilive, il /ant mentionner l'hérédilé ; on l'a plusieurs fois observée chez les enfaDls d'am même famille ; elle se développe surtout chez les jeunes gens sa fréquence est à peu près égale dans les deux sexes, fi. important qui suffit pour faire repousser l'opinion de cenx qr voudraient la rattacher exclusivement à Thystérie ; les faliga» cérébrales, Tabus du travail intellectuel, les revers de fortace. les chagrins d*amour et les émotions vives sont cités cornsf ses causes les plus habituelles ; il faut noter aussi Tinfluetict de la digestion; dans un cas de Puel, Taccès survenait toajours après les repas, alors même que Theure en était changea. Grasset invoque en outre l'influence des maladies géoérale» parmi lesquelles il cite surtout la malaria et la goutte ; on an également TafTection se développer pendant la convalesceoce de diverses maladies aigufis, la pneumonie, le rhumatisme articulaire et la fièvre typhoïde, et aus^i à la suite de traumatisme (Eulenburg).
La catalepsie provoquée fait partie des phénomènes de rhypnotisme. On la produit le plus ordinairement en fatiguant !â vue par la fixité des regards et la convergence des yeux; daoi les conrérences de M. Gharcot, la malade, placée devant m lumière de Drummond et invitée à la fixer, présente, au boot d'un laps de temps qui varie de quelques secondes à quelqn?^ minutes, les phénomènes de la catalepsie ; on obtient le mèoi: résultat en regardant fixement la malade et en l'invitant à Ti' fixer également; les vibrations d'un diapason ou un bruit ini:* tendu, tel que celui d'un gong, le produisent de môme.
§ 2. — Symptômes*.
Dans l'état cataleptique, le malade immobile, insensible a^' excitations, fixe l'objet qu'on lui présente; ses yeux sontl»r gement ouverts; il est complètement anesthésié : on peutk piquer ou le pincer violemment sans qu'il s'en aperçoive Les muscles ne sont pas contractures ; ils gardent F attitude ^^ ^^ leur communique^ alors même qu'elle semblerait devoir entraiocr rapidement une fatigue intolérable ; si l'on élève par exemple le membre supérieur et qu'on le laisse dans cette situalioo, ^ s'y maintient pendant vingt minutes ou même une demi^beun;
DES TROUBLES DBS FONCTIONS D'INiNBRVATION. 591
ans présenter de tremblement ; et quand le malade le laisse elomber, c'est graduellement et lentement.
Chez certaines femmes, on peut provoquer le phénomène que raid a appelé suggestion ; en plaçant les membres de la malade ans les attitudes qui répondent aux divers sentiments et aux iverses passions» on suscite une mimique qui exprime avec ivacité les mômes sentiments ou les mêmes passions ; on peut insi faire exprimer à la malade la colère, Thumililé, l'orgueil, la mdresse, la prière, etc.; elle reste alors anesthésiée, mais Tétat italeptique n'existe plus, et le regard a perdu sa fixité.
Si Ton ferme les yeux d'un cataleptique ou si l'on enlève la imiëre qui a produit Taccès, la catalepsie fait place à un autre lat qui a été désigné sous les noms de sommeil magnétique^ de )innambulisme et que M. Gliarcot nomme léthargie. Son début st brusque : la malade tombe, ses yeux se ferment, elle fait une aspiration sifflante accompagnée de quelques mouvements de égluiition, ses paupières sont le siège d'un frémissement con* uucl, ses globes oculaires se dévient dans une même direction, 3s muscles sont en résolution avec cette particularité qu'il iiffit de les exciter mécaniquement à travers les téguments our en provoquer la contraction [hyperexcitabilité musculaire) ; e mêoie l'excitation mécanique des nerfs provoque la con- 'action des muscles qu'ils animent ; il y a contraction simple u contracture suivant que l'excitation est plus ou moins inînse et prolongée.
