‹ Traité élémentaire de pathologie générale; comprenant la pathogénie et la physiologie pathologiqueChapitre 178 sur 198 · DB LA PROPHYLAXIE ET DE LA THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

DB LA PROPHYLAXIE ET DE LA THÉRAPEUTIQUE

Les poisons doivent être également détruits, expulsés au dehors ou transformés en substances inofTensives. On n*a d'action réelle sur eux que dans les cas où ils sont encore contenus dans les voies digestives; on peut alors les expulser à Taide de vomitifs ou de purgatifs ou en annihiler le pouvoir toxique en faisant ingérer au malade des substances qui forment avec eux des combinaisons inofTensives. Quand le poison a été absorbé et transporté dans les tissus, tous les efforts du médecin doivent tendre à en favoriser Télimination, qui peut se faire surtout par la peau et par les reins.

Il faut se garder de croire que la disparition de la cause déterminante soit toujours suivie d'une guérison complète ; trop souvent des lésions irréparables se sont produites; d'autres continuent à progresser après que l'influence pathogénétique a cessé de se faire sentir ; la cirrhose alcoolique persiste et s'aggrave alors que les malades ont depuis longtemps cessé tout excès; le tremblement mercuriel et les paralysies saturnines peuvent durer indéfiniment; il en est de même d*une hémiplégie syphilitique, bien que la néoplasie qui Ta produite n'ait eu qu'une existence temporaire: une artère a été oblitérée, un département du cerveau, privé de sang, s'est ramolli, c'est là une lésion définitive qui nécessairement survivra à sa cause; on peut de même voir des paralysies diphthéritiques passer à rétîit chronique.

La thérapeutique active doit s'adresser également aux cames internes; chaque fois qu'une dialhèse est en jeu, le traitement général peut avoir une importance égale ou supérieure à celle du traitement local ; l'air marin et les préparations iodées agissent puissamment sur les manifestations de la scrofule; dans les maladies infectieuses, le traitement peut n'avoir d'autre objet que de diminuer ou d'annihiler la réceptivité de l'organisme ; les résultats heureux de l'emploi des excitants contre les teignes, ne peuvent être inlerprétés différemment; M. E. Besnicr pense même que telle est aussi l'action des parasiticides (1). La suralimentation et le séjour dans les montagnes semblent rendre l'organisme peu favorable au développement de la tuberculose.

(1) E. Besnier, Bulletin de t Académie de médecine, 1884.

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On a attribué à certains médicaments une action sur la diathèse elle-même, et Ton donne dans ce but, de Tarsenic aux herpétiques et des alcalins aux arthritiques, sans que reflicacilé de ces moyens soit bien démontrée. On peut combattre arec plus de succès la prédisposition que constitue Tasthénie, particulièrement celle des convalescents; c'est ici le triomphe de h médication tonique et des reconstituants.

§ 2. — Indications fournies par les lésions (traitement

de FalTection).

Nous venons de voir qu*il n*est pas toujours possible d*agir sur la cause, que la maladie peut faire toute son évolution après qu'elle a disparu (pneumonie a frigore), et que les lésions en voie de développement peuvent en être, dans une certaine mesure, indépendantes alors même qu'elle persiste. Quand un typbique contracte une pneumonie, elle évolue indépendamment de Tagent infectieux ; il en est de même de la bronchite d'un varioleux ; les lésions, qu'elle qu'en soit l'origine, ont leur autonomie ; elles évoluent suivant certaines lois et fournissent par elles-mêmes des indications ; le traitement de la pleurésie et celai de l'endocardite sont les mêmes lorsqu'elles sont primitives, produites directement par le froid, et lorsqu'elles se développent secondairement dans le cours d'un rhumatisme.

Considérées au point de vue des indications qu'elles fournissent à la thérapeutique, les lésions peuvent être divisées en actives ei passives.

a. Lésions actives. — Les lésions actives sont celles qui consistent dans un trouble actif de l'innervation vasculaire et trophique, ou dans la prolifération cellulaire.

Parmi les premières, nous citerons la congestion et rinflammation ; on les traite, soit par l'action directe du froid qui fait contracter les vaisseaux et diminue l'afQux du sang dans ]e^ parties malades, soit par les révulsifs cutanés et intestinaux qui ont la même action, et par les émissions sanguines.

Les hémorrhagies sont combattues par le froid, les astringent et Tergotine, quelquefois par la chaleur ; nous avons vu s'arrêter, sous l'influence d'injections très chaudes, des métrorrhagies qui avaient résisté aux moyens généralement employés.

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