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a température des fébricilants? Non, sans doute, car il peut se aire chez l'individu sain une production égale de chaleur sans ]ue la température monte ; Torganisme réagit et règle sa ehaeur en augmentant ses pertes par la peau et les voies respiraoires ; pourquoi n*en estait pas de même chez le fébricitant ? Un les pathologistes les plus distingués de TAlIemagne moderne, Praube (1), a soutenu qu'il fallait chercher dans Tinsuffisance les pertes de calorique la cause de la chaleur fébrile : suivant ui, la contraction des artères de la peau, en y diminuant activité de la circulation, réduit la déperdition de chaleur [ui à l'état normal se fait par cette voie ; d'autre part, les vaiseaux renfermant moins de sang laissent transsuder unequantité Qoindre de liquide ; l'évaporation à la surface de la peau et lans les alvéoles pulmonaires diminue, et c'est encore là une anse de refroidissement dont les effets se trouvent amoindris, «orain (2) fait remarquer que cette théorie ne tient pas compte e beaucoup de phénomènes, tels que particulièrement l'ezaéralion des quantités d'acide carbonique et d'urée éliminées ; Ile est même insuffisante, comme l'a fait remarquer Cl. Bernard, our expliquer le frisson initial de l'accès fébrile, car la chaleur )mmence à augmenter avant ce frisson ; les expériences qui ont définitivement renversée, dans les termes absolus où l'avait (rmulée son auteur, sont dues à Liebermeister et à Kcrnig (3) : ss auteurs ont trouvé qu'un fébricitant plongé dans un bain y îrd une plus grande quantité de chaleur qu'à l'état normal; .' môme Leyden (4), en plaçant un membre de fébricitant dans 1 calorimètre, à constaté que la déperdition de chaleur dépaslit notablement la quantité physiologique; Senator (5) est rivé à des résultats analogues en mesurant, également à Taide I calorimètre» la quantité de chaleur perdue par un chien fébri- Unt.
il est donc reconnu que les pertes de calorique augmentent ns la Gèvre, même pendant le slade de frisson. Ce même fait peut être opposé à la théorie de Marey (6) :
I) Traabo, AUgem, medicin. Central Zeitung, 1863.
2] P. Lorain, ioc. eit», p. 570.
:)) Liebermeister, Aus d, med. Klinik xu Basel. Leipxlg, 186S, p. 121.
\) Leyden, Deulschea Archiv f. klin. Medicin, W, p. 291.
:») Senator, Uniersuehungenfeie. cap. i.
6* Marey, /oc. cit.
d'après ce physiologîsle, il ne se ferait dans la fièvre qu'one augmentation peu importante de la chaleur centrale ; la température de la peau s*élèYerait seulement, par le fait de la âilal^ tion de ses vaisseaux, au voisinage du chiffre de la tempérakr: centrale ; il se ferait un nivellement sous l'influence d'un œcc vement plus rapide du sang. Quant au léger accroissement de y chaleur centrale, il serait dû surtout à la suppression presqo complète des. causes de refroidissement chez les malades, ft particulièrement à celle de la sécrétion et de Tévaporationde j sueur. Les expériences de calorimétrie montrent au coninir que la production de chaleur pendant l'accès de fièvre estrée. et considérable ; il n'en faut pas moins tenir grand compte et rinlerprétation formulée par M. Marey, car elle renfercr comme nous le verrons bientôt, une part de vérité.
Senator (1) admet également que la fièvre est due en parti.' une rétention de la chaleur due à la contraction fréquemme: renouvelée des artérioles cutanées. Il a, en effet, en compar::: rélat des vaisseaux de l'oreille chez un lapin albinos à l'état l'e santé et chez le même animal en état de fièvre, constaté les ù !* suivants :
l*" Immédiatement après l'injection sous la peau du dos c. matières pyrétogènes, il se produit une forte contraction >:tous les vaisseaux à laquelle succèdent bientôt un ou plusieur* mouvements de dilatation ; cette contraction a lieu aussi à : suite de n'importe quelle émotion, par exemple de la peur, c: n'a rien de spécial.
2<> Longtemps après l'injection, quand la température rect^: s'élève de !• à 5* au-dessus de la normale, on voit les vaisseasi de l'oreille demeurer souvent resserrés pendant des heures e.^tières, et plus contractés qu'ils ne le sont à l'état normal: «i temps en temps, sans cause connue ou sous une influence ei': rieure telle que la peur, il survient des alternatives de res>er^ ment et de dilatation d'une durée considérable;
3° Après plusieurs jours de fièvre, les dilatations devienne: ; rares et peu marquées.
Senator conclut de ces observations que dans la fièvre «H ^^ a ni paralysie ni tétanos permanents des vaisseaux », et qu i'
(1) Senator, ioc. cit.
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ait à la surface de la peau et des muqueuses une série de phaes alternatives de contractions et de dilatations vasculaires, apables d*amenerune rétention delà chaleur. Nous ne ferons que mentionner l'opinion de Hueter qui adlet une diminution dans les pertes de la chaleur par suite de i présence dans les capillaires cutanés d'une quantité de bactéries ssez considérable pour en oblitérer un bon nombre. Il résulte des faits que nous venons d*ezposer que la théorie après laquelle la fièvre serait due à la diminution des pertes e chaleur ne peut être admise dans les termes absolus où elle été formulée par Traube, mais qu'elle ne peut être cependant {poussée sans réserves : en effet, il y a, chez le fébricitant, auglenlation delà chaleur perdue, mais cette augmentation n* est %s proportionnelle à celle de la production; pendant le frisson Ile est lui très inférieure ; il en est de même dans la péode d'état ; le plus souvent les sueurs profuses qui, à l'état hysiologîque, se produisent dès que le corps tend à s'échaufr, font défaut; l'exploration de la température cutanée (1) à aide d'appareils thermo-éleclriques montre qu'elle subit penstnt la période d'état de la fièvre des oscillations fréquentes et )nsidérables ; ses variations ne sont pas en rapport exact avec illes de la température centrale ; elle peut présenter un abaisselent notable alors que la chaleur interne est très intense; il en it ainsi dans le stade de frisson ; dans le stade de sueur elle atintle môme chiffre que dans le rectum. Ces variations dépenînt évidemment de l'état de la circulation cutanée, subor- )nnée elle-même à son innervation vaso-motrice ; à aucune triode, les artères de la peau ne sont partout dilatées, une irtie d'entre elles reste contractée et empêche ainsi la déper» tien de la chaleur par la peau.
Teut-on dire, avec Liebermeister, que, dans là fièvre, la tem- ^rature du corps humain est réglée à un chiffre plus élevé qu'à ^lat normal? Non sans doute, car ses oscillations considéraes impliquent au contraire un défaut de régulation : excès de *oduction, insuffisance des pertes, tels sont les deux termes aux* iels se réduisent nos connaissances à ce sujet.
(i) Jacobson, Ueber die Température Vertheilung im Verlauf fieberhafter rankheit(Virchow'8 Archiv,LWj p. S!^0). — Schack, Ueber d, Schwankungen Hauttemper. Berlin, 1877.