‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 156 sur 198 · DU COLLAPSUS ALGIDE · texte numérisé non relu

DU COLLAPSUS ALGIDE

Nous décrirons, sous ce nom, un syndrome caractérisé par le refroidissement partiel ou général de Torganisme coïncidant avec la prostration des forces; il peut être considéré comme lopposé de la fièvre, et nous verrons plus loin qu*il est vraisemblablement lié à un trouble de l'innervation vaso-motrice inverse de celui qui se produit dans cet état morbide.

Le collapsus algide s*observe surtout dans les cas où les viscères abdominaux sont le siège d*une violente irritation : il se produit dans le choléra, dont il constitue la manifestation la plus caractéristique, dans les empoisonnements par le tartre stibié et Tarsenic, dans l'étranglement intestinal, dans les traumatismes de Tabdomen et dans certaines péritonites; il fait partie souvent de l'ensemble de symptômes qui a été décrit sous le nom de choc traumatique; il appartient enOn à certai* nés formes de fièvres intermittentes.

Hallopbau. — Pathologie générale. 42

L*abaissement de la température débute d^ordinaire par les extrémités digitales et par la face; il peut rester limité à ces parties ou s'étendre à toute la surface .des téguments ; on \'i constaté également dans la cavité buccale ; la langue parait froide au toucher et le thermomètre introduit dans la bouche peut rester à 12^ au-dessous de la température normale; la température rectale peut être abaissée de un ou deux degrés, plus souvent elle est normale, quelquefois elle s*élève à 38 ; mais il faut tenir compte de la modiQcation que le refroidissement de la peau doit nécessairement apporter dans la régulation thermique; les artérioles cutanées étant contractées, la circulation dans les capillaires qui en émanent est réduite au minimum et il en résulte un amoindrissement considérable dans la déperdition de chaleur par la peau; si donc il continuait à se produire autant de chaleur dans Torganisme qu'à Tétat normal, la température centrale devrait s'élever, et son maintien au cbiffre physiologique doit être considéré comme l'indice d'uae diminution dans l'activité des combustions.

Le pouls est petit, difficile à percevoir, quelquefois tout à fait impalpable; les battements du cœur sont de même très affaiblis.; on ne sent pas la pointe et c'est à peine si Ton enleod les bruits de cet organe. Les téguments sont pâles ou cyaaosé> et souvent couverts d'une sueur froide et visqueuse; la peaui perdu son élasticité, les plis que l'on y fait y persistent un certain temps. Les traits s'effilent, les orbites s'ezcavent et s'entourent d'un cercle bistré ; le regard se trouble et devient atone ; les malades ont souvent une dyspnée que n'explique aucune lésion de l'appareil respiratoire. L'urine est excrétée en moindre abondance et souvent albumineuse ; il se produit fréquemment dans les muscles des crampes douloureuses* Le> forces sont tellements prostrées que le malade ne peut se teoii debout et oscille comme un homme ivre s'il cherche à se lever: il se sent d'ailleurs comme étourdi et en proie à des vertiges. Cet ensemble de symptômes est plus ou moins prononcé suivant les cas; souvent le tableau est incomplet et le refroidisse ment des extrémités peut exister seul.

L'interprétation physiologique de ces différents troubles fonctionnels parait soulever des difficultés moindres que celle delà fièvre, ou, tout au moins, il est une hypothèse qui peut en

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