La léthargie peut subir des modifications qui la rapprochent u somnambulisme. Si l'on appelle la malade, elle se lève, et n peut la faire écrire, coudre, exécuter différents ouvrages, ien que ses yeux restent fermés et que ses paupières contiuent à être animées du même frémissement que précédem* lent; elle répond aux questions qu'on lui pose; on fait cesser et état en soufflant sur le visage ou en comprimant les ovales (1). Quand la malade revient à elle, elle éprouve un spasme haryngé et un peu d'écume apparaît aux lèvres.
Au Heu du retour à l'état normal, on peut provoquer de noueau la catalepsie en soumettant la malade à l'influence d'une mpression lumineu&e, si bien qu'en soulevant et en abaissant
.1. Ricber, Études cUniques sur thy9tér<hépilepsie. Paris, 1881.
altemali veulent les paupières, on détermine alteroatiTemeni la production de Tun et de Tautre état; bien plus, en ferman Vun des yeux d*une malade en catalepsie, elle devient lélhargique du côté correspondant tout en restant cataleptique dt -côté opposé.
Il peut survenir dans la léthargie des contractures de siè^^ variable qui cessent lorsque l'on provoque le retour à Téui normal ; si Ton amène au conlraire la catalepsie, les contractures persistent aussi longtemps que cet état, et, dans lec.^ où la malade est réveillée, jusqu'au jour où Ton provoque it nouveau la léthargie (Gharcot).
La pression sur le sommet de la tête d'une malade en eu: •de léthargie amène la disparition de Thyperexcitabilité musc:laire et un somnambulisme plus parfait ; le soulèvement 4e^ paupières supérieures ne produit plus alors la catalepsie; il ny a plus de clignotement des paupières ; les sens restent à u: certain degré excitables, quelquefois même ils le sont plus qui rétat normal en même temps que l'intelligence est plus vive.
Quant la catalepsie a été produite par le soulèvement des paupières d'une femme mise en état de léthargie par la convergence des rayons visuels en strabisme interne et supérieur, :peut se produire chez elle, d'après Richer, toute une série àî troubles psychiques. Si l'on place devant ses yeux un objet que l'on fait osciller, le regard se flxe bientôt sur lui ; l'expressioc -de la physionomie devient riante quand il est porté en hauL triste s'il est dirigé en bas. La cataleptique, lorsque son aiteuiion est attirée, devient susceptible d'exécuter une série d'acier inconscients. Certaines malades reproduisent exactement 1<^ gestes de l'observateur placé devant elle ; on peut aussi ier faire exécuter les mouvements les plus variés et les plus coci* pliqués* Les malades accomplissent ceux dont le début a ^ provoqué par l'observateur et qui sont indiqués par lattituâ: donnée aux parties.
Si l'on place entre les mains d'une cataleptique un objei dont l'usage est connu d'elle, on la voit presque aussitôt sorti: de son état de catalepsie pour se livrer* automatiquemeoi i l'acte auquel l'objet est destiné : si c'est un pardessus, elle i< revêt et le boutonne avec soin ; s'il s'agit d'un verre, elleboii^ -d'un balai, elle balaye, etc.(Richer). Vient-on, dans cesconditiooN
ù abaisser l'une des paupières, tout le côté correspondant de?ienl léthargique et cesse de se mouvoir, mais les mouvements continueut du côté opposé.
On peut provoquer chez les malades en catalepsie des hallucinalions pendant lesquelles les symptômes de cet état disparaissent. Si l*on attire le regard de la malade vers le sol en lui disant qu'il est couvert de fleurs, elle cesse momentanément d'être cataleptique et se baisse pour cueillir ces fleurs ; si on lui montre un blessé, on la voit prendre un air de commisération, se baisser, s'agenouiller et faire le geste de rouler une bande ; si on l'invite à écouter la musique, elle entend aussitôt un concert imaginaire ; il sufflt de lui dire qu'elle voit le paradis pour la jeter dans Teztase.
La réunion de l'extase et de la catalepsie a été souvent si* gnalée.
