‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 177 sur 198 · ARTICLE II. — THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. — THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

Le médecin qui se trouve en présence d'un malade peut tenter d*agir sur la cause de sa maladie, si elle est inhérente à l'organisme, sur ses lésions et sur ses symptômes, c'est-à-dire qu'il peut avoir à répondre à trois ordres d'indications; nous les passerons successivement en revue.

§ 1. — Indications fournies par les causes.

Elles n'existent que dans les cas où la cause est persistante ; celle dont l'action est momentanée et cesse du moment où la téi^ion a commencé à se développer échappe nécessairement ù toute intervention thérapeutique; il en est évidemment ainsi du refroidissement qui a déterminé la pneumonie ou la sciatique, du traumatisme qui a produit une contusion, une fracture ou une luxation, du coup de soleil qui a provoqué des troubles cérébraux; la prophylaxie et l'hygiène permettent d'éviter l'action de ces causes, mais du moment où elle est produite, on n'a plus aucune prise sur elle.

L'action sur la cause déterminante a une importance capitale; elle peut suffire à enrayer la maladie. S'il s'agit d'une maladie parasitaire^ la destruction de l'animal ou du végétal qui s'est développé dans l'organisme a souvent pour résultat la disparition des accidents que provoquait sa présence; il en est ainsi des accidents épilepliformes causés parfois par le tsenia» des éruptions liées à la présence dans la peau de Tacarus scabiei^ du tricophyton ou du microsporon, de la diarrhée provoquée par l'anguillule stercorale ; dans toutes les maladies infectieuses on doit tenter de même d'agir sur l'élément animé qui en est la cause prochaine; on y réussit souvent dans la fièvre intermittente à l'aide du sulfate de quinine, dans le chancre simple à l'aide de la solution de nitrate d'argent ou du tartrate femcopotassique, dans la pustule maligne à l'aide du fer rouge ou du sublimé en poudre. Il est d'observation que les médicaments auxguets les cliniciens ont attribué la plus grande efficacité dans le (mitf:7nent des maladies infectieuses sont précisément des parasitif'ides. Nous citerons en première ligne le mercure et Tiodure de

potassium employés dans la syphilis ; nous avons soutenu en 1878, contre Topinion de maîtres éminents,que ces agents font disparaître les manifestations de la maladie, non par une action antiplastique et dénutriti?e qu'ils n'ont pas, mais en détruisant rélément inrectieux qui les détermine ou en faisant de Torganisme un milieu défavorable à son développement ; on sait qu il suffit d*une très minime proportion de sublimé dans une solution pour empêcher la plupart des fermentations de s'y produire.

Si la maladie n*est pas guérie par ces médicaments, elle e>t toujours améliorée; ne sait-on pas d*ailleurs qu*il faut plusieurs mois de traitement pour détruire les champignons d*une teigne ? faut-il s'étonner que les agents infectieux de la syphilis ne puissent être facilement détruits en totalité? Le bacille de la tuberculose paraît être encore plus résistant; M. Hipp. Martin a constaté récemment qu*il résiste à tous les parasiticides connus; cependant c'est encore à des agents de cette nature que l& médecins ont recours pour traiter cette maladie; ce sont le^ sulfureux et les préparations arsenicales ; on est donc arrivé, par Texpérience clinique, à instituer pour cette maladie comme pour la syphilis la médication que les notions récemment acquises sur leur nature permetlent de considérer comme la plus rationnelle; ici encore Tempirisme a devancé la science.

La créosote, introduite dans la thérapeutique par MM. Bouchard et Gimbert dans le but d'agir sur Vinfectieux de la tuberculose, paraît donner de bons résultats.

De même Liebermeister assure avoir enrayé révolution de U fièvre typhoïde au moyen du calomel, et les antipyrétiques qui semblent agir favorablement sur elle sont également des parasiticides.

On empêche le développement des pustules varioliques en !e^ recouvrant d'un emplâtre mercuriel.

On ne peut se dissimuler qu'il est fort difficile d'aller délruin les microbes dans le sein de l'organisme ; les chirurgiens réussissent beaucoup mieux à les empêcher d'y pénétrer qu*à le^ poursuivre chez le sujet infecté. Néanmoins les résultats obtenus dans la fièvre intermittente et dans la syphilis permettant d'espérer que le problème n'est pas insoluble et que Ton arrivera à tuer ragent infectieux sans nuire au malade.

Page 1