ARTICLE XIII. — DES CONVULSIONS
On désigne sous ce nom les contractions involontaires des mus* 'les de la vie de relation; les contractions persistantes et anormales des muscles de la vie organique sont appelées spasmes.
On peut ramener à deux types élémentaires toutes les for^ nés de convulsions que Ton observe: la convulsion clonique et a convulsion tonique. Us difi'èrent uniquement par la durée de a contraction qui est passagère dans le premier, persistante lans le second ; on sait qu*à Tétat physiologique les contracions musculaires sont, dans l'immense majorité des cas, des phénomènes complexes, et que le mouvement le plus simple ?st, eu réalité, constitué par une série de secousses qui se suc* t^èdent avec une grande rapidité ; selon la théorie la plus accréditée, chacune de ces secousses est le résultat d'une excitation qui part de la substance grise centrale, et est transmise au muscle par son nerf moteur. Si elles se succèdent très rapidement, elles se fusionnent plus ou moins complètement de manière à
produire Tétai de rigidité continue que les physiologistes nomment tétanos. On peut provoquer expérimentalement léui tétanique en soumettant un muscle à une série d*exciUto incessamment répétées à Taide de l'instrument percuta&t d Heidenhain, d*un diapason ou de courants fréquemmenl iir terrompus. Les mouvements volontaires, considérés à ce pots; de vue, sont toujours tétaniques ; il en est de même, $a& doute, le plus souvent, des convulsions pathologiques; elles sont toniques ou cloniques, suivant qu*un nombre plus^n moins grand de secousses se succèdent sans interruption.
II est possible cependant que, dans certains cas, les moaT^ ments convulsifs soient produits par des secousses simples, répondant à une seule excitation, comme ceux que \'\& obtient en sectionnant lapidementun filet nerveux ou eD i'clectrisant par des courants induits. En faveur de celte hypothèse, nous invoquerons les caractères qu'offrent les codtq!sions dans Tempoisonnement par la strychnine (i) : elles se présentent sous forme d*accès; au début, les muscles sont en éUt de contraction tonique ; au bout de quelques instants, od remarque des oscillations, qui, d*abord très fréquentes, se nlentissent bientôt en même temps qu'elles augmentent d*aiDplitude, et finissent par constituer des convulsions cloniquî^î. Si Ton prend, à Taide d'un appareil enregistreur, legrapbiqiK de la contraction musculaire pendant ces accès, on y remarqae une série de vibrations dont chacune répond à une secousse: elles sont d*abord très fines et d'une grande fréquence, sioi arrivera disparaître complètement comme dans le tétanos parfait, puis elles s'espacent davantage en même temps qu ell«$ s'accroissent progressivement.
On peut comprendre de la manière suivante la physiologie lic ces accès : l'excitation d'un nerf périphérique met enjeo^t pouvoir excito-moteur de la moelle, exalté par laction de û strychnine; sous cette influence, des excitations, des déchirge nerveuses, pour ainsi dire, partent de la moelle et sont traoimises aux muscles par les nerfs moteurs ; chacune d'elle provoque une contraction; elles se succèdent d'abord avecDD< telle rapidité, que les secousses se fusionnent et produiseoi
(1) Harey, Du mcuvement dans kt fonctions de la vie. 1868.
DES TROUBLES DES FONCTIONS D.'lN NERVATION. 603
nsi la rigidité télanique; mais bientôt, par reffet de l'épui* ment, elles se ralentissent; la fusion devient de moins en oins complète et enfin cesse d'avoir lieu, les secousses augentent d*amp1itude, et l'on voit apparaître les mouvements )niques qui marquent la fin de raccës. Tel est vraisemblableent le mode de production des convulsions strychniques ; tel t aussi, sans doute, celui des accès couvulsifs qui présentent sez d'analogie avec ceux que nous venons de décrire pour el'on soit en droit de leur attribuer le môme mécanisme phy- »logique.
La contraction mnsculaire ne se produit guère chez Thomme e sous l'influence de rinnervalion. L'exécution d'un mouve* !nt volontaire suppose qu'une excitation est partie des cirnvolutions motrices; qu'elle a traversé avec le faisceau moir la capsule interne, le pédoncule cérébral, la protubérance, t)ulbe et'la moelle ; et enfin qu'elle a été transmise aux muss par les nerfs périphériques. Il faut chercher dans Texcilon de ces diverses parties la cause prochaine des convulas.