L'byperezcitabilité musculaire de laléthargie peut donner lieu à des contractures partielles qui l'ont fait confondre avec la catalepsie; Richer propose d'appeler l'ensemble de phénomènes que produit sa mise en jeu étai catalepti forme de la léthar^ gie: il diffère à beaucoup d'égards de la catalepsie, bien que les membres conservent un certain temps l'attitude qu'on leur lionne; l'occlusion des yeux, l'état convulsif des globes oculaires, le frémissement des paupières, ordinairement une certaine rigidité des membres et le peu de temps pendant lequel ils conservent leur attitude anormale l'en distinguent sufflsamment.
La physiologie des différents troubles dont nous venons d'indiquer les caractères, en prenant surtout pour guide les descriptions de MM. Charcot et Richer (i), n'est pas faite; on ne connaît pas la cause prochaine de laléthargie pas plus qu'on ne connaît relie du sommeil ; on ignore de même comment les muscles peuvent conserver pendant un hps de temps relativement considérable une même attitude; Grasset, qui s'est occupé de cette []ue8tion, dit qu'il s'agit là de la force de situaiion fixe deBovéeu ; l'existence de cette nouvelle force nous parait bien difûcile à iémontrer; admettons plutôt que la physiologie* pathologique les troubles musculaires de la catalepsie reste à faire, comme :elle de tous les phénomènes que nous venons de passer en revue.
^1) RIeber, ttud9$ cliniques <vr VhyttérO'épHep$ie. Paris, 1881» Hallopiao. — Pathologie gcnéralo. 38
ARTICLE X. — DE L*APOPLEXI£.
Le syndrome que Ton désigne sous ce nom est caraclérisé pr la perte subite de la connaissance, la suppression de la sensibilité et des mouvements volontaires, la persistance de la respiration et de la circulation et Tabsence de convulsions épilepti* ques. II est provoqué constamment par une lésion intra-crinienne : la plus fréquente est Thémorrbagie; viennent ensuite Tembolie, les tumeurs, les hémorrhagies méningées et peutêtre la congestion cérébrale; faut-il ajouter à ces causes le mal de Bright, produisant Tapoplexie séreuse des anciens auteurs? Nous ne le pensons pas, car il n*y a plus ici la brusquerie da début qui caractérise Tattaque apoplectique; nous réserrcc donc le nom ù^ apoplexie aux accidents provoqués par les causer que nous venons d*énumérer; les autres rentrent dans le coma. état morbide dont la signiQcation plus large s'applique à tc•u^ les cas "dans lesquels les fonctions cérébrales se trouvent sqspendues ; Tindividu qui tombe comme foudroyé au milieu ct son travail et se trouve sans connaissance, privé de senlimenlet de mouvement, a une attaque apoplectique; celui qui, alteioi d*une hémiplégie dont les progrès s'accentuent gradueilenieat. présente des troubles intellectuels qui aboutissent au bout dr quelques jours ou de quelques heures à la perte de connaissance en môme temps qu'à la résolution des quatre membres, tombe dans le coma sans que la dé^nomination d'apoplexie puisse ë.n' régulièrement appliquée à son état, car la soudaineté du début est un des caractères essentiels de ce syndrome.
