‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 146 sur 198 · ARTICLE XXI. — TROUBLES DBS ACTIONS REFLEXES · texte numérisé non relu

ARTICLE XXI. — TROUBLES DBS ACTIONS REFLEXES

Tous les centres nerveux, depuis l'encéphale jusqu'aux ganglions contenus dans les viscères ou les membranes de revêtement, peuvent, sous Tinfluence d'excitations centripètes, devenir le point de départ d'excitations centrifuges qui donnent lieu à des contractions musculaires, à des paralysies ou à des troubles de sécrétion ou de nutrition.

Les contractions réflexes peuvent siéger dans les muscles de la vie de relation et dans ceux de la vie organique.

Les réflexes cérébraux sont ceux qui attirent le moins Taltention, car les actes auxquels ils donnent lieu sont le plus souvent considérés comme volontaires.

Les réflexes bulbaires peuvent se traduire par les convulsions généralisées, les troubles vaso-moteurs et la perte de connaissance qui caractérisent l'attaque épileptique. L'excitation initiale paît quelquefois d'un viscère tel que l'intestin irrité par des helminthes ou d'une cicatrice ; dans ce derniers cas, on voit les réflexes s'étendre graduellement à de nouveaux muscles comme dans le schéma de Pfliiger. Chez un malade que nous avons observé aux Incurables, dans le service de notre maître Archambault, une cicatrice étendue de l'avant-bras a été ainsi le point de départ de convulsions qui, d'alyord limitées au membre affecté, se sont graduellement étendues aux muscles du cou et de la face du même côté, puis à ceux des membres inférieurs, pour enfin se généraliser. D'autres fois les conval-

fiions sont limitées à un groupe de muscles; il en est ainsi par exemple dans les tics de la face.

Les réflexes spinaux s'exagèrent chaque fois que la moelle ou une de ses parties se trouve soustraite à l'action modératrice qu*exerce sur elle la partie des centres nerveux située au-dessous ; on les trouve également accrus dans les myélites chroniques et dans les cas où la substance grise subit d'une façon persistante des excitations transmises par les nerfs centripètes ou par les faisceaux descendants ; ils peuvent affecter des caractères tout à fait semblables à ceux de la convulsion épileptique; d*autres fois ce sont des contractions télaniformes ou des mouvements rhylhmiques.

Les réflexes ganglionnaires donnent lieu au spasme des muscles soumis à l'action des centres atteints et à des troubles de rionervation vaso-motrice. C'est ainsi qu'en trempant une main dans l'eau froide, on provoque la contraction des arlérioles de l'autre main ; la rougeur de la pommette dans la pneumonie ne peut s'expliquer que par une action réflexe sur les vasomoteurs ; il en est de même de la roséole pudique qui chez nombre de sujets se produit sur la poitrine quand on découvre cette partie, et de la stricture générale des vaisseaux dans le cas d'entérite aiguG ou d'étranglement interne. On ignore pourquoi Texcitation centripète se réfléchit tantôt sur les vaso-conslrirleurs, tantôt sur les vaso-dilatateurs, et produit ainsi des modifications diverses dans l'état des parties.

Les coliques hépatiques et néphrétiques sont dues à la contraction réflexe des canaux irrités par la présence de calculs ; la toux et les vomissements sont également des phénomènes réflexes ; il en est de même du ténesme vésical et de la polyurie.

Les réflexes jouent un rôle considérable en pathologie; c*est par leur intermédiaire qu'agissent la plupart des causes morbiOques. Les actions vaso-dilatatrices en particulier semblent intervenir rapidement dans la genèse des phlegmasies. Nous avons vu deux fois l'irritation des téguments provoquer un travail phlegmasique dans la partie symétrique de l'autre moitié du corps (1). On connaît l'ophthalmie sympathique.

(t BaUopeta et Nenmann, ContriinUion à tétudt de$ inflammations réflexes (Comptes-rendus de ta Société de Biologie), 187S. — Htllopeao, Sur un

Au lieu d*être exagérés, les réflexes normaux sont parfois diminués ou abolis ; c*est ainsi que la paresse des réflexes gastriques engendre la dyspepsie et la dilatation de Testomac. celle des réflexes intestinaux la constipation, celle des réflexes vésicaux la rétention d'urine ; c'est ainsi que Tinertie utérine empêche Taccouchement de se terminer ou produit rhémorrhagie si elle survient après l'expulsion du délivre. L'asystolie est souvent un trouble des réflexes cardiaques, et le phénomène de Gheyne-Stokes doit ôtre rapporté à un trouble des réflexes respiratoires.

ARTICLE XXII. — DES ACTIONS d'aRRÊT.

L'expérimentation physiologique a démontré que rexcitation de certains nerfs peut suspendre momentanément Tactivité des centres auxquels ils aboutissent ; il est probable que des phénomènes semblables se produisent souvent dans les maladies; nous avons cherché à établir que l'apoplexie est due à on arrôt dans l'activité psychique, et nous nous sommes appuyé sur l'abolition des réflexes spinaux pendant l'attaque provoquée par une hémorrhagie cérébrale ; ce dernier phénomène ne peot être en effet que le résultat d'une action d*arrêt, car il nexist^i en pareil cas aucune lésion de la moelle; la lésion cérébrale i^ paralyse en TexcHant, et il est très vraisemblable qu'elle agit par le même mécanisme sur les circonvolutions. Nous avons tc que M. Brown-Séquard va plus loin et qu'il considère comnif des phénomènes d'arrêt les paralysies provoquées par le^ lésions cérébrales ; il y a certainement une part de vérité daQ« cette théorie, et lorsque Ton voit une hémiplégie pronoocéf s'améliorer en peu de jours au point de ne laisser que des tnee^ légères, on peut vraisemblablement l'attribuer à un trouble apporté par la lésion dans les fonctions des centres nerveux correspondants plutôt qu'à l'altération matérielle subie par 1^ conducteurs ; cela ne veut pas dire que les lésions des faisceam moteurs ne donnent pas lieu à des paralysies. Ces questiom sont encore à l'étude.

M. Brown-Séquard explique de même par l'inhibition la perte

cas de gangrène symétrique anormale iComptet-rendus' de la Soeiéti dt B» logie), 1880.

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