.es auteurs admettent quQ l'excitation directe des nerfs peut mer lieu à des convulsions; on peut citer à cet égard le tic 1 douloureux de la face, mais il faut toujours en pareil cas iser à la possibilité d'un phénomène réflexe dont le point de •art ne pourrait être déterminé.
•es convulsions d'origine spinale (i) supposent une exagéra- 1 du pouvoir excito-moteur qui appartient à la moelle et lui met d'intervenir activement dans l'exécution des mouve* ats. Il augmente constamment, quand on sépare la moelle 'encéphale par une section transversale; sans admettre le tre modérateur des mouvements réflexes invoqué par Sestnow, on peut attribuer à l'encéphale une action modérae sur les fonctions de la moelle ; celles-ci s'exaltent chaque que cette action ne peut plus se faire sentir, et il se pro- . aisément, dans ces conditions, des accidents convulsifs. Un ain nombre de poisons et particulièrement la strychnine, la :ine| la picrotoxine, la morphine, là thébalne et la nicotine, rimentà la moelle une modification analogue et donnent lieu
Hallopeau, Des accidents convuhifi dans tes maladies de ta moelle épi" . Paru, 1871.
à des convulsions ; il en est de même des méningites splna1t<c' de certaines myélites, des tumeurs et des traumalismes ra li diens ; ces lésions peuvent agir en séparant de rencéphali . partie de Taxe qui leur est sous-jacente; elles peuTenl air sans doute favoriser le développement des convulsions en r tant la substance grise.
Le bulbe est fréquemment le point de départ de conviily v L'expérimentation physiologique montre en effet qu'il e*l I ' gane des convulsions épileptiques qui ont pour caraclères df manifester constamment après une perte de connaissance, dV: le plus souvent généralisées, d'être successivement tonique cloniques, et d'atteindre souvent un degré extrême de vi len- On les a vues se produire chez des animaux auxquels od aw enlevé la protubérance et toutes les parties de l'encéphalt • tuées au-dessus; on ne peut plus, au contraire, lesproTiqu'" Ton a détruit le bulbe.
Les circonvolutions peuvent être également le pointded^[ de convulsions que l'on appelle épUepti formes. Ces convu- : débutent d'ordinaire par un groupe de muscles isolé, sepr ; gent peu à peu aux autres muscles de la même région et se* :• ralisent avant que le malade ne subisse la perte de conDais^a^ celle-ci manque souvent, le malade entend ce qui se p^^* peut après l'accès rendre compte de ses sensations; cette id'épilepsie, bien décrite par Bravais en 1827, a été rattachr .' H. Jackson aux lésions de l'écorce cérébrale, d'où le n^m - \}\\q^ûq jacksonnienne sous lequel elle est connue. Hit? . ' Ferrier l'ont reproduite chez les animaux ; ils ont vu que IV talion de la zone motrice produit des convulsions ordinaire:
isolées.
Ces exp/'riences ont également été pratiquées chezlb-n:". dans un cas de cancroide du pariétal, Bartolow n'a pasir d'enfoncer dans l'écorce du cerveau les aiguilles d'un ^\ faradique ; les premières excitations ont donné lieu à de^ tractions dans les membres opposés, puis est survenue unt que épileptiforme avec perte de connai>sance et état corijqui a duré vingt minutes (Charcot).
Les lésions expérimentalescnciennes donnent lieu anitc accidents; en clinique, ces convulsions peuvent survenir à casion d'un traumatisme ou d'une lésion qui se développa'»'
DBS TROUBLES DBS FONCTIONS D'INNBRVATION. 605
Dément; elles peuvent aussi se produire tardivement sous influence d*une lésion ancienne.
Les convulsions partielles d'origine corticale peuvent présenit les mêmes localisations que les paralysies mentionnées pré- Memment; elles débutent tantôt par Tun des membres et in(6t par la face.
On les observe dans les cas de lésions du centre ovale, mais elles de la capsule interne ne les produisent pas (i). Elles peuent être provoquées par Taltération des parties non motrices e Tencéphale ; il faut admettre alors une excitation à distance es centres moteurs.
Dans certains cas, l'excitation des circonvolutions motrices onne lieu à des convulsions d'une autre forme; il s'agit de ecousses cloniques se produisant dans les membres paralysés t se renouvelant, suivant un rhythme régulier, k intervalles guux et rapprochés pendant plusieurs heures ; nous les avons bservées en 1869, chez une aphasique du service de M. Vuipian ; Iles revenaient à des intervalles variables sous forme de crises. L*irrigation des centres par un sang altéré peut être la ause de convulsions ; on observe ainsi ces accidents chez les rémiques, dans les fièvres et dans certains empoisonnements. Quelle que soit la cause prochaine du mouvement convulsif, est le plus souvent provoqué par une excitation centripète, ïlle qu'une émotion, un traumatisme, ou toute autre lésion ; le raillement des filets nerveux parla rétraction des tissus de ciilrice peut avoir celte action ; dans ce cas, les excitations perlanentes qui proviennent d'une lésion ancienne deviennent la luse des accidents; on voit par exemple les convulsions se mairesler chez un individu dont le bras a été entamé par une bruire et s'est recouvert d'une cicatrice ; elles se produisent d'abord fins le membre affecté, puis dans la moitié correspondante du )u et de la face, pour se généraliser lors des attaques suivantes : i circonscription initiale des mouvements anormaux au memre lésé semble bien indiquer que la cicatrice a été la cause lôme des accidents.
< 1) Ferrier a tu rexciution électrique des eorpt siriét provoquer une coniction conToltive de toui les muscles du côté opposé, mAi« ces obsenrations, itet sur dos animaux, ne sont pas applicables à la pathologie humaine qui innei de constater tous les Jours des faits contradictoires.
606 DES TROUBLES FONCTIONNELS (SY3IPT0IIES).
Il faut tenir grand compte, dans l'éliologie des conTalsioDS^di la constitution du sujet, de son âge^ de son sexe, des condition dans lesquelles il Yit, et de Thérédité ; t'anatomie patbologiqoi est souvent hoi*s d*état d'en expliquer le déyeloppemail.
Elles sont beaucoup plus fréquentes chez les enfants; U dentition les produit souvent ; elles marquent assez fréquemment! début des fièvres éruptives ;d*autresfoiselies reconnaissent [K*ir cause la présence d*belminthes dans les voies digestives,et ihn^ fit de chasser les parasites pour les voir également dispardît^^
L'influence de l'hérédité sur le développement des grande» névroses est considérable ; les hystériques engendrent le pis souvent des hystériques (V. page 19).
Toutes les causes qui excitent les fonctions du système nerveux, telles que les altérations de la santé générale, le su^mèn^ ment cérébral et les excès vénériens favorisent les convuhiocs.
Les convulsions, toniques ou cloniques, peuvent être locaLsées ou généralisées; comme types de convulsions toniques localisées, on peut citer les crampes; comme types de contractions cloniques, les mouvements du tic douloureux : Tattaque épiieptique ofi're un exemple de convulsions générales, d'abord toniques, puis q^oniques; le tétanos est caractérisé par des coqvulsions toniques généralisées. Dans les cas de paraplégie et d'hémiplégie^ les phénomènes d'excitation sont subordonna aux phénomènes de paralysie.
Lors d'une lésion des nerfs, les accidents sont limités aai muscles animés par les faisceaux malades; les convulsions dorigine spinale se produisent soit dans les membres inférieurs, soit dans les quatre membres ; celles que provoque une allénlion du bulbe ou de la protubérance se généralisent; celles qc: résultent d'une altération du faisceau moteur dans son trajet encéphalique restent limitées à une moitié du corps; les lésion^ corticales enfin peuvent donner lieu, comme les lissions périphériques, à des convulsions localisées, bien que non strictement restreintes au trajet d'un nerf.
La durée de ces accidents varie à l'infini, depuis la crampe qui cesse au bout d'un instant, jusqu'au tic facial qui peut persister pendant des années.
Assez souvent la convulsion est d'abord tonique et nedevi-nt clonique qu'à la fin de l'accès ; il en est ainsi dans l'épilep^ie:
ous Tavons observée avec les mêmes caractères dans des cas ù la lésion occupait la moelle; ce phénomène s'explique aisélent : nous avons vu que l'état tétanique est produit par un rand nombre de secousses qui se succèdent d des intervalles ssoz rapprochés pour se fusionner; Tirritation nerveuse atîint alors son maximum d'iritenslté; dans le cas de convulions cloniques, au contraire, chaque mouvement est séparé ar un intervalle de repos; celles-ci semblent donc liées à un ommencement de fatigue et Ton conçoit qu'elles se produisent uand le muscle ne peut plus se maintenir en état de contraction onlque.
