‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 152 sur 198 · DE L\ FIÈVRE · texte numérisé non relu

DE L\ FIÈVRE

modiCerde manières très différentes; MareyFa trouvée abaissée chez les chevaux fébricitants ; il est possible que, dans une cn^me maladie fébrile, la tension soit élevée au début et s'abaisse à la fin, alors que Ténergie cardiaque s'est affaiblie sous 1 inQuence de Thyper thermie et des troubles de la nutrition ; Texamen des tracés sphygmographiqiies des fébricitants montre que leur pouls présente souvent un dicrotisme très prononcé, el c'est là un signe d'abaissement de la tension. L'auscultation du cœur permet fréquemment d*y percevoir un léger bruit de souffle ^ysto1ique (murmure fébrile) dont le maximum esta la pointe et que Ton peut rattacher avec vraisemblance à Tatonie desmuscles tenseurs de la mitrale. Les contractions de cet organe, souvent énergiquesau début, s'affaiblissent à mesure que l'état fébrile en se prolongeant diminue les forces et apporte dans la nutrition un trouble de plus en plus profond. Nous verrons plus loin quel rôle important revient dans la fièvre aux désordres de Tinnerva- 4iou vaso-motrice.

L*état de fièvre augmente la fréquence de la respiration; c'est «ncore là une conséquence de l'élévation de la température. On observe le même phénomène chez les animaux que l'on a artificiellement échauffés. Fick et Goldstein (1) ont réussi à le produire en échauffant le sang destiné à l'encéphale au moyen d'applications chaudes sur la carotide. Cette accélération des mouvements respiratoires varie en raison directe de l'augmentation de la chaleur; elle présente même l'accroissement vespéral. Du côté de Vappareil digestif, nous devons mentionner, comme troubles fonctionnels, la sécheresse de la langue, la soif ordinairement vive, l'anémie, le dégoût pour les aliments, le défaut de sécrétion du suc gastrique et la constipation, lorsqu'il n'y a pas de lésion intestinale.

La iêcrétion urinaire est constamment modiOée : susceptible de varier beaucoup, elle est généralement augmentée pendant toute )a durée de la fièvre^ sans doute parce que les malades, tourmentés par la soif, ingèrent une quantité considérable de liquides; elle peut cependant être diminuée et quelquefois la quantité d'urine excrétée dans les 24 heures est moitié moindre qu'à l'état normal. Les pertes par les voies respiratoires et par la peau d'une

(1) Goldstein, Wûrzb. VerhandL 1871.

Hallopiau. ^ Pathologie générale. .41

quantité d*eau exagérée expliquent cette diminution; la sécrétion peut être aussi influencée par rabaissement de la tension.

L*urine des fébricitants est généralement plus colorée qu à l'état normal ; son poids spécifique est accru ; elle est plus riche en sels de potasse et très appauvrie en chlorure de sodium ; le chiffre des urates et celui de l'urée peuvent être augmentés ou diminués, mais ils ne doivent pas être considérés d'une manière absolue; les fébricitants sont en effet soumis à une diète plus on moins rigoureuse et c*est là une condition qui amène une diminution considérable dans la quantité d'urée excrétée chaque jour. Chez une chienne privée d'aliments, Falk (1) a vu le chiffre de l'urée tomber de 54 grammes à 10 grammes le deuxième jouret à 8 grammes le troisième; si donc, chez un fébricitant, ce produit est éliminé en proportions voisines de celles de Tétat normal, od doit penser que sa sécrétion a été plus active. CL Bernard admet que les fiévreux excrètent de l^'^SO à l'',89 d'urée par kilo^., au lieu de 0,59 à 0,53 ; il faut ajouter que Turine des fébricitants contient un excès de matières extractives qui peuvent être considérées comme des matières albuminoïdes qui auraient été éliminées à l'état physiologique sous la forme d'urée (Hirtz) (i). Il n'y a pas cependant de rapport stable entre l'accroissement de l'excrétion de l'urée et l'élévation de la température : dans la pneumonie el dans la fièvre typhoïde, on voit souvent l'urée diminuer malgré la persistance de l'hyperthermie ; elle augmente habituellement au moment de la crise ; il semble que ce produit ou ses générateurs s'accumulent dans l'organisme pour s'éliminer en masse au moment où cesse le processus. On a considéré l'augmentation de la matière colorante et des sels de potasse comme le résultat de la destruction d'une certaine quantité de globules rouges.

La fièvre s'accompagne constamment de troubles de Vinnervation. Son apparition est annoncée par une sensation pénible de malaise général, souvent aussi par de la céphalalgie, des bourdonnements d'oreilles, de l'insomnie et de l'agitation, ouaa contraire par de l'abattement et de la prostration. Le délire trtn* quille ou violent est un symptôme assez fréquent de l'état fébrile.

(I> Falk, Arch. f, exper. Path. und Phann. VI ï.

(?) Hirtx. article Fièvre, du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.

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