DE LA PROPHYUXIE ET DE LA THÉRAPEUTIQUE
tout à fait indiquée, mais trop négligée dans nombre de cas. Il faut, par exemple, traiter énergiquement par les désinfectants les matières rejetées par les malades atteints de fièvre typhoïde et de choléra, car c'est par elles que, selon toute vraisemblance, ces maladies se propagent le plus souvent; on doit donc, au moment où elles sont excrétées, les soumettre à l'action de substances susceptibles d'y détruire l'agent infectieux, et aussi s'opposer à leur mélange avec les eaux potables des rivières, des ruisseaux ou des puits. On détruira ou l'on désinfectera de même les néo-membranes rendues par les diphthériques, les selles des dysentériques, les liquides provenant des plaies ou de l'utérus enflammé, le détritus de la pourriture d*hôpital, et les crachats des tuberculeux, en un mot, tous les produits susceptibles de transporteries germes morbifiques.
Z"" Pour éviter la propagation ou la persistance d'une épidémie, on doit également désinfecter les lieux qu'ont habités les malades, leurs lits, leurs vêtements, tous les objets qui se sont trouvés en rapport avec eux. Mais ces moyens sont le plus souvent insuffisants, et il faut, chaque fois que cela est possible, isoler en premier lieu les malades et aussi la population et le pays dans lequel la maladie s'est développée ; on y parvient sûrement à l'aide des quarantaines quand elles sont bien faile:«. Nombre d'iles ont pu, grâce à elles, échapper à Tinvasion du choléra; elles ont, cette année même, réussi à en préserver l'Europe; depuis longtemps elles empêchent la peste d'y pénétrer.
A"" L'individu qui est dans un milieu infecté peut, à Taidc de cerlaines précautions, éviter l'absorption du contage. Si la maladie a pour moyen de transmission, comme cela paraît ôtrc la règle pour la fièvre typhoïde, l'eau alimentaire, on peut la prévenir presque à coup sûr en ne buvant que de l'eau bouillie ou importée d'une localité saine.
On prévient aujourd'hui presque toujours la septicémie à Taide des pansements antiseptiques. Déjà Maisonneuve avait essayé d'empêcher l'infection par les plaies en employant les pansements phéniqués, et M. A. Guérin avait obtenu de remarquables résultats en s'opposant par le pansement ouaté à la pénétration des germes; aujourd'hui l'usage généralement adopté des pansements de Lister ou de pansements antiseptiques
analogues rend très exceptionnelles les infections parulentes et putrides; MM. Tarnier et Pinard obtiennent les mêmes résultats chez les accouchées avec les solutions d'acide phénique et de sublimé.
5* Tl est d'observation que les individus vigoureux, bien constitués, bien nourris et vivant dans de bonnes conditions hygiéniques, offrent une réceptivité moindre à l'égard d*un certain nombre de maladies infectieuses; on peut ainsi prémunir certains sujets contre la tuberculose, en leur prescrivant nn séjour dans un lieu dont l'atmosphère est pure (1). On voit, dans les épidémies de choléra, la maladie présenter un caractère plus grave chez les sujels affaiblis par une maladie antérieure. Ce n'est pas là cependant une règle commune à toutes les maladies infectieuses, et souvent au contraire des sujets robustes sont violemment alteinls par la fièvre typhoïde.
Mais la condition qui diminue le plus efficacement la réceptivité pour beaucoup de maladies infectieuses, c*est une première atteinte de ces maladies mêmes ou d'une maladie qui s'en rapproche assez par ses caractères pour qu'on puisse la considérer comme étant de la même famille. On peut ainsi, en inoculant une maladie virulente bénigne, préserver, au moins pour longtemps, le sujet d'une nouvelle atteinte.
Ce moyen prophylactiquen'est jusqu'ici appliqué chez l'homme qu'à la variole. Autrefois on inoculait cette maladie elle-même en choisissant des cas bénins ; on doit à Jenner d'avoir montré que l'inoculation du produit de la petite vérole des vaches, appelée cowpox^ a la même action.
Beaucoup de sujets vaccinés restent indéfiniment réfractaires à de nouvelles inoculations; bon nombre d'autres recouvrent leur réceptivité au bout d'un certain nombre d'années; nous avons vu que les causes d'aifaiblissement peuvent amener ce résultat; c'est peut-être ainsi qu'il faut s'expliquer la fréquence des cas dits intérieurs de variole dans les hôpitaux. On a cherché à faire pour les autres maladies infectieuses ce que Jenner a fait avec tant de succès pour la variole. Âuzias Turenne préconisait la syphilisation ; il ne doit avoir heureusement que rarement réussi à la produire, car il n'inoculait guère que des
(1) JtLCCovLàfCuraLUité et trailement de la phthisie pulmonaire, Piris, ISSl