Les convulsions toniques s*accompagnent de douleurs ; chaun connait celle de la crampe; les malades atteints de tétanos ccusent de vives souffrances. Toutes les convulsions laissent près elles une sensation de fatigue et d*abattement.
La persistance ou la répétition fréquente et prolongée des ontractions donnent lieu à des troubles dans la constitution himique des muscles; leur substance devient acide ; on y trouve in excès d*acide lactique et diacide carbonique ; ce travail l oxydation donne lieu à une élévation de la température plus onsidérable quand il s*agit d'une convulsion tonique, carie ravail mécanique de la convulsion clonique représente une erlaine quantité de chaleur transformée (Béclard) (I).
On peut voir, dans ces conditions, le thermomètre s*élever iisqu'à 41« et 42«; il est peu probable que cette hyperthermie oit due au télanisme général des muscles, car on a trouvé ne augmentation de chaleur relativement insignifiante 1 degré) chez des sujets qui étaient dans ce môme état de rigi- ^té; M. Peter (2) fait remarquer que Thyperlhermie débute en (iôme temps que l'asphyxie, et il admet qu'elle lui est suboronnée : le sang veineux ne se trouverait plus refroidi pen- ^nt son passagi3 à travers le poumon et la température s'élève- ^it progressivement, non parce qu'il y aurait du calorique *>*<jduit, mais parce qu'il y en aurait moins de perdu.
t BécUrd, Traité de physiologie. Paris, 1881.
} M. Peter, Leçons de clinique médicale. Parif , 1879.
ARTICLE XrV. — DES SPASMES.
Ce sont des contraclioos, morbides par leur énergie ou Iti/ persistance, des muscles soustraits à Tinfluence de la toIod::. €es muscles sont contenus le plus souvent dans les parois dï: organe creux; c'est tantôt une cavité, tantôt un conduit tubv laire, tantôt un orifice; le spasme diminue les dimensions de.i cavité et tend à en produire la déplétion ; il réduit )a lumière/i conduit et il produit l'occlusion de l'orifice. Il se manifeste rapidement quand l'organe qui en est le siège est formé de Gbrc^ striées, comme la glotte par exemple, lentement quand la par. est formée de fibres lisses.
Les spasmes que Ton observe le plus souvent sont: dansli;»^ pareil digestif, celui de l'œsophage, qui vient si souvent cooî* pliquer les rétrécissements organiques de ce conduit et gène !< •déglutition; chez les hystériques, ceux de l'estomac, etceuiûl'intestin qui peuvent en simuler l'obstruction ; dans Tapparf: respiratoire, celui de la glotte ; dans l'appareil hépatique, ce.^ des voies biliaires qui a pour objet l'expulsion des calculs; di^ l'appareil urinaire, celui des uretères qui a également pour bs. le cheminement des graviers, celui de la vessie, queprovoqatr les infiammations et les dégénérescences de sa muqueuse ai^< que les calculs, celui du col, cause de rétention d'urine, et eot:: celui de la portion membraneuse de l'urèthre, obstacle au c^ thétérisme.
Dans le système vasculaire, le spasme des artérioles est : symptôme fréquent et d'une importance capitale ; il a pour rr suitats la stase du sang dans les parties arrosées par ces ^a^^ seaux et secondairement la suspension des échanges inlerstilie-* l'accumulation d'acide carbonique dans les globules, le relr* dissement et la teinte violacée des parties, et enfin la suppn^* sion momentanée des fonctions de sensibilité, de sécréliou -^ d'excrétion.
Le spasme est souvent douloureux; il est probable qu'il ^^ la cause des accès que provoque la présence de calculs diD-^ les voies biliaires et urinaires; chacun connaît la douleur de >i crampe; les tétaniques accusent de vives souffrances dans leu^ membres rigides; le ténesme vésical que l'on observe daoî î'
[des troubles des fonctions D'INNERVATION. 609
cas de calculs, dans la cystite et dans la dysenterie, est signalé par tous les auteurs comme un symptôme des plus douloureux.
article XV. — DES CONTRACTURES.
Celle dénomination s*applique à toute rigidité prolongée des flbres musculaires. Cette rigidité peut s*observer dans des circonstances diverses; elle peut être due à un état permanent de contraction du muscle ; il en est ainsi dans le torticolis, dans le tétanos, dans les contractions réflexes que provoquent les arthropathies, elle ne diffère alors que par sa durée de la convul>ion tonique ; d* autres fois la contracture ne parait ôlrequ'une exagération de la tonicité normale : on sait qu'à Tétat physiologique le repos du muscle n'est jamais complet; Torgane est soumis continuellement à une excitation qui vient de la moelle et est transmise par les nerfs moteurs ; Brondgeest l'a démontré en faisant voir que la section de ces nerfs produit le relâchement du muscle; Cyon, en montrant que la section des racines postérieures a les mêmes effets, a par cela même établi qu'il s'agit là d*un phénomène réflexe ; il n'exige pas d'intervention active ; il fait partie du fonctionnement normal de Torga- Disme; les contractures produites par l'exagération de ce phénomène physiologique sont tout à fait indolentes ; elles peuvent persister pendant des années sans se modifier ; le muscle qui en est le siège ne s'échauffe pas ; on n'y perçoit pas, à l'aide du microphone, le bruit de roulement que cet instrument fait entendre dans le muscle contracté (Brissaud et Boudet). On observe, dans la paralysie agitante et dans diverses névroses, des raideurs musculaires sur lesquelles Lasègue a le premier appelé l'attention ; le malade en a conscience et elles deviennent appréciables lorsque l'on vient à imprimer aux parties des mouvements passifs.
On ne possède que des notions fort insuffisantes sur la naturo de la modification que subissent les muscles contractures. L'hypothèse la plus généralement accueillie estcelle de Hermann, d'après laquelle la rigidité de la contractigre serait liée, comme la rigidité cadavérique, à la coagulation de la myosine. Il faut en tout cas que cette modification soit peu profonde, car elle
Hallopeau. — Pathologie générale. 39
peut disparaître instantanément; Thistoire des contractures hystériques en fournit souvent la preuve*
Les auteurs qui se sont occupés de classer les contractures ont reconnu qu*elles peuvent avoir pour causes toutes les modifications des différents organes qui concourent à Tezécutioa de U contraction musculaire, et ils ontainsi distingué des contracture: par lésion des muscles, par lésion des nerfs périphériques, pir lésion de la moelle, et par lésion de Tencéphale; ils ont admis également des contractures par altération du sang ; c'est sans doute par Tintermédiaire du système nerveux que ces deroiëre^ se produisent. Le muscle se trouve en connexions si étroites, ao point de vue physiologique, avec les nerfs et avec la moelle, qu'il est dirficile de déterminer si la contracture peut s'y développer primitivement ; aux auteurs qui la signalent dans la myosite, on peut répondre que l'inflammation des muscles est le point de départ de réflexes qui lui donnent lieu : il en esl d! môme des myopathies rhumatismales telles que le torticolis: rien ne prouve que dans ces affections le muscle soit primitiTement atteint.
Gh. Richet (i) doute également que les affections des serf« donnent lieu à des contractures ; Texcitation d*un tronc nerreoi uniquement moteur provoque des contractions, mais non une contracture permanente; il semble que les nerfs soient impui^ sants à maintenir pendant longtemps les muscles en état de contraction .
La moelle paraît jouer le rôle essentiel dans la pathogénie da symptôme que nous étudions; et il doit en être ainsi puisqiie la contracture semble ôtre liée à Tactivité trop grande d'une fonction qui dépend de cet organe, la tonicité.
La contracture est un symptôme fréquent des myélites; oo l'observe chaque fois que les cordons latéraux sont intéressés: elle tend également à se prpduire, chaque fois qu'une partk de la moelle est soustraite à l'action de Tencéphale, dans Ir muscles qu'elle innerve. On peut ranger parmi les contractures d'origine spinale celles du tétanos et de la tétanie, bien que Ton n'ait pas trouvé jusqu'ici de lésion capable de 1^ expliquer.
(I) Ch. Richer, Physiologie des muscles et des nerfs, Paris, ISêî.
Les contractures d'origine encéphalique peuvent être précoces ou tardives ; les premières se produisent quand la léûon atteint une des parties directement excitables de Torgane, ;'est-h-dire les circonvolutions motrices, les pédoncules céré- )rnux, la protubérance ou le bulbe, les méninges ou la mem- )rane ventriculaire ; ce sont de véiî tables convulsions toniques; es secondes se développent lentement sous Tinfluence de Talté- 'ation secondaire que subissent les cordons latéraux de la moelle ihique fois que le faisceau moteur a été intéressé en un point luelconque de son trajet (Bouchard), et de Taugmentatioa Texcitabilité qu'elle provoque dans la substance grise de la Qoelle (Brissaud).
De huit à trente jours après le début de l'hémiplégie, on peut, Tuprôs Gharcot, provoquer des mouvements cloniques du pied tai alysé en le portant dans la flexion forcée ; quelquefois le membre supérieur devient le siège d'une trépidation quand le salade veut le soulever; le réflexe rotulien s'exagère, l'extension r la jambe produite par la percussion du tendon est plus rapide, lus ample et de plus longue durée.
La contracture permanente apparaît d'ordinaire six semaines nviron après le début des accidents, quelquefois plus tard, arement plus tôt; elle ne se déclare pas brusquement, mais par radalion; d'abord passagère, elle devient bientôt permanente; lie occupe en premier lieu les membres supérieurs ; les doigts se cchissent fortement en même temps que le coude se place en emUflexion et l'avant- bras en pronation; les parties opposent ne résistance invincible au déplacement dans n'importe quel 'ns; le coude ne peut être ni étendu ni fléchi; les muscles Uagonistes sont contractures au même degré. Cette contracire est active; elle coïncide avec une exagération de Texcilalité faradique. Elle dure pendant des années, tandis que le ijet le plus vigoureux ne peut maintenir ses muscles en état i contraction pendant plus d'uue demi-heure. M. Charcot, à li nous empruntons ces détails, suppose que dans les contracres les fibres musculaires entrent en activité les unes après les itres; M. Boudet (de Paris) a constaté qu'en appliquant le icrophone sur les muscles en état de contracture on perçoit, 1 lieu du roulement régulier et sonore que donne la contrac- )n physiologique, un bruit sourd, irrégulier et saccadé. Ces
conlractares diminuent pendant le sommeil et sous Finflaence: du repos au lit ; elles augmentent quand le malade se lève. fait un mouvement ou éprouve une émotion. Elles donnentliei] à des attitudes vicieuses.
C'est également à une augmentation de Texcitabilité de !) moelle qu*il faut attribuer la contracture hystérique; celle-n peut prendre naissance au moment d'une attaque et constituef la première manifestation de la maladie; elle vient soure:; à la suite d'une excitation telle qu'une traction, un chcune friction vive, un effort, la faradisation, l'application dur. diapason (Richer) (i) ou d'un aimant; elle peut occuper une partie de la face, les muscles de la mâchoire, la langue, les mu^ clés d'un côté du cou, les membres d'un côté du corps, ou Ir membres inférieurs ; d'autres fois elle porte sur le sphiocUr vésical ; elle débute et cesse brusquement; sa durée varie de quelques instants à plusieurs années; la rigidité est considé^ rable et Ton ne peut en triompher, même momentanémeDt
Diverses affections donnent lieu à des contractures réflexes: nous mentionnerons en particulier les arthropathies, les ioilain' mations et les ulcérations des muqueuses et les affections dt^ muscles ; de toutes les excitations sensitives, c'est celle de Ii flbre musculaire elle-même qui est la plus apte à proToquer i contracture (2).
Les troubles de la circulation semblent, dans certains c^^ , pouvoir produire ce trouble fonctionnel; les vétérinaire? imputent la claudication intermittente du cheval; GharcM vu dans un cas Toblitéralion de l'humérale donner lieu à lac tracture des muscles auxquels elle fournissait du sang.
L'ergotisme compte parmi ses symptômes les plus consU'î^ la contracture des extrémités.
Les contractures occupent souvent les muscles de I^ ^' organique ; on leur attribue hypothétiquement certains trou^* fonctionnels tels que l'ictère par contracture du canal d doque, Fa rétention d'urine par resserrement du sphincter '^ sical, la dysphagie par contracture de l'œsophage; lorsque ^ occupent les vaisseaux, elles empêche l'afflux du sangdac^^ partie où ils se distribuent, d'où le refroidissement, la p^'
(1) Richer, Sur VhystérO'épilepsie, Paris, 18«1.
(2) Ch. Richet, toc. cit.
livide, ou la coloration violacée due à la stase du sang dans les veinules.
Les contractures maintiennent les parties dans une attitude anormale; on ne peut le plus souvent les vaincre par la force, et, si Ton y parvient, on les voit se reproduire dès que cesse la violence ; les muscles qui en sont le siège peuvent encore se contracter sous Tinfluencedes courants faradiques; elles cessent par le chloroforme. Les unes, celles qui semblent liées à une contraction persistante des muscles, sont douloureuses; les autres, celles qui paraissent liées à une exagération de la tonicité physiologique, sont indolentes.