Le phénomène initial de l'apoplexie est donc une chute, si.^ sujet est debout au moment où elle se produit; s'il est assis, il ^^ renverse et il tombe s'il n'est soutenu ; le début de rallai];*! peut enfin passer inaperçu si elle survient pendant la nuit. U connaissance est complètement abolie; les excitations lespliL* vives ne peuvent être perçues; les yeux sont d'habitude fe:* mes ; la face est ordinairement, mais non constamment vom et congestionnée; assez souvent elle se dirige avec GxiléduQ même côté, et l'on peut supposer dès lors que la lésion siège to l'hémisphère correspondant, bien qu'il n'y ait pas en cemomed de paralysie appréciable. Les quatre membres en effet sont dan>
n élJii de complète résolution; si on leesodàve, ils retombent lertes sur le lit. Les moavemenls réflexes y sont oriinaireraent upprimés, ce qui prouve que le choc cérébral retentit sur la loelle eten paralyse momentanément le pouvoir excito-moteur. e plus souvent les malades n*urinent pas ou n*urinent que par g^orgement ; les mouvements respiratoires persistent, ils sont ilenses, profonds et bruyants par suite de la difficulté qu'éprou* ent les malades à chasser les mucosités qui s'accumulent dans I bouche et dans le larynx. Cet état peut durer quelques heures u se prolonger pendant plusieurs jours ; dans les cas graves, il 'accompagne au début d'algidité; la température rectale est baissée d'un ou deux degrés; le pouls est lent; les extrémités ont froîties; puis suit une seconde phase pendant laquelle la empérature s*élève rapidement et peut atteindre 42 degré) en nême temps que la respiration et le pouls s*accélèrent proporionnellement jusqu'à la mort qui est proche.
Quand le malade ne meurt pas pendant Tapoplexie, la connaissance revient peu à peu en même temps que la mobilité dans es membres non paralysés ; s'il s'est produit une hémiplégie, >n peut alors constater que les membres d*un côté retombent »lu$ lourdement que ceux du côté opposé, lorsqu'on les abanlonne après les avoir soulevés ; les réflexes ne sont plus les Marnes diins les deux moitiés du corps; nous avons reconnu |ue le réflexe plantaire peut rester pendant un certain temps boli du côté paralysé, alors qu'il a reparu déjà du côté sain (1). losenbach (2) a étudié à ce point de vue les réflexes abdomi- >aux et est arrivé à des résultats intéressants. On sait qu'il sufit de presser avec le doigt la paroi abdominale pour en provo* lier la contraction réflexe; si les réflexes abdominaux manquent *un côté, c'est qu'il existe une lésion de l'hcmisphère opposé; sur retour chez un apoplectique a une signification favorable et (nr disparition e^td'un pronostic fâcheux; Rosenhach admet ea Qtre que la diminution bilatérale de ces réflexes indique une ision cérébrale diffuse, mais cette manière de voir ne nous pa* kit pas acceptable, car ces phénomènes appartiennent à la symlomalologie régulière du coma apoplectique.
(1 Hal lopeav. Note pour êervir à V étude ph ytiologiq ue de Vapop 'exte (Bulle*
«' de la Société anatomique, 1S73).
i^, Rosenbacb, iircA. /*. Psych. und SerwmkroHk, VI. 845.
596 DES TBOUfiLES FONCTIONNELS (SYMPTOMES).
Nous ne feroBS que signaler les convulsions qui accompagnent assez souvent Tapoplexie; elles ne lui appartiennent pas, non plus que. les troubles trophiques qui se produisent assez souTent dans les membres paralysés.
Quelle est la cause prochaine de TapoplexieTOn a invoqué tour à tour, pour Texpliquer, la congestion et Tanémie deTeDcéphale ; dernièrement Duret a cru pouvoir s*en rendre compie par les oscillations du liquide céphalo-rachidien ; cette interpré talion ne nous parait pas acceptable, car Ton voit assez souveDi Tapoplexie se produire sous Tinfluence de foyers hémorrhagiques de trop petites dimensions pour produire un déplacemerii appréciable de ce liquide, et les expériences de Leyden ont fai; voir que Télévation de la pression n^amène d*accidents que ^i elle est très considérable. Pour nous, comme pour M. le professeur Jaccoud, la cause réelle des accidents est le choc que l'irruption brusque du sang fait subir à Tencéphale (1) ; la commotion se transmet directement à Thémisphère dans lequel se fait la lésion ; elle est communiquée à Thémisphère opposé par les fibre' Qommissurales qui relient les deux moitiés du cerveau; elles'^ tend même à la moelle et en anéantit momentanément Facli^té. L*apoplexie ainsi comprise est le résultat d'une action d*arrèi exercée par la lésion sur les fonctions de Tencéphale et sonreot aussi de la moelle